ISBN : 2070134792
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 2.92/5 (sur 26 notes) Ajouter à mes livres

Marc, un peintre d’une cinquantaine d’années, est brusquement confronté au suicide inexplicable d’Alexandre, son fils de 18 ans, lors d’une soirée. Un an après, Marc se remet tant bien que mal de la perte de son fils. I... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 25 mars 2012

    Corboland78
    Philippe Djian écrit des romans depuis le début des années 80 et j'ai quasiment lu l'intégrale de son œuvre, ses deux derniers livres Impardonnables (2009) et Incidences (2010) sont d'ailleurs chroniqués dans ce blog si vous cherchez dans les archives. de l'écrivain « à la mode » des débuts, qu'on a associé un peu contre son gré à la culture rock en raison de ses héros marginaux, du ton de ses livres et de sa collaboration artistique avec Stéphane Eicher, Philippe Djian est devenu un écrivain discret mais reconnu du monde littéraire, au point d'avoir rejoint l'écurie Gallimard il y a une dizaine d'années.
    Pour vous dire que j'attends chacun de ses bouquins avec impatience mais que j'ai depuis longtemps aussi, beaucoup de mal à en être réellement satisfait. Il est courant de dire qu'un écrivain écrit toujours le même roman dans le fond, mais Philippe Djian Lui, le prend au pied de la lettre et Vengeances ne fait pas exception à cette règle.
    Marc est artiste plasticien, il est séparé de Julia la mère de son fils Alexandre, un adolescent de 18 ans qui s'est suicidé sous ses yeux, quant à Elisabeth qui partageait sa vie depuis, elle aussi s'est éloignée ne supportant plus le chagrin de Marc. Un matin, dans le métro, Marc ramasse Gloria, une jeune fille au bord du coma éthylique, et la ramène chez Lui. Il s'avérera que c'est l'ancienne copine de son fils décédé. Quelques heures plus tard, elle a disparu après avoir tout cassé dans son appartement. Ses amis Michel (son agent artistique) et sa femme Anne (une ex) vont l'aider à retrouver la jeune fille. Mais qui est-elle, que veut-elle ? (« Je crois qu'elle nous déteste, déclara Michel … à un point que nous n'imaginons pas. »)
    N'imaginez pas un polar ou un thriller haletant, Djian ne fait pas dans ce registre – heureusement car on serait déçu -, l'intrigue n'est qu'une toile de fond, il s'agit en fait d'une peinture des mœurs de notre époque, dans un certain type de société. Les personnages de Djian sont toujours d'anciens marginaux ou gauchistes reconvertis dans des jobs artistiques (« Je ne peignais plus sur les murs mais sur des toiles ou tout autre support transportable et susceptible d'entrer dans un salon ») ou de communication, sans problème de fric, menant une vie aisée ; leurs soirées sont toujours très arrosées au son de musiques modernes (ici, Wall Of Voodoo, Tuxedomoon, PJ Harvey) et une ligne de coke ne va pas les effrayer. Ils devraient se la couler douce, mais psychologiquement ils ont toujours du mal à mûrir, d'où l'angoisse de vieillir, la quête de sexe auprès de jeunesses, des problèmes de couple qui finissent par exploser.
    C'est un peu ce qui m'agace le plus dans ces romans, des héros pas complètements cuits qui font souvent de mauvais choix et aux attitudes paradoxales « Quand on s'adonnait à l'alcool et aux drogues, mieux valait mener une vie saine et surveiller sa santé. » Un autre paradoxe de Philippe Djian, écrivain désabusé mais optimiste, s'il constate « qu'il n'y avait pas tant de moyens pour rendre ce monde supportable », néanmoins ses personnages finissent toujours par s'en sortir, ils se relèvent du décès d'un proche ou d'une femme qui les a quittés, temporairement peut-être mais c'est déjà un espoir.
    Alors ? Comme toujours je reste indécis, des personnages qui peuvent être attachants puis agaçants, des scènes d'éthylisme pénibles car preuves de faiblesse, mais Philippe Djian a du style et la musique distillée par son écriture est remarquable. Autre trait du caractère de l'écrivain, têtu et/ou obstiné, il trace son sillon à son idée sans jamais en dévier, imperméable aux critiques.
    J'ai du mal à penser que ceux qui ne connaissent pas l'auteur, trouvent leur compte dans ce bouquin, pour ma part j'en ai savouré la lecture mais je dois avouer que je range Philippe Djian, depuis bien longtemps, dans la courte liste de mes vices personnels.
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    • Livres 2.00/5
    Par tigrou4145, le 07 octobre 2011

