ISBN : 2070774627
Éditeur : Editions Gallimard (2009)


Note moyenne : 3.21/5 (sur 48 notes) Ajouter à mes livres
Pas évident d'avoir soixante ans, des souvenirs, et beaucoup, beaucoup d'expérience... mais surtout beaucoup, beaucoup de soucis. Francis, le narrateur d''Impardonnables', est un écrivain à succès meurtri par le destin. Quinze ans avant le début du roman, il a vu sa fem... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    InColdBlog
    Comme beaucoup de gens de ma génération, c'est dans les années 80 que j'ai ouvert mon premier Philippe Djian, en l'occurrence 37°2, le matin, découvrant un style et un univers novateurs pour l'époque, une étape dans une vie de lecteur dont on se souvient comme de sa première cigarette ou de son premier baiser.
    Au cours de ces vingt dernières années, certains Lui sont restés fidèles, d'autres, comme moi, l'ont déserté.
    Et voilà qu'avec Impardonnables, les médias claironnent haut et fort le grand retour aux sources du romancier, revenu à son meilleur niveau, ceLui auquel il doit sa notoriété et cette étiquette (forcément réductrice) d'écrivain-rock, snobé par le sérail.
    La tentation de “retomber en jeunesse”, l'envie de revivre les mêmes sensations qu'à l'époque, la curiosité de savoir si le miracle se répèterait étaient trop fortes. J'ai donc lu Impardonnables.
    Et alors, si on oublie tout le tintouin marketo-médiatique, il est comment le dernier Djian ? Elles se sont passé comment ces retrouvailles ?
    Le plaisir, car plaisir indéniablement il y a eu, a été paradoxal : pour toutes les raisons qui ont fait que ce roman m'a plu, d'autres ont gâché mon plaisir.
    De Philippe Djian, j'avais gardé le souvenir d'une écriture syncopée. Dans Impardonnables, l'écriture est fLuide, dépouillée de toute fioriture stylistique. Cette sobriété de l'écriture évite au récit de sombrer dans un pathos de bazar.
    Il y aurait pourtant matière : Francis, écrivain à succès en panne d'inspiration, a vu sa femme et une de ses filles brûler vives dans un accident de voiture dix ans plus tôt. Rescapée, sa fille cadette, après un parcours chaotique lourdement saupoudré de drogues en tout genre, devenue star de cinéma en vue, a disparu. Fugue, enlèvement ? Rongé par l'angoisse, Francis doit dans le même temps gérer la crise qu'il traverse avec sa nouvelle épouse, Judith.
    Mais ce côté faussement “brut” du texte, derrière lequel on devine le travail nécessaire pour atteindre un tel niveau de simplicité apparente, a tendance à créer entre le lecteur et les personnages une distance comparable à celle que le narrateur, Francis, entretient avec ses semblables et la vie en général. Malgré tout, ce regard sans aménité que Francis porte sur Lui-même et sur les autres n'est pas dénué d'une certaine tendresse qui empêche de rester totalement “à côté”.
    Faite d'allers-retours entre présent et passé, déstructurant la chronologie du récit, la composition du roman peut sembler plus complexe par comparaison. De fait, chaque fois qu'est donnée une information, le lecteur est obligé d'adapter et de corriger le regard qu'il portait jusque-là sur les personnages. L'usage fréquent d'ellipses par Djian met également le lecteur est à contribution. Certains peuvent s'en trouver gênés ou considérer ce choix comme une facilité de la part de l'auteur. Personnellement, j'aime qu'on ne me donne pas tout mâché et qu'on me laisse tout loisir à “remplir les cases”.
    Second paradoxe, si j'ai trouvé l'histoire d'Impardonnables quelconque, sans réel attrait (les moments de suspens sont vite éventés, les rebondissements sont attendus…), j'ai beaucoup aimé les thématiques qui y sont développées, et la manière dont elles sont développées, ce qui semblera certainement une évidence aux fans de Philippe Djian. Lors d'un récent tchat sur L'Express.fr, ne réitérait-il pas sa conviction que le style en littérature est « Vraiment tout. Il n'y a rien d'autre. Rien ne sert de remâcher le reste » et qu'il n'y est plus question d'histoire ou de personnages « depuis Shakespeare »? Impardonnables est là pour prouver qu'il reste fidèle à ses principes.
    Bien entendu, comme son nom l'indique, Impardonnables traite du pardon. Ils sont nombreux les personnages Impardonnables dans ce roman, à commencer par le narrateur qui, suite à son adultère, n'a pas réussi à gagner le pardon de sa femme, morte prématurément. Francis Lui-même réussira-t-il à pardonner à sa fille Alice, à sa nouvelle femme, Judith ?
    Doit-on pardonner ? Peut-on tout pardonner ? Peut-on accorder son pardon à tout le monde ? Autant de questionnements qui ne manqueront pas de poursuivre le lecteur pendant, et à après, avoir lu ce livre.
    « le pardon existe-t-il dans ta religion ? demanda-t-elle en observant les rideaux de pLuie fumante qui dansaient dans le jardin, se disloquaient contre les baies.
    "- Ça dépend pour quoi. Vivre ensemble signifie partager certaines valeurs. S'entendre sur les points au-delà desquels on ne peut pas aller. Dans ce cadre, le pardon existe. »

