> Geneviève Bianquis (Traducteur)

ISBN : 2253063193
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1993)


Note moyenne : 4.18/5 (sur 44 notes) Ajouter à mes livres
Trente ans après sa parution, Les Buddenbrook figure au nombre des livres brûlés dans les autodafés. Les chemises brunes hurlent sous les fenêtres de Thomas Mann qu'une " famille allemande, une famille de la race élue ne peut jamais déchoir ". [...] Les Buddenbrook est ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    Buddenbrooks
    Traduction : Geneviève Bianquis
    Premier roman de Thomas Mann, "Les buddenbrook" conte la splendeur et la décadence d'une famille de la bonne bourgeoisie hanséatique à compter de l'an de grâce 1839 - ou 1834, j'avoue que j'ai une doute Confused - date à laquelle toute la famille vient de s'installer dans cette somptueuse maison qui se verra achetée à la fin de l'ouvrage par le fils de parvenus.
    A cette époque, le chef de famille se nomme Johann Buddenbrook et tous les espoirs lui semblent permis. Il a quatre enfants : Thomas, dit Tom, Christian, Antonie dite Toni et Clara. le titre de consul écherra d'ailleurs à Tom, qui reprendra aussi l'affaire familiale. Clara, la plus jeune, épousera un pasteur luthérien qui lui survivra et auquel elle lèguera sa part de la fortune familiale. Christian quant à lui ne fera pas grand chose de son existence et Toni ...
    La souriante et fière Toni, pour qui le nom de Buddenbrook vaut titulature de prince, se mariera deux fois - et ses deux unions seront malheureuses. Son premier époux, Grünlich, ne prétend à sa main que dans l'espoir que la fortune qu'elle lui apporte fera patienter ses créanciers. Ce qui sera d'ailleurs le cas pendant huit ans. Puis les choses suivront leur cours et Johann Buddenbrook viendra lui-même chercher sa fille et sa petite-fille pour les ramener chez lui. Il laissera son gendre à sa faillite et, vu la personnalité détestable de celui-ci, le lecteur ne peut lui donner tort.
    Le remariage de Toni avec le Munichois Permaneder, homme brave mais on ne peut plus rustre, ne lui apportera pas plus de joies. Comprenant un soir qu'il la trompe avec leur domestique, elle fait ses malles et repart dare-dare pour Lübeck, ville natale des Buddenbrook.
    Telles sont quelques uns des événements majeurs de ce roman qui se lira facilement si l'on aime à la fois les grandes histoires familiales et les romans-pavés. Mann n'y atteint pas - première oeuvre oblige - à la perfection qui sera la sienne dans "La Montagne magique" ou dans "La Mort à Venise" mais ses personnages, surtout Johann Buddenbrook et ses deux enfants, Tom et Toni, ont déjà une carrure qui annonce celle d'un Hans Kastorp.
    Ajoutons que le roman restitue les péripéties sociales - la révolution de 1848 et l'émergence de la Prusse, entre autres - qui marquèrent le XIXème siècle de l'autre côté du Rhin. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par Piling, le 27 octobre 2010

    Piling
    J'aime les personnages de Thomas Mann, toujours. Il a le don de les rendre sympathiques, même les antipathiques, qui sont plus comiques que mauvais en leurs défauts : Grunlich et ses côtelettes dorées sur les joues, le banquier "singe méchant", c'est-à-dire autant singe que méchant et peut-être plus singe que méchant ou méchant parce que singe et n'y pouvant mais. C'est cela, sa touche habile : il trouve toujours la couleur comique de la méchanceté, ou bien la naïveté puérile de la vanité (Tony), ou le pathétique dans le comique (Christian) alors que les bons et les beaux ont presque tous une faille maladive (la fièvre de Thomas, les cernes bleuâtres de Gerda et de Hanno, les dents malsaines de Tadzio).
    Je crois que Thomas Mann rend tous ses personnages attachants parce qu'il les aimait, comme Elsa Morante aimait les siens, et qu'ils en font de vieilles connaissances, dont on observe les travers et les répliques avec le même bonheur ou colère, avec la même patience ou impatience que nos familiers et nos intimes dans "la vie réelle".
    Je relis donc Les buddenbrook très vite, trop vite, par gourmandise, et je me freine tout de même pour ne pas avoir à les quitter trop tôt, ou à les voir si vite décliner, comme on s'oblige à déguster à petites bouchées un de ses plats favoris.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par dandoune, le 10 octobre 2011

