ISBN : 2207109720
Éditeur : Denoël (2011)


Note moyenne : 4.13/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres

Bon, c'est l'heure... L'heure de s'envoler... Le 4 mai 2001, le père d'Antonio Altarriba, âgé de 90 ans, saute du quatrième étage de sa maison de retraite... En relatant son existence intimement mêlée aux tempêtes qui o... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par paulotlet, le 28 décembre 2011

    paulotlet
    Antonio Altarriba évoque avec beaucoup de sensibilité l'histoire de son père; anarchiste, combattant antifasciste, épris de liberté mais qui fut enfermé plus souvent qu'à son tour. du gamin né dans la campagne espagnole qui levait le poing lors des meetings de la CNT au vieillard infantilisé dans un home, L'art de voler raconte toute une existence parsemée d'échecs tant personnels que collectifs. Une vie triste comme souvent.
    Malgré un propos marqué par la désillusion, Altarriba ne sombre jamais dans le pessimisme. Tout au plus le propos se fait-il doux amer lorsqu'il relate les fait les plus dramatiques. On sent qu'il a écrit ce livre comme une thérapie et un hommage à la fois. Il décrit avec tendresse les moments de bonheur, les rencontres, les amitiés et les trahisons, le désespoir et les renoncements. Il n'y a aucun pathos dans ses descriptions.
    Véritable roman graphique, L'art de voler s'arrête sur tous les personnages qui acquièrent au fil des pages une véritable épaisseur psychologique. On s'attache à Basilio qui voulait être mécanicien, à Concha qui offre son corps pour punir un mari violent ou à Restituto le papy bricoleur.
    Le texte est admirablement servi par les illustration du dessinateur catalan Kim, influencé par l'underground américain et dont le style graphique assez sombre et chargé convient tout à fait au propos.
    Un livre qui nous rappelle à chaque page que ce qui fait l'humanité c'est la soif de liberté.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Chouchane, le 09 mars 2012

    Chouchane
    Pourquoi se suicide-t-on à 90 ans ? Ce roman graphique qui mêle la destinée d'un homme à l'histoire d'Espagne pose aussi la question de la fin de vie, de la prise en charge en Espagne (ou ailleurs d'ailleurs !) de ceux qui se sont battus pour la liberté et qui se sont ensuite suicidés en masse face à l'indifférence du gouvernement. C'est la vie d'un homme ordinaire qui traverse la première République d'Espagne, la guerre civile, le franquisme, l'immigration en France… et les français n'ont pas à être fiers de la façon répugnante dont ils ont accueilli les premiers anti-fascistes. de combats en concessions, cet homme que rien ne distingue d'un autre va finir sa vie dans une maison de retraite au cadre rigide. Les idéaux s'envolent, les amis de combat se suicident, la famille se délite, l'abandon, la vieillesse, l'immense solitude. On comprend qu'Antonio Altarriba ait été rongé par la culpabilité d'avoir laissé son père dans cette prison pour vieux où poussé par la détresse il a fini par sauter par fenêtre. L'hommage qu'il lui rend est douloureux et plein d'amour.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par yvantilleuil, le 07 décembre 2011