    Même si, autre paradoxe, j'ai regretté qu'à ces occasions le personnage de Francis soit phagocyté par ceLui de Djian l'auteur, j'ai aussi beaucoup aimé la réflexion sur l'écrivain, son travail, son rapport à la vie. A mille lieues de l'image d'Epinal, Djian montre la fragilité du romancier, la difficulté de son travail…, mais aussi comment il se sert de l'écriture pour se couper du monde réel, et ce que tout cela implique comme sacrifices vis-à-vis de soi et de ses proches.
    (...) Au final, ces retrouvailles me laissent donc un goût d'incomplétude. Car si j'ai effectivement beaucoup aimé les thèmes abordés et leur traitement, je ne suis pas comme Philippe Djian, le style seul ne suffit pas à mon plaisir de lecteur. Pour que mon bonheur soit complet, j'aurais apprécié que l'histoire me tienne en haleine.
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  • Par sylvie, le 06 avril 2009

    sylvie
    mpardonnables, tous, pas un des personnages n'est là pour rattraper l'autre.
    Une panoplie complète d'anti-héros tous plus englués les uns que les autres dans leur souffrance :
    La fille, qui fait croire qu'elle a disparue entre autres tourments qu'elle fait endurer à son père.
    Le gendre, complice du mensonge ordurier, qui a brisé deux phalanges à son bébé alors qu'il était défoncé.
    L'ancienne amie du narrateur qui refuse de filer sa femme.
    Cette femme, soupçonnée d'adultère, qui couche avec le délinquant qui Lui a été envoyé en filature.
    Enfin, le narrateur, Francis, ancien écrivain à succès, terrassé par la perte de sa première épouse et d'une de ses filles, qui écrit par delà le gouffre : " Perdre un lecteur est pire que de recevoir cent coups de fouet. Perdre un lecteur est une terrible sanction. »
    Il a aussi trompé sa femme avant de la perdre pour toujours, et il n'a pas eu le temps de s'en expliquer, de se faire pardonner...
    Il devient impardonnable pour l'éternité...
    Sa fille justifie le fait qu'elle ne l'appelle qu"espèce de salaud"en brandissant le journal de la défunte, et les passages ayant trait à la faute irréparable.
    N'est-il pas impardonnable, cet écrivain en souffrance, quand il oublie sa fille qui se tue de drogues et de froid ? Quand il ne trouve qu'à Lui confier ses pannes d'écrivain pour renouer le dialogue avec elle?
    Le roman tourne autour du pardon et de la rancune.
    De la culpabilité des uns et des autres face aux évènements douloureux qui jalonnent leurs vies.
    Une pirouette semble proposée : tous Impardonnables ! et hop, le tour est joué !
    Tous des victimes qui se croisent et se font mal sans forcément s'en rendre compte...
    Je dois dire que j'ai lu il y a très longtemps, je ne sais plus quand... "Bleu comme l'enfer" et "37°2 le matin".
    Ces livres ne sont pas devenus pour moi des livres totem, comme certaines œuvres de cet auteur le sont devenues pour bon nombre de lecteurs.
    Les livres de Djian m'ont toujours été conseillés par des gens que j'aime bien. C'est déjà un bon point.
    J'ai lu ces livres avec un certain plaisir. CeLui là fait partie du lot.
    Mais je me suis quand même accrochée pour aller jusqu'au bout : à quelle ficelle ?
    -à ce que l'auteur dit de la place de l'écriture dans la vie d'un écrivain, (un entretien très bien fait publié sur médiapart en parle dans le détail )
    -et aux réflexions sur le pardon dans les relations familiales et amoureuses.
    Il me vient à l'esprit, en pensant à ce livre et à son narrateur, l'image des duellistes de Bilal dans "Animal'z" (j'ai lu ces livres au même moment).
    Ce sont deux êtres opposés, des inverses en miroir qui se tiennent à bonne distance l'un de l'autre quand ils ne se tirent pas dessus : "CeLui qui me suit est un nihiliste duelliste, comme moi. Notre art de survivre, au bout des trois premiers duels, aura consisté à ce que nos balles se neutralisent mutuellement au milieu de leur trajet... Tout ça, bien évidemment, va au-delà de la précision..."
    J'ai l'impression que l'auteur Philippe Djian et le Francis écrivain de son roman sont un peu dans ce rapport, l'un et l'autre.
    Une manière élégante et esthète de donner une forme au désespoir. La vie est toujours là, mais il faudrait toujours essayer de tenir la bonne distance au risque d'en finir une bonne fois pour toute...L'écriture serait un moyen...
    Philippe Djian parle dans ses interview "de tenir la note", "le diapason"... C'est donc sans doute d'autre chose qu'il s'agit...
    Comme je le disais, j'ai quand même un peu de mal à suivre avec cet auteur là...
    des vidéos et des liens sur le blog

