Par Carole Martinez

Note moyenne : 4.37/5 (sur 62 notes)
Gallimard
ISBN : 2070379493  
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Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse... Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels. Carole Martinez construit son roman en forme de conte: les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé: il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie.

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Critiques et avis sur Le coeur cousu


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    • Livres 0.00/5
    Par sylvie, 2008-11-13 09:30:04

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    Ce livre est d'une grande puissance.

    Il nous emporte dans une odyssée féminine envoûtante.

    Celle qui fait la grande traversée va parcourir les chemins perdus poussiéreux et caillouteux de l'Andalousie du 19e siècle, et arriver à tirer sa charrette remplie de ses 6 enfants, le septième étant dans son ventre, jusqu'à la mer.

    Là, ils prendront le bateau pour s'installer dans une nouvelle vie en Algérie.

    Durant ce voyage hallucinant, toutes les rencontres seront possibles, toutes les épreuves aussi, et Frasquita tiendra bon jusqu'au bout.

    Un univers aride et racorni par l'isolement, les croyances, les superstitions, la médisance et la jalousie, a pourri la vie de cette jeune femme aux dons exceptionnels de brodeuse et de couturière.

    Cet art, qui est autant sa malédiction que sa bénédiction, elle le doit à une sorte de filiation matriarcale et magique qui relie les vivantes et les mortes depuis la nuit des temps.

    A l'âge des premières règles, la mère initie ses filles aux prières qui guérissent et qui font parler avec les morts, et leur remet une boite magique qui, si elles savent respecter les usages leur révèle leur pouvoir et ainsi les déterminent à vie...

    Frasquita, la mère en fuite dont on suit l'errance a été initiée et a reçu une boite de bobines de fils.

    Elle coud, elle brode, et ce qu'elle fait prend vie. Elle use de ce génie qui lui permet de vivre et fait sa renommée, comme son malheur...

    Elle en deviendra sorcière et magicienne, elle fera peur...

    Son mari, devenu fou, se prenant pour un coq à chaque nouvelle naissance et finissant par la jouer au jeu, la pousse à bout. Trop de misère, trop de souffrance, trop d'humiliation...

    Elle prendra ses enfants et partira, ailleurs, à l'aventure, forte de ce qu'elle est et de ses pouvoirs surnaturels.

    Elle ira jusqu'au bout de la terre, et arrivera au delà de l'eau.

    Elle forcera la destinée de toute sa marmaille étrange et singulière, poussée par un désir tenace et magnifique jusqu'à en oublier la dernière à naître qui pointe son nez, bientôt, et qu'elle nommera Soledad.

    Cette dernière de la fratrie fantasque aux pouvoirs magiques semble destinée à la solitude, elle sera initiée, mais n'aura pas de fille.



    Elle se vouera à l'écriture, et par ce biais rompra le fil de la tradition et de la transmission. Elle n'apprendra pas les prières à sa nièce, non plus qu'elle ne lui donnera de boite...

    Elle sera la narratrice de cette histoire foisonnante, et nous transportera loin au cœur du désir féminin.

    Elle nous racontera l'épopée de sa mère et de ses frères et soeurs en nous disant des contes assemblés en saga familiale construisant ainsi un roman fleuve.



    Ce texte foisonnant est beau, poétique, gonflé d'amour, de chair, de sang, de souffrance ,de larmes et de rêves.

    Il est cousu à petits points serrés, minutieux, qui se déploient dans de multiples détails colorés et forment une fresque étonnante d'originalité et d'humanité.

    Si ce n'est pas encore fait, ouvrez ce livre .

    Des liens et un extrait de lecture sur le blog :

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/11/le-coeur-cousu-carole-ma..
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    • Livres 5.00/5
    Par antigoneCH, 2009-05-10 17:34:55

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    Têtue comme je peux l'être parfois, j'ai lutté bêtement dans les premières pages contre l'envoûtement de ce roman. Je suis quelquefois comme cela, décidée à ne pas me laisser avoir par un livre qui a déjà fait l'unanimité. Mais, peine perdue, ce récit là m'a prise par les sentiments, les émotions et tout le reste. Aucun risque d'y échapper.