    yvantilleuil
    4 mai 2001, âgé de 90 ans, Antonio Alatarriba s'élance du quatrième étage de sa maison de retraite, mettant ainsi fin à une vie faite d'espoirs et de désillusions. C'est sur bases des notes décousues d'Antonio Alatarriba senior que son fils va relater le parcours d'un homme qui rêvait de liberté, mais qui dû finalement se contenter de ce que lui offrit l'Histoire.
    L'existence d'Antonio Alatarriba étant intimement liée aux événements qui ont secoués l'Espagne et l'Europe du 20e siècle, l'auteur relate non seulement le quotidien de son paternel, mais également l'histoire d'un pays et d'une époque riche en bouleversements. Composé de quatre chapitres distincts, ce one-shot revient tout d'abord sur l'enfance d'Antonio dans un petit village rural d'Aragon. Élevé à la dure, le petit dernier d'une famille de paysans rêve déjà de liberté et d'aventures, loin de son bled natal. Alors qu'il tente de donner une direction à sa vie, son envol va être précipité par le souffle de l'Histoire, qui balayera une à une ses illusions. La fin de la dictature de Primo de Rivera, la chute de la monarchie, la Seconde république, la guerre civile, le régime de Franco, l'exode, la Seconde Guerre mondiale, la Résistance française, les camps de réfugiés français de Cyprien-plage… tant d'événements qui vont ballotter la destinée du protagoniste principal, jusqu'au retour au pays, dans une Espagne où il ne trouve plus sa place. Tant de défaites qui auront finalement raison de ses idéaux. Non, il ne volera pas !
    Afin de se rapprocher du lecteur, Antonio Alatarriba décide de fusionner avec son père (l'autre Antonio Alatarriba), le temps d'un récit. En racontant cette histoire à la première personne, endossant ainsi l'identité de son père, l'auteur revit l'histoire de l'Espagne en compagnie de son paternel. Se raccrochant tout d'abord à une alliance de plomb conclue avec ses camarades anarchistes et ensuite à une alliance de sang, établie avec son fils, l'homme survit d'abord aux péripéties servies par l'Histoire et ensuite à une existence qui n'est pas celle dont il rêvait. Même si le récit n'est pas dépourvu d'amour et d'humour, il est néanmoins parsemé de désillusions. Les revers sont trop nombreux et l'homme, obligé de tourner le dos à trop d'idéaux, termine sa vie par quinze années de dépression dans une maison de retraite. Un vieillard qui aura tant vécu, sans jamais réussir à vivre sa vie, mais qui n'aura jamais renoncé à prendre son envol vers la liberté, même si le vol ne dura finalement que quatre étages !
    Le graphisme du barcelonais Kim (Joaquim Aubert Puigarnau) restitue parfaitement l'ambiance de l'époque et contribue donc à faire revivre l'évolution de l'Espagne lors du XXème siècle. En insérant plusieurs métaphores visuelles, comme cette taupe qui creuse la poitrine d'Antonio, le dessinateur abandonne aussi sporadiquement son rendu réaliste des déboires d'Antonio. Cette approche permet de faire ressortir quelques moments clés du récit.
    À l'instar d'Art Spiegelman sur l'incontournable « Maus », l'auteur de « L'art de voler » revient sur un page importante de l'Histoire de l'Europe en reconstituant avec soin le quotidien de son père.
    Retrouvez cette BD dans MON TOP 2011 et dans MES ALBUMS DU MOIS sur mon blog !

    Lien : http://brusselsboy.wordpress.com/2011/05/23/antonio-altarriba-lart-d..
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    • Livres 4.00/5
    Par alouett, le 02 novembre 2011

    alouett
    (...)
    L'album se découpe en quatre chapitres. Chaque chapitre représente un étage de la maison de retraite. Chaque étage est consacré à une période de la vie du père de l'auteur : 3è étage pour la période 1910/1931, 2è étage pour les années 1931-1949, 1er étage pour 1949-1985 et sol pour la dernière tranche de vie : 1985-2001. Un Prélude vient compléter le tout, une occasion qu'Antonio Altarriba saisit pour dire à quel point cette démarche était importante pour lui, raconter ce que ce travail d'écriture lui a coûté et ce qu'il représente aujourd'hui pour lui. Il nous explique la manière dont la narration s'est progressivement construite ainsi que son choix d'opter pour un transfert « ou plutôt de transsubstantiation, qui me transformait en mon père ». En effet, l'histoire est écrite à la première personne afin de permettre au lecteur d'être en rapport direct avec le héros.
    On voit tout d'abord l'enfance de ce père. Il n'a que 8 ans lorsque son propre père, un fermier rustre et violent, le déscolarise pour le faire travailler dans les champs. L'enfant n'aspire pourtant qu'à suivre ses études pour apprendre à lire, à écrire et pouvoir enfin quitter sa campagne natale. Il concrétise son rêve quelques années plus tard après une fugue qui se solde par un échec cuisant. Contraint de revenir chez ses parents, ce n'est qu'à 21 ans qu'il prend enfin son envol. On le voit mûrir, tisser des liens d'amitié, se positionner et s'investir corps et âme pour défendre une cause qu'il estime juste. On le voit tiraillé entre sa survie (rentrer dans le moule) et la défense de ses idéaux. Sur son chemin, beaucoup d'obstacles : guerre civile, dictature de Franco, action de la Centurie Francia… Comme je le disais plus haut, c'est pour nous l'occasion de revisiter l'histoire espagnole et les événements qui l'ont animée durant le 20ème siècle.
    (...)

