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Critiques sur Une si longue lettre (43)
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la_plume_francophone
la_plume_francophone30 septembre 2008
Une si longue lettre, d'ici et d'ailleurs...
Dans ce roman paru en 1979, l'écrivain Mariama Bâ écrit à la première personne la lettre que Ramatoulaye, qui vient de perdre son mari Modou Fall, envoie à son amie d'enfance Aïssatou. Dans l'intimité de cette confession, la narratrice nous plonge dans une athmosphère douce-amère, au coeur de ce sentiment étrange situé entre le nostalgie poignante de l'amour heureux et la fatalité de l'impossibilité de le faire renaître.
Lire la suite:
http://la-plume-francophone.over-blog.com/article-11143752.html

Lien : http://la-plume-francophone.over-blog.com/articl..
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VanessaV
VanessaV22 mai 2008
  • Livres 4.00/5
Que c'est intimidant d'arriver là, de lire les mots d'une autre, cette femme fictive, si réelle pourtant, que j'imagine être la femme dans la norme là-bas.
Ce livre, fort, épistolaire, reprend le parcours d'une vie féminine, du moins dès son adolescence. le choix d'un mari comme l'aboutissement social, familial et sociétal d'une communauté : un choix de raison et non de coeur. Une éducation traditionnelle, religieuse, amène les jeunes pubères à se vouer à être la femme, une des femmes, d'un homme.
(...) Ce livre parle aussi de l'amitié, si riche, si précieuse, ici décrite comme émotion plus forte que l'amour. Il retrace aussi quelques éléments de l'éducation familiale des enfants comme une condition féminine et amène une réflexion sur les traditions et le religieux.
Une très belle lecture pour aller encore plus loin dans le rapport des traditions à nos états de vie, à nos réflexions sur l'éducation, à nos ouvertures amicales.

lire la suite ici http://iam-like-iam.blogspot.com/2008/05/un-choc-de-cauris-fminins-et-sngalais.html
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belledeschamps
belledeschamps21 mai 2008
  • Livres 2.00/5
Le parcours de deux femmes Sénégalaises, l'une acceptant le second mariage de son époux avec une femme plus jeune, l'autre pas. Au décès de son époux, la narratrice écrit à sa meilleure amie, qui a quitté l'Afrique pour continuer sa vie aux Etats-Unis, avec ses enfants. de leur jeunesse d'étudiantes privilégiées, évoluant dans les sphères des intellectuels, des médecins et des politiques, il ne reste plus rien si ce ne sont que les souvenirs. Entre modernité et tradition, la condition de la femme en Afrique est ici présentée avec un ton juste, sans mièvrerie et avec exactitude.
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Myriam3
Myriam305 juillet 2014
  • Livres 5.00/5
Ramatoulaye, mère de 12 enfants, profite de son temps de veuvage pour écrire une longue lettre à son amie Aïssatou installée aux Etats-Unis.
Les premières pages nous transportent aussitôt dans un pays de chaleur éblouissante, aux parfums éclatants, foisonnant de fruits juteux où l'on se promène paresseusement le soir tombé le long de ports de pêche où les filets regorgent de poissons frétillants.

Mais cette lettre est un prétexte, bien sûr, pour évoquer la société sénégalaise en plein changement suite à l'Indépendance. On est à la fin des années 70.

Dans cette lettre touchante, on apprend à connaître et à s'attacher à cette femme tendre, amoureuse et révoltée, remplie de contradictions comme tout un chacun. Celle qui appartenait à ces filles "hors du commun", propulsée dans les études supérieures, se voit aimant son rôle de maîtresse de maison et acceptant, contrairement à son amie, la polygamie de son mari. Cela ne l'empêchera pas de discourir au sujet de l'absence quasi-totale de femmes en politique.
Cette femme se démène dans une société en évolution nourrie d'importations occidentales mais encore figée dans certaines traditions ancestrales; elle apprend ainsi à composer avec les cigarettes, l'alcool et le sexe lorsqu'il s'agit d'éducation et découvre en elle des ressources inattendues lorsqu'il s'agit de vivre sans homme ou de protéger ses enfants. Il y a d'ailleurs une très belle scène d'amour filial lorsqu'elle apprend la grossesse de l'une de ses filles, et où elle fait fi de ce qu'on attendrait d'elle dans telle situation. "Un effort surhumain me redresse. Courage! Les lueurs s'unissaient en clarté apaisante. Ma décision d'aider et de protéger émergeait du tumulte. Elle se fortifiait au fur et à mesure que j'essuyais les larmes, au fur et à mesure que je caressais le front brûlant".

