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Simone Signoret

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Note moyenne : 3.58/5 (sur 43 notes) Simone Signoret

Biographie et informations

Nationalité : France
Né(e) à : Wiesbaden (Allemagne) , le 25/03/1921
Mort(e) à : Autheuil-Authouillet, Normandie , le 30/09/1985

Biographie :

Simone Signoret, de son vrai nom Simone Kaminker, est la fille aînée d'André Kaminker (1888-1961), un Juif polonais traducteur et de son épouse française, née Signoret.

Elle est arrivée dans le cinéma par l'entrée de service: pendant la guerre et, comme elle dit, "afin de ne pas crever de faim". Elle était sténo-dactylo, donnait des leçons d'anglais. Elle imagina faire de la figuration, ce qui ne rapportait pas bien gros non plus. Mais, la chance aidant, cela permettait au moins de manger à sa faim.

Elle fut reconnaissante à Jean Boyer qui lui donna une petite chance dans Le Prince charmant, en 1942. Son premier vrai film, quatre ans après, fut Les Démons de l'aube. Réalisateur: Yves Allégret, son mari, père de sa fille Catherine.

A partir de là, tout allait de mieux en mieux. Elle eut progressivement des rôles convenant à son tempérament dramatique. En 1951 vient Casque d'Or, son film symbole, son film préféré aussi avec le rôle d'Alice dans Les Chemins de Haute Ville.

Le 4 avril 1960, elle obtient l'Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation dans le film Les Chemins de la haute ville de Jack Clayton.

Mais au delà de la Star, de la femme politiquement engagée, il y avait d'abord une amoureuse. Et sa carrière ut souvent influencée par ses hommes. Elle fut d'abord la femme d'Yves Allégret qui lui donna de très bons rôles durant la première phase de sa carrière. Un autre Yves Montand a remplacé le premier et ce roman d'amour-là a duré plus d'un quart de siècle.

En 1976, elle publie son autobiographie : La nostalgie n'est plus ce qu'elle était, et en 1985 le roman : Adieu Volodia.


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roman   mémoires   intégration   écrivain femme   a2   biographie   autobiographie   drame   souvenirs   nostalgie   indépendance   assassinats   guerre   cinema   france   auteur français   urss   polonais   littérature française   20ème siècle  

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Citations de Simone Signoret

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  • Par cequejelis, le 19/11/2011

    La nostalgie n'est plus ce qu'elle était de Simone Signoret

    Dans une rue de Courbevoie, il y a quelques années, je regagnais consciencieusement ma place de départ pour une ultime répétition de mouvement. C'était pour les extérieurs du Chat de Granier-Deferre, avec Jean Gabin. La veille, à la télévision, on avait passé les Diaboliques. Deux messieurs du quartier m'abordèrent avec de grands sourires : " Salut Simone... Ça va Simone... On vous a vue hier à la télé... Dites donc... vous avez pas rajeuni..."

    J'ai dit " Eh non ! ", j'ai souri, et je me suis bien gardée d'ajouter : " Et vous, est-ce que vous avez rajeuni ? ". Je me suis bien garder aussi de leur demander s'ils auraient pu dire cette phrase à leur cousine eexilée à l'étranger et de retour au pays, au bout de vingt ans. La formule, dans ces cas-là, c'est plus tôt : " C'est formidable, tu n'as pas changé... "

    Passé la quarantaine, allez, mettez quarante-cinq ans, vous avez deux solutions : ou vous vous accrochez aux rôles qui font genre trente-cinq, trente-six ans, ou bien vous faites comme tout le monde et acceptez aimablement que quarante-cinq ans, ce soit plutôt sur la route des quarante-six que sur celle des quarante-quatre.

    Si vous voulez vous accrocher aux personnages qui ont ému, fasciné, enchanté, ou bouleversé d'anciens adolescents aux fronts déjà un peu dégarnis qui vous assènent des " Ah-la-la, qu'est-ce que j'ai pu être amoureux de vous quand j'étais au lycée... " - à vous de jouer... Mais jouer quoi ?