    dandoune
    Comme l'annonce le sous-titre de l'oeuvre (Le déclin d'une famille), il s'agit du déclin d'une famille allemande vers la fin du dix-neuvième siècle. On y suit le parcours de quatre générations des Buddenbrook des années 1830s jusqu'aux années 1870s.
    L'histoire débute quand le fondateur de l'entreprise de commerce de grains, Johann Buddenbrook est encore en vie et ses petits-enfants encore jeunes. Il a deux enfants: Gothold d'un premier mariage et Johann de son mariage avec Antoinette Duchamps. Gothold est un personnage très secondaire dont on ne sait pas grand chose à part le fait qu'il épouse une femme de condition inférieure et s'aliène par ce fait même de son père. Il me semble que ce personnage est là simplement comme un précurseur de la décadence de la famille. Johann est marié à Elizabeth Kroeger avec laquelle il a quatre enfants: Thomas, Christian, Antonie (dite Toni) et Clara.
    Les enfants grandissent. Les années filent et rien ne passe vraiment. Thomas tient les affaires de la famille et épouse Gerda Arnoldsen, une fille d'une famille riche. Leur fils Hanno, le dernier héritier des Buddenbrook, est asocial et ne montre aucun intérêt pour ses études à l'école ni pour le commerce familiale. Hanno a un grand penchant vers la musique, une passion qu'il hérite de sa mère. Chrisitian s'avère être un raté. Il essaye à plusieurs reprises de travailler mais n'y parvient pas. Il ne concrétise jamais sa passion pour le théâtre et finit par vivre aux dépens des autres. Son concubinage avec une fille d'une classe sociale inférieure lui attire les foudres de Thomas.
    Le personnage de Toni occupe une grande place dès le début et demeure de premier plan tout au long. Elle est le seul personnage avec qui j'ai un peu sympathisé, peut-être à cause de son sacrifice de jeune fille mais aussi de l'échec de ses deux mariages. Elle renonce à son premier amour – un jeune homme de condition inférieure – pour ne pas affliger son père sans faire trop d'histoire grâce à un sens précoce du devoir familial et une conscience aiguë de la différence entre les classes sociales.
    L'histoire des personnages de Clara, Erika – la fille de Toni – et de Clothilde, la cousine pauvre et gourmande recueillie par la famille rajoutent un peu de chair au déclin familial sans jouer un grand rôle dans l'histoire.
    Le thème de l'opposition entre l'art et le commerce est principal dans ce roman. On le voit dans les conflits entre Christian et Thomas mais surtout dans la déception de Thomas par rapport à son fils unique Hanno à qui il espérait léguer l'entreprise familiale.
    La vie de ces personnages, même pendant la révolution de 1848 en Allemagne, reste sans beaucoup de reliefs. Même lors des grands événements, comme les divorces et les décès, ces personnages restent relativement calmes.
    Bien que rien ne se passe vraiment dans ce roman, on n'a pas envie de le lâcher avant la fin.

    Lien : http://www.litteratureworld.net/?p=901
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  • Par Aela, le 22 février 2011

    Aela
    La famille Buddenbrook est une riche famille de marchands originaire de Lübeck. le roman porte un sous-titre « le déclin d'une famille ». Il s'agit d'un milieu représentatif de la grande bourgeoisie allemande appartenant à la sphère hanséatique (Nord de l'Allemagne) , avec un sentiment d'appartenance à une élite. La famille va irrémédiablement vers son déclin : après le décès du fondateur de la dynastie, le fils ne peut éviter les mauvaises affaires et le petit-fils, maladif, préfère les carrières artistiques.
    Des protraits attachants, qui incitent la compassion : ainsi la fille du fondateur, la pauvre Tony devra oublier son amour de jeunesse et, devant la pression exercée par sa famille, se résigner à un mariage de raison avec un commerçant qui s'avérera être un escroc.
    Une peinture dure de l'époque (XIXème siècle). C'est de loin le roman de Thomas Mann le plus abordable, le plus amusant et narratif.
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    • Livres 4.00/5
    Par picaflor, le 12 novembre 2011

    picaflor
    Cette saga dépeint d'une façon saisissante l'atmosphère dans laquelle baigne cette dynastie bourgeoise de l'Allemagne du Nord, entre la prospérité discrètement triomphante, la course aux honneurs et les mésalliances, le tout finissant en déconfiture économique et morale : pas très réjouissant, tout cela, mais tellement bien écrit. On entre de plain-pied dans ce petit monde de l'Allemagne en construction dans lequel Bismarck est présent, mais encore très loin.
    (NB : Pour ceux qui pratiquent l'allemand, la langue de Thomas Mann dans la version originale est assez accessible).
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 12 novembre 2010

    C'est ainsi que les choses se passent dans la fièvre typhoïde. Jusque dans les lointains rêves de la fièvre, dans l'égarement brûlant du malade, la vie jette son appel d'une voix réconfortante que l'on reconnaît infailliblement. Cette voix rude et fraîche atteint l'esprit sur le chemin étrange et torride où il avance et qui mène à l'ombre, à la fraîcheur, à la paix. L'homme, s'il prête l'oreille, entendra cette voix claire, gaie, un peu railleuse, qui l'exhorte à revenir sur ses pas, qui vient à lui de cette région qu'il a laissée, si loin derrière lui et déjà oubliée. Si un émoi s'éveille en lui, comme un sentiment d'avoir lâchement failli à son devoir, un sentiment de honte, un renouveau d'énergie, de courage et de joie, d'amour et d'attachement envers cette agitation décevante, bigarrée et brutale qu'il a laissée derrière lui, alors, si loin qu'il se sera aventuré sur le sentier étrange et brûlant, il fera demi-tour et vivra. Mais s'il tressaille de peur et d'aversion en entendant la voix de la vie, si, en ce moment, à cet appel jovial et provocant, il secoue la tête négativement et étend le bras derrière lui comme pour se défendre, et s'élance en avant sur le chemin qui s'est offert à lui comme un refuge… alors il est bien clair qu'il mourra.
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  • Par Aela, le 22 février 2011

    Tony était en robe de chambre : elle raffolait des robes de chambre . Rien ne lui paraissait plus distingué qu’un élégant déshabillé ; comme on ne lui permettait pas, à la maison paternelle, de satisfaire cette passion, à présent, étant mariée, elle se dédommageait… Aujourd’hui, elle portait un peignoir grenat, dont la couleur s’harmonisait bien avec la tapisserie et les boiseries.
    Tony war im Schlafrock ; sie schwärmte für Schlafröcke. Nichts erschien ihr vornehmer als ein elegantes Negligé, und da sie sich him Elternhause dieser Leidenschaft nicht hatte überlassen dürfen, frönte sie ihr nun als verheiratete Frau desto eifriger. Heute trug sie das dunkelrote Morgenkleid, dessen Farbe genau mit dem Tone der Tapete über der Holztäfelung übereinstimmte.
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