> Annick Le Goyat (Traducteur)

ISBN : 2283023327
Éditeur : Buchet-Chastel (2008)


Note moyenne : 3.74/5 (sur 78 notes) Ajouter à mes livres
Quand Ashok Sharma, homme d'affaires de Bangalore, entend à la radio que le premier ministre chinois se rendra bientôt dans sa ville afin d'en savoir plus sur la réussite des entrepreneurs de cette région, il décide de lui écrire pour lui donner sa version.

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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 27 avril 2012

    litolff
    Vision cynique et féroce d'une Inde désenchantée
    Le tigre blanc, ainsi surnommé par son instituteur pour ses capacités intellectuelles supérieures à la moyenne, est un petit garçon, Balram, dont la famille subit les oppressions continuelles des grands propriétaires de sa région.
    D'abord garçon à tout faire dans une échoppe à thé, il parviendra à apprendre à conduire et à devenir chauffeur de maître, un statut dont sa famille n'aurait jamais osé rêver… Mais Balram est assez intelligent pour percevoir le fonctionnement de la société indienne et son injustice criante, et il décidera d'inverser l'ordre des choses, de devenir un maître, lui aussi…
    Son histoire, celle de tout un peuple tiraillé entre les sirènes de la croissance, l'avidité de la classe dominante et le drame de la pauvreté, Balram la raconte dans une lettre au Premier ministre chinois qui doit venir visiter Bangalore.
    Dans une diatribe cynique et violente contre son pays dont il n'hésite pas à décrire les côtés les moins reluisants, Aravind Adiga attire l'attention sur la corruption qui règne en maître sur le sous-continent, le fonctionnement aberrant d'un pays à deux vitesses où une partie de la population est encore maintenue à l'état d'esclave et traitée comme des sous-hommes, mais aussi le coté fondamentalement individualiste des indiens.
    A n'en pas doute, l'auteur espère attirer l'attention internationale sur ce qui se passe dans son pays ; il aurait en effet déclaré que les critiques d'écrivains omme Flaubert, Balzac et Dickens ont beaucoup contribué à améliorer l'état de la société en Angleterre et en France au XIXe siècle…
    Si je n'ai pas outre mesure apprécié le procédé narratif, j'ai cependant été passionnée par cette description sans concession d'un pays en pleine mutation dont nous, occidentaux, sommes abreuvés de clichés exotiques et bollywoodiens.
    UN ACTE D'ACCUSATION PASSIONNANT CONTRE LA POLITIQUE INDIENNE CONTEMPORAINE.
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 25 août 2010

    caro64
    Dans Le tigre blanc, Balram Halwai raconte son histoire sous la forme de lettres qu'il adresse au Premier ministre chinois, bientôt en visite à Bangalore. Balram décrit son enfance misérable dans une famille de "base caste" où il lutte avec acharnement pour réaliser son rêve : passer de "l'Inde des ténèbres" à " l'Inde des lumières ". Persévérant en même temps que l'un des hommes les plus instruits du village, il réussira à obtenir une place de chauffeur auprès de l'un des nouveaux riches de l'Inde moderne. Mais Balram veut plus, il veut s'enfuir de la cage dans laquelle il est né. Il ne veut plus faire partie de la caste des serviteurs.
    Avec ce premier livre, Aravind Adiga se démarque de la littérature indienne qu'on pourrait qualifier "d'exotique" et se place dès le départ dans une démarche très réaliste.
    Ce roman, loin des sentiers battus et du mirage du miracle économique indien, est un texte détonnant, une confession crue et amorale qui nous parle d'un pays corrompu où la population, pour s'élever se bat parfois au prix de l'innommable.
    Un livre fort et sans concessions qui dénonce l'Inde à deux vitesses, un monde cruel et surprenant qu'Aravind Adiga nous fait découvrir et tout cela avec une bonne dose d'humour, ce qui rend le récit très agréable. On ne s'ennuie pas une minute, partagés entre stupeur et indignation !
    Le tigre blanc se lit d'une traite et ne laissera personne indifférent.
    A obtenu The Booker Prize 2008, le prix littéraire le plus côté outre-Manche, qui récompense un livre écrit en anglais par un auteur du Commonwealth, de l'Irlande, de l'Afrique du Sud ou du Pakistan.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par a_girl_from_earth, le 13 novembre 2011