    Alors oui, Le coeur cousu est un conte dans tout ce que ce genre peut avoir d'irréaliste et de lyrique ; mais non, rien de trop ici, que de la féminité, des corps qui aiment, désirent et souffrent, et de la vie qui avance cahin-caha, sans fioritures ni enjolivements, dans la lutte. Ce livre fait battre le coeur et ne demande au lecteur qu'à se taire, devant tant de simplicité apparente dans le style et devant tant de délicatesse dans la broderie du texte.

    Et puis, et puis, j'ai trouvé un peu de l'Antigone de Bauchau dans l'errance de cette femme, ce qui me l'a rendue encore plus particulière...





    Lien : http://antigonehc.canalblog.com/archives/2009/04/20/13340831.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Lisbei13, 2009-02-28 12:00:33

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    Dans un tout petit village perdu au-delà d’une sierra espagnole aride et rocailleuse, une jeune fille, Frasquita, se voit confier par sa mère un coffret et des prières secrètes, chuchotées par des ombres au fond du cimetière un soir de printemps. Dans ce coffret dort son don, elle doit avoir la patience d’attendre qu’il se développe avant d’ouvrir cette boîte et d’hériter de ce qu’elle contient.



    Frasquita a su attendre, et a trouvé dans le mystérieux coffret un nécessaire à couture, des aiguilles et des fils multicolores. Avec ces précieux présents, la jeune fille donne vie à de véritables merveilles, un éventail aux couleurs d’un papillon magnifique, un cœur caché pour la statue de la Vierge, et surtout, une robe de mariée qui contiendra toutes les beautés de cette terre si hostile. Mais le regard des hommes ne voit pas toujours la beauté d’un bon œil, et Frasquita, mariée et mère de famille, doit faire face aux regards accusateurs et aux murmures qui la taxent de sorcellerie. Et quand son mari, obsédé par un coq de combat rouge comme le sang, la joue et la perd, elle n’a d’autres choix que de fuir le village, avec pour tous biens ses enfants et le coffret, de fuir dans un voyage halluciné, parcourant l’Espagne qui s’enflamme sous les paroles des révolutionnaires, poursuivie par le sort, par son don, par les voix de ses mères qui murmurent le soir dans les ombres.



    Sa dernière fille, Soledad, fait le récit de cette vie exceptionnelle, de celle de ses sœurs, et de la sienne, comme un chant d’amour et de haine pour une mère, pour toutes les mères qui sont venues avant elles, courbées sous le poids de leurs fardeaux et de leurs secrets.



    Ce roman, qui, soulignons-le, est le premier de Carole Martinez, est un véritable joyau à lire de toute urgence. L’histoire de Frasquita et de ses enfants se déroule au gré d’une langue éblouissante, tour à tour cruelle et poétique, sensuelle et pure, suivant un parcours qui semble tracé dans la chair des personnages. L’ombre (ou la clarté) du fantastique flotte sur les êtres qui parcourent ces pages, les auréolant de grâce ou de noirceur, n’épargnant ni le quotidien le plus prosaïque, ni l’héroïsme le plus exceptionnel.



    Vous serez happé par l’agilité de la plume de l’auteur qui semble faire écho à la magie des doigts de la couturière, et ne sortirez sûrement pas indemne de cette lecture exceptionnelle.





    Lien : http://ludinthemist.canalblog.com/archives/2009/02/28/12738622.html#..
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    • Livres 5.00/5
    Par Nina, 2009-01-22 21:07:11

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    Le cœur cousu est un roman vraiment époustouflant !!

    Ces 427 pages sont séparées en 3 livres qui représentent les 3 étapes de la vie de Frasquita Carasio qui grâce à ses aiguilles et ses fils magiques va coudre et recoudre inlassablement le fil de sa vie.



    Soledad, sa dernière fille écrit et raconte cette étrange saga familiale qui commence dans un village au cœur de l’Andalousie.



    Dans cette famille, les femmes héritent d’un don transmis dans une mystérieuse boite et sont initiées à des prières secrètes et magiques.



    Frasquita a reçu le don de coudre et peut transformer le moindre chiffon en robe superbe, mais dans le village on l’a dit magicienne et un peu sorcière, de plus son mari vit dans une folie quasi perpétuelle. Toutes ces particularités vont les marginaliser et les isoler des gens du village. Frasquita aura comme seules amies deux sages-femmes, et une prostituée qui joue de l’accordéon sous ses fenêtres.



