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Par Ode, le 30/12/2012
Le roi des ombres de
Ève de Castro
Le cœur des hommes est un chaudron de sorcière, Monsieur, le siècle où nous vivons cache la crasse sous les dentelles et la sanie de l'âme sous la poudre, les courbettes et les faux repentirs. Je sais des prêtres vautrés dans le crime, des manants qui battent à mort leur femme, des bourgeois qui vendent leur fille à des monstres, des seigneurs qui torturent les enfants, des princes qui tirent au fusil les gens comme des lapins, et des rois qui au lieu de donner l'exemple de la vertu, violent, mentent et trahissent.
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Par Ode, le 11/01/2013
Le roi des ombres de
Ève de Castro
– En Italie, d'où vient ma famille, nous avons une prière qui dit : « Seigneur, donnez-moi la force de changer ce que je peux changer, l'humilité d'accepter ce que je ne puis changer, et la sagesse de reconnaître la différence. » C'est une prière qui s'adresse plus à soi-même qu'à Dieu, mais à l'occasion elle pourrait vous servir.
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Par Ode, le 12/01/2013
Le roi des ombres de
Ève de Castro
Ainsi va notre monde, Ninon. Ceux qui se rendent irremplaçables gagnent une place près du Soleil, les autres restent des ombres, et le sort des ombres est de se fondre dans la nuit.
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Par Ode, le 01/01/2013
Le roi des ombres de
Ève de Castro
Mathilde plume les volailles de la reine Marie-Thérèse, la femme du roi, qu'on surnomme l'Espagnole parce qu'elle a des suivantes et des chiens pareillement nains, qu'elle prononce « cétté poute » en parlant de Mademoiselle de La Vallière, la maîtresse de son mari, et qu'elle se barbouille à toute heure de chocolat chaud. Lorsque le roi est au château avec sa famille, ce qui n'est guère plus de deux fois le mois parce qu'il réside principalement au Louvre ou à Saint-Germain, Mathilde plume en moyenne quinze poulets, faisans, oies, canards, pintades par repas, plus les cailles, les ortolans, les grives et les palombes lorsque c'est la saison.
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Par Ode, le 10/01/2013
Le roi des ombres de
Ève de Castro
La guerre de Sa Majesté ressemble à un opéra de Monsieur Lully. De la musique, des héros sanglés dans des cuirasses très seyantes, des plumes et des rubans un peu partout, des armes étincelantes sur lesquelles les taches de sang font comme des mouches sur la gorge des dames, des dames, justement, nombreuses, ravissantes et largement décolletées, de la poudre aux yeux et des forteresses qui tombent aussi courtoisement que des châteaux de cartes.
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Par Ode, le 04/01/2013
Le roi des ombres de
Ève de Castro
Les Jésuites en général et les maîtres de philosophie en particulier ne vous apprendront jamais à penser, ils se contenteront de vous enseigner comment on a pensé avant vous.
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Par Ode, le 23/01/2013
Le roi des ombres de
Ève de Castro
Pourquoi désirer être Apollon quand on est déjà Louis XIV ?
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Le roi des ombres de
Ève de Castro
Il est des émotions d'amour qui dilatent l'être, le dénouent, le lavent des scories de l'existence et l'engendrent à nouveau.
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Par mazou31, le 18/01/2013
Le roi des ombres de
Ève de Castro
Craignez-vous le diable Monsieur ? J’ai souvent entendu votre aumônier vous conter les méfaits de Lucifer et les masques innombrables que l’Ange déchu prend pour nous tenter. N’en déplaise à l’Église qui prétend gouverner notre jugement autant que régir nos actions, il me semble que le mal ne loge ni aux Enfers, ni chez les protestants, ni entre les cuisses des femmes, mais en chacun de nous.
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Par Woland, le 05/05/2010
Nous serons comme des dieux de
Ève de Castro
[...] ... Aurais-je repoussé l'homme dont les sentiments se seraient fait entendre avec les accents que mon père trouvait pour Elisabeth ? Comment l'assurer ? Que sais-je du désir, que sais-je du plaisir, moi qui cache mes appas sous des voiles sévères ? Quelle amante, quelle épouse aurais-je été, si je n'avais étouffé la voix de ma nature ? (...)
Ainsi aimer était-il soit pécher, soit souffrir. Au vrai, je ne péchais pas et je ne souffrais réellement que de voir Elisabeth mener train de reine avec gardes et tambours, une reine d'Orient vautrée sur sa litière, frottée d'or, de parfum, de semence, une déesse amorale et somptueuse devant laquelle même le prince pliait le genou. Je ne possédais ni sa lascivité, ni son ascendant sur autrui, ni son extraordinaire appétit à vivre. Je ne me sentais pas plus le goût que le talent de marcher sur ses brisées, et l'eussé-je désiré que ma fierté m'en eût détournée. Car j'avais de l'orgueil, cet orgueil raide, ombrageux, tyrannique, qui est l'arme des timides et des délaissés. La naissance m'avait faite seconde. Mon père exhibait sa passion pour mon aînée d'une manière qui me faisait souhaiter de n'être jamais née. Yeux bandés, chemise ouverte, le royaume tout entier s'attablait pour leurs noces et moi, au lieu de festoyer, j'avais envie de pleurer. Quelle place devais-je accepter dans cette bacchanale ? Qu'allais-je faire de ma vie ? Se pouvait-il que je n'eusse d'autre horizon qu'un mariage convenu, avec sa couronne de dégoûts, de lâchetés et de trahisons ? Se pouvait-il que mon père et ma soeur fussent dans le vrai, et l'exemple qu'ils offraient la règle de ce temps ? (...)
C'est alors que, penchée au bord du gouffre, titubant d'une nausée où désir et dégoût se disputaient le pas, j'entrevis une issue dont je crus que jamais je n'aurais à rougir. Un sort digne des nobles martyrs, un de ces destins qui survivent à la mort en imprimant dans les mémoires une admiration subjuguée. C'était là, devant moi, aussi vivant que sont vivants mes souvenirs aujourd'hui. Je tenais le moyen d'éclipser Elisabeth sans souiller mon âme ni mon corps dans une rivalité triviale. Elle était l'Ange noir du duc d'Orléans. Moi, Adélaïde, je deviendrais son Ange blanc. Par ma soeur, il se perdait. Par moi, il se sauverait. Devant lui, j'ouvrirais toutes grandes les portes du royaume des cieux. En m'offrant sur l'autel que souillaient ses impiétés et ses débauches, je gagnerais son paradis. Personne, jamais, ne lui témoignerait si éloquent amour. ... [...]
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