> Louise Servicen (Autre)
> Michel Tournier (Autre)

ISBN : 2253031550
Éditeur : Le Livre de Poche (2004)


Note moyenne : 3.96/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
L'un des plus grands romans de Thomas Mann, composé aux Etats-Unis de 1943 à 1947, et dont la trajectoire trouve un écho flamboyant et tragique dans l'histoire contemporaine, le triomphe et l'apocalypse de l'Allemagne hitlérienne.
Brassant les mythes, renouant av... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par zohar, le 23 février 2011

    zohar
    La grande originalité de ce roman tient au fait que « l'histoire » personnelle d'un jeune musicien prodige correspond en de nombreux points, à « l'Histoire » de l'Allemagne de l'Entre Deux-Guerres.
    Autrement dit, et plus précisément, Thomas Mann établit dans son « Docteur Faustus », un jeu de parallélismes entre les souffrances de Leverkühn (notre héros), et celles de l'Allemagne de l'après Première Guerre mondiale.
    Tout d'abord, les idées nihilistes du jeune compositeur, Adrian Leverkühn, reflètent, indubitablement, l'inquiétude muette que traversa l'Allemagne dans les années 1930 : à savoir une décadence intellectuelle !
    Ensuite, on peut constater aussi et à travers Zeitblom (le narrateur et ami d'enfance du prodige), une comparaison subtile entre la dégradation de la santé mentale de Leverkühn et le déclin tant social que politique du pays (dans cette même période).
    Et enfin, la déchéance physique du jeune héros (atteint de syphilis) qui finira par l'anéantir jusqu'à la folie, est traitée en parallèle avec le désastre de l'Allemagne (corrompu, dans tout son corps et tout son être, comme Leverkühn) et qui finira aussi vers un destin catastrophique : non pas de la folie mais de la montée du nazisme !
    Thomas Mann nous laisse dans ce livre une belle aventure à la fois intellectuelle, politique mais aussi musicale (le compositeur imaginaire à les traits et le génie d'un Schoenberg) et philosophique (certains passages ont été fortement influencés par Théodor Adorno).
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    • Livres 4.00/5
    Par stcyr04, le 19 mai 2012

    stcyr04
    Le Docteur Faustus est une œuvre d'une incroyable densité, d'une étonnante richesse, protéiforme, et, - le dirais-je?, roborative.
    C'est la biographie fictive, contée par son ami d'enfance, d'Adrian Leverkuhn, compositeur de musique dodécaphonique ayant conclu (ou cru conclure?) un pacte avec le Diable.
    Le roman tire sa profondeur et sa richesse notamment par la multiplicité des mises en abimes: le narrateur est l'ami qui conte l'histoire du génial inventeur; la rédaction du roman et le moment où écrit le narrateur se situe en plein écroulement du IIIème Reich alors que le temps de la narration est plutôt encadré par la 1ère Guerre Mondiale; le musicien à une vie et un destin ressemblant fort "étrangement" à celle de Nietzsche.
    Une œuvre métaphysique, démoniaque, musicale et drôle. le testament littéraire de Thomas Mann.
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    • Livres 2.00/5
    Par Bunee, le 30 mai 2008

    Bunee
    Thomas Mann est une figure centrale de la littérature et de la pensée allemande. Opposé au nazisme dès l'origine de ce mouvement, il fuit l'allemagne en 1933. Il vivra un long exil, d'abord en Suisse, puis aux Etats Unis, Pays dont il prendra ensuite la nationalité et qu'il fuira dans les années 50 à cause du Maccarthysme.
    La liste des oeuvres de Thomas Mann est assez longue, et contient des livres monumentaux tels que La montagne magique, La Mort à Venise, et bien évidemment Le Docteur Faustus.
    Vous connaissez très certainement l'histoire de Faust, héros d'un conte populaire et de pièces de Marlowe et Lessing, qui conclut un pacte avec le diable (AKA Méphistophélès), à l'occasion duquel il vendit son âme en échange de la connaissance. Cette histoire a également inspiré Goethe et de nombreux compositeurs.
    Le Docteur Faustus de Thomas Mann (que je vous conseille vivement et sans la lecture duquel vous risqueriez de ne pas apprécier à sa juste valeur Le Journal du docteur Faustus), décrit la tragédie d'un musicien imaginaire, Adrian Leverkühn, pactisant avec le diable et reflète par analogie la crise identitaire, culturelle et sociétale allemande de l'après première guerre mondiale.
    Le Journal du docteur Faustus narre la genèse de ce roman et rassemble les notes chronologiques relatives à la période pendant laquelle Le Docteur Faustus a été écrit et s'interprète en quelque sorte comme le pendant de cet ouvrage...
    http://lelabo.blogspot.com/2007/07/thomas-mann-le-journal-du-docteur.html
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    • Livres 4.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 14 septembre 2011

    ay_guadalquivir
    Docteur Faustus fut écrit à la fin de la guerre aux Etats-Unis, où Thomas Mann vivait dans le voisinage d'Arnold Schönberg. Thomas Mann se passionnait pour la musique, en lui donnant une grande force de structuration du peuple. Dans ce livre, Leverkühn, devenu inventeur imaginaire de la musique sérielle, vit en lui-même les grandes souffrances de l'Allemagne entre deux geurres. Et la musique allemande se transforme. Comme si la tradition romantique et classique ne pouvait plus trouver sa place. Thomas Mann comprend que l'art et le réel se transforment mutuellement, et que la création s'inscrit dans un temps de l'homme. Un grand livre sur la faillite allemande.
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    • Livres 5.00/5
    Par babebibobu, le 11 mai 2010

    babebibobu
    Le Docteur Faustus est un livre multiple, Mann y traite, en vrac (en vrac c'est moi qui le dit hein), la décadence de l'Allemagne, la naissance de la musique sérielle, le mythe de Faust bien sûr… et ça marche, car le roman est assez long pour qu'on ait le temps de s'installer bien confortablement entre les pages. Je le conseille tout particulièrement aux amateurs de musique (oui, y a quelques tartines quand même).
    Ouh la la, je me rends compte que mes quelques lignes sont pas forcément très alléchantes, pourquoi je parle de musique sérielle moi? Non sérieusement ce livre est excellent, mais oui mais oui, allez-y, foncez!
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Citations et extraits

