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ISBN : B008DMAF48
Éditeur : Gallimard (2012)


Note moyenne : 3.38/5 (sur 139 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
«Décembre est un mois où les hommes se saoulent – tuent, violent, se mettent en couple, reconnaissent des enfants qui ne sont pas les leurs, s'enfuient, gémissent, meurent...»
"Oh..." raconte trente jours d'une vie sans répit, où les souvenirs, le sexe et la mor... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Laurence64, le 01 février 2013

    Laurence64
    Oh oh oh! (Je fais echo au titre). Oh oh oh (je fais à present echo à la fin du livre). Oh oh oh (là, je peine). Oh oh oh donc. Oh oh oh dis-je.
    Oh! Tout ça pour ça?
    Il n'est pas du tout déplaisant ce dernier Djian puisque je l'ai lu en une journée, sans me rendre compte qu'il ne présentait pas de chapitres. Ceci expliquant peut-être cela. Allez savoir. Pas déplaisant mais pas particulièrement plaisant. Nanouxy, ma copine Babelio, me suggèrerait de dire: "je ne suis ni pour ni contre, au contraire!"
    C'est un roman et il s'agit d'une histoire même si Philippe Djian raconte à l'envi qu'il ne raconte pas d'histoire. Une histoire qui grince entre moult personnages tragi-comiques. Une histoire avec chute. Mais une histoire peu crédible.
    Michèle, bientôt quinquagénaire, a la parole. Séparée de Richard, mère d'un adolescent attardé de vingt-quatre printemps, elle se fait violer à son domicile. Notez bien qu'elle n'a pas été violée. Malgré la culpabilité que semble recouvrir la formule active et pronominale, Michèle ne juge pas l'évènement d'importance. Elle prend un bain, achète quelque bombe lacrymogène, commande un système d'alarme lorsque le violeur se re-manifeste mais ne se met pas davantage martel en tête. Elle poursuit sa collaboration professionnelle avec son amie Anna, persiste à la cocufier avec un Robert peu appétissant. Elle n'en finit pas de s'agacer sur le fiston qui reconnaît le bébé d'une grosse vache et d'un trafiquant de drogue arrêté quelque part. Elle s'énerve aussi contre sa septuagénaire de mère affublée de jupes courtes en cuir et d'un fiancé trentenaire. Elle s'entête à snober son vieux père qui moisit en prison pour avoir assassiné soixante-dix enfants dans un club Mickey. Accepte mal la nouvelle relation de son ex. Enfin, elle engage une danse mortifère avec le voisin banquier charmant et athlétique en qui elle reconnaît…
    Au bout de cette histoire qui cumule les invraisemblances, perce pourtant quelque chose de nos malaises contemporains. Ce qui sauve le livre. Peut-être.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lolokili, le 21 mars 2013

    Lolokili
    Certains esprits chagrins ne manqueront pas de déplorer qu'en un mois, il se passe beaucoup trop de trucs improbables dans la vie de Michèle. A l'inverse de nombreux commentaires qui déflorent le sujet, je me garderai d'énumérer à mon tour les calamités, familières ou hors normes, qui jalonnent effectivement ces trente jours de la vie d'une femme. Et peu importe la vraisemblance car l'essence même du livre se trouve précisément dans ce conglomérat de péripéties et d'individus, comme un assemblage baroque unirait plusieurs existences en une seule pour permettre de mieux en appréhender le sens.
    Fait rare, parait-il, Philippe Djian s'est glissé ici dans la peau d'un personnage féminin. Forte et vulnérable, prudente et impulsive, Michèle est paradoxale, intelligente, indépendante, libre et (donc) politiquement incorrecte. Son sacré tempérament ainsi que l'accumulation des tracasseries qui vont entraver son quotidien se révèlent rapidement addictifs. Djian n'y va pourtant pas avec le dos de la main morte… plaçant son personnage et ses névroses en équilibre perpétuellement instable, toujours à la lisière de l'implosion malencontreuse. Son écriture particulière ne s'embarrassant pas plus de détails superflus que de respirations ou d'un traditionnel découpage en chapitres, la narration se déverse d'une seule traite et nous cueille au finish sur un coup de théâtre corrosif et… percutant (c'est le mot).
    L'histoire d' ''Oh...'' s'apparente à l'inexorable descente d'un rapide, de plus en plus tumultueux et parsemé d'écueils ; on finit par dégringoler du haut de ses chutes pour en ressortir à peu près indemne, sonné, rincé, achevant le voyage au fil d'un fleuve (presque) tranquille. Voilà pour moi l'illustration précise du déroulement de ce roman habile et troublant… Une chouette balade, qui secoue méchamment.
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    • Livres 5.00/5
    Par patatipatata, le 07 mai 2013