    Ils ne vont pas chez les chirurgiens esthétiques. Nous, nous pouvons y aller. Je crois que c'est le moment où nous choisissons d'y aller ou de n'y pas aller qui est déterminant pour les fameux cadeaux-surplus-miracles que j'évoquais plus haut.

    Je n'y suis pas allée. Je n'y suis pas allée parce que je n'ai jamais été une star, je n'ai jamais imposé une coiffure, une façon de parler, un style vestimentaire. Et je n'ai donc jamais eu le souci de perpétuer une image qui est souvent l'équivalent de la belle chanson qui fixe à jamais une période de la jeunesse. J'ai trop mythologé moi-même pour ne pas savoir de quoi je parle.

    C'est très difficile d'êtr une star. Et c'est très difficile d'être une star à laquelle on reconnaît de moins en moins de talent, uniquement parce qu'elle est devenue une star. Alors que, sans ce talent initial, elle ne serait pas devenue star. Et c'est très difficile de rester star. Et ça doit être terrible de cesser de l'être.

    C'est très facile de continuer de fonctionner au rythme de ses contemporains, de mûrir puis de vieillir avec eux.

    Points A 19, p. 312
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  • Par cequejelis, le 20/11/2011

    La nostalgie n'est plus ce qu'elle était de Simone Signoret

    comme il (Arthur Miller) racontait bien comment elle (Marilyn Monroe) l'avait sorti des catacombes antimaccarthystes en 1955! Comment elle était venue incognito avec lui à Washington, alors qu'il allait passer devant la Commission des activités antiaméricaines. Comment elle s'était cachée chez son avocat. Comment la presse avait eu vent de la présence en ville de "la Blonde", au point d'assiéger l'immeuble de l'avocat. Comment elle avait pris son temps (il lui fallait trois heures : je le sais, je l'ai vécu), pour se transformer en "Marylin", et finalement apparaître telle que ces trois cents requins l'attendaient, pareille à sa légende, minaudante et susurrante.

    En minaudant et susurrant, devant la porte cochère de l'immeuble, sur le trottoir de cette rue de Washington, elle leur avait demandé de quel droit ils prenaient le droit de lui demander des comptes à propos de son amour pour un homme qu'elle aimait. Si elle l'aimait, c'était parce qu'il était respectable, bon, honnête - et par conséquent pourquoi et au nom de quoi était-il à ce moment même contraint de passer pour un accusé devant un tribunal de guignols fascisants ?

    A ce moment-là, elle avait tout mis dans la balance. Deux choses pouvaient arriver : sa destruction totale, ou la réhabilitation dans l'opinion publique d'un homme qui, parmi d'autres, n'avait plus de passeport, dont les oeuvres n'étaient plus jouées ni publiées. En fait, ce fut le début de la première mort de MacCarthy.

    Points A 19, p. 283
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  • Par cequejelis, le 29/09/2011

    La nostalgie n'est plus ce qu'elle était de Simone Signoret

    Hitler est vraiment entré dans ma vie avec l'arrivée massive de petites juives allemandes au cours secondaire. Quand les gens disent : ” On ne savait pas ce qui se passait en Allemagne. “, je me demande comment ils ont fait, je ne sais pas quels yeux et quelles oreilles ils se sont bouchés ! A la maison débarquaient périodiquement des juifs allemands. Curieusement, ce n'est pas mon père qui amenait ces réfugiés chez nous, mais ma mère, qui était finalement beaucoup plus indignée que lui, en tout cas pour ce qui concerne la question juive. Je me rappelle certaines filles qui aidaient un peu ma mère. L'une d'elles s'appelait Lotte, elle était particulièrement belle et émouvante. On ne l'a jamais perdue de vue. Il y en avait qui restaient chez nous quelques jours avant de partir ailleurs. ça discutait beaucoup. En allemand. Je me souviens fort bien de l'arrivée d'un groupe de juifs dont les uns sont partis pour l'Amérique et les autres pour la Palestine. Ce clivage ressemblait terriblement à celui qui s'est produit à la fin du siècle dernier, lors de la grande Dispersion, entre ceux qui ont préféré aller fabriquer des casquettes dans les sweat-shops de New-York et ceux qui sont allés se battre contre les moustiques sur le lac de Tibériade.