    Lien : http://chezmo.wordpress.com/2011/10/24/lart-de-voler-altarriba-kim/
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    • Livres 5.00/5
    Par OliZ, le 04 janvier 2012

    OliZ
    Publié pour la première fois en 2009, « L'art de voler » est un roman graphique de 216 pages qui repose sur un scénario d'Antonio Altarriba, né à Saragosse en 1952, écrivain, scénariste, professeur de littérature française à l'Université du Pays Basque, et des illustrations du dessinateur Kim, né à Barcelone en 1941, membre fondateur de l'hebdomadaire satirique « El Jueves ».
    Ce livre est né d'un fait réel : le suicide d'un vieil homme qui s'élance du quatrième étage de sa maison de retraite pour voler enfin librement ...
    « Bon c'est l'heure....
    L'heure de s'envoler.... »
    Le 4 mai 2001 le père d'Antonio Altarriba, âgé de 90 ans, saute du quatrième étage de sa maison de retraite ...
    Où chaque étage du bâtiment représente une période de sa longue vie, la chute est lente, l'émotion nous tiens, la peine nous submerge, l'attente est longue ...
    Une vie de combats, d'engagements, d'illusions, de chagrins aussi, jusqu'au dernier envol vers la justice et la liberté.
    En relatant son existence intimement mêlée aux tempêtes qui ont ravagé l'Espagne et l'Europe du 20e siècle, Antonio Altarriba rend un vibrant hommage au courage, aux idéaux vaincus et à l'art difficile de voler ... Une fresque espagnole de toute beauté !
    Raconté à la première personne, comme un souvenir, ce récit est le point de vue d'un homme dont la vie a été marquée par l'échec et la frustration, à la fois personnellement mais aussi dans le désir de bâtir un monde plus juste.
    Et, pour se racheter de ne pas avoir sauvé son père du suicide, de ne pas avoir su être à son écoute, et pour tenter d'expliquer ce qui a pu pousser un vieil homme de 90 ans à se jeter dans le vide, Antonio Altarriba a décidé de raconter son histoire en s'inspirant des carnets de son père.
    Ce récit est beau et instructif. La chronique d'une génération d'Espagnols à l'accent Catalan !
    Altarriba se sert de la chute de son père, pour remonter le temps.


    Lien : http://alamagie-des-yeux-doli.over-blog.com/article-l-art-de-voler-a..
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Critiques presse (2)


  • Du9 , le 20 janvier 2012
    Ce double voyage dessine une histoire rude, tressée au plus dur de l’Histoire : les moments de bonheur semblent n’être là que pour placer sous un jour plus brutal encore les échos doublement tristes, doublement gris, des échecs existentiels et des échecs historiques.
    Lire la critique sur le site : Du9
  • Cyberpresse , le 20 juin 2011
    Cette consistante bande dessinée romanesque au style réaliste constitue à la fois une leçon d'histoire et d'humanisme. Et il pose une question importante: comment continuer à vivre lorsque nos idéaux ont été vaincus?
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse

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Citations et extraits

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  • Par alouett, le 02 novembre 2011

    Lucio n’était pas le seul à avoir retourné sa veste. La simple survie exigeait une adhésion inconditionnelle au régime. Il ne fallait pas seulement renoncer aux vieux idéaux mais être encore plus royaliste que le Roi. Ces changements trahissaient une tragédie personnelle aussi profonde qu’inavouable… Ce n’était pas de la trahison mais du suicide idéologique… Pour affronter le présent, ils devaient enterrer le passé, mourir pour rester vivants. (…) Mon mariage aussi fut un enterrement. Je dus enterrer ma dignité et mes idéaux, seul moyen de commencer une nouvelle vie. Comme nombre d’Espagnols, j’appris à vivre sur mon propre cadavre
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  • Par alouett, le 02 novembre 2011

    Je n’ai jamais compris la stratégie des résistants. Peut-être en raison du genre d’opérations qu’ils menaient dans ce coin reculé de la France. Peut-être parce que j’étais habitué en Espagne à plus de tragédie et d’héroïsme. Peut-être parce que j’avais vu trop d’injustices pour croire encore au combat…
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  • Par Mia, le 28 juin 2011

    Je dus enterrer ma dignité et mes idéaux... seul moyen de commencer une nouvelle vie... comme nombre d'espagnols, j'appris à vivre sur mon propre cadavre...
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  • Par Mrzombi, le 16 septembre 2011

    Je peux donc certifier qu'il se suicida de cette manière, je peux également affirmer qu'en apparence cela prit quelques secondes... Mais qu'il mit en fait quatre-vingt dix ans à tomber du quatrième...
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  • Par paulotlet, le 28 décembre 2011

    Mon séjour à la ferme des Boyer fut une des périodes les plus heureuses de ma vie... j'y connus le bonheur... pendant quelques mois, j'oubliai la guerre et ses calamités pour ne vivre que dans l'harmonie et la jouissance du monde...
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Videos de Antonio Altarriba

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Vidéo de Antonio Altarriba


Antonio Altarriba : "Mon livre aborde un sujet universel, le conflit entre l'idéal et le réel"
Dans "L'Art de voler", album en compétition officielle cette année à Angoulême, Antonio Altarriba raconte le suicide de son père, survenu en 2001. Il explique pourquoi il a choisi le format de la bande dessinée, et pourquoi l'histoire de son père est universelle.








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