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3,45

sur 726 notes

Critiques filtrées sur 5 étoiles  
Oh… oh, il envoie du lourd. Narration glaçante des premières lignes, sans fioriture. On comprend à demi-mots ce qui vient de se jouer. Je suis choquée, le saisissement est brutal et je chute dans un gouffre de non-sens. Comment fait-elle, putain ?! Merci monsieur Djian, j'adore être prise de stupeur comme ça. Ce roman me plait déjà à peine ouvert.

« Tu as de ces mots, putain ! » Ok j'arrête de parler comme les mecs de cette famille. Mais écoute ce qu'elle te raconte, elle.

Incroyable ce roman, un verre brisé, une tâche de vin blanc qui s'évapore, aucune trace visible juste une faible odeur qui partira lentement, resteront uniquement les envies meurtries de cette femme et ses souvenirs. Une percée dans les failles d'une femme arrivée au milieu de sa vie, qui se livre uniquement aux lecteurs, car à qui pourrait-elle dire la vérité ?

« Même à moi, je n'ose pas dire la vérité. »

Seuls des lecteurs irréels à ses yeux sont capables de savoir la réalité de ce qui s'est passé un hiver, autour d'un Noël froid et pénétrant. Coincée, elle est prise dans un engrenage d'amour qui s'est refermé sur elle. C'est un homme qui décrit d'une façon admirable les pensées les plus intimes d'une femme pas comme les autres, une histoire paternelle lourde ayant conduit à la destruction de sa famille alors qu'elle était adolescente, elle s'est reconstruite envers et contre tout.

Elle a rencontré un homme (aujourd'hui son ex) avec qui elle a eu un fils (devenu père récemment). Elle a une amie depuis la naissance de son fils avec qui elle partage tout et même plus. Elle a un amant qui lui fait naître des désirs insoupçonnés. Elle a un chat qui assiste à tout et voit tout, comme nous lecteurs, et tous nous ne dirons rien de ce qui se passe dans cette maison…et celle d'en face. C'est violent, physiquement et psychologiquement et j'ai adoré cette plongée dans cet amour mortifère. Elle aime son fils, sa mère, son amant, comme on meurt. Oh… c'est de l'amour emberlificoté qui balance entre des hauts et des bas, des pulsions antagonistes contenues dans chacun de nous, eros et thanatos réunis dans une dernière valse. « le cimetière est vide. Je tiens quelques minutes. Puis mes lèvres commencent à trembler, je balbutie, je ressors promptement – et je sais qu'elle me lance : ‘Quelle poule mouillée tu fais, ma fille' ! »

« Ceux qui l'emportent sont ceux qui ont les nerfs les plus solides, ne l'oublie pas. »
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Je découvre l'auteur pour la 1ère fois et j'avoue avoir été agréablement surprise.
J'ai aimé le ton décalé, corrosif que j'ai trouvé original.
L'écriture est simple mais essentielle pour ce sujet difficile.
Bravo

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C'est un livre agréable à lire, et presque à la fin, on dit 'oh !'
Ça pourrait être 'oh merde !'
J'adore l'écriture de Philippe Djian.
Le roman a été adapté sous le titre 'elle' avec Isabelle Huppert
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Ah! le style Djian:
"... et notre lutte commence. Il arrache mes vêtements et je hurle. Je le frappe réellement de mes poings, il me tient à la gorge, il me frappe, me possède, etc.
Pendant le week-end, j'achète un lot de lingerie bon marché"
J'adore. Sans plus de commentaires.
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Je viens de le terminer - heureuse, il me semble qu'il y a longtemps que je n'avais pas lu un aussi bon livre. Tout m'a plu, l'histoire originale, le personnage féminin et l'écriture rapide. Avec Djian, Les lecteurs sont intelligents, inutile de s'appesantir sur des descriptions redondantes, on comprend tout de suite ce qu'il veut dire.
Une femme proche de la cinquantaine, libre, productrice dotée d'un ex mari, d'un fils et d'un amant occasionnel avec lesquels les relations sont un peu tendues. Seule chez elle, elle est violée. La stupeur, la colère, le désir de vengeance s'emparent d'elle, elle n'en parle pourtant qu'à 2 proches , il va s'instaurer entre elle et l'inconnu un jeu du chat et de la souris mais c'est ELLE qui mène la danse.
Je n'ai pas vu le film mais bien sûr c'est le visage d'Isabelle Huppert qui s'imposait , je ne vois d'ailleurs personne d'autre pour incarner le personnage. J'irai certainement le voir mais pour l'instant je n'ai pas envie de rompre le charme. Il faut vraiment que je lise plus de Djian.
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Je ne suis pourtant pas un grand fan de cet auteur. J'en ai lu pas mal, disons.
Mais là, je dois dire que j'ai a-do-ré!
Les personnages, l'histoire, le style, le rythme, tout.
Fortement recommandé pour découvrir cet auteur.
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On retrouve dans ce roman écrit à la première personne (et au féminin) les thèmes de prédilection de Djian, disons pour résumer les aléas de la vie quotidienne, avec ses soubresauts parfois violents, de personnages qui appartiennent peu ou prou à la classe des cadres moyens ou supérieurs, et en particulier les vicissitudes sentimentalo-sexuelles qu'ils traversent. Djian met dans l'embarras ses lecteurs fidèles car il réutilise même des prénoms : je crois me rappeler qu'il y a, comme dans "oh...", une Irène dans la série des "Doggy bag".
Essayons de résumer l'histoire sans dévoiler ses nombreux rebondissements, parfois tout à fait improbables : Michèle, la narratrice, qui travaille dans une agence de production télévisuelle dont elle est copropriétaire, vit seule (avec un vieux chat) dans une grande maison de la campagne d'Île-de-France. Elle entretient des rapports compliqués avec son mari, dont elle est séparée, avec leur fils de vingt ans, avec son voisin le plus proche, apparemment du genre amoureux transi, bien que marié lui aussi. Vis-à-vis de sa mère (l'Irène sus-mentionnée), les sentiments de Michèle sont plus clairs : elle la déteste, pour une raison qui a trait aux agissements passés de son père, qu'elle hait carrément, on comprend pourquoi au bout d'un certain temps : Djian ne nous dit pas tout d'emblée...
Le récit tout entier, rédigé au présent, dégage une tension quasi permanente (habituelle chez Djian) d'où surgissent des moments de véritable violence, psychologique, verbale, physique qui consument pour un temps toute l'énergie accumulée. L'essentiel de l'action se déroule au début de l'hiver : là aussi, comme d'habitude, Djian exerce avec une certaine maestria son art de la description, de la création d'une ambiance.
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Une oeuvre littéraire, un livre puissant, un roman qui braconne sur des terres défendues. Djian a coutume de nous conduire là où nous ne l'attendons pas .

