> Isabelle Delord-Philippe (Traducteur)

ISBN : 2253112836
Éditeur : LGF (2008)


Note moyenne : 3.48/5 (sur 95 notes) Ajouter à mes livres
Il y a des siècles de cela, du temps où la magie existait encore en Angleterre, le plus grand magicien de tous était le roi Corbeau. Enfant d’homme élevé par des fées, le roi Corbeau mêla sagesse féerique et humaine raison pour fonder la magie anglaise. En 1806, année o... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par Magicetincelle, le 04 février 2012

    Magicetincelle
    Well, well, well… L'année commence bien. Après avoir été bluffée par L'ombre du Vent en Décembre, je suis époustouflée par Jonathan Strange et Mr Norrell en cette fin de Janvier. J'ai bien envie de dire qu'il mérite une place dans mon top 10, mais comme je l'ai dit il y a moins d'un mois pour un autre livre, vous allez penser que je suis trop influençable et change bien trop souvent les livres de mon top 10. Non, non, que nenni (comme dirait Jonathan Strange, mais je vous en reparlerai plus tard). Je suis juste très chanceuse ! J'ai découvert de très grands livres ces deux derniers mois.
    A tous ceux qui sont encore hésitants à se lancer dans la lecture de ce pavé de plus de 1000 pages, voici ma recommandation : lisez-le, les pages se tournent à une vitesse folle. le style recherché et so british est un vrai plaisir et on ne sent pas une seule fois de moments de creux. L'intrigue est menée de main de maitre. 10 ans à bosser dessus et ça se ressent !
    A tous ceux qui hésitent car ça parle de magie et les histoires de fantasy avec des magiciens, depuis l'ère Harry Potter, on en a marre : lisez-le. La magie est bien sûr au centre de cette histoire mais est bien plus subtile que dans de nombreux autres livres fantastiques, et j'ose le dire, plus réelle palpable. On y croirait presque.
    A tous ceux qui aiment Jane Austen, Oscar Wilde et Lord Byron : lisez-le. le style est un concentré des deux premiers, mixé avec ingéniosité. On y retrouve même leur humour subtil. Quant au dernier, le cher poète anglais fait une apparition hilarante, tout comme Lord Wellington et George III d'Angleterre.
    L'histoire se déroule en Angleterre à l'époque Georgienne, c'est-à-dire au temps de Jane Austen et Lord Byron (ce qui explique certaines particularités du livre énoncées plus tôt…). La magie a désertée l'Angleterre depuis plus de 200 ans. le livre conte les aventures des 2 derniers magiciens anglais : Mr Norrell et Jonathan Strange, vous vous en doutez. Ils œuvrent pour redonner à la magie anglaise toute sa grandeur d'autrefois. Alors que le vieux et ennuyeux Mr. Norrell est plutôt un homme d'étude frileux, le jeune et affable Jonathan Strange, son élève, est beaucoup plus aventureux. Peut-être même un peu trop. Et malgré les mises en garde de Mr Norrell, il s'aventurera sur un chemin où le lien entre magie blanche et noire est bien mince. Ce qu'il ne sait pas, c'est que ce chemin, son maitre, l'a déjà emprunté par le passé ce qui aura beaucoup plus d'impact qu'aucun des deux ne le soupçonnent…
    Si ce petit résumé, ne vous émeut pas plus que ça et n'éveille aucune curiosité, je n'ai donné mon dernier mot.
    Loin d'être un roman de fantasy classique, relatant les aventures de magiciens talentueux et leur lutte contre un esprit malveillant, JS&MN dépeint un monde on ne peut plus british. Lords, gentleman, bals mondains, pot de vin et guerres napoléoniennes sont monnaie courante et peuplent l'univers de JSMN. Les apparitions de personnages réels et d'événements connus de tous (la bataille de Waterloo par exemple) font que le monde dépeint par Susanna Clarke crie de vérité. Les personnages, magiciens ou non, sont faillibles, loin des d'être des surhommes, dont les désirs, les peurs et les contraintes sont les mêmes que n'importe quelle personne de cette époque. Et le style d'écriture, se rapprochant des auteurs de l'époque ne fait que renforcer cette impression. Un vrai plaisir à lire.
    Les dernières 200 pages sont jsutes grandioses ! Mes préférés, à n'en pas douter. Car arrive dans ces pages tout ce qu'on a espéré tout au long du roman
    Si vous n'aimez pas la fantasy, ce livre pourrait vous la faire aimer pour la simple et bonne raison qu'on n'a pas l'impression de lire de la fantasy. En un mot comme en cent : si vous aimez la bonne littérature (anglaise), plongez-vous dans cet univers.
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    • Livres 4.00/5
    Par Folfaerie, le 04 février 2010