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  • Par stcyr04, le 18 mai 2012

    De notre part, tout sentiment national serait une hardiesse susceptible de provoquer un pogrom. Nous sommes internationaux, mais nous sommes pro-allemands comme personne au monde, ne fut-ce que parce que nous ne pouvons nous dispenser de constater l'analogie des rôles de la germanité et du judaïsme sur terre. Une analogie frappante. Tous deux pareillement honnis, méprisés, craints, enviés, pareillement ils déconcertent et sont déconcertés. On parle de l'âge du nationalisme; en réalité, il n'y a que deux nationalisme, l'allemand et le juif, et celui des autres peuples est jeu d'enfants par comparaison, - tout comme le caractère typiquement français d'un Anatole France est pure cosmopolitisme comparé à l'isolement allemand et à la présomption juive d'être le peuple élu... France, un nom de guerre nationaliste. Un écrivain allemand ne pourrait pas s'appeler Deutschland, tout au plus appelle-t-on ainsi un bateau de guerre. Il devrait se contenter de "Deutch" et alors, cela ferait un nom juif, oh! la, la! Messieurs je tourne vraiment le bouton de la porte, je suis déjà partit. Je n'ajoute qu'un mot. Les Allemands devraient nous laisser, à nous Juifs, le soin d'être pro-allemands. Avec leur nationalisme, leur morgue, leur prétention d'être incomparables, leur haine de l'alignement et de l'équivalence, leur refus d'être introduits auprès du monde et de s'agréger socialement à lui - avec tout cela, ils se précipiteront dans le malheur, une véritable catastrophe juive, je vous le jure. Les Allemands devraient permettre aux Juifs de remplir entre eux et la société le rôle de médiateur, de manager, d'impresario, d'entrepreneur de la germanité... il est tout à fait qualifié pour cela, on ne devrait pas le mettre à la porte, il est international et il est pro-allemand... mais c'est en vain. Et c'est très dommage.
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  • Par stcyr04, le 17 mai 2012

    - Accorde-moi, lui dis-je, que les horreurs de la création physique ne sont nullement fécondes du point de vue religieux. Quel respect, quelle élévation spirituelle à base de respect pourraient découler de la représentation d'un désordre incommensurable comme celui d'un univers en explosion? Absolument aucun. La piété, la déférence, la décence morale, le sentiment religieux ne sont possibles que dans l'homme et par l'homme et limité au terrestre humain. Ils devraient, ils peuvent et doivent aboutir à un humanisme teinté de religion, déterminé par le sentiment du transcendant mystère de l'homme, par la fière conscience qu'il n'est pas un simple produit biologique et qu'une partie essentielle de son être ressortit à un monde spirituel; que l'absolu lui est donné avec le concept de la vérité, de la liberté, de la justice, qu'il a le devoir d'approcher de la perfection. Dans ce pathétique, dans cet impératif, ce respect de l'homme devant soi-même, il y a Dieu. Je ne saurai le découvrir dans cent milliards de voies lactées.
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  • Par stcyr04, le 17 mai 2012

    L’art est esprit et l’esprit n’a pas à se sentir engagé envers la société, la collectivité. Cela lui est interdit à mon sens, au nom même de la liberté, de sa noblesse. Un art qui « va au peuple », qui fait siens les besoins de la foule, du petit bourgeois, du vulgaire, tombe à l’indigence. Lui en imposer l’obligation, mettons pour des raisons d’État, n’autoriser qu’un art compréhensible aux médiocres est la pire des vulgarités, un assassinat de l’esprit. L’art, j’en suis convaincu, malgré ses audaces les moins accessibles à la foule, ses essais et ses recherches les plus hardis, peut être certain que d’une façon indirecte, supérieure, il sert l’homme, et même à la longue, les hommes.
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  • Par stcyr04, le 17 mai 2012

    Le génie est une forme de force vitale profondément instruite de la maladie, il puise en elle son inspiration génésique et par elle devient générateur.
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  • Par stcyr04, le 14 mai 2012

    - Il serait tragique, dis-je, que la liberté aboutit à l'improductivité. C'est toujours dans l'espoir de libérer des forces productrices que l'on conquiert la liberté.
    - En effet, répondit-il. En un moment, elle réalise d'ailleurs ce qu'on attendait d'elle; mais la liberté n'est en définitive qu'un autre terme pour désigner la subjectivité; et un jour cette dernière ce lasse d'elle même, l'instant viens où elle désespère de sa faculté créatrice et cherche abris et sécurité dans l'objectif. La liberté incline toujours à un revirement dialectique. Elle apprend très vite à se connaitre dans la captivité, elle s'accomplit en se pliant à l'ordre, à la loi, à la contrainte, au système, s'accomplit sans cesser pour cela d'être la liberté.
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[appels aux allemands]
Depuis le Prenzlauer BERG (Berlin), Olivier BARROT présente le livre "Appels aux Allemands", recueil des textes écrits par Thomas MANN et diffusés par la BBC pendant la 2ème Guerre Mondiale.











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