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ISBN : 2070456285
Éditeur : Gallimard (2014)


Note moyenne : 3.43/5 (sur 221 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
«Décembre est un mois où les hommes se saoulent – tuent, violent, se mettent en couple, reconnaissent des enfants qui ne sont pas les leurs, s'enfuient, gémissent, meurent...»
"Oh..." raconte trente jours d'une vie sans répit, où les souvenirs, le sexe et la mor... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Lolokili, le 21 mars 2013

    Lolokili
    Certains esprits chagrins ne manqueront pas de déplorer qu’en un mois, il se passe beaucoup trop de trucs improbables dans la vie de Michèle. A l’inverse de nombreux commentaires qui déflorent malencontreusement le sujet, je me garderai d’énumérer à mon tour les calamités, familières ou hors normes, qui jalonnent effectivement ces trente jours de la vie d’une femme. Et peu importe la vraisemblance car l’essence même du livre se trouve précisément dans ce conglomérat de péripéties et d’individus, comme un assemblage baroque unirait plusieurs existences en une seule pour permettre de mieux en appréhender le sens.
    Fait rare, parait-il, Philippe Djian s’est glissé ici dans la peau d’un personnage féminin. Forte et vulnérable, prudente et impulsive, Michèle est paradoxale, intelligente, indépendante, libre et (donc) politiquement incorrecte. Son sacré tempérament ainsi que l’accumulation des tracasseries qui vont entraver son quotidien se révèlent rapidement addictifs. Djian n’y va pourtant pas avec le dos de la main morte… plaçant son personnage et ses névroses en équilibre perpétuellement instable, toujours à la lisière de l’implosion malencontreuse. Son écriture particulière ne s’embarrassant pas plus de détails superflus que de respirations ou d’un traditionnel découpage en chapitres, la narration se déverse d’une seule traite et nous cueille au finish sur un coup de théâtre corrosif et… percutant (c’est le mot).
    L’histoire d’ ’’Oh...’’ s’apparente à l’inexorable descente d’un rapide, de plus en plus tumultueux et parsemé d’écueils ; on finit par dégringoler du haut de ses chutes pour en ressortir à peu près indemne, sonné, rincé, achevant le voyage au fil d’un fleuve (presque) tranquille. Voilà pour moi l’illustration précise du déroulement de ce roman habile et troublant… Une chouette balade, qui secoue méchamment.

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    • Livres 3.00/5
    Par Laurence64, le 01 février 2013

    Laurence64
    Oh oh oh! (Je fais echo au titre). Oh oh oh (je fais à present echo à la fin du livre). Oh oh oh (là, je peine). Oh oh oh donc. Oh oh oh dis-je.
    Oh! Tout ça pour ça?
    Il n'est pas du tout déplaisant ce dernier Djian puisque je l'ai lu en une journée, sans me rendre compte qu'il ne présentait pas de chapitres. Ceci expliquant peut-être cela. Allez savoir. Pas déplaisant mais pas particulièrement plaisant. Nanouxy, ma copine Babelio, me suggèrerait de dire: "je ne suis ni pour ni contre, au contraire!"
    C'est un roman et il s'agit d'une histoire même si Philippe Djian raconte à l'envi qu'il ne raconte pas d'histoire. Une histoire qui grince entre moult personnages tragi-comiques. Une histoire avec chute. Mais une histoire peu crédible.
    Michèle, bientôt quinquagénaire, a la parole. Séparée de Richard, mère d'un adolescent attardé de vingt-quatre printemps, elle se fait violer à son domicile. Notez bien qu'elle n'a pas été violée. Malgré la culpabilité que semble recouvrir la formule active et pronominale, Michèle ne juge pas l'évènement d'importance. Elle prend un bain, achète quelque bombe lacrymogène, commande un système d'alarme lorsque le violeur se re-manifeste mais ne se met pas davantage martel en tête. Elle poursuit sa collaboration professionnelle avec son amie Anna, persiste à la cocufier avec un Robert peu appétissant. Elle n'en finit pas de s'agacer sur le fiston qui reconnaît le bébé d'une grosse vache et d'un trafiquant de drogue arrêté quelque part. Elle s'énerve aussi contre sa septuagénaire de mère affublée de jupes courtes en cuir et d'un fiancé trentenaire. Elle s'entête à snober son vieux père qui moisit en prison pour avoir assassiné soixante-dix enfants dans un club Mickey. Accepte mal la nouvelle relation de son ex. Enfin, elle engage une danse mortifère avec le voisin banquier charmant et athlétique en qui elle reconnaît…
    Au bout de cette histoire qui cumule les invraisemblances, perce pourtant quelque chose de nos malaises contemporains. Ce qui sauve le livre. Peut-être.
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    • Livres 4.00/5
    Par pyrouette, le 11 août 2013

