ISBN : 2070379493
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 4.02/5 (sur 326 notes) Ajouter à mes livres
" Ecoutez, mes sœurs ! Ecoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Ecoutez... le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de ... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (87)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

  • Par sylvie, le 13 novembre 2008

    sylvie
    Ce livre est d'une grande puissance.
    Il nous emporte dans une odyssée féminine envoûtante.
    Celle qui fait la grande traversée va parcourir les chemins perdus poussiéreux et caillouteux de l'Andalousie du 19e siècle, et arriver à tirer sa charrette remplie de ses 6 enfants, le septième étant dans son ventre, jusqu'à la mer.
    Là, ils prendront le bateau pour s'installer dans une nouvelle vie en Algérie.
    Durant ce voyage hallucinant, toutes les rencontres seront possibles, toutes les épreuves aussi, et Frasquita tiendra bon jusqu'au bout.
    Un univers aride et racorni par l'isolement, les croyances, les superstitions, la médisance et la jalousie, a pourri la vie de cette jeune femme aux dons exceptionnels de brodeuse et de couturière.
    Cet art, qui est autant sa malédiction que sa bénédiction, elle le doit à une sorte de filiation matriarcale et magique qui relie les vivantes et les mortes depuis la nuit des temps.
    A l'âge des premières règles, la mère initie ses filles aux prières qui guérissent et qui font parler avec les morts, et leur remet une boite magique qui, si elles savent respecter les usages leur révèle leur pouvoir et ainsi les déterminent à vie...
    Frasquita, la mère en fuite dont on suit l'errance a été initiée et a reçu une boite de bobines de fils.
    Elle coud, elle brode, et ce qu'elle fait prend vie. Elle use de ce génie qui lui permet de vivre et fait sa renommée, comme son malheur...
    Elle en deviendra sorcière et magicienne, elle fera peur...
    Son mari, devenu fou, se prenant pour un coq à chaque nouvelle naissance et finissant par la jouer au jeu, la pousse à bout. Trop de misère, trop de souffrance, trop d'humiliation...
    Elle prendra ses enfants et partira, ailleurs, à l'aventure, forte de ce qu'elle est et de ses pouvoirs surnaturels.
    Elle ira jusqu'au bout de la terre, et arrivera au delà de l'eau.
    Elle forcera la destinée de toute sa marmaille étrange et singulière, poussée par un désir tenace et magnifique jusqu'à en oublier la dernière à naître qui pointe son nez, bientôt, et qu'elle nommera Soledad.
    Cette dernière de la fratrie fantasque aux pouvoirs magiques semble destinée à la solitude, elle sera initiée, mais n'aura pas de fille.
    Elle se vouera à l'écriture, et par ce biais rompra le fil de la tradition et de la transmission. Elle n'apprendra pas les prières à sa nièce, non plus qu'elle ne lui donnera de boite...
    Elle sera la narratrice de cette histoire foisonnante, et nous transportera loin au cœur du désir féminin.
    Elle nous racontera l'épopée de sa mère et de ses frères et soeurs en nous disant des contes assemblés en saga familiale construisant ainsi un roman fleuve.
    Ce texte foisonnant est beau, poétique, gonflé d'amour, de chair, de sang, de souffrance ,de larmes et de rêves.
    Il est cousu à petits points serrés, minutieux, qui se déploient dans de multiples détails colorés et forment une fresque étonnante d'originalité et d'humanité.
    Si ce n'est pas encore fait, ouvrez ce livre .
    Des liens et un extrait de lecture sur le blog :

