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Par peloignon, le 21/12/2012
L'Homme sans qualités, tome 2 de
Robert Musil
[I]l faudrait...écrire un livre tout entier sur le fait qu’au lieu de vouloir être distingué, on doit vouloir se distinguer, mais ça serait un livre complètement asocial.
(1073)
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Par peloignon, le 06/12/2012
L'Homme sans qualités, tome 2 de
Robert Musil
Comprendre un être qu’on aime, ce n’est pas l’espionner : il faut que ce soit un don dans une surabondance d’inspirations heureuses. On ne doit reconnaître que ce qui enrichit. On dispense des qualités avec l’assurance absolue d’un accord déterminé à l’avance, de l’impossibilité d’aucune séparation... (830)
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Par peloignon, le 22/03/2013
L'Homme sans qualités, tome 2 de
Robert Musil
La science est amorale. Cette admirable pénétration de l’inconnu nous déshabitue des contacts directs avec notre conscience, elle ne nous accorde même pas la satisfaction de les prendre au sérieux.
(362)
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Par peloignon, le 24/11/2012
L'Homme sans qualités, tome 1 de
Robert Musil
L'une des caractéristiques de l'amour comme de tous les états d'exaltation est probablement un certain délire d'interprétation: chaque fois qu'une parole tombait, une signification profonde s'illuminait, s'avançait comme un dieu voilé et se défaisait dans le silence. (672)
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Par peloignon, le 21/12/2012
L'Homme sans qualités, tome 1 de
Robert Musil
Et maintenant, l'arbre de ses convictions avait ses racines dans le ciel, et toute la boue du volcan de la vie leur restait attachée! (811)
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L'Homme sans qualités, tome 1 de
Robert Musil
Or, un beau jour, Ulrich renonça même à vouloir être un espoir. Alors déjà, l'époque avait commencé où l'on se mettait à parler des génies du football et de la boxe; toutefois, les proportions demeuraient raisonnables: pour une dizaine, au moins, d'inventeurs, écrivains et ténors de génie apparus dans les colonnes de journaux, on ne trouvait encore, tout au plus, qu'un seul demi-centre génial, un seul grand tacticien du tennis. L'esprit nouveau n'avait pas encore pris toute son assurance. Mais c'est précisément à cette époque-là qu'Ulrich put lire tout à coup quelque part (et ce fut comme un coup de vent flétrissant un été trop précoce) ces mots: "un cheval de course génial". Ils se trouvaient dans le compte rendu d'une sensationnelle victoire aux courses, et son auteur n'avait peut-être même pas eu conscience de la grandeur de l'idée que l'esprit du temps lui avait glissée sous la plume. (...)
Si l'on devait analyser un grand esprit et un champion national de boxe du point de vue psychotechnique, il est probable que leur astuce, leur courage, leur précision, leur puissance combinatoire comme la rapidité de leurs réactions sur le terrain qui leur importe, seraient en effet les mêmes; bien plus, il est à prévoir que les vertus et les capacités qui font leur succès à chacun ne les distingueraient pas beaucoup de tel célèbre steeple-chaser; on ne doit pas sous-estimer les qualités considérables qu'il faut mettre en jeu pour sauter une haie. Puis, un cheval et un champion de boxe ont encore cet autre avantage sur un grand esprit, que leurs exploits et leur importance peuvent se mesurer sans contestation possible et que le meilleur d'entre eux est véritablement reconnu comme tel; ainsi donc, le sport et l'objectivité ont pu évincer à bon droit les idées démodées qu'on se faisait jusqu'à eux du génie et de la grandeur humaine.
(Chapitre 13. Un cheval de course génial confirme en Ulrich le sentiment d'être un homme sans qualités.)
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Par bardamu, le 22/04/2009
L'Homme sans qualités, tome 1 de
Robert Musil
[...] tout progrès est en même temps une régression. Il n'y a jamais de progrès que dans un sens déterminé. Et comme notre vie, dans son ensemble, n'a aucun sens, elle ne connait pas davantage dans son ensemble, de vrai progrès.
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Par Outis, le 17/09/2007
L'Homme sans qualités, tome 1 de
Robert Musil
Si la bêtise, vue du dedans, ne ressemblait pas à s’y m’éprendre au talent, si, vu du dehors, elle n’avait pas toutes les apparences du progrès, du génie, de l’espoir et de l’amélioration, personne ne voudrait être bête et il n’y aurait pas de bêtise.
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L'homme sans qualités de
Robert Musil
Il n'y a plus d'avenir dans l'instable que dans le stable, et le présent n'est rien qu'une hypothèse que l'on n'a pas encore pu dépasser.
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Par Piling, le 15/10/2008
L'Homme sans qualités, tome 1 de
Robert Musil
On signalait une dépression au-dessus de l'Atlantique ; elle se déplaçait d'est en ouest en direction d'un anticyclone situé au-dessus de la Russie, et ne manifestait encore aucune tendance à l'éviter vers le nord. Les isothermes et les isothères remplissaient leurs obligations. Le rapport de la température de l'air et de la température annuelle moyenne, celle du mois le plus froid et le mois le plus chaud, et ses variations mensuelles apériodiques, était normal. Le lever, le coucher du soleil et de la lune, les phases de la lune, de Vénus et de l'anneau de Saturne, ainsi que nombre d'autres phénomènes importants, étaient conformes aux prédictions qu'en avaient faites les annuaires astronomiques. La tension de vapeur dans l'air avait atteint son maximum, et l'humidité relative était faible. Autrement dit, si l'on ne craint pas de recourir à une formule démodée, mais parfaitement judicieuse : c'était une belle journée d'août 1913.
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