    a_girl_from_earth
    Excellent excellent excellent!
    Je m'étais dit, en refermant le livre sur cette pensée, non, je ne peux pas dire ça quand même, c'est exagéré, tempère!... mais si, c'est excellent (ex-ce-llent! ), on est presque dans la perfection, autant dans l'histoire en elle-même, que dans la façon dont elle est construite, que dans les personnages, que dans le style narratif, que dans l'atmosphère du récit...
    Bon ok, cette lecture a été un tel moment de plaisir pour moi que j'ai du mal à prendre du recul, mais j'ai beau retourner cette histoire dans tous les sens en en cherchant les défauts, un seul mot me vient => excellent!
    En s'adressant par écrit au Premier ministre chinois pour le préparer à sa visite en Inde et lui expliquer, en passant, les clés de la réussite de l'entrepreneur, le narrateur, à travers le récit de sa vie, dresse un portrait vif et sans concession de l'Inde d'aujourd'hui. Les relations entre les membres des différentes couches sociales y sont dépeintes avec sagacité, avec en premier plan, les pauvres, condamnés à une misère sans fin et à un asservissement aux riches et puissants dont ils n'obtiennent que mépris et irrespect. L'éducation quasi inexistante, le poids de la famille, la corruption, contribuent à cette situation. Les pauvres s'y résignent sans trop broncher, cautionnant même ce système aberrant.
    Ce type de tableau ouvrant les yeux sur la réalité sociale et les conditions de vie dans ce pays n'est peut-être pas une nouveauté en soi, mais la plume de l'auteur les éclaire encore sous un angle inédit, avec un humour cynique proche de l'irrévérence et une intelligence aiguisée par l'esprit de facétie.
    Je ne développerai pas plus sur la vie du narrateur car je me suis plongée dans ce roman avec une confiance aveugle après l'avoir repéré dans la liste de ces "romans qui en disent long sur la marche du monde" (formule que j'aime beaucoup et tirée du Financial Times - article repéré chez Zarline). Je ne savais même pas de quoi traitait ce livre, et j'ai donc découvert son histoire au fur et à mesure qu'elle se déroulait. Et j'ai adoré! J'ai adoré suivre son développement petit à petit, aussi ce serait criminel de ma part de priver un futur lecteur de ce plaisir!
    Tout au plus ajouterais-je que j'ai vraiment aimé ce narrateur à travers lequel l'auteur fait preuve d'un réel génie narratif. Il raconte, avec une naïveté et une innocence feintes, une histoire qu'on pourrait trouver simplement amusante et divertissante, mais à travers son récit qui résonne comme une lutte pour la survie et un enseignement de la vie, perce quelque chose de profond, qui secoue, révolte, et fait rêver.

    Lien : http://lecture-sans-frontieres.over-blog.com/article-the-white-tiger..
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 10 février 2011

    chocobogirl
    Dans une société indienne inégalitaire où on est soit riche, soit pauvre, Balram Halwai fait partie des exclus. Son père gagne péniblement sa vie en tant que rickshaw et Balram est obligé d'arrêter l'école, malgré son intelligence, pour aller travailler dans un Tea-shop. Vivant à Bihar, dans un village où la misère règne, le salut ne peut venir que de ces nouveaux riches qui dirigent et possèdent tout. La chance sourit au jeune garçon qui va devenir le chauffeur de l'un d'eux, dans la grande ville de Delhi. Refusant de rester un esclave toute sa vie, Balram va se battre pour devenir un "entrepreneur", quitte à devenir un criminel...
    Car dès le début, il nous l'annonce : il a tué son maître.
    Le récit se fait à la première personne par Balram qui décide d'écrire une longue lettre au président chinois en visite en Inde. Découpée en 7 nuits, la lettre va peu à peu dérouler le fil de son existence, sous le prétexte de lui faire le portrait d'une réussite entreprenariale.
    " Si j'ai bien compris, vous autres Jaunes, malgré vos immenses réussites en matière de canalisations, d'eau potable, de médailles d'or olympiques, vous n'avez pas la démocratie. A la radio, certains politiciens expliquent que c'est la raison pour laquelle nous, les indiens, allons vous surpasser. Nous n'avons pas de tout-à-l'égoût, d'eau potable ni de médailles d'or aux jeux olympiques, mais nous avons la démocratie.
    En ce qui me concerne, si je construisais un pays, je commencerais par installer le tout-à-l'égoût, ensuite la démocratie, et après seulement je distribuerais des brochures et des statuettes de Gandhi. Mais que vaut mon avis ? Je ne suis qu'un criminel. "