Je ne vais développer toute l'histoire, cela a déjà été fait " moult " fois tout au long des critiques, et ce n'est pas le plus intéressant. (Je m'en explique en fin de critique ).
En fait, on oublie vite le côté burlesque de toutes ces situations. Oh… est un roman enlevé mais pas drôle, plutôt triste, au fond. Au fil d'un scénario bien séquencé, Djian dresse un tableau ultraréaliste du désarroi contemporain. C'est son côté moraliste. On dirait une série américaine - une bonne. Ses personnages sont sympathiques, ils font preuve de bonne volonté, mais comme ils sont dramatiquement soumis aux aléas de leur affectivité, ils pataugent. le portrait de l'héroïne est très réussi: Michèle est une fille intelligente et sexy. Elle régente la vie des autres, leur dit comment ils devraient se comporter, mais elle-même n'obéit qu'à ses envies. Elle fait mine que rien ne la touche, c'est une femme libérée et moderne, mais elle n'est pas si forte que cela. Djian met en lumière l'échec d'un certain féminisme et d'une forme de politiquement correct sexuel. Les hommes qu'il met en scène sont tous assez minables. Une histoire emblématique d'une époque, la nôtre, qui suscite un vertige métaphysique salutaire.

Pour moi, Djian est un auteur exceptionnel dans le sens où l'histoire passe au second plan, il s'intéresse avant tout au son de la langue et à son rythme car dit-il " Elle finit par nous échapper " Je pense que c'est la raison pour laquelle, il est du coup le spécialiste des ellipses dans ses romans ce qui parfois nous fait perdre un peu le fil de l'histoire.
Mais ne changez rien Monsieur Djian, je vous adore.





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Les livres de Djian sont toujours une valeur sûre et celui ci ne fait pas exception à la règle. de la première à la dernière page, on ne peut pas poser ce bouquin.
30 jours de la vie d'une femme : la famille, les amis, les amants ..
On s'attache tout de suite à Michèle et à sa vie complexe et pleine de rebondissements.
Nous n'avons qu'une envie faire partie de sa vie .
Je recommande vivement
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Je n'avais jamais lu de livre de Philippe Djian. Je connaissais le personnage, mais ça s'arrêtait là. Et bien je n'ai pas été déçue. "oh..." est une petite merveille, une petite bulle hors du temps, un voyage dans la psychologie compliquée d'une femme comme une autre. Jusqu'à la fin, on s'interroge sur ce que l'auteur veut nous dire, sur le message qu'il souhaite faire passer. Finalement, chaque personnage nous apprend quelque chose, chacun nous fait réfléchir, à sa manière, avec ses actes, ses paroles et ses petits secrets. L'histoire nous emporte bien loin de ce que l'on imaginait, finalement le début et la fin se rejoignent, finalement ça ne parle pas de ce qu'on pensait, finalement ça ne traite pas la vie comme on pensait que ça allait la traiter.
Et ce style, formidable. Ce roman se lit d'une traite, d'un souffle, c'est fluide et entrainant, tout en étant bien écrit, tout en étant vrai et chargé d'émotion, d'action. Vraiment j'ai adoré, il n'y a pas d'autre mot.
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