    Folfaerie
    Comme beaucoup de lecteurs, j'ai entendu parler de ce roman bien avant sa traduction française. Considéré comme un phénomène littéraire, traitant essentiellement de magiciens et à une époque passée, voilà qui ne pouvait que me plaire.
    J'ai donc lu le roman en anglais. Enfin une moitié seulement car ma progression était des plus laborieuses et considérablement ralentie par les notes de bas de page. Je l'ai donc mis de côté en attendant patiemment la sortie française. Cette fois, lecture intégrale...
    Certes, les notes de bas de page (qui occupent parfois la page en entier !) ralentissent le rythme de lecture, elles sont néanmoins intéressantes et presque indispensables au récit.
    L'histoire est originale, les qualités littéraires du roman indéniables et je me suis rapidement laissée entraînée par les deux personnages clés du livre. Mr Norrell est un magicien qui souhaite rétablir la magie anglaise, Jonathan Strange, son disciple, plus ambitieux, va quelque peu chambouler les plans trop sages du vieux maître.
    Je suis d'accord avec la plupart des critiques qui clament que le livre a le parfum des oeuvres de Jane Austen, que c'est également un livre d'aventures et un roman fantastique. La seule chose qui m'agace, c'est la critique du Times Magazine qui n'hésite pas à comparer l'oeuvre de Clarke avec celle de Tolkien. C'est aller un peu vite en besogne...
    Certes on y parle de magiciens, du côté obscur de la Force, et même d'anneaux du pouvoir (très brièvement) mais la comparaison s'arrête là.
    Le roman évoque aussi bien l'univers de Jane Austen, par la foule de détails sur la vie de la petite noblesse anglaise, que celui de Stevenson. Il y a du Dr Jekyll et Mr Hyde chez Strange et Norrell qui représentent les deux faces d'une même pièce. En revanche, je peux comprendre la déception de ceux qui pensaient lire un livre de Fantasy.
    La légende du roi Corbeau qui domine jusqu'à présent est issue à la fois du folklore anglais et de la mythologie nordique, où le corbeau est le messager des morts. Pas de lutin ou de fée éthérée, pas d'elfe non plus ou de gnomes mais des serviteurs du roi corbeau semblables à des fantômes et des lieux empreints de magie noire qui donnent une atmosphère parfois lugubre au roman. Pas de duels de magiciens (enfin pour l'instant), pas de dragon à combattre...
    Alors, que dire de cet événement de la littérature de fantasy. D'abord que cela reste une bonne surprise. Les personnages secondaires, je pense notamment à Childermass, Vinculus, sont pour certains très attachants alors que d'autres sont un peu sous-exploités, comme Stephen Black. J'ai bien aimé aussi la personnalité de Wellington.
    Les scènes que j'ai préférées sont sans conteste lorsque Strange accompagne l'armée pour tenter de contrer l'ennemi français. La période que Strange passe à Venise est un peu longue à mon goût, ainsi que toutes les scènes relatives au château des Illusions-Perdues qui sont les moins intéressantes à mes yeux, et j'avoue avoir lu en diagonale la plupart des notes après la seconde moitié du roman. Cette seconde moitié justement est plus fertile en rebondissements et il y a nettement plus d'action. Mais c'est vrai que le lecteur doit se montrer patient car le rythme du récit est tout de même très lent.
    Le fait d'avoir choisi le règne du roi Georges (celui qui est devenu fou), d'avoir pris comme principe que la magie a toujours fait partie de la vie anglaise, voilà qui ôte quand même une bonne part de merveilleux. car après tout, la vie de ces deux gentlemen est plutôt ordinaire, même si vers la fin, leurs pouvoirs sont cause de gros chamboulements.
    Les deux magiciens se ressemblent finalement beaucoup. Norrell, frileux, maniaque, égoïste et conservateur est le plus antipathique. Mais Strange est tout aussi égoïste. Ambitieux en revanche, plus jeune et marié à une délicieuse épouse, ce qui probablement lui épargne de posséder les mêmes travers que Norrell. le roi Corbeau quant à lui fait une apparition éclair bienvenue mais trop courte, évidemment... J'aurai aimé plus de noirceur et de poésie, et des dragons aussi.
    Je suis restée sur ma faim, avouons-le et beaucoup de choses restent en suspens à la fin du livre. Cela laisse donc supposer une suite ? Par ailleurs, sur le site de l'éditeur français, il est indiqué que les droits pour l'adaptation cinématographique ont déjà été achetés. On peut en faire un bon film sans aucun doute, à condition de ne pas avoir peur de raccourcir énormément.
    En tout cas, les bonnes idées ne manquent pas dans ce roman qui a su se démarquer des habituelles histoires de magiciens. A lire pour ceux qui aiment la magie, les livres anciens, les bibliothèques cosy, l'univers de Jane Austen et Londres sous la pluie !
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Missbouquin, le 07 octobre 2011