    pyrouette
    Mes proches me connaissent au travers de ce que je veux bien leur montrer et à un quiz en dix questions sur ce que j'aime ou pas, il n'y en aurait qu'un (une) pour répondre juste. Alors si je dis aimer l'univers de Djian, qui n'est pas franchement politiquement correct, il faut bien le dire, où il y a du sexe, de la folie, où les personnages marchent sur un fil très instable de la vie, à la périphérie (ou lisière pour rappeler un autre auteur) de la normalité, forcément je vais choquer. Tant pis… Je n'ai pas dit Oh tout au long de ces trente jours, plutôt rhooooo. Bon, commencer les premières lignes du livre par une femme de cinquante ans qui se fait violer, c'est choquant. le plus choquant par la suite, ce sont les réactions de la dame. Bon l'auteur est un homme, pas de doute, et si j'ai bien ri de le voir se mettre dans la peau d'une femme, avec les invraisemblances de l'histoire, mais aussi certaines vérités dérangeantes bien féminines, j'ai plongé dedans, vite, vite, la suite, et je l'ai lue en deux heures et quart. Pourquoi le quart ? Pour les rhoooooo, bien sûr !

    Lien : http://pyrouette.canalblog.com/archives/2013/08/11/27818789.html#com..
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    • Livres 4.00/5
    Par isabelleisapure, le 23 février 2014

    isabelleisapure
    Difficile de commenter un ouvrage aussi imaginatif que tortueux quand d'entrée il vous ferait à priori passer pour un lecteur un tantinet voyeur...
    Mais voilà, le talent de Philippe Djian réussi sans vous laisser souffler à vous entrainer dans les pires sinuosités de vies aussi invraisemblables que dévoyées qui se catapultent, la violence en moins pourtant, tels ces actes inqualifiables de mœurs agressives destructives formant pourtant un consensus entre agresseur et agressée, consensus sur lequel l'auteur assoit l'histoire de son roman.
    Histoire que par ailleurs l'on aurait davantage imaginé se dérouler plutôt dans une ville de province qu'à … Paris !
    On y trouve la panoplie assez classique de ces personnages qui malgré leurs éloignements sociaux se côtoient dans des relations familiales comme amicales plutôt « animées » sinon ambigües mais surtout désordonnées.
    Michèle, l'héroïne mène une vie qui n'a rien d'un long fleuve tranquille.
    Fille d'un sérial killer et d'une mère cougar qui souhaite épouser son gigolo elle a également un fils qui refuse de grandir et peine à assumer sa vie auprès de sa compagne enceinte de l'enfant d'un autre.
    Quant à la vie sexuelle et amoureuse de notre héroïne… OH !
    Pour moi, l'un des meilleurs romans de Philippe Djian.
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    • Livres 5.00/5
    Par patatipatata, le 07 mai 2013

    patatipatata
    OH les gars ! Si vous ne vous êtes pas encore aperçus que les femmes sont des mutantes. Djian est là pour vous ouvrir les yeux !
    Le viol ? Un petit bain aux sels parfumés et il est à ranger dans le sac des expériences désagréables ni plus, ni moins. "J'ai connu pire avec des hommes que j'avais librement choisis."(p 15). Un sérieux coup bas qui change la donne. Vous pensez que c'est de la SF ? Lire «King-Kong Théorie» de Virginie Despente.
    Les enfants ? L'amour indéfectible oui, mais l'amour aveugle... Niet-Nada ! C'est fi-ni ! il est temps qu'ils prennent leur destin en main surtout quand ils vivent en couple et qu'ils ont un loyer à payer.
    La vieillesse ? Mini-jupe de cuir, homme génération -2 pendu au bras comme un nouveau sac à main. Ridicule peut-être, mais fini la nostalgie des rêves repassés ! de l'action, toujours de l'action !
    Le travail ? Boulot-boulot, pas de passe-droit même quand l'affectif entre jeu.
    Les amants ? je glousse, je n'en dirai pas plus !
    AH ! Je comprends mieux maintenant pourquoi Djian a changé de sexe dans ce livre !
    Un excellent Djian, qui ne se résume pas à ce que je viens de dire, c'est beaucoup plus subtil que ça.
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Critiques presse (5)