    tigrou4145
    Le titre choisi et la présentation très alléchante faite par l'éditeur semblaient très prometteurs en termes d'action, d'angoisse et de suspense pour la "fan" de thrillers que je suis. Mais, même si au début c'était bien parti, la désillusion est assez rapidement arrivée. En effet avec un roman aussi court (à peine 200 pages), on est droit d'attendre un démarrage très rapide de l'intrigue...Mais loin de là! Retrouvée par Michel, son meilleur ami et agent, Gloria, la jeune fille qui a saccagé la maison de Marc, se révèle être la dernière petite amie que son fils ait eu avant de se suicider. Il décide de l'héberger. Et c'est là que sont censés commencer ses problèmes et par là même l'intrigue de ce roman. Mais il faut attendre les cinquante dernières pages pour que les choses sérieuses commencent. Gloria disparaît puis est retrouvée dans un état grave, violée, frappée et Marc va vouloir trouver qui Lui a fait ça, pour finalement découvrir qu'il s'est trompé de coupable. Bref rien de très angoissant!!! de plus, je n'ai pas bien compris le choix rédactionnel de l'auteur qui a choisi d'écrire ce roman en alternant des chapitres rédigés à la première personne du singulier et d'autres à la troisième personne.... Cela étant dit, en réfléchissant, si on fait abstraction du manque d'intrigue et d'action de ce roman et qu'on ne regarde que la relation humaine qui s'instaure entre Marc et Gloria, l'histoire devient intéressante. Marc est un père foudroyé par le suicide de son fils qui noie son chagrin dans l'alcool, la drogue et les soirées. On sent bien toute la culpabilité qui l'habite. Et sa rencontre avec Gloria va changer sa vie. Elle aussi a aimé son fils, elle aussi est malheureuse. Ce sont deux visions du fils défunt qui s'affrontent. Force est de constater que Marc essaie d'être avec Gloria le père qu'il n'a pas été pour son fils. Et de ce point de vue là, ce roman m'a touchée. Bref, c'est un roman décevant en tant que thriller mais finalement assez sympa pour le reste.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 10 juin 2011

    brigittelascombe
    Et toujours ces milieux friqués aux drames glauques et cette ambiance déjantée pour un bain hyperréaliste dans un mélange d'alcool détonnant.
    Alexandre 18 ans qui se saoulait plus que de raison et fréquentait des marginaux, se tire un soir une balle dans la tête.
    Son père Marc, peintre branché qui inonde ses toiles de fluos à la Bansky, se culpabilise, a du mal à remonter la pente et boit pas mal Lui aussi.
    Elisabeth, sa deuxième femme, lassée, après l'avoir épaulé, l'a quitté.
    Un beau jour, ou peut être une nuit, c'est sûr, il ramasse dans le métro et au bord du coma éthylique, Gloria qui s'avère être l'ex copine d'Alexandre et l'installe chez Lui pour l'aider et essayer de comprendre son fils par la même occasion.
    Michel et Anne, les amis des bringues d'antan, qui passent, repassent,jugent,conseillent,trinquent, contaminent sont omniprésents.
    Voilà, la trame du nouveau Djian, douloureuse. Bonne pourtant car le monde, n' est pas, tout beau tout rose, mais il est parfois noir de noir, surtout chez la jeunesse actuelle où les dérives sont fréquentes.
    On pense au film récent "Bienvenue chez les Rileys" dans lequel le père ayant perdu sa fille unique d'un accident, s'éloigne de sa femme et prend sous son aile une jeune stripteaseuse paumée."
    Mais ici, l'espoir est il permis? Peut on rattrapper encore l'irrattrapable?
    Alire!!!
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  • Par aranzueque-arrieta, le 01 mai 2012

    aranzueque-arrieta
    Vengeances
    Philippe Djian
    Gallimard
    A la mort d'Alexandre, son fils de dix-huit ans, Marc, artiste, la cinquantaine, divorcé, replonge dans l'alcool et la drogue.
    Soutenu par ses amis Michel (aussi son agent) et Anne, il remonte tout doucement la pente et recommence à peindre.
    Il rencontre par hasard dans le métro Gloria, une jeune fille sexy au bord du coma éthylique. Il la ramène chez Lui.
    Avant de disparaître, elle saccage son appartement et vole une photo d'Alexandre.
    Grâce à Michel, Marc retrouve Gloria. Il Lui offre un toit. Il découvre qu'elle était la copine de son fils. Elle rend Marc responsable du suicide d'Alexandre.
    Les relations entre Marc et ses amis se dégradent à cause de sa protégée.
    Gloria disparaît une nouvelle fois lors d'un week-end à la montagne.
    On la retrouve quelques jours plus tard entre la vie et la mort, le visage tuméfié.
    Marc est persuadé que Michel est l'agresseur.
    Dans un accès de folie, il kidnappe son ami qui est innocent, mais le mal est déjà fait...
    On retrouve dans Vengeances, le dernier opus de Philippe Djian, les thèmes obsessionnels qui hantent son oeuvre: le sexe, l'alcool, la drogue, la solitude, les relations adolescents/adultes, le vieillissement, la vie des nantis, le monde décadent des artistes...
    Le roman alterne deux voix narratives, une à la troisième personne, l'autre à la première (celle de Marc).
    Les portraits des personnages sont plutôt superficiels, ils sont seuls, ils boivent, ils se droguent, ils dépriment, mais Djian en reste là. Leurs relations/confrontations (plus creusées) auraient pu donner une dimension plus substantielle au roman.
    A aucun moment on ne parvient à éprouver un peu d'empathie envers eux, pas même envers Marc qui vient de perdre son fils.
    On a l'impression que depuis quelques romans l'auteur tourne en rond, avec plus ou moins de bonheur...
    L'histoire est décevante aussi. L'aspect psychologique de l'argument narratif est faiblard.
    L'écriture est certes épurée mais le fond aussi; le roman perd ainsi tout intérêt.
    Néanmoins les quinze dernières pages ont un vrai intérêt littéraire (l'épisode dans la forêt entre Marc et le daim de caractère onirique).
    Vengeances raconte l'histoire d'une descente aux Enfers plutôt loupée... Un Djian en toute petite forme.
    http://faranzuequearrieta.free.fr

    Lien : http://faranzuequearrieta.skyrock.com/3014088105-Vengeances-de-Phili..
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    • Livres 3.00/5
    Par Desmaze, le 12 août 2011

    Desmaze
    Pas plus que je n'imagine déboucher un Côtes de Provence (au hasard, la cuvée Magali de Saint-André de Figuière) au coeur de l'hiver arrageois, je ne conçois la lecture de Philippe