    Missbouquin
    Le livre
    1806 : dans une Angleterre usée par les guerres napoléoniennes, un magicien à la mode ancienne, un certain Mr Norrell, offre ses services pour empêcher l'avance de la flotte française. En quelques sorts, il redonne l'avantage aux Anglais et devient la coqueluche du pays. Il profite de cette célébrité pour travailler à la cause de la magie anglaise, qui a disparu du pays depuis des siècles. En cela, il sera aidé par Jonathan Strange, un jeune et brillant magicien à qui il enseigne (presque) tout ; mais les deux hommes n'ont pas la même idée de ce que doit être la magie, et vont bientôt tomber une rivalité idéologique. Mais dans les ténèbres, un mauvais esprit œuvre ... Que cache le sombre manoir d'Illusions-perdues ?
    Ce que j'en ai pensé
    Je viens de finir ce livre et je suis embêtée. Un peu perdue aussi. A tel point que j'ai fait ce que je m'interdis d'ordinaire : j'ai regardé ce que d'autres ont pu penser de ce livre. Car il est extrêmement difficile de se faire une idée et de porter un jugement tellement ce livre est original et destabilisant. Difficile de lui appliquer les critères critiques classiques. Peut-être est-ce lié au fait que j'ai mis un mois pour le lire, ce qui est un maximum que je n'ai jamais atteint depuis que je sais lire ...
    Alors certes ce livre est long à lire (plus de 1000 pages en version poche, par ailleurs je vous le conseille en broché, c'est bien plus agréable; et pas facile à emmener dans le métro), mais en réalité il se prête très bien à une lecture lente. L'auteur a mis 10 ans à l'écrire. Et cela se comprend. Tous les soirs pendant un mois j'ai pris ce livre avec plaisir et j'ai plongé dans ce monde qu'elle a mis si longtemps à construire et à peaufiner.
    Et il est parfait : un style remarquable, bien XIXe; des personnages bien construits, cohérents, attachants ou glaçants; une atmosphère magique inimitable. Impossible de classer ce roman : dans la lignée de Rowling plus que de Tolkien, mais plus complexe, plus approfondi d'une certaine manière. Avec moins d'action aussi. Mais ce n'est pas cela qui m'a dérangé : un livre n'a pas besoin d'être rempli d'aventures pour être bon, et souvent ceux qui le sont cachent juste un manque d'idées et un mauvais style qui ne se complaît que dans la description d'une action.
    Non, je crois finalement que s'il manque quelque chose à ce roman, c'est un peu plus de "peps", de pétillant à certains moments. Peut-être un petit plus d'humour, auquel j'attache énormément d'importance dans les livres, détestant les auteurs qui se prennent trop au sérieux. Les notes de bas de page alourdissent un peu le texte et peuvent être encombrantes, même si cela est agréable que la plupart des anecdotes n'encombrent pas le texte lui-même