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Critiques sur Jonathan Strange et Mr Norrell (33)


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  • Par Magicetincelle le 04/02/2012


    Well, well, well… L'année commence bien. Après avoir été bluffée par L'ombre du Vent en Décembre, je suis époustouflée par Jonathan Strange et Mr Norrell en cette fin de Janvier. J'ai bien envie de dire qu'il mérite une place dans mon top 10, mais comme je l'ai dit il y a moins d'un mois pour un autre livre, vous allez penser que je suis trop influençable et change bien trop souvent les livres de mon top 10. Non, non, que nenni (comme dirait Jonathan Strange, mais je vous en reparlerai plus tard). Je suis juste très chanceuse ! J'ai découvert de très grands livres ces deux derniers mois.

    A tous ceux qui sont encore hésitants à se lancer dans la lecture de ce pavé de plus de 1000 pages, voici ma recommandation : lisez-le, les pages se tournent à une vitesse folle. le style recherché et so british est un vrai plaisir et on ne sent pas une seule fois de moments de creux. L'intrigue est menée de main de maitre. 10 ans à bosser dessus et ça se ressent !

    A tous ceux qui hésitent car ça parle de magie et les histoires de fantasy avec des magiciens, depuis l'ère Harry Potter, on en a marre : lisez-le. La magie est bien sûr au centre de cette histoire mais est bien plus subtile que dans de nombreux autres livres fantastiques, et j'ose le dire, plus réelle et palpable. On y croirait presque.

    A tous ceux qui aiment Jane Austen, Oscar Wilde et Lord Byron : lisez-le. le style est un concentré des deux premiers, mixés avec ingéniosité. On y retrouve même leur humour subtil. Quant au dernier, le cher poète anglais fait une apparition hilarante, tout comme Lord Wellington et George III d'Angleterre.

    L'histoire se déroule en Angleterre à l'époque Georgienne, c'est-à-dire au temps de Jane Austen et Lord Byron (ce qui explique certaines particularités du livre énoncées plus tôt…). La magie a désertée l'Angleterre depuis plus de 200 ans. le livre conte les aventures des 2 derniers magiciens anglais : Mr Norrell et Jonathan Strange, vous vous en doutez. Ils œuvrent pour redonner à la magie anglaise toute sa grandeur d'autrefois. Alors que le vieux et ennuyeux Mr. Norrell est plutôt un homme d'étude frileux, le jeune et affable Jonathan Strange, son élève, est beaucoup plus aventureux. Peut-être même un peu trop. Et malgré les mises en garde de Mr Norrell, il s'aventurera sur un chemin où le lien entre magie blanche et noire est bien mince. Ce qu'il ne sait pas c'est que ce chemin, son maitre, l'a déjà emprunté par le passé ce qui aura beaucoup plus d'impact qu'aucun des deux ne le soupçonnent…

    Si ce petit résumé ne vous émeut pas plus que ça et n'éveille aucune curiosité, je n'ai pas donné mon dernier mot.

    Loin d'être un roman de fantasy classique, relatant les aventures de magiciens talentueux et leur lutte contre un esprit malveillant, JS&MN dépeint un monde on ne peut plus british. Lords, gentleman, bals mondains, pot de vin et guerres napoléoniennes sont monnaie courante et peuplent l'univers de JSMN. Les apparitions de personnages réels et d'événements connus de tous (la bataille de Waterloo par exemple) font que le monde dépeint par Susanna Clarke crie de vérité. Les personnages, magiciens ou non, sont faillibles, loin des d'être des surhommes, dont les désirs, les peurs et les contraintes sont les mêmes que n'importe quelle personne de cette époque. Et le style d'écriture, se rapprochant des auteurs de l'époque ne fait que renforcer cette impression. Un vrai plaisir à lire.

    Les dernières 200 pages sont justes grandioses ! Mes préférés, à n'en pas douter. Car arrive dans ces pages tout ce qu'on a espéré tout au long du roman.

    Si vous n'aimez pas la fantasy, ce livre pourrait vous la faire aimer pour la simple et bonne raison qu'on n'a pas l'impression de lire de la fantasy. En un mot comme en cent : si vous aimez la bonne littérature (anglaise), plongez-vous dans cet univers.