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/11/le-coeur-cousu-carole-ma..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (23 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par kathy, le 17 décembre 2011

    kathy
    Soledad, la narratrice, née dans un petit village d'Espagne dans les années 1930, raconte l'histoire de sa mère, Frasquita, jeune et belle couturière, qui a hérité d'un curieux coffret et d'un don étrange de sa propre mère.
    Frasquita sublime les chiffons. Elle confectionne des robes et fait naître sous son aiguille des broderies tellement captivantes qu'elles semblent animées. Qui plus est, elle recoud les hommes déchirés. Elle assemble des pièces disparates pour mieux rassembler les hommes, les idées, les mondes, au cours de son errance.
    Chacun de ses six enfants possède lui aussi un don surnaturel : Anita -muette puis conteuse, Angela -a la voix d'or, Pedro -l'artiste peintre, Clara -l'enfant lumière, Martirio -la fille des ténèbres au baiser mortel- et Soledad… Un destin qui va les entraîner dans des aventures qui les conduiront, après une traversée de l'Espagne, jusqu'au Maroc.
    Ce roman-conte, brodé par une femme, est une histoire de Femmes.
    Il traite de rupture avec les traditions, de fuite, d'exil, d'émancipation, de choix, de liberté, de force, de solidarité, de promesse, d'idéal, de liens familiaux, de don de soi et d'amour,… le tout, dans une atmosphère remplie de senteurs, de couleurs, de lumières, de chaleur,… et de magie.
    Un émouvant chant d'amour d'une fille à sa mère, qui ne lui a jamais donné un baiser…
    Un récit onirique composé comme un patchwork : trois chapitres, dont les deux derniers -faute d'y trouver un fil conducteur et/ou de plonger dans cet univers imaginaire-, m'ont un peu égarée, laissée en marge du rêve et, par conséquent, détournée du voyage auquel Carole Martinez souhaitait me convier….
    Malgré cela, l'écriture de Carole Martinez révèle une grande sensibilité doublée de poésie et d'imagination.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par lejardindestephanie, le 09 décembre 2011

    lejardindestephanie
    Quand tu liras Le coeur cousu, tu liras sous la délicieuse plume de Carole Martinez, l'histoire de Soledad et de sa famille. Des filles surtout.
    Tu liras du surnaturel qui te semblera tellement opportun et naturel que tu y croiras.
    Tu frissonneras.
    Tu poseras ce livre lourd sur tes cuisses, tu renverseras ta tête en arrière et tu serreras les bras. Pour imaginer plus. Pour imaginer mieux.
    Tu sentiras la poussière du sable, mais cela ne te gênera pas.
    Tu liras les secrets qui se transmettent chez les filles de cette famille. Tu liras la magie dans les doigts de Frasquita, la mère. Doigts de fées, on la disait sorcière.
    Tu liras la méchanceté des simples. La rudesse de la pauvreté.
    Parce que tu vois, tu le liras. J'en suis sûre.

    Lien : http://ausautdulivre.blogspot.com/2011/12/chhhhhhhhhhht-lis.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (24 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Nina, le 31 janvier 2009

    Nina
    Le cœur cousu est un roman vraiment époustouflant !!
    Ces 427 pages sont séparées en 3 livres qui représentent les 3 étapes de la vie de Frasquita Carasio qui grâce à ses aiguilles et ses fils magiques va coudre et recoudre inlassablement le fil de sa vie.
    Soledad, sa dernière fille écrit et raconte cette étrange saga familiale qui commence dans un village au cœur de l'Andalousie.
    Dans cette famille, les femmes héritent d'un don transmis dans une mystérieuse boite et sont initiées à des prières secrètes et magiques.
    Frasquita a reçu le don de coudre et peut transformer le moindre chiffon en robe superbe, mais dans le village on l'a dit magicienne et un peu sorcière, de plus son mari vit dans une folie quasi perpétuelle. Toutes ces particularités vont les marginaliser et les isoler des gens du village. Frasquita aura comme seules amies deux sages-femmes, et une prostituée qui joue de l'accordéon sous ses fenêtres.
    Frasquita va devoir quitter son village après avoir était humilier gravement par son mari. Elle met ses enfants dans une charrette et part sur les routes vers une nouvelle destinée.
    Frasquista et ses enfants qui ont comme elle de mystérieux dons, la rencontre avec un étrange meunier qui est normalement mort depuis bien des années, la présence d'un ogre qui va suivre ce drôle d'équipage car il désire une des filles de Frasquita, la petite Clara à la beauté solaire, vont donner un destin presque biblique à ce périple à travers une Espagne en pleine guerre civile.
    Ce roman est plutôt féministe, les hommes sont toujours au deuxième plan, ils sont mauvais maris, prédateurs, ou guerriers….. Les femmes sont fortes, elles assument leur vie avec courage et ténacité.
    « Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le cœur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées.
    (…) Opposant à la réalité une résistance têtue, nos mères ont fini par courber la surface du monde du fond de leur cuisine.
    Ce qui n'a jamais été écrit est féminin. » (Extrait de «Le cœur cousu» p. 379.)
    Carole Martinez nous offre un livre original, à la fois rempli d'humour, de poésie et de sensualité qui se situe un peu entre le conte, le roman initiatique et le roman mythique.
    Ce premier roman est vraiment une réussite on attend le prochain avec impatience.