    Points A 19, p. 28.
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  • Par cequejelis, le 02/10/2011

    La nostalgie n'est plus ce qu'elle était de Simone Signoret

    Une délégation m'attendait, composée du directeur général du studio et des représentants du ministère de la Kultur, avec des œillets rouges à la main. Les acteurs français détestent les œillets. C'est une superstition stupide et tenace. Mille anecdotes se racontent dans les coulisses et sur les plateaux de cinéma qui attribuent à l'œillet fatidique envoyé par la rivale la chute dans le trou du souffleur ou le bide d'une générale. Il est temps que ce soit dit : il y a de par le monde des tas de gens qui se saignent aux quatre veines pour offrir des œillets, comble du luxe dans des pays peu ensoleillés, à des Français ingrats qui, à la vue de la fleur en question, ne pensent plus qu'à l'enrouement qui va les rendre aphones ou à l'avion qui va capoter. Ils avaient donc des œillets, ils souriaient content de contempler enfin, en chair et en os, une personne qu'ils n'avaient jamais vue au cinéma.

    Points A 19, p. 137
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  • Par cequejelis, le 13/10/2011

    La nostalgie n'est plus ce qu'elle était de Simone Signoret

    Alors, Ehrenbourg nous raconta Pasternak, le plus grand poète soviétique, le plus grand traducteur de Shakespeare, le seul à avoir refusé de céder à Staline, et le seul à qui Staline n'avait osé toucher. Il n'était pas publié, mais il était vivant. Il vivait retiré, mais non pas oublié. "Il est le seul d'entre nous qui mérite le respect." Et puis Ehrenbourg nous raconta comment Staline l'avait réveillé, lui, Ehrenbourg, une nuit au téléphone, pour lui donner l'instruction de réemployer le mot "nazi" dans un feuilleton politique à propos duquel on lui avait précédemment donné pour instruction de désigner les nazis sous le nom d'Allemands, et comment, par la même, il avait su avant tout le monde que le pacte avait vécu.

    Points A 19, p. 177
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  • Par cequejelis, le 18/11/2011

    La nostalgie n'est plus ce qu'elle était de Simone Signoret

    Quand j'étais petite, on me racontait comment les chemineaux laissaient des signes mystérieux sur les portes des fermes auxquelles ils avaient frappé. A l'intention de leurs copains qui viendraient derrière eux. " Ici on donne", " ici on est méchant", " ici on donne contre du travail", disaient les croix, les bâtons ou les losanges gravés au canif. Il y a a sûrement plein de signes invisibles tracés sur la porte de la "roulotte".

    Points A 19, p. 362

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  • Par cequejelis, le 30/09/2011

    La nostalgie n'est plus ce qu'elle était de Simone Signoret

    Très vite, on a rencontré de vrais maquisards. Le colonel Claude Jaeger a commandé à l'ancien “réfractaire” Yves Allégret un documentaire sur la libération du Mans par les FTP. La France n'était pas encore entièrement libérée, il y avait des poches allemandes tout le long de l'Atlantique, et les FTP de Tillon ne se considéraient pas comme démobilisés. Il leur restait des armes, du peu d'armes qu'on leur avait parachutées. Ce n'est pas à moi, qui ne suit pas communiste, de me mêler de cette histoire, qui est d'ailleurs de l'Histoire tout court, mais il est de notoriété publique que les maquis communistes, vers la fin de la guerre, ne recevaient plus la marchandise. Elle tombait souvent à côté… André Dewavrin, ex-colonel Passy, et Jorge Semprun, ex-maquisard FTP, ont fort courtoisement vidé cette querelle il y a trois ans, ici même devant un bon feu de bois, au cours d'une conversation de trois heures à laquelle bouche bée assistaient Florence et Jean-Pierre Melville. Chris Marker. Mme Dewavrin. Colette Semprun. Montand et moi, et qui avait commencé avec cette phrase de Jorge : ” Alors, Colonel, ces Stens, on la attends encore… “