et la narration. Parfois ce sont les notes qui occupent le plus d'espace, et ce sont elles qui prouvent la maîtrise de son sujet par l'auteur. Cela m'a fait penser au scénariste des derniers films Harry Potter, qui disait que s'il posait la moindre question à Rowling au sujet de ses personnages, s'il demandait le moindre détail sur le monde des sorciers, qui n'existe pas dans les romans, elle était capable de le lui fournir. C'était le cas de Tolkien aussi. Et je mets Susanna Clarke au même niveau. Quelqu'un lui reprochait de trop longues descriptions et un manque d'action : avez-vous lu Le Seigneur DES Anneaux ? je ne parle pas des films qui ne sont que des pâles copies et qui n'ont su que retranscrire des scènes de guerre. Non Le Seigneur DES Anneaux n'est pas vraiment un livre d'action, c'est un livre métaphorique, un livre poétique, un livre sur la vie. Et c'est à lui que je compare Jonathan Strange et Mr Norrell. Loin de ces univers pauvres que sont les romans actuels de fantasy, et en prenant même le risque de perdre ce lectorat, Susanna Clarke a renoué avec une belle tradition, avec un beau style et un monde magique.
    On en croirait presque que l'on a vraiment appris l'histoire de la magie à l'école et que la magie va renaître en Angleterre (J'en suis venue à douter du vrai et du faux, et j'ai ressenti le besoin de vérifier l'histoire anglaise ... ) Et malgré ce que vous pouvez penser, cela n'a aucun rapport avec Harry Potter ! Dans le monde de Clarke, des gens souhaitent le retour du roi Corbeau, le plus grand magicien de tous les temps; les sociétés de magiciens théoriciens pullulent. Mais l'Angleterre semble avoir perdu son âme et tout son attrait avec la disparition de la magie. Et c'est cette longue renaissance, sous l'instigation d'un personnage dont on ne connaîtra l'identité qu'au bout des 1000 pages, que symbolise ce roman.
    Finalement, pour trouver le message du texte, il faut être courageux. Il faut lire et rentrer jour après jour dans ce monde où comme les Anglais, on finit par ne plus s'étonner des actes magiques. Et c'est ce que je ressens : la fin comme une récompense, un remerciement de l'auteur de l'avoir suivi jusqu'au bout, d'avoir vécu dans son monde comme elle a dû le faire.
    Alors lisez le ! Mais vous êtes prévenus. C'est un livre difficile. Une structure complexe. Des méandres dans lesquels il ne faut pas se perdre. On peut ou l'adorer ou le détester (il n'y a pas d'entre deux). Et rassurez vous, je ne vous dirai pas que ce livre finit bien, vous seriez déçus ... Car il échappe à toute catégorisation, à tout jugement définitif, à toute description, même si je viens de tenter de le faire. C'est un livre insaisissable. Et en ça, c'est un chef d'œuvre. le mieux est d'essayer. Et vous verrez.