    patatipatata
    OH les gars ! Si vous ne vous êtes pas encore aperçus que les femmes sont des mutantes. Djian est là pour vous ouvrir les yeux !
    Le viol ? Un petit bain aux sels parfumés et il est à ranger dans le sac des expériences désagréables ni plus, ni moins. "J'ai connu pire avec des hommes que j'avais librement choisis."(p 15). Un sérieux coup bas qui change la donne. Vous pensez que c'est de la SF ? Lire «King-Kong Théorie» de Virginie Despente.
    Les enfants ? L'amour indéfectible oui, mais l'amour aveugle... Niet-Nada ! C'est fi-ni ! il est temps qu'ils prennent leur destin en main surtout quand ils vivent en couple et qu'ils ont un loyer à payer.
    La vieillesse ? Mini-jupe de cuir, homme génération -2 pendu au bras comme un nouveau sac à main. Ridicule peut-être, mais fini la nostalgie des rêves repassés ! de l'action, toujours de l'action !
    Le travail ? Boulot-boulot, pas de passe-droit même quand l'affectif entre jeu.
    Les amants ? je glousse, je n'en dirai pas plus !
    AH ! Je comprends mieux maintenant pourquoi Djian a changé de sexe dans ce livre !
    Un excellent Djian, qui ne se résume pas à ce que je viens de dire, c'est beaucoup plus subtil que ça.
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  • Par Aela, le 02 décembre 2012

    Aela
    "Oh", c'est bien le cri que l'on se retient de pousser tout au long de cette lente et inexorable descente aux enfers que nous conte si bien Philippe Djian, qui vient de recevoir le prix Interallié.
    L'héroïne en effet, approche de la cinquantaine; Elle a bien des soucis avec son ex-mari qui noue une relation avec une femme bien plus jeune que Lui et son fils qui s'amourrache d'une future maman de près de 100 kg dont l'ancien compagnon et père du bébé purge une peine en prison pour trafic de drogue.
    Sa mère, la septuagénaire Irène, Lui donne aussi du fil à retordre car elle entretient un gigolo de 40 ans son cadet...
    Comme si cela ne suffisait pas, elle est agressée chez elle et son voisin Patrick, sous des dehors bien tranquilles de banquier, cache en fait une personnalité inquiétante.
    Et nous apprenons par la suite que le père de notre sympathique héroïne éditrice et productrice avait commis dans le passé un crime épouvantable.
    Le récit est magnifiquement rendu, la situation apparaît de plus en plus inextricable.
    Les personnages principaux apparaissent comme livrés à eux-mêmes, incapables d'agir sur leur destin, comme des marionnettes emportées par le vent...
    Un récit fort et implacable..
    on regrette seulement que le thème du viol soit abordé de manière un peu "légère", traité comme un fait banal.
    Des personnages féminins intéressants, ce qui fait le point fort du récit.
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    • Livres 3.00/5
    Par Eve-Yeshe, le 19 avril 2013