    Points A 19, p. 84.
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  • Par cequejelis, le 04/10/2011

    La nostalgie n'est plus ce qu'elle était de Simone Signoret

    Pendant toutes les années durant lesquelles j'ai vécu avec Allégret, les Aragon ne me reconnaissaient pas. On me présentait à eux, ils avaient toujours l'air de chercher dans leur mémoire… mais non vraiment, ils ne voyaient pas… Quatre ou cinq fois de suite, en trois ans, il leur arriva de ne pas me “remettre”. J'étais un peu triste, parce que, si Aragon, ne m'avait pas vu jouer, moi j'avais lu et relu tout Aragon. Dès que j'ai vécu avec Montand, je suis tout à coup devenue digne d'être reconnue en ma qualité de femme du grand chanteur populaire et en ma qualité d'artiste dramatique. Un jour, je lui ai demandé pourquoi, pendant tant d'années, il avait si souvent semblé ne pas me reconnaître. Les yeux brillants de malice bleue, il m'expliqua que c'était justement parce qu'il me reconnaissait qu'il ne voulait pas me connaître. Je vivais avec un homme qui avait été secrétaire de Trotsky en 1935, il ne pouvait se permettre de serrer la main de la compagne d'un trotskyste. Comme c'était un jour où l'humeur était plaisante, on avait fait le compte des mains qui doivent se serrer ou ne pas se serrer dans Paris.

    Points A 19, p. 152
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  • Par cequejelis, le 01/10/2011

    La nostalgie n'est plus ce qu'elle était de Simone Signoret

    ça m'a paru étrange. Je découvrais qu'il m'arrivait des choses que je ne recherchais absolument pas, pour lesquelles ni ma volonté ni mon cerveau n'étaient entrés en fonction. J'étais par conséquent quelqu'un d'autre. ça m'a frappée et je me suis dit : " C'est donc ça qu'ils appellent le dédoublement! C'est là-dessus qu'on a écrit des tonnes de littérature!" Je n'en ai rien dit à personne, mais c'était la réponse à toutes les questions naïves qu'on nous pose souvent : " Comment faites-vous pour pleurer ? " ou bien : " Il vous en faut de la mémoire pour retenir tout ça!" Alors que ce n'est pas difficile d'apprendre un texte (s'il est bon), parce que ce sont les mots mêmes que dirait le personnage dans la situation où il est. Et que ce n'est pas difficile de pleurer quand on est malheureux : si mon personnage est malheureux, il pleure, je pleure.

    Points A 19, p. 116.
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  • Par cequejelis, le 15/10/2011

    La nostalgie n'est plus ce qu'elle était de Simone Signoret

    C'est à Tel-Aviv, à Jérusalem et à Haïfa, que nous avons rencontré de jeunes " Sabras " qui parlaient des derniers arrivants, les immigrants des années cinquante, en les appelant Soap Jews. Ils désignaient par là ceux qui avaient accepté passivement la possibilité de la rafle, de la déportation et, en fin de compte, la transformation du peu de graisse qui leur restait sur les os en l'une de ses savonnettes exposées dans le musée des crimes nazis.

    C'est dans le " Meacharim", le ghetto orthodoxe de Jérusalem, que j'ai entendu une vieille épicière, marchande de lacets et de petits sacs de terre sainte spécialement destinés aux touristes américains, marmonner en yiddish que Hitler avait eu raison : le peuple juif avait beaucoup péché par mécréance, il avait payé!

    Points A 19, p. 233
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