    > lire la suite
    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Chouchane, le 12 janvier 2012

    Chouchane
    A l'instar de la littérature Sud Américaine, on se trouve plongé dans un roman où le fantastique sublime une vie souvent rude et austère. L'histoire qui nous est contée est celle de Pasquita qui a reçu du monde des morts, selon un rituel précis, le don de broderie et de couture. Avec des fils aux couleurs irréelles, elle couture les plaies, confectionne des vêtements qui ôtent les défauts. En brodant et en priant, elle sauve même des vies éloignant avec son aiguille la mort omniprésente. Chacune de ses filles se verra offrir un don, chacune selon son tempérament et son caractère. Cet univers fantasmagorique - où des enfants irradient une lumière la nuit, des jeunes filles cachent des plumes sur leur dos, où l'amour donne la mort par un baiser, les coqs sont rouges - on croise des histoires bien réelles, la révolte des paysans miséreux du Sud de l'Espagne, les anarchistes torturés, la dictature... mais, le monde des esprits est plus fort que le réel. Si personne n'est vraiment sauvé à la fin du roman les lignes entre la folie et la raison, la vie et la mort sont largement brouillées, pour notre plus grand plaisir parfois.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (13 votes positifs)

> voir toutes (85)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par soleil23, le 06 février 2012


    Le fil. La broderie. Des enfants comme des perles taillées dans sa chair, des sourires brodés et tant de couleurs sur les tissus pour exprimer sa joie ou sa douleur. Toutes ces couleurs !
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par soleil23, le 24 janvier 2012

    Il arrive qu`on interrompe une promenade, oubliant même ce vers quoi l`on marchait, pour s`arrêter sur le bord de la route et se laisser absorber totalement par un détail. Un grain du paysage. Une tache sur la page. Un rien accroche notre regard et nous disperse soudain aux quatre vents, nous brise avant de nous reconstruire peu à peu. Alors la promenade se poursuit, le temps reprend son cours. Mais quelque chose est arrivé. Un papillon nous ébranle, nous fait chanceler, puis il repart…


    Le fil. La broderie. Des enfants comme des perles taillées dans sa chair, des sourires brodés et tant de couleurs sur les tissus pour exprimer sa joie ou sa douleur. Toutes ces couleurs !

    > lire la suite
    Citation de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par Fava, le 25 février 2011