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Thyuig le 29/09/2010


    On aurait tort de prendre ce roman "Jonathan Strange et Mr Norrell" de la britannique Susanna Clarke à l'intérêt distillé, presque consumé sur 1250 pages pour ce qu'il n'est pas : une version pour adulte consentant d'harry Potter. Au contraire, ce roman qui met en scène deux magiciens anglais au 19ème siècle, en pleine guerre avec Napoléon, livre une somme assez déconcertante qui oscille entre Fantastique et Fantasy, comédie de moeurs et satire politique un peu simpliste. Il n'empêche que les 300 dernières pages sont parmi les plus belles que j'ai lues dans le genre Fantastique, elles rivalisent sans mal avec le meilleur de Stoker ou Poe. On assiste béat à l'anéantissement d'une intrigue montée lentement par la romancière et qui la conduit à une apothéose nécessitant la mise en palce de tous les effets du genre : le propos devient noir de cendre, les femmes fatales succombent, même les candidats à la candeur recouvrent leur visage de suie.

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par PerdreUnePlume le 18/11/2011


    On dit souvent que la première impression est la bonne, on ne pouvait tomber plus juste avec ce roman ! J'ai beaucoup souffert...
    Le thème un poil steampunk/fantastique (uchronie en période proche victorienne, prémices de l'industrialisation) est pourtant attrayant, de même c'est une écriture typiquement anglaise mais accessible avec même quelques touches d'humour, une ambiance souvent austinienne...
    Mais... où est donc le mais ?
    Et bien déjà c'est terriblement lent, les écarts, descriptions et digressions s'enchaînent alourdissant le roman et l'intrigue qui peine à s'installer et à se faire une place.

    Le lecteur croule, étouffe, sous les détails insignifiants, les dialogues inutiles, les personnages secondaires dont l'unique apparition est inconséquente (et encore je ne vous parle pas des interminables notes de bas de page que j'ai assez vite délaissées...).
    Alors certes, Susanna Clarke a poussé son idée à l'extrême, au point d'inventer toute une science historique de la magie et des magiciens, une fausse bibliographie et des auteurs y afférents. Son monde est riche et complexe et fait aussi de nombreux clin d'œil historiques ou littéraires... mais trop, mille fois trop !

    Au final j'ai cru abandonner ma lecture à de nombreuses reprises et je n'ai finalement pris plaisir que dans les 200 dernières pages (sur un roman qui en fait pas moins de 1200 çà fait mal).
    La trame générale est plaisante mais à lire c'est une vraie plaie qui mériterait d'être dégrossie de tous ces alourdissements nocifs et parasitaires.

    Je suis contente d'en être tout de même venue à bout mais je ne conseillerai pas cette lecture qui bien qu'intéressante est vraiment pénible. Je ne suis pas certaine que le jeu en vaille la chandelle !
    Dommage que la forme desserve tant le fond qui pourtant mériterait une belle place dans son genre sur nos bibliothèques !


    Lien : http://www.perdreuneplume.com/index.php?post/2011/11/18/Jonathan-Str..

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Gusseuh le 17/03/2010


    Si Jane Austen avait écrit du fantastique, voilà à quoi ça aurait ressemblé.
    Un roman monumental (pas loin de 900 pages en grand format), aux notes de bas de pages tentaculaires (un personnage qui apparaît sur deux lignes dans le roman peut voir toute sa biographie retracée dans le détail dans une note courant sur trois pages), qui happa près de 10 années de la vie de l'auteur.
    Prix Hugo, Locus, World Fantasy et New York Times ! N'en jetez plus !
    Bref, imaginez tout simplement que la magie existe, et qu'elle est en gestation depuis des siècles. Imaginez qu'un bonhomme acariâtre et solitaire prouve à tous que la magie est encore là, bien vivante, prête à être utilisée. Imaginez qu'il participe aux guerres napoléoniennes. Imaginez que parmi ses élèves, un jeune homme de bonne famille se prend de passion pour la magie pratique, quitte à goûter à la magie noire...
    Imaginez...
    Voilà tout simplement l'un de mes 5 bouquins préférés. Jubilatoire, riche, à l'écriture racée. Un mélange des genres détonnant, qui bascule en uchronie et en réécriture de l'histoire, avec une finesse et une roublardise rarement atteinte jusque là dans la littérature de l'imaginaire.

