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Par toto, le 01/02/2011
Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants de
Mathias Enard
Je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l'amour; au vide, ils répondent en construisant des châteaux et de temples. Ils s'accrochent à des récits, ils les poussent devant eux comme des étendards; chacun fait sienne une histoire pour se rattacher à la foule qui la partage. On les conquiert en leur parlant de batailles, de rois, d'éléphants et d'êtres merveilleux; en leur racontant le bonheur qu'il y aura au-delà de la mort, la lumière vive qui a présidé à leur naissance, les anges qui leur tournent autour, les démons qui les menacent, et l'amour, l'amour, cette promesse d'oubli et de satiété.
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Par sylvie, le 10/12/2009
Zone de
Mathias Enard
je voudrais retrouver un jour tiède entre Agami et Marsa Matrouh, à quelques kilomètres d'Alexandrie, sur la plage immense, c'est le soir la Méditerranée est métallique le ciel rosi le sable doux, je regarde vers le large le phosphore pur de la mer fait cligner des yeux dans la lumière oblique, deux formes glissent hors de l'eau, elles sautent l'une derrière l'autre et étincellent, deux gerbes irisées viennent vers la côte à petits bonds, deux dauphins, deux dauphins jouent dans la mer tiède à quelques encablures du bord, je n'en ai jamais vu, je me lève, ils sont si proches qu'on voit leur rostre étinceler, ils cabriolent devant moi, il n'y a personne d'autre, alors bien sûr je cours ils semblent si réels vus au ras des vagues, j'en ai les larmes aux yeux, jamais je n'ai assisté à un spectacle pareil, un spectacle pour personne, ils caracolaient pour moi seul, dans le soir d'une côte déserte, un cadeau du hasard ou de Thétis la généreuse, je me suis jeté dans l'eau, un linceul de fraîcheur m'a recouvert, les deux formes d'argent se découpaient sur le ciel rose, le goût de sel me remplissait la bouche, j'ai nagé doucement vers eux, c'était la beauté qui m'appelait, la beauté le calme et le bonheur pur de l'harmonie du monde, je nageais vers les deux dauphins, doucement pour ne pas les effrayer, je voulais les suivre, je voulais les suivre, je les aurai suivis jusqu'à la demeure de Poséïdon aux crins d'azur, c'était un beau couchant pour disparaître, un beau soir pour mourir ou vivre éternellement dans le sillage des mammifères marins, ils m'ont senti arriver, perçu mes vibrations dans les vagues, je n'étais pas digne d'eux, je n'en étais pas digne
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Par Gwordia, le 10/09/2012
Rue des voleurs de
Mathias Enard
La vie consume tout - les livres nous accompagnent, comme mes polars à deux sous, ces prolétaires de la littérature, compagnons de route, dans la révolte ou la résignation, dans la foi ou l'abandon.
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Par litolff, le 25/01/2013
Rue des voleurs de
Mathias Enard
L'avantage, c'est qu'aujourd'hui les livres ont si peu de poids, sont si peu vendus, si peu lus que ce n'est même plus la peine de les interdire.
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Par Orphea, le 17/12/2010
Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants de
Mathias Enard
Cela commence par des proportions. L'architecture est l'art de l'équilibre ; tout comme le corps est régi par des lois précises, longueur des bras, des jambes, position des muscles, un édifice obéit à des règles qui en garantissent l'harmonie. L'ordonnancement est la clé d'une façade, la beauté d'un temple provient de l'ordre, de l'articulation des éléments entre eux. Un pont, ce sera la cadence des arches, leur courbe, l'élégance des piles, des ailes, du tablier. Des niches, des gorges, des ornements pour les transitions, certes, mais déjà, dans le rapport entre voûtes et piliers, tout sera dit.
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Par litolff, le 28/01/2013
Rue des voleurs de
Mathias Enard
On se dit ah, dix-sept, ce n'est pas beaucoup, parlez moi de mille, de deux mille, de trois mille macchabées, mais dix-sept, dix-sept ce n'est rien d'extraordinaire, et pourtant, et pourtant, c'est une quantité énorme de vie disparue, de viande crevée, c'est encombrant, dans la mémoire comme dans la chambre froide, ce sont dix-sept visages et plus d'une tonne de chair et d'os, des dizaines de milliers d'heures d'existence, des milliards de souvenirs disparus, des centaines de personnes touchées par le deuil, entre Tanger et Mombasa.
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Par jostein, le 18/10/2010
Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants de
Mathias Enard
Combien faudra-t-il d'œuvres d'art pour mettre la beauté dans le monde?
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Par Orphea, le 17/12/2010
Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants de
Mathias Enard
Incipit
La nuit ne communique pas avec le jour. Elle y brûle. On la porte au bûcher à l'aube. Et avec elle ses gens, les buveurs, les poètes, les amants.
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Par caro64, le 02/12/2012
Rue des voleurs de
Mathias Enard
Je suis un être humain, donc un détritus vicieux esclave de ses instincts, un chien, un chien qui mord quand il a peur et cherche les caresses.
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Par Milisnail, le 07/06/2013
Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants de
Mathias Enard
Souvent on souhaite la répétition des choses; on désire revivre un moment échappé, revenir sur un geste manqué ou une parole non prononcée; on s'efforce de retrouver les sons restés dans la gorge, la caresse que l'on n'a pas osé donner, le serrement de poitrine disparu à jamais.