    Frasquita va devoir quitter son village après avoir était humilier gravement par son mari. Elle met ses enfants dans une charrette et part sur les routes vers une nouvelle destinée.



    Frasquista et ses enfants qui ont comme elle de mystérieux dons, la rencontre avec un étrange meunier qui est normalement mort depuis bien des années, la présence d'un ogre qui va suivre ce drôle d'équipage car il désire une des filles de Frasquita, la petite Clara à la beauté solaire, vont donner un destin presque biblique à ce périple à travers une Espagne en pleine guerre civile.



    Ce roman est plutôt féministe, les hommes sont toujours au deuxième plan, ils sont mauvais maris, prédateurs, ou guerriers….. Les femmes sont fortes, elles assument leur vie avec courage et ténacité.



    « Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le cœur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées.



    (…) Opposant à la réalité une résistance têtue, nos mères ont fini par courber la surface du monde du fond de leur cuisine.



    Ce qui n’a jamais été écrit est féminin. » (Extrait de «le cœur cousu» p. 379.)



    Carole Martinez nous offre un livre original, à la fois rempli d’humour, de poésie et de sensualité qui se situe un peu entre le conte, le roman initiatique et le roman mythique.



    Ce premier roman est vraiment une réussite on attend le prochain avec impatience.



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    • Livres 5.00/5
    Par luciolerouge, 2008-05-22 07:54:29

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    Un roman qui s'accroche à nos pensées, qui se niche au creux de notre coeur. Nous devenons, du moins les femmes!, une de ces soeurs entre qui se partagent les secrets séculaires.

    Un livre envoûtant qui invite à le lire et le relire.

    Il s'agit d'un premier roman. Incroyable!

    Auteure à suivre de très près.



    Lien : http://lezaludelulu.wordpress.com/
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Citations et extraits de Le coeur cousu


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  • Par antigoneCH, 2009-05-10 17:35:34

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    "Il me faut t'écrire pour que tu disparaisses, pour que tout puisse se fondre au désert, pour que nous dormions enfin, immobiles et sereins, sans craindre de perdre de vue ta silhouette déchirée par le vent, le soleil et les pierres du chemin.
    O mère, il me faut ramener des profondeurs un monde enseveli pour y glisser ton nom, ton visage, ton parfum, pour y perdre l'aiguille et oublier ce baiser, tant espéré, que jamais tu ne m'as donné !
    Il me faut te tuer pour parvenir à mourir...enfin.
    Mon lumineux cahier sera la grande fenêtre par où s'échapperont un à un les monstres qui nous hantent.
    Au désert !"
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  • Par vdubois, 2009-08-26 09:37:22

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    Extrait du livre – page 399 – Le cœur cousu – Carole Martinez
    Mais quelques boutons n’auraient pas suffi. As-tu vu ce regard qu’elle porte sur moi ? Elle n’aime comme jamais personne ne m’a aimé. Clara n’est pas une idiote. C’est une poésie. Sache que j’ai moi-même la nuit en horreur. Elle m’a toujours fait peur.
    Lien www.veronique-dubois.com – rubrique livres sur la droite de l’écran
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  • Par luocine, 2009-08-09 20:04:34

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    Depuis le premier soir et le premier matin, depuis la Genèse et le début des livres, le masculin couche avec l’Histoire. Mais il est d’autres récits. Des récits souterrains transmis dans le secret des femmes, des contes enfouis dans l’oreille des filles…….Ce qui n’a jamais été écrit est féminin.
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  • Par luocine, 2009-08-09 20:04:10

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    En cousant les linceuls, on regretta le curé et l’église. Les maigres discours des anarchistes loqueteux ne valaient pas la pourpre des rituels catholiques, ils ne pouvaient promettre à ces hommes tombés pour la cause le moindre au-delà ! Les adieux prenaient un caractère définitif et dérisoire.
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  • Par luocine, 2009-08-09 20:03:44

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    Cette fois, elle ferma les volets, couvrit le miroir, ce piège à âmes, arrêta l’horloge … Elle venait faire un mort.
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