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par kedrik le 08/09/2011


    Curieuse lecture que ce Jonathan Strange & Mr Norell. Quand on sait que ce roman a gagné le Prix Hugo et un World Fantasy Award, on ne peut qu'avoir de grosses attentes en attaquant ce pavé de 1000 pages. Eh bien disons le tout de suite, Susanna Clarke, son auteur, ne déçoit pas le lecteur avec ce petit chef d'oeuvre de fantasy historique. Si Neil Gaiman est considéré par certains comme l'actuel roi de la Fantasy, force est de reconnaître que Susanna Clarke est sa reine toute désignée.

    L'action débute en 1806 en Angleterre. Mr Norrell, un gentleman pur sucre, a une idée en tête : faire renaître la magie dans la perfide Albion. L'ambition de ce magicien va emporter le royaume anglais dans de tumultueuses mutations. Car l'Angleterre de l'époque est remplie de magiciens théoriciens qui parlent et écrivent sur la magie sans avoir jamais jeter un sortilège de leur vie. Mr Norrell est lui un praticien, un vrai, dont les pratiques magiques font la une des gazettes et font parler des les salons de Londres. Malheureusement, Mr Norrell est également un homme qui a des idées très arrêtées sur sa condition de seul et unique magicien anglais. Il entend diriger ce renouveau d'une main de maître en imposant sa vision. C'est sans compter sur Jonathan Strange, un jeune prodige, qui bien que disciple de Mr Norrell, ne partage absolument pas les vues de son mentor.

    Ce roman mélange bien des aspects : c'est bien évidemment un livre qui traite de la tradition magique en mettant en scène des magiciens plus préoccupés par leur image de marque que par leur maîtrise des arts ésotériques. L'approche collégiale, avec tout ce que ça comporte d'étroitesse d'esprit et de guerres idéologiques, est bien rendue. Ils sont souvent incompétents, réussissent par hasard et usent de mauvaise foi quand l'échec est inévitable. Mais en plus de ce savoureux travail critique sur la tradition hermétique, le roman possède une approche sociale bien présente. L'Angleterre de l'époque est finement rendue, avec des serviteurs plus intelligents que leurs maîtres (un peu comme chez Molière), des mariages de raison, un sens des convenances omniprésent... It's so british. Quand un profane demande à un de nos deux héros si un magicien peut tuer quelqu'un avec ses pouvoirs, il se voit répondre "Oui, un magicien peut le faire, mais un gentleman ne le ferait pas."

    Toutefois, il faut avouer que l'action est bien souvent absente de ce récit en dehors de quelques scènes de guerre. Il ne faut pas s'attendre à un roman d'aventure : c'est avant tout une chronique satirique, avec des lenteurs dignes De Balzac. Mais un roman dans lequel les méchants sont des bonapartistes français ne peut pas être mauvais. Pour une fois un livre parle de la vieille Angleterre sans nous seriner avec l'époque victorienne. Par contre, l'auteur a une facheuse tendance à abuser et surabuser des notes de bas de pages, c'est usant. Si l'édition de poche est un peu trop dense, il y a tout de même de superbes gravures signées par Portia Rosenberg qui aident à se mettre dans l'ambiance feutrée des magiciens scolaires qui pérorent.


    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2006/12/critique-jonathan-strange-mr-norre..

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Folfaerie le 04/02/2010


    Comme beaucoup de lecteurs, j'ai entendu parler de ce roman bien avant sa traduction française. Considéré comme un phénomène littéraire, traitant essentiellement de magiciens et à une époque passée, voilà qui ne pouvait que me plaire.
    J'ai donc lu le roman en anglais. Enfin une moitié seulement car ma progression était des plus laborieuses et considérablement ralentie par les notes de bas de page. Je l'ai donc mis de côté en attendant patiemment la sortie française. Cette fois, lecture intégrale...

    Certes, les notes de bas de page (qui occupent parfois la page en entier !) ralentissent le rythme de lecture, elles sont néanmoins intéressantes et presque indispensables au récit.