    Eve-Yeshe

    C'est la première fois que je lis un roman de P. DJIAN, et je reste médusée. « oh shocking » je dirais…
    Il nous décrit 30 jours de l'existence de Michèle, la cinquantaine, au caractère bien trempé, c'est le moins qu'on puisse dire… c'est une femme libre qui a réussi dans son métier (elle lit des scénarios ou des livres et décide ou non de les publier et elle a sa propre société codirigée avec Anna sa meilleure amie.
    En quelques minutes, tout va basculer. Elle se fait violer dans son appartement, mais curieusement, elle va se laver dans sa salle de bains méthodiquement et non seulement ne porte pas plainte mais décide de n'en parler à personne, et s'achète bombes lacrymogènes et autres pour se défendre d'une prochaine agression.
    Dans sa vie, tout est étrange, assez malsain : son père est en train de mourir d'un cancer en prison après avoir commis un crime épouvantable, en tuant une soixantaine d'enfants dans un club Mickey.
    Sa mère se promène en mini jupe et se comporte en couguar, affichant un fiancé qui a pratiquement 40 ans de moins qu'elle, et qu'elle veut Lui imposer à tout prix comme elle exige qu'elle aille voir son père en prison avant qu'il meure.
    Elle a divorcé de son mari Richard car ils ne s'entendaient plus et il a fini par lever la main sur elle ce qu'elle ne Lui pardonnera jamais : il a commis l'irréparable !!! leurs relations sont à peu près normales jusqu'à ce qu'il rencontre Hélène une femme trentenaire…
    Elle l'a trompé avec Robert (personnage peu sympathique) le mari de son amie Anne qui est la personne la plus sympathique du roman…
    Enfin, elle a un fils de 24 ans complètement immature, amoureux d'une femme autoritaire, enceinte d'un autre homme qui est en prison… et il veut reconnaître cet enfant.
    Enfin, arrive son voisin un être bizarre qui déclare avoir vu un homme s'enfuir et prétend le chercher. Avec Lui va se nouer une relation violente, déconcertante pleine de non dits, que je laisse découvrir…
    Ce roman raconté à la première personne par l'auteur qui s'identifie à Michèle donc, me semble malsain, plein de perversité, perversion, violence, la victime se comportant de façon étrange et laissant supposer que ce viol est légitimé. On a l'impression que tout peut dégénérer d'un claquement de doigts comme si la violence du père de Michèle pouvait être inscrite dans les gênes.
    Je vais tenter de lire un autre roman de P. DJIAN car ceLui-ci me laisse vraiment perplexe et désorientée. Néanmoins il cadre bien avec la violence gratuite actuelle.
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Critiques presse (5)


  • Culturebox , le 15 novembre 2012
    Un récit percutant, sans répit, dans lequel l'héroïne, victime d'un viol, s'enfonce dans une spirale de mort et de sexe.
    Lire la critique sur le site : Culturebox
  • LeFigaro , le 15 novembre 2012
    Au fil d'un scénario bien séquencé, Djian dresse un tableau ultraréaliste du désarroi contemporain.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • Culturebox , le 11 septembre 2012
    Djian réussit très bien à se mettre dans la peau d'une femme de 50 ans. On oublie que c'est un homme qui écrit. "Oh …" est un roman qui parle des vivants. La filiation, l'amour, le sexe, la mort. Djian aborde toutes ces questions charnellement, à travers la vie et les péripéties de ses personnages.
    Lire la critique sur le site : Culturebox
  • LePoint , le 30 juillet 2012
    Après la série Doggy Bag, puis Impardonnables, Incidences, Vengeances, "Oh..." remploie les ingrédients qui ont fait sa réputation. Pas (seulement) l'alcool, la mort et le sexe, mais l'art des brisures de rythme dans une langue sobre jusqu'à la froideur
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • Lexpress , le 06 juillet 2012
    Les inconditionnels de Philippe Djian apprécieront de retrouver sa patte et son univers, où on baise, on fume et on boit pas mal - du vin blanc, des daiquiris, des gin tonic. Un roman enivrant, assurément !
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par patatipatata, le 07 mai 2013