Dans cette lettre, Ramatoulaye est tout-à-tour jeune fille, étudiante promise à un bel avenir, épouse, femme au foyer, veuve et mère.

La force de ce livre c'est le flux des pensées, cette impression d'une réflexion sans cesse en mouvement, jamais figée, d'une femme d'âge mûr revenant sur sa vie et écoutant avant tout ce que son coeur lui dicte.
Une belle découverte.
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christianebrody
christianebrody07 mars 2012
« Si les rêves meurent en traversant les ans et les réalités, je garde intacts mes souvenirs, sel de ma mémoire.(…)Le même parcours nous a conduites de l'adolescence à la maturité où le passé féconde le présent. »



Suite au décès de son époux, Ramatoulaye entreprend la rédaction d'un long courrier composé de vingt-huit lettres qu'elle adresse à son amie d'enfance, Aïssatou, traductrice/interprète à l'ambassade du Sénégal aux Etats-Unis. Pendant les quarante jours de réclusion que lui impose la tradition musulmane, un confinement qui ne sera troublé que par le rituel précis de la loi coranique, Ramatoulaye convoque ses souvenirs et fait le solde de tout compte de cette vie qui a été la sienne. C'est avec une tendresse infinie qu'elle évoque leur enfance commune, leurs espoirs en un avenir meilleur pour les femmes et leur pays, la confiance absolue qu'elles ont mis dans l'éducation et l'instruction, unique moyen pour s'extraire de l'asservissement social, politique, religieux et les désillusions qui ont parcheminé leur existence.

Servi par une écriture irréprochable, témoin de l'excellence de l'instruction que l'auteure a reçue, elle évoque certains aspects de la vie sénégalaise et par extension la vie africaine. Elle y dénonce l'absence d'ouverture d'esprit de la société, le système discriminatoire des castes, l'étouffante tradition, la rigidité d'une société patriarcale qui trouve un soutien inconditionnel auprès de trop nombreuses femmes, les difficultés pour un peuple à accéder à l'éducation, les disparités de traitements entre les hommes et les femmes, la fragilité de la condition humaine, le devoir et le rôle de chacun (homme-femme) dans l'amélioration du destin de tous. Plus qu'un roman épistolaire, c'est un appel lancé à toutes les âmes de bonne volonté convaincues de l'importance et de la portée d'une action menée pour et par le peuple pour une amélioration des conditions de vie. Ce n'est pas un livre pro-féministe bien que le thème initial soit le sort réservé à la femme mais plutôt un recueil de pensées d'une grande lucidité à l'instar de Sénèque ou Epitecte, une sorte de legs fait aux générations futures lesquelles se doivent de continuer le combat. Si le bonheur dépend de ce que l'on a acquis au cours de l'existence, il est aussi intimement lié à tout ce à quoi on a renoncé parfois par choix, souvent car c'est la seule issue, à l'image de Ramatoulaye, veuve et à la tête d'une tribu de douze enfants, qui n'en poursuit pas moins la lutte malgré les revers de la vie.

J'ai été subjuguée par sa langue, un français précieux, quelque peu vieillot mais toujours poétique. On y sent l'affection de l'auteure pour cette langue, son plaisir à écrire, sa maîtrise concernant la construction du récit: pas un mot en trop. Je recommande vivement cette lecture au moins pour la langue si ce n'est pour les thèmes particulièrement durs qui y sont abordés. Une histoire touchante à la limite du conte philosophique. On en sort pour le moins troublé et dans le bon sens du terme. Excellente pioche.
Lien : http://www.immobiletrips.com/etude-de-moeurs-2/u..
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paroles
paroles15 août 2014
  • Livres 5.00/5
Ramatoulaye vient de perdre son mari et comme le veut la tradition, elle doit respecter une période de deuil de quarante jours. Elle éprouve alors le besoin de se confier à son amie de toujours, Aïssatou, installée aux États-Unis.

Grâce à cette longue missive, on découvre la place de la femme en terre africaine (Sénégal). L'auteure n'hésite pas à dénoncer la polygamie, le mariage, les castes, les règles ancestrales et désuètes du remariage. Elle fait oeuvre aussi d'historien puisqu'elle nous décrit les progrès réalisés pour la condition féminine. Et bien sûr, puisqu'elle est mère avant toute chose, elle nous fait part des problèmes d'éducation des enfants, de la libération des moeurs.