    L'histoire est originale, les qualités littéraires du roman indéniables et je me suis rapidement laissée entraînée par les deux personnages clés du livre. Mr Norrell est un magicien qui souhaite rétablir la magie anglaise, Jonathan Strange, son disciple, plus ambitieux, va quelque peu chambouler les plans trop sages du vieux maître.
    Je suis d'accord avec la plupart des critiques qui clament que le livre a le parfum des oeuvres de Jane Austen, que c'est également un livre d'aventures et un roman fantastique. La seule chose qui m'agace, c'est la critique du Times Magazine qui n'hésite pas à comparer l'oeuvre de Clarke avec celle de Tolkien. C'est aller un peu vite en besogne...
    Certes on y parle de magiciens, du côté obscur de la Force, et même d'anneaux du pouvoir (très brièvement) mais la comparaison s'arrête là.
    Le roman évoque aussi bien l'univers de Jane Austen, par la foule de détails sur la vie de la petite noblesse anglaise, que celui de Stevenson. Il y a du Dr Jekyll et Mr Hyde chez Strange et Norrell qui représentent les deux faces d'une même pièce. En revanche, je peux comprendre la déception de ceux qui pensaient lire un livre de Fantasy.
    La légende du roi Corbeau qui domine jusqu'à présent est issue à la fois du folklore anglais et de la mythologie nordique, où le corbeau est le messager des morts. Pas de lutin ou de fée éthérée, pas d'elfe non plus ou de gnomes mais des serviteurs du roi corbeau semblables à des fantômes et des lieux empreints de magie noire qui donnent une atmosphère parfois lugubre au roman. Pas de duels de magiciens (enfin pour l'instant), pas de dragon à combattre...

    Alors, que dire de cet événement de la littérature de fantasy. D'abord que cela reste une bonne surprise. Les personnages secondaires, je pense notamment à Childermass, Vinculus, sont pour certains très attachants alors que d'autres sont un peu sous-exploités, comme Stephen Black. J'ai bien aimé aussi la personnalité de Wellington.
    Les scènes que j'ai préférées sont sans conteste lorsque Strange accompagne l'armée pour tenter de contrer l'ennemi français. La période que Strange passe à Venise est un peu longue à mon goût, ainsi que toutes les scènes relatives au château des Illusions-Perdues qui sont les moins intéressantes à mes yeux, et j'avoue avoir lu en diagonale la plupart des notes après la seconde moitié du roman. Cette seconde moitié justement est plus fertile en rebondissements et il y a nettement plus d'action. Mais c'est vrai que le lecteur doit se montrer patient car le rythme du récit est tout de même très lent.
    Le fait d'avoir choisi le règne du roi Georges (celui qui est devenu fou), d'avoir pris comme principe que la magie a toujours fait partie de la vie anglaise, voilà qui ôte quand même une bonne part de merveilleux. car après tout, la vie de ces deux gentlemen est plutôt ordinaire, même si vers la fin, leurs pouvoirs sont cause de gros chamboulements.
    Les deux magiciens se ressemblent finalement beaucoup. Norrell, frileux, maniaque, égoïste et conservateur est le plus antipathique. Mais Strange est tout aussi égoïste. Ambitieux en revanche, plus jeune et marié à une délicieuse épouse, ce qui probablement lui épargne de posséder les mêmes travers que Norrell. le roi Corbeau quant à lui fait une apparition éclair bienvenue mais trop courte, évidemment... J'aurai aimé plus de noirceur et de poésie, et des dragons aussi.
    Je suis restée sur ma faim, avouons-le et beaucoup de choses restent en suspens à la fin du livre. Cela laisse donc supposer une suite ? Par ailleurs, sur le site de l'éditeur français, il est indiqué que les droits pour l'adaptation cinématographique ont déjà été achetés. On peut en faire un bon film sans aucun doute, à condition de ne pas avoir peur de raccourcir énormément.

    En tout cas, les bonnes idées ne manquent pas dans ce roman qui a su se démarquer des habituelles histoires de magiciens. A lire pour ceux qui aiment la magie, les livres anciens, les bibliothèques cosy, l'univers de Jane Austen et Londres sous la pluie !

