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La Mort à Venise de
Thomas Mann
Il n'est rien de plus singulier, de plus embarrassant que la situation réciproque de personnes qui se connaissent seulement de vue, qui à toute heure du jour se rencontrent,s'observent et qui sont contraint néanmoins par l'empire des usages ou leur propre humeur à affecter l'indifférence et à se croiser comme des étrangers, sans un salut, sans un mot
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La Montagne magique de
Thomas Mann
Car lorsque les yeux parlent, ils tutoient, lors même que les lèvres n'ont pas encore prononcé un "vous".
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Par Piling, le 01/08/2008
Première phrase du livre
La Montagne magique de
Thomas Mann
incipit :
Un simple jeune homme se rendait au plein de l'été, de Hambourg, sa ville natale, à Davos-Platz, dans les Grisons. Il allait en visite pour trois semaines.
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Par zazimuth, le 25/09/2010
La Mort à Venise de
Thomas Mann
D'être seul et de se taire, on voit les choses autrement qu'en socitété ; en même temps qu'elles gardent plus de flou elles frappent davantage l'esprit ; les pensées en deviennent plus graves, elles tendent à se déformer et toujours se teintent de mélancolie. Ce que vous voyez, ce que vous percevez, ce dont en société vous vous seriez débarrassé en échangeant un regard, un rire, un jugement, vous occupe plus qu'il ne convient, et par le silence s'approfondit, prend de la signification, devient événement, aventure, émotion. De la solitude naît l'originalité, la beauté en ce qu'elle a d'osé, et d'étrange, le poème.
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La Mort à Venise de
Thomas Mann
Sa chevelure légèrement poudrée, la façon de sa robe décelaient le rigorisme de ces cercles mondains où la distinction ne va pas sans quelque piétisme. (p.58)
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Par zohar, le 05/02/2011
Tonio Kröger de
Thomas Mann
Il se livra tout entier à la puissance qui lui apparaissait comme la plus élevée sur terre, au service de laquelle il se sentait appelé: la puissance de l'esprit et du verbe qui règne en souriant à la vie inconsciente et muette. Il se donna à elle avec sa juvénile passion.
Elle aiguisa son regard (...), elle lui ouvrit l'âme des autres et la sienne propre, le rendit clairvoyant, lui montra l'intérieur du monde, et ce qui se trouve tout au fond, sous les actions et les paroles.
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Par Piling, le 12/11/2010
Les Buddenbrook : Le déclin d'une famille de
Thomas Mann
C'est ainsi que les choses se passent dans la fièvre typhoïde. Jusque dans les lointains rêves de la fièvre, dans l'égarement brûlant du malade, la vie jette son appel d'une voix réconfortante que l'on reconnaît infailliblement. Cette voix rude et fraîche atteint l'esprit sur le chemin étrange et torride où il avance et qui mène à l'ombre, à la fraîcheur, à la paix. L'homme, s'il prête l'oreille, entendra cette voix claire, gaie, un peu railleuse, qui l'exhorte à revenir sur ses pas, qui vient à lui de cette région qu'il a laissée, si loin derrière lui et déjà oubliée. Si un émoi s'éveille en lui, comme un sentiment d'avoir lâchement failli à son devoir, un sentiment de honte, un renouveau d'énergie, de courage et de joie, d'amour et d'attachement envers cette agitation décevante, bigarrée et brutale qu'il a laissée derrière lui, alors, si loin qu'il se sera aventuré sur le sentier étrange et brûlant, il fera demi-tour et vivra. Mais s'il tressaille de peur et d'aversion en entendant la voix de la vie, si, en ce moment, à cet appel jovial et provocant, il secoue la tête négativement et étend le bras derrière lui comme pour se défendre, et s'élance en avant sur le chemin qui s'est offert à lui comme un refuge… alors il est bien clair qu'il mourra.
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Par Piling, le 12/01/2011
La Montagne magique de
Thomas Mann
Elle avait terriblement peur parce qu'elle se rendait compte qu'elle allait mourir. C'était une très jeune fille, de sorte qu'il faut, somme toute, l'excuser. Mais il y a aussi des hommes qui se conduisent quelquefois ainsi, ce qui est naturellement un laisser-aller inexcusable. Dans ces cas-là, Behrens sait d'ailleurs leur parler, il sait trouver le ton juste en de telles circonstances.
- Quel ton ? demanda Hans Castorp, les sourcils froncés.
- Ne faites donc pas tant de manières, répondit Joachim. Du moins l'a-t-il dit récemment à l'un d'entre eux, nous le savons par l'infirmière-major qui était là et qui aida à maintenir le mourant. C'était un de ceux justement qui pour finir font une scène effroyable et ne veulent absolument pas mourir. Alors Behrens l'a rappelé à l'ordre : "Ne faites donc pas "tant de manière", a-t-il dit, et aussitôt le malade s'est calmé et il est mort tout à fait tranquille
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Par Myrinna, le 18/05/2010
La Mort à Venise de
Thomas Mann
Il fallut l' attendre une heure. On était arrivé sans l'être. Rien ne pressait, et l'on s'impatientait pourtant.
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Par Aela, le 22/02/2011
Les Buddenbrook : Le déclin d'une famille de
Thomas Mann
Tony était en robe de chambre : elle raffolait des robes de chambre . Rien ne lui paraissait plus distingué qu’un élégant déshabillé ; comme on ne lui permettait pas, à la maison paternelle, de satisfaire cette passion, à présent, étant mariée, elle se dédommageait… Aujourd’hui, elle portait un peignoir grenat, dont la couleur s’harmonisait bien avec la tapisserie et les boiseries.
Tony war im Schlafrock ; sie schwärmte für Schlafröcke. Nichts erschien ihr vornehmer als ein elegantes Negligé, und da sie sich him Elternhause dieser Leidenschaft nicht hatte überlassen dürfen, frönte sie ihr nun als verheiratete Frau desto eifriger. Heute trug sie das dunkelrote Morgenkleid, dessen Farbe genau mit dem Tone der Tapete über der Holztäfelung übereinstimmte.
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