    Nous trinquons au fait que le voilà devenu l’heureux locataire d’un trois-pièces de soixante cinq mètres carrés orienté plein sud, avec un petit balcon, pour lequel je me suis portée caution.
    « Tu comprends ce que ça signifie, Vincent. Alors prends tes responsabilités. Si tu ne payes pas ton loyer, cela retombera sur moi et je ne pourrai pas tenir le coup très longtemps, est-ce que tu m’écoutes, ce n’est pas un jeu, Vincent, et je ne m’en fais pas juste pour vous, je parle pour moi et pour ta grand-mère dont le loyer est aussi à ma charge, tu le sais. Vincent, ils sont extrêmement nerveux en ce moment, ils ne laissent rien passer. Ils peuvent bloquer ton compte en un tour de main, engager des poursuites dont les frais sont entièrement à ta charge, t’envoyer les huissiers sans la moindre hésitation, t’humilier, et j’en passe. Garde toujours à l’esprit que des hommes qui spéculent sur le riz ou le blé ont déjà suffisamment de sang sur les mains pour ne pas craindre d’en faire couler davantage.»
    Il me considère un instant puis sourit : «J’ai changé, mais tu ne le vois pas.»
    J’aimerais le croire. J’aimerais le prendre dans mes bras et le couvrir de baisers reconnaissants. Mais j’attends de voir.
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  • Par patatipatata, le 06 mai 2013

    «Maintenant parlons de choses sérieuses, dis-je. Vous voulez quoi pour Noël?»
    Ils se regardent en gonflant les joues.
    Je les aide : « Que diriez-vous, les enfants, d’une bonne machine à laver? Avec un nouveau-né, ça semble indispensable, non?» Ils me regardent comme si j’essayais de leur vendre un jambon.
    «Un aspirateur? Une machine à coudre? Un robot Kenwood? Un four? Un lave-vaisselle? Une centrale vapeur? Un frigo?
    - Je crois que je préfère un écran plat avec un abonnement aux chaînes payantes», déclare Josie.
    - J’acquiesce. «Oui, mais mon conseil, vois-tu, serait d’aller au plus important...
    - C’est ce que je fais, me coupe-t-elle. Après vient la chaîne stéréo et après le lecteur-enregistreur.»
    Je souris en serrant fortement les mâchoires tandis que Vincent opine du chef.
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  • Par Lolokili, le 21 mars 2013

    Il me dit que je suis superbe, tandis que nous sortons dans la nuit froide. «Voilà ce que j’aime entendre, pensé-je, voilà bien la drogue la plus puissante au monde.»

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  • Par Eve-Yeshe, le 23 avril 2013

    Décembre est un mois où les hommes se saoulent- tuent, violent, se mettent en couple reconnaissent des enfants qui ne sont pas les leurs, s’enfuient gémissent meurent mais celui-là au moins a-t-il gardé l’usage de la parole…

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  • Par replay, le 08 mars 2013

    Nous prenons rendez vous avec le propriétaire.L'incertitude économique,la stagnation atteignent de tels niveaux qu'une transaction aussi simple que de louer un appartement devient un festival de méfiance réciproque,de type livret de famille, pièce d'identité,revenus annuels,certificats,photocopies,déclarations sous serment,assurances,papiers,lettre manuscrite,religion et multiples précautions du bailleur en prévision du chaos qui pourrait suivre.Je demande si c'est une plaisanterie,mais ce n'en est pas une.
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Vidéo de Philippe Djian

La grande librairie 06/09/2012 sur France 5, François Busnel reçoit Philippe Djian, pour "Oh...", paru aux éditions Gallimard
Philippe Djian est l'auteur de nombreux romans, dont les récents Frictions (2003), Impuretés (2005) ou Impardonnables (2009), adapté à l'écran par André Téchiné. Il fut révélé au grand public par le succès de 37° 2 le matin, repris au cinéma par Jean-Jacques Beineix en 1986. Il est également l'auteur de la série littéraire en six épisodes intitulée Doggy Bag.








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