Une auteure militante qui lutte contre la domination des hommes et les traditions responsables de la perte de la dignité des femmes, une belle page à mettre entre toutes les mains...
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MissG
MissG01 avril 2012
  • Livres 4.00/5
Pour son premier roman publié en 1979, Mariama Bâ a choisi le récit épistolaire mais sous une forme plutôt audacieuse, puisqu'en fait ce roman est une seule et unique lettre adressée par Ramatoulaye au moment du décès de son mari à son amie Aïssatou .
A travers cette longue lettre, Ramatoulaye va se confier à Aïssatou sur sa situation de veuve, ses relations mauvaises avec sa co-épouse (la deuxième épouse plus jeune de son mari) tout en revenant sur le passé, car des années auparavant, Aïssatou a également connu cette situation, mais autant Ramatoulaye a gardé et tenu son rôle d'épouse jusqu'au bout qu'Aïssatou a elle choisi un chemin différent vers l'émancipation.
Pour Ramatoulaye, il est important de revenir sur le passé, même s'il n'est pas possible de le changer, car il fait partie d'elle : "Si les rêves meurent en traversant les ans et les réalités, je garde intacts mes souvenirs, sel de ma mémoire.", d'autant que dès les premières lignes le lecteur ressent bien l'attachement profond qui la lie à Aïssatou.
Ramatoulaye ne regrette rien, et même si elle s'est rendue compte tardivement de son erreur dans le choix de son mari : "Les paroles de ma mère me revenaient : "Trop beau, trop parfait." Je complétais enfin la pensée de ma mère par la fin du dicton : "Pour être honnête."", elle restera fidèle et intègre jusqu'à la fin à ce mari ayant pourtant déserté le foyer familial après vingt cinq années de vie commune et d'amour.

A travers ce livre, Mariama Bâ offre le formidable récit d'une femme à la fois belle et forte, digne et honnête, et apporte une vision juste sur l'Afrique qui se retrouve d'ailleurs dans ce propos qu'elle fait tenir à son héroïne : "Mais l'Afrique est différente, morcelée. Un même pays change plusieurs fois de visage et de mentalité, du Nord au Sud ou de l'Est à l'Ouest."
De traditions il en est beaucoup question dans ce roman, et c'est à travers des propos justes et sans concession que l'auteur apporte une vision précise de la condition des femmes en Afrique et notamment de la place qui leur est faite dans la société Africaine, du poids des traditions et de la religion.
A travers le personnage de Ramatoulaye et une narration à la première personne du singulier, Mariama Bâ se fait la voix de ces femmes qui se taisent, écrasées par le poids des traditions, de la religion, de la polygamie, de la belle-famille qui cherche à s'approprier le plus de biens possible dans le cas du décès d'un époux.
Cette narration à la première personne du singulier finit par être troublante pour le lecteur, car Mariama Bâ dévoile dans ce récit ses peurs, ses craintes, mais aussi ses espoirs, si bien que la frontière entre la part fiction du récit et vérité voire vécu de l'auteur est franchie, ce qui donne à ce roman une dimension culturelle encore plus grande.
C'est un regard extrêmement lucide qui est porté sur la condition de la femme en Afrique, dans le cas présent plus particulièrement au Sénégal, mais il est à la fois rempli d'espoir en l'amour.
Le personnage de Ramatoulaye est à la fois traditionnel mais également fort, moderne, et ouvert au monde, c'est d'ailleurs pour cela que "Une si longue lettre" va à l'encontre de la vision traditionnelle de la femme africaine plutôt perçue comme un être n'ayant aucun droit et vivant dans un état de servitude, à préparer les repas, s'occuper de son mari et de ses enfants et chamboule ainsi les croyances souvent erronées des lecteurs.
La femme Africaine sait faire face et affronte avec dignité tous les maux qui peuvent frapper son foyer, c'est en tout cas l'un des enseignements que j'ai retenu de ce livre.
Et si pour Louis Aragon "La femme est l'avenir de l'homme", ceci s'applique particulièrement à l'Afrique et illustre remarquablement bien la femme narratrice de ce récit.