  • Culturebox , le 15 novembre 2012
    Un récit percutant, sans répit, dans lequel l'héroïne, victime d'un viol, s'enfonce dans une spirale de mort et de sexe.
    Lire la critique sur le site : Culturebox
  • LeFigaro , le 15 novembre 2012
    Au fil d'un scénario bien séquencé, Djian dresse un tableau ultraréaliste du désarroi contemporain.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • Culturebox , le 11 septembre 2012
    Djian réussit très bien à se mettre dans la peau d'une femme de 50 ans. On oublie que c'est un homme qui écrit. "Oh …" est un roman qui parle des vivants. La filiation, l'amour, le sexe, la mort. Djian aborde toutes ces questions charnellement, à travers la vie et les péripéties de ses personnages.
    Lire la critique sur le site : Culturebox
  • LePoint , le 30 juillet 2012
    Après la série Doggy Bag, puis Impardonnables, Incidences, Vengeances, "Oh..." remploie les ingrédients qui ont fait sa réputation. Pas (seulement) l'alcool, la mort et le sexe, mais l'art des brisures de rythme dans une langue sobre jusqu'à la froideur
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • Lexpress , le 06 juillet 2012
    Les inconditionnels de Philippe Djian apprécieront de retrouver sa patte et son univers, où on baise, on fume et on boit pas mal - du vin blanc, des daiquiris, des gin tonic. Un roman enivrant, assurément !
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par patatipatata, le 07 mai 2013

    Nous trinquons au fait que le voilà devenu l’heureux locataire d’un trois-pièces de soixante cinq mètres carrés orienté plein sud, avec un petit balcon, pour lequel je me suis portée caution.
    « Tu comprends ce que ça signifie, Vincent. Alors prends tes responsabilités. Si tu ne payes pas ton loyer, cela retombera sur moi et je ne pourrai pas tenir le coup très longtemps, est-ce que tu m’écoutes, ce n’est pas un jeu, Vincent, et je ne m’en fais pas juste pour vous, je parle pour moi et pour ta grand-mère dont le loyer est aussi à ma charge, tu le sais. Vincent, ils sont extrêmement nerveux en ce moment, ils ne laissent rien passer. Ils peuvent bloquer ton compte en un tour de main, engager des poursuites dont les frais sont entièrement à ta charge, t’envoyer les huissiers sans la moindre hésitation, t’humilier, et j’en passe. Garde toujours à l’esprit que des hommes qui spéculent sur le riz ou le blé ont déjà suffisamment de sang sur les mains pour ne pas craindre d’en faire couler davantage.»
    Il me considère un instant puis sourit : «J’ai changé, mais tu ne le vois pas.»
    J’aimerais le croire. J’aimerais le prendre dans mes bras et le couvrir de baisers reconnaissants. Mais j’attends de voir.
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  • Par patatipatata, le 06 mai 2013

    «Maintenant parlons de choses sérieuses, dis-je. Vous voulez quoi pour Noël?»
    Ils se regardent en gonflant les joues.
    Je les aide : « Que diriez-vous, les enfants, d’une bonne machine à laver? Avec un nouveau-né, ça semble indispensable, non?» Ils me regardent comme si j’essayais de leur vendre un jambon.
    «Un aspirateur? Une machine à coudre? Un robot Kenwood? Un four? Un lave-vaisselle? Une centrale vapeur? Un frigo?
    - Je crois que je préfère un écran plat avec un abonnement aux chaînes payantes», déclare Josie.
    - J’acquiesce. «Oui, mais mon conseil, vois-tu, serait d’aller au plus important...
    - C’est ce que je fais, me coupe-t-elle. Après vient la chaîne stéréo et après le lecteur-enregistreur.»
    Je souris en serrant fortement les mâchoires tandis que Vincent opine du chef.
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  • Par pyrouette, le 10 août 2013

    Au fond, je ne pensais pas être une personne si étrange, si compliquée, à la fois si forte et si faible. C'est surprenant. L'expérience de la solitude, du temps qui passe est surprenante. L'expérience de soi. De plus hardies ont vacillé - et j'ai fait plus que vaciller, c'est entendu.

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  • Par Lolokili, le 21 mars 2013

    Il me dit que je suis superbe, tandis que nous sortons dans la nuit froide. «Voilà ce que j’aime entendre, pensé-je, voilà bien la drogue la plus puissante au monde.»

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  • Par canel, le 05 décembre 2013

    Je n'ai jamais pensé que ma mère pouvait disparaître parce que cette éventualité était absolument insupportable et je suis tout à coup projetée devant cet abîme et je manque de forces. (p. 98)

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