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Acr0 le 09/04/2009


    Dans une Angleterre meurtrie, en 1806, George III veille sur son peuple. La magie en ce territoire a disparu en même temps que le Roi Corbeau, il y a de ça, maintes années. Aux prises des guerres napoléoniennes, les britanniques ne savent plus où donner de la tête ni à quel saint se vouer. le gouvernement de Gladstone remet alors aux mains des magiciens, le sort de la nation.

    En ces temps mémoriaux, Mr Norrell travaille pour la restauration de la magie, et sera alors alerté et devra offrir ses services à son pays. Afin de s'établir en référence incontestée, Mr Norrell essaye tant bien que mal de s'incruster à la mondanité so british. Les personnes qui façonnent sa notoriété l'inciteront alors à prendre un apprenti. Jonathan Strange devra alors apprendre à composer avec un maître imbu de lui-même et individualiste pour s'instruire à la magie.

    Cependant, les élucubrations de Mr Norrell ne se dérouleront pas comme prévues, et Jonathan Strange se tournera vers les côtés sombres et profonds de la magie, se détournant petit à petit du monde couvé par l'hégémonie de son maître.

    En ce livre, la magie est une science exacte. Elle devient alors un privilège réservé à une élite restreinte, soit… Mr Norrell seul en son nom. C'est ce qu'il nommera "la restauration de la magie anglaise". Cette dernière est alors assujettie aux relations et à un certain lobbying.
    Ce livre s'inscrit avec beaucoup de détails précieux tant pour la description, les lieux géographiques ou même la chronologie : on bascule facilement dans une sommes de références et de précisions pseudo historiques. On rentre alors dans une Angleterre de rêve et de magie où l'Histoire est revisitée avec finesse et habilité.
    Le livre se révèle de plus en plus noir, et le suspense grandit au fil des pages. le roman est composé de trois volumes distincts, dont [...]

    Critique approfondie à lire sur le blog ;)


    Lien : http://livrement.canalblog.com/archives/2009/04/09/13321179.html

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 1.00/5
    Par doyouwanna le 14/11/2007


    J'ai été particulièrement déçu par ce livre qui s'annonçait fabuleux, tant par ses critiques que par son aspect, et qui est d'une lenteur affligeante, sans aucun rapport avec le résumé qui en est fait en 4ème de couverture et qui pourrait laisser espérer un roman ésotérique et magique haletant...

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Missbouquin le 07/10/2011


    Le livre

    1806 : dans une Angleterre usée par les guerres napoléoniennes, un magicien à la mode ancienne, un certain Mr Norrell, offre ses services pour empêcher l'avance de la flotte française. En quelques sorts, il redonne l'avantage aux Anglais et devient la coqueluche du pays. Il profite de cette célébrité pour travailler à la cause de la magie anglaise, qui a disparu du pays depuis des siècles. En cela, il sera aidé par Jonathan Strange, un jeune et brillant magicien à qui il enseigne (presque) tout ; mais les deux hommes n'ont pas la même idée de ce que doit être la magie, et vont bientôt tomber une rivalité idéologique. Mais dans les ténèbres, un mauvais esprit œuvre ... Que cache le sombre manoir d'Illusions-perdues ?
    Ce que j'en ai pensé

    Je viens de finir ce livre et je suis embêtée. Un peu perdue aussi. A tel point que j'ai fait ce que je m'interdis d'ordinaire : j'ai regardé ce que d'autres ont pu penser de ce livre. Car il est extrêmement difficile de se faire une idée et de porter un jugement tellement ce livre est original et destabilisant. Difficile de lui appliquer les critères critiques classiques. Peut-être est-ce lié au fait que j'ai mis un mois pour le lire, ce qui est un maximum que je n'ai jamais atteint depuis que je sais lire ...

    Alors certes ce livre est long à lire (plus de 1000 pages en version poche, par ailleurs je vous le conseille en broché, c'est bien plus agréable; et pas facile à emmener dans le métro), mais en réalité il se prête très bien à une lecture lente. L'auteur a mis 10 ans à l'écrire. Et cela se comprend. Tous les soirs pendant un mois j'ai pris ce livre avec plaisir et j'ai plongé dans ce monde qu'elle a mis si longtemps à construire et à peaufiner.