"Une si longue lettre" est un livre d'une sensibilité rare qui a su me toucher, m'apporter un regard nouveau sur l'Afrique ainsi qu'une meilleure compréhension de la société Africaine.
Cette correspondance n'est nullement trop longue, elle est juste remarquable.
Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2012/04/une-si..
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mortalla
mortalla05 septembre 2010
un livre qui résume bien la socité
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belledeschamps
belledeschamps21 mai 2008
  • Livres 2.00/5
Le parcours de deux femmes Sénégalaises, l'une acceptant le second mariage de son époux avec une femme plus jeune, l'autre pas. Au décès de son époux, la narratrice écrit à sa meilleure amie, qui a quitté l'Afrique pour continuer sa vie aux Etats-Unis, avec ses enfants. de leur jeunesse d'étudiantes privilégiées, évoluant dans les sphères des intellectuels, des médecins et des politiques, il ne reste plus rien si ce ne sont que les souvenirs. Entre modernité et tradition, la condition de la femme en Afrique est ici présentée avec un ton juste, sans mièvrerie et avec exactitude.
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zazy
zazy06 janvier 2016
  • Livres 5.00/5
« Aïssatou,
J'ai reçu ton mot. En guise de réponse, j'ouvre ce cahier, point d'appui dans mon désarroi : notre longue pratique m'a enseigné que la confidence noie la douleur. »
Ainsi commence le livre et ma plongée dans la vie de Ramatoulaye.
« Amie, amie, amie ! Je t'appelle trois fois. Hier, tu as divorcé. Aujourd'hui, je suis veuve. » Dans cette longue lettre de souffrance, Ramatoulaye déroule le fil de sa vie. Sa rencontre avec celui qui sera son époux et qu'elle a choisi contre l'avis de sa mère. Sa vie de première épouse, ses tourments avec en fond, les us et coutumes du Sénégal musulman.
Les Sénégalaises ploient sous le poids de la tradition. Ainsi, Ramatoulaye a-t-elle appris la polygamie de son mari par les frères et le meilleur ami de son mari, le jour du mariage. Imaginez ! Ils sont venus en délégation pour lui annoncer la « bonne nouvelle » ! le mari ne lui a rien dit, rien de rien !! Oui pour nous c'est incroyable. Elle pourrait faire comme son amie Aïssatou et divorcer, mais, non, elle restera par amour, malgré l'avis de ses filles et continuera de travailler et d'assumer les enfants.
Mariama Bâ décrit la misère ou l'envie de plus de richesse, qui poussent les mères à « vendre » leur fille comme seconde voire troisième épouse à un homme riche mais plus très jeune. C'est d'ailleurs ce qui arrive à Binetou, la seconde épouse.

Bien qu'elle ait 50 ans, le frère de son mari tout juste enterré vient la demander en mariage, car il hors de question qu'elle reste seule ou que sa fortune passe entre d'autres mains. D'autres hommes la demanderont en mariage pour de très bonne raisons ou de moins bonnes. La tradition, la tradition !

Ramatoulaye renâcle devant la dégradation, l'occidentalisation des moeurs, « Notre société actuelle est ébranlée dans ses assises les plus profondes, tiraillée entre l'attrait des vices importés, et la résistance farouche des vertus anciennes… La pollution s'insinue autant dans les coeurs que dans l'air. » Pourtant la modernité a ses charmes car le mari de sa fille partage les tâches de la maisonnée « Daba est ma femme. Elle n'est pas mon esclave, ni ma servante. »
J'ai senti beaucoup de tristesse, de chagrin, de colère, de dignité et d'amour dans cette lettre où une femme, même lettrée, indépendante financièrement est entièrement soumise au mâle et à sa belle-famille. Même si Ramatoulaye accepte à son corps défendant, la polygamie de son mari, elle est résolument moderne dans ses rapports avec ses enfants et sa vie sociale.
J'ai aimé cette si longue lettre entre tradition et modernité, entre joie et souffrance, entre colère et acceptation. J'ai découvert ce titre sur le blogue d'Yv et me suis empressée de le commander à la bibliothèque. Bien m'en a pris.
Comme Yves en lisant le nom de l'auteur, j'ai aussitôt pensé à Madame Bâ d'Eric Orsenna. Maintenant, je comprends mieux l'hommage qu'il lui a rendu dans ce livre.
Le livre se termine sur une superbe phrase : « le mot bonheur recouvre bien quelque chose, n'est-ce pas? J'irai à sa recherche. »

Lien : http://zazymut.over-blog.com/2015/12/mariama-ba-..
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