    Quel livre étrange ! Quelle imagination! Je l’ai lu vite, et avec plaisir. Mais au fil des pages, mon jugement a varié.
    D’abord, j’ai eu de la peine à « entrer » dans le texte, obscur dans les 1ères pages, et tellement irrationnel qu’il m’a mise mal à l’aise : ces histoires de superstitions et de mesquineries dans lesquelles les femmes s’emprisonnent elles-mêmes me paraissant plutôt désolantes.
    Et puis, petit à petit, je me suis laissé envoûter : la vie de Frasquita, pleine de bruit et de fureur, devient captivante ! C'est un hymne aux femmes, à leur force de caractère, à leur capacité à résister à toutes les souffrances, à donner la vie plutôt que la mort.
    Mais après la disparition de Frasquita, mon attention est à nouveau retombée. L’intrigue m’a paru partir un peu dans tous les sens, avec les histoires de ses enfants, toutes plus abracadabrantes les unes que les autres, trop peu crédibles à mon goût. Pousser jusqu’à son extrême limite la fatalité de leurs destins, écrits dès avant leur naissance dans leurs noms (Clara la solaire, Angela et ses plumes, Martirio l’assassine, Soledad la solitaire…), insister sur leurs comportements excentriques, allant jusqu’à la folie, c’est aller, à mes yeux, trop loin !
    Une constante cependant, dans mes réactions : mon admiration pour le style de Carole Martinez, souple et remarquablement poétique, très talentueux. Ses phrases très ouvragées, pleines de couleurs et de métaphores, brodent à merveille sur le fil central du livre : la couture.
    J’ai à plusieurs reprises au cours de ma lecture, rapproché Carole Martinez d’Isabel Allende pour ses talents de conteuse et sa façon de mêler le rationnel et l’irrationnel, le rêvé et le vécu; mais aussi de ces auteurs qui explorent avec brio un domaine bien précis, comme Patrick Süskind dans Le Parfum, ou Muriel Barbery dans Une Gourmandise. Effet de mode ? C’est plutôt séduisant, en tout cas.
    Une auteure à suivre, donc…
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par sylvie, le 13 novembre 2008

    Il y eu ce dessin qui emplit soudain les yeux de ma mère, cette maison devenue bateau, cette grande voile de crépi blanc, ce trompe l'œil maladroit et le silence des enfants, cette rue aveugle et ses fenêtres closes. Puis, dans ce vide solaire, il n'y eu plus que le grand navire, dressé là d'un coup face à elle, comme la seule porte ouverte.
    Elle vit apparaître par delà le dessin. Il venait le chercher, l'enlever. Si loin de la mer, si loin de tout cours d'eau, il avait avancé par les chemins, il avait remonté les rivières à sec. Il avait élargi la petite rue poussiéreuse, toutes voiles dehors, poussé par un vent constant, et s'était échoué devant sa porte.
    Un bateau à sa mesure pour embarquer sa douleur et sa joie, un bateau pour que cessât l'horreur ne ne pas s'appartenir, un bateau pour être, enfin !
    L'heure du départ.
    Tout le silence de la mer s'était déversé dans les rues. Tant d'eau à venir, tant de chemins à parcourir ! Et cet enfant roux qui l'embarquait dans son rêve !
    Elle ne put résister à l'envie de croire à cette issue, à ce monde dessiné. ...
    ... Il lui fallait croire à ce navire, prendre son sac à couture et embarquer tous les enfants dans l'arche.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par joedi, le 09 février 2011

    Et se mains, vous ai-je jamais parlé de ses mains ?
    Les mains des conteuses sont des fleurs agitées par le souffle chaud du rêve, elles se balancent en haut de leurs longues tiges souples, fanent, se dressent, refleurissent dans le sable à la première averse, à la première larme, et projettent leurs ombres géantes dans des ciels plus sombres encore, si bien qu'ils paraissent s'éclairer, éventrés par ces mains, par ces fleurs, par ces mots.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (16 votes positifs)

> voir toutes (19)

Videos de Carole Martinez

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Carole Martinez

Quand un personnage échappe à l'écrivain .
Il est courant d'entendre un écrivain raconter que les personnages de son roman lui ont échappé. Mais concrètement, comment cela se passe-t-il ? L'écrivaine Carole Martinez est l'auteure Du domaine des murmures (Gallimard, 2011) qui a obtenu le prix Goncourt des Lycéens en 2011. Elle raconte comment elle pensait construire son livre et comment son héroïne lui a échappé... (Cette interview a été réalisée dans le cadre de la 5e édition du Salon du livre d'Ozoir-la-Ferrière (77) qui s'est tenue le 19 novembre 2011)








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le coeur cousu par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (570)

> voir plus

Quiz