    Et il est parfait : un style remarquable, bien XIXe; des personnages bien construits, cohérents, attachants ou glaçants; une atmosphère magique inimitable. Impossible de classer ce roman : dans la lignée de Rowling plus que de Tolkien, mais plus complexe, plus approfondi d'une certaine manière. Avec moins d'action aussi. Mais ce n'est pas cela qui m'a dérangé : un livre n'a pas besoin d'être rempli d'aventures pour être bon, et souvent ceux qui le sont cachent juste un manque d'idées et un mauvais style qui ne se complaît que dans la description d'une action.

    Non, je crois finalement que s'il manque quelque chose à ce roman, c'est un peu plus de "peps", de pétillant à certains moments. Peut-être un petit plus d'humour, auquel j'attache énormément d'importance dans les livres, détestant les auteurs qui se prennent trop au sérieux. Les notes de bas de page alourdissent un peu le texte et peuvent être encombrantes, même si cela est agréable que la plupart des anecdotes n'encombrent pas le texte lui-même et la narration. Parfois ce sont les notes qui occupent le plus d'espace, et ce sont elles qui prouvent la maîtrise de son sujet par l'auteur. Cela m'a fait penser au scénariste des derniers films Harry Potter, qui disait que s'il posait la moindre question à Rowling au sujet de ses personnages, s'il demandait le moindre détail sur le monde des sorciers, qui n'existe pas dans les romans, elle était capable de le lui fournir. C'était le cas de Tolkien aussi. Et je mets Susanna Clarke au même niveau. Quelqu'un lui reprochait de trop longues descriptions et un manque d'action : avez-vous lu Le Seigneur DES Anneaux ? je ne parle pas des films qui ne sont que des pâles copies et qui n'ont su que retranscrire des scènes de guerre. Non Le Seigneur DES Anneaux n'est pas vraiment un livre d'action, c'est un livre métaphorique, un livre poétique, un livre sur la vie. Et c'est à lui que je compare Jonathan Strange et Mr Norrell. Loin de ces univers pauvres que sont les romans actuels de fantasy, et en prenant même le risque de perdre ce lectorat, Susanna Clarke a renoué avec une belle tradition, avec un beau style et un monde magique.

    On en croirait presque que l'on a vraiment appris l'histoire de la magie à l'école et que la magie va renaître en Angleterre (J'en suis venue à douter du vrai et du faux, et j'ai ressenti le besoin de vérifier l'histoire anglaise ... ) Et malgré ce que vous pouvez penser, cela n'a aucun rapport avec Harry Potter ! Dans le monde de Clarke, des gens souhaitent le retour du roi Corbeau, le plus grand magicien de tous les temps; les sociétés de magiciens théoriciens pullulent. Mais l'Angleterre semble avoir perdu son âme et tout son attrait avec la disparition de la magie. Et c'est cette longue renaissance, sous l'instigation d'un personnage dont on ne connaîtra l'identité qu'au bout des 1000 pages, que symbolise ce roman.

    Finalement, pour trouver le message du texte, il faut être courageux. Il faut lire et rentrer jour après jour dans ce monde où comme les Anglais, on finit par ne plus s'étonner des actes magiques. Et c'est ce que je ressens : la fin comme une récompense, un remerciement de l'auteur de l'avoir suivi jusqu'au bout, d'avoir vécu dans son monde comme elle a dû le faire.

    Alors lisez le ! Mais vous êtes prévenus. C'est un livre difficile. Une structure complexe. Des méandres dans lesquels il ne faut pas se perdre. On peut ou l'adorer ou le détester (il n'y a pas d'entre deux). Et rassurez vous, je ne vous dirai pas que ce livre finit bien, vous seriez déçus ... Car il échappe à toute catégorisation, à tout jugement définitif, à toute description, même si je viens de tenter de le faire. C'est un livre insaisissable. Et en ça, c'est un chef d'œuvre. le mieux est d'essayer. Et vous verrez.


    Lien : http://wp.me/p1Gkvs-ij

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par moune le 25/08/2011


    Incroyablement long...

    critique de qualité ? (3 votes positifs)






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