    Nous allons découvrir une Inde bien réelle qui broie les pauvres pour mieux enrichir un cercle restreint de riches à qui sont accordés tous les pouvoirs. L'argent fait l'homme et la corruption règne à tous les étages. La police ferme les yeux sur des accidents de la route en échange de pots de vins, les riches arrosent les hommes politiques qui les soutiennent,... Bref le portrait qui est fait de l'Inde n'est pas très glorieux.
    Les pauvres sont condamnés à le rester et se montrent aussi dans toute leur laideur : rapacité, saleté, chantage, ...
    " En résumé, il y avait autrefois mille castes et destins en Inde. De nos jours, il ne reste que deux castes : les Gros Ventres et les Ventres Creux. Et deux destins : manger ou être mangé. "
    Balram, lui, se refuse à suivre le chemin tout tracé qu'il lui est offert, semblable à son père. Tel un Tigre blanc, espèce rare qui ne se présente qu'une fois par génération, Balram sera l'exception et gravira les échelons que sa naissance lui refuse normalement et réussira à s'évader de "la cage".
    Parti à Delhi, au service de Monsieur Ashok, Balram va découvrir un autre monde : celui des centres commerciaux, du luxe, des prostitués et du business. Il goutera au Whisky anglais, écoutera attentivement les conversations de son maitre et apprendra la corruption et le pouvoir de l'argent.
    Balram se révèlera un personnage amoral et égoiste. Ne se souciant pas du sort de sa famille, il préferera travailler pour son bénéfice personnel. C'est en volant et tuant qu'il trouvera la clé de la réussite.
    Mais sa confession en fait aussi un être attachant qui aura su se battre comme un tigre pour arriver là où personne ne l'attendait, et qui saura aussi épprouver de la compassion pour les pauvres dont il ne fait plus partie.
    Cet anti-héros est un véritable personnage ambivalent, à l'image de son pays qui, en plein boom économique, fait se cotoyer villages sordides et villes high-tech, sans se poser de questions.
    Récit de l'ascension d'un pauvre qui s'élèvera à la Lumière par le crime et le vol, Le tigre blanc est une formidable plongée dans l'Inde moderne. Critique et non dénué d'humour, le roman est une véritable dénonciation de l'aliénation et de l'amoralité qu'elle entraine.
    " Je clamerai que ça valait la peine de connaître, ne serait-ce qu'une journée, une heure, une minute, le sentiment de n'être pas un serviteur. "
    Doté du Booker price 2008, ce roman passionnant est à découvrir absolumment !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-le-tigre-blanc-4623265..
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    • Livres 5.00/5
    Par vllc, le 06 avril 2012

    vllc
    Nous voici plongés dans « l'Inde des Ténèbres ». le personnage principal, Balram, nous livre à travers une longue lettre destinée au Premier ministre chinois tous les paradoxes de l'Inde, pays démocratique et esclavagiste. Deux Indes se côtoient. Deux classes se côtoient : les Gros ventres et les Ventres creux. Balram est un ventre creux. A l'heure où l'Inde s'éveille aux nouvelles technologies des pays capitalistes, une autre Inde demeure viscéralement ancrée dans ses traditions familiales et ses relations maître-esclave. « L'Inde des Ténèbres » est enchaînée à des croyances millénaires, à l'image de beaucoup de pays occidentaux baignant dans leurs croyances judéo-chrétiennes. Dans l'Inde des Ténèbres, on naît pauvre et on meurt pauvre. Balram casse ces chaînes et nous fait plonger avec lui dans la fange de cette Inde qui oblige les pauvres à ramper comme des animaux. C'est en commettant le pire qu'il tue en lui ce qu'il est depuis sa naissance : un homme soumis qu'il exècre. Il devient alors un entrepreneur et rejoint ce qu'il appelle « l'Inde de la Lumière ». Ce roman sous forme de récit est une lettre pour le Premier ministre chinois. le choix du destinataire n'est bien sûr pas anodin : autre pays émergeant, où les droits de l'homme sont bafoués, possédant une démographie galopante bien qu'endiguée partiellement, la Chine aussi a ses propres paradoxes.
    Ce roman est la confession terrible, teintée d'un humour cynique, d'un homme qui veut vivre.
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Citations et extraits

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  • Par luocine, le 06 juin 2010

    Les rêves des riches ne coïncident jamais avec ceux des pauvres, n’est ce pas ? Toute leur vie, ces derniers rêvent d’avoir assez à manger et de ressembler aux riches. Et de quoi rêvent les riches ?

    De perdre du poids et de ressembler aux pauvres.
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  • Par caro64, le 25 août 2010

    Je suppose, votre excellence, que moi aussi je devrais commencer par embrasser le cul d’un dieu quelconque. Mais lequel ? Le choix est vaste. Les musulmans ont un dieu. Les chrétiens en ont trois. Nous, les hindous, trente-six millions. Soit un total de trente-six millions et quatre culs divins parmi lesquels choisir. (...) Ces dieux, il faut bien l’admettre, semblent accomplir peu de choses - comme la plupart de nos politiciens - pourtant ils continuent d’obtenir leur réélection sur les leurs trônes dorés, au paradis, année après année.
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  • Par parmifil, le 26 juin 2009

    "l'entrepreneur indien doit être à la fois loyal et véreux, dévoué et railleur, sincère et sournois."
    "Les rêves des riches ne coïncident jamais avec ceux des pauvres, n'est-ce pas ?
    Toute leur vie, ces derniers rêvent d'avoir assez à manger et de ressembler aux riches. Et de quoi rêvent les riches ?
    De perdre du poids et de ressembler aux pauvres.3
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  • Par luocine, le 06 juin 2010

    En résumé il y avait autrefois mille castes et destins en Inde. De nos jours, il ne reste que deux castes : les Gros Ventres et les Ventres Creux.

    Et deux destins : manger ou être mangé.

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  • Par vllc, le 06 avril 2012

    Les Blancs seront finis avant que je sois mort. Il y a les Noirs et les Rouges, c'est vrai, mais je ne sais pas ce qu'ils manigancent. La radio ne parle jamais d'eux. Je vous livre mon humble prédiction : d'ici 20 ans, il n'y aura plus que l'homme jaune et l'homme brun au sommet de la pyramide. Nous dirigerons le monde. Que Dieu protège tous les autres !
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