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2009/04/impardonnables-philippe-..
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    • Livres 2.00/5
    Par MClo85, le 18 septembre 2011

    MClo85
    Avis partagé, j'ai plus ou moins apprécié. Un peu déroutée par l'écriture :
    - page 109, après la disparition d'Alice, six mois plus tard....... Que s'est-il passé, pourquoi ?
    - page 194, après le décès d'AM, un an plus tard. On découvre la relation de Judith et de Jérémie. Comment, que s'est-t-il passé ?
    Il y a comme un trou, au lecteur d'imaginer.........
    Cet homme au destin tragique ne sait pas garder de relation avec les femmes. Au début du livre on compatit à sa peine et à son désir de connaître la vérité après la disparition de sa fille. On navigue entre le pardon, la trahison, est-il facile de pardonner à sa fille, à sa deuxième épouse, à Jérémie. Difficulté de communication, il s'enferme pour écrire en pensant que celà l'aidera à surmonter tous ses problèmes et refuse les confrontations.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 20 mai 2011

    brigittelascombe
    Que l'équilibre est donc fragile lorsque les chocs psychologiques s'en mêlent, coups de butoir sur la conscience humaine qui l'entrainent au bord du gouffre de la dépression.
    Après le décés de sa femme et de l'une de ses filles, un écrivain la soixantaine, apprend la disparition de sa deuxième fille. Des problèmes avec sa nouvelle épouse, la peur de vieillir,la perte de sa virilité sont autant de manques de repères qui le déboussolent.
    Mais heureusement il y a ....l'écriture...exutoire béni des dieux qui permet de se sortir de tous les impasses.
    Serait ce l'ultime pardon?
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    • Livres 5.00/5
    Par chapitre, le 03 février 2012

    chapitre
    Comme tous les romans de cet auteur, à lire sans modération
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Citations et extraits

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  • Par lilyetseslivres, le 16 avril 2010

    J’attendis quelques minutes en feuilletant un magazine de littérature – ma remarque ayant trait à la ressemblance confondante entre le physique d’un écrivain et son écriture (les mêmes adjectifs leur collaient, exactement) se vérifiait tous les jours (Donnez-moi le portrait d’un écrivain et je vous dirai comment il écrit).
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  • Par lilyetseslivres, le 16 avril 2010

    Je restai un moment pour admirer le spectacle, mais les cris me firent m’enfuir aussi sûrement que la tête de certains auteurs – il faut redire à quel point un écrivain ressemble physiquement à son style, combien c’est flagrant.
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  • Par lilyetseslivres, le 16 avril 2010

    Combien d’écrivains étaient retournés à leur roman plutôt que se lancer à la poursuite de leur femme ? Les meilleurs sans aucun doute. Les extralucides. Les grands maîtres.
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  • Par lilyetseslivres, le 16 avril 2010

    Rien ne valait de vivre en bonne intelligence. Rien ne valait une fin qui ne tendît vers un peu de lumière. Rien ne valait une fin qui ne baignât d’injuste douceur l’autre rive du roman.
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  • Par lilyetseslivres, le 16 avril 2010

    Rien n’est plus dur que d’écrire un roman. (…). Il m’arrivait de serrer si fort les dents au milieu d’une phrase que la pièce toute entière se mettait à siffler. Hemingway ne racontait pas autre chose. L’herbe ne verdissait pas toute seule. Le paysage ne filait pas derrière la vitre par enchantement.
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