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  • Par LiliGalipette, le 21 juillet 2011

    LiliGalipette
    « La magie anglaise a été façonnée par l'Angleterre, tout comme l'Angleterre a été façonnée par la magie. » (p. 892) Et pourtant, en 1807, la magie a disparu du pays depuis quatre siècles. Les magiciens sont en fait des historiens de la magie et ils ne pensent certainement pas à pratiquer cet art. Rien ni personne ne semble pouvoir réveiller et exercer ce savoir millénaire. Pourtant une prophétie se fait entendre : il est dit que deux magiciens restaureront la magie en Angleterre.
    Un homme se présente. Il s'appelle Mr Norrell. Depuis des années, il rachète tous les livres sur la magie. Sa bibliothèque est considérable. Mr Norrell est certain de pouvoir trouver l'explication de la disparition de la magie. Il est également certain que la magie peut aider son pays : « Je suis venu ici afin de me rendre utile. […] J'avais espérer jouer déjà un rôle éminent dans la lutte contre les Français. » (p. 98 & 99) En effet, Bonaparte et ses armées n'ont qu'à bien se tenir : à coup de sortilèges, Mr Norrell établit un surprenant blocus maritime. Mais les pouvoirs du magicien ne s'arrêtent pas là : avec l'aide d'un garçon-fée, il ramène à la vie une jeune et belle trépassée, Lady Pole.
    Ailleurs en Angleterre vit le jeune Jonathan Strange. C'est par hasard qu'il s'adonne à la magie. Ses premiers pas dans la discipline sont vagues : il lui est impossible de trouver un bon livre pour s'exercer. Partout, Mr Norrell est passé avant lui. « Je n'ai jamais vu cet homme de ma vie. En revanche, il me barre le chemin à tout instant. » (p. 327) Devant les qualités évidentes du jeune homme, Mr Norrell s'incline et accepte d'en faire un disciple. « Mr Norrell, qui avait vécu toute sa vie dans la crainte de se découvrir un rival, avait fini par voir la magie d'un autre, et loin d'être accablé par ce spectacle, s'en trouvait exalté. » (p. 343)
    Mr Norrell et Jonathan Strange gagnent rapidement en popularité. le Tout-Londres se les arrachent et la magie est la nouvelle tocade de tout un chacun. « Désormais, il y avait donc à Londres deux magiciens à admirer et à encenser. Je doute que ce soit une grande surprise pour quiconque d'apprendre que, des deux, Londres préférait Mr Strange. En effet, Strange correspondait à l'idée que chacun se faisait d'un magicien. Il était grand, il était charmant, il avait un sourire des plus ironiques et, à la différence de Mr Norrell, il parlait beaucoup de magie et ne voyait pas d'objection à répondre aux questions du public sur le sujet. » (p. 381)
    Mais l'entente entre les deux magiciens ne peut durer. Alors que Mr Norrell veut garder sous contrôle le bénéfice de la magie, Strange souhaite faire des coups d'éclats. C'est au Portugal, dans la guerre contre les Français, qu'il s'illustre : meilleur soutien du duc de Wellington, Strange applique une magie originale et pleine de panache. Entre Norrell et Strange, la rupture est consommée. Désormais, c'est à qui fera assaut d'une magie plus remarquable. Mais l'Angleterre en danger les contraint de s'unir pour lutter contre une puissance malfaisante. Un certain gentleman avec des cheveux comme du duvet de chardon s'attache des vies humaines et les garde en un lieu nommé Illusions-Perdues. Pour lutter contre cet ennemi féérique, Mr Norrell fait appel aux savoirs contenus dans les livres et Jonathan Strange fait siens les pouvoirs de la nature.
    Susanna Clarke offre un roman très riche et habilement construit. Elle invente un paratexte sérieux et nourri autour des personnages : elle leur trouve des biographes et elle fait surgir de nulle part une foisonnante histoire de la magie anglaise. Il est facile de sauter à pieds joints et les yeux fermés dans cet univers. L'auteure mêle à son roman des bribes d'Histoire, sous la forme de personnages réels et de références militaires. Et elle ouvre tous les champs du possible en montant de toutes pièces un univers magique complet et convaincant. On trouve un Roi Corbeau, des fées, des sortilèges oubliés, des miroirs magiques et bien d'autres choses encore.
    L'auteure inscrit avec habileté son roman dans une parenté littéraire qui rend hommage à de grandes plumes. Jane Austen et Ann Radcliffe apparaissent au détour d'une page et donnent toute légitimité au texte d'être à la fois un roman de mœurs et un roman noir. Jonathan Strange et Mr Norrell est également un roman d'aventure et un conte philosophique où les hommes font preuve d'hybris.
    Néanmoins, j'ai été déçue par la fin du roman. Après des centaines de pages de tension et de mystères, les révélations et les dénouements sont un peu plats, voire bâclés. le texte de Susanna Clarke s'inscrit dans la veine des grands romans d'Heroic Fantasy. Un journaliste a comparé son œuvre à celle de Tolkien. Je ne prétends pas la même chose, mais il est indéniable qu'elle a su créer un livre-univers. Toutefois, à la différence de la saga de Tolkien ou des aventures du jeune Harry Potter, cet univers est clos sur lui-même. On n'imagine pas une suite ou des textes parallèles : Susanna Clarke a ressuscité la magie le temps d'un livre, et le temps d'un livre on y a cru. Et c'est déjà beaucoup.


    Lien : http://www.desgalipettesentreleslignes.fr/archives/2011/07/21/214992..
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    • Livres 4.00/5
    Par Thyuig, le 29 septembre 2010

    Thyuig
    On aurait tort de prendre ce roman "Jonathan Strange et Mr Norrell" de la britannique Susanna Clarke à l'intérêt distillé, presque consumé sur 1250 pages pour ce qu'il n'est pas : une version pour adulte consentant d'harry Potter. Au contraire, ce roman qui met en scène deux magiciens anglais au 19ème siècle, en pleine guerre avec Napoléon, livre une somme assez déconcertante qui oscille entre Fantastique et Fantasy, comédie de moeurs et satire politique un peu simpliste. Il n'empêche que les 300 dernières pages sont parmi les plus belles que j'ai lues dans le genre Fantastique, elles rivalisent sans mal avec le meilleur de Stoker ou Poe. On assiste béat à l'anéantissement d'une intrigue montée lentement par la romancière et qui la conduit à une apothéose nécessitant la mise en palce de tous les effets du genre : le propos devient noir de cendre, les femmes fatales succombent, même les candidats à la candeur recouvrent leur visage de suie.
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Citations et extraits

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  • Par Magicetincelle, le 27 janvier 2012

    J'ai tendu la main et les rivières d'Angleterre ont fait demi-tour pour couler dans l'autre sens.
    J'ai tendu la main et le sang de mes ennemis s'est figé dans leurs veines.
    J'ai tendu la main et les pensées et la mémoire se sont essorées de la tête de mes ennemis tels un vol d'étourneaux.
    Mes ennemis se sont effondrés tels des sacs vides.
    Je suis venu à eux hors des brumes et de la pluie
    Je suis venu à eux dans des rêves de minuit
    Je suis venu à eux dans un vol de corbeaux qui emplissait le ciel du Nord à l'aube.
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  • Par Magicetincelle, le 27 janvier 2012

    Deux magiciens doivent apparaître en Angleterre
    Le premier me craindra, le deuxième brûlera de m'apercevoir...
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  • Par Magicetincelle, le 27 janvier 2012

    Je siège sur un trône noir dans le ténèbres mais ils ne me verront pas
    La pluie m'ouvrira une porte et la franchirai
    Les pierres m’offriront un trône et j'y siégerai
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  • Par MarcBibliotheca, le 31 janvier 2011

    Plus tard le même jour, dans une maison de Great Titchfield-street, un dîner fut donné en l'honneur de Mr Norrell, auquel Mr Drawlight et Mr Lascelles étaient aussi présents. Mr Norrell fut prié d'exprimer son avis sur le magicien du Shropshire.
    - Mr Stange me semble être un gentleman charmant et un magicien très doué, qui peut représenter un inestimable apport à notre profession, laquelle s'est trouvée un tantinet démunie depuis quelques temps.
    - Mr Strange paraît entretenir de très étranges notions de magie, commenta Lascelles. Il n'a pas pris la peine de nourrir des idées modernes sur le sujet - par quoij'entends, bien entendu, les idées de Mr Norrell qui ont tant étonné le monde par leur clarté et leur concision.
    Mr Drawlight renouvela son opinion selon laquelle la chevelure rousse de Mr Strange était 'importable' et que la toilette de Mrs Strange, bien que pas exactement à la dernière mode, était d'une très jolie mousseline.
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  • Par thingie, le 17 septembre 2008

    Je suis un livre, répliqua Vinculus, s'immobilisant au milieu de ses gambades. je suis LE livre. La mission du livre est de porter les mots, ce que je fais. Mais c'est au lecteur de savoir leur signification.
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Intervieuw de Susanna clarke par Neil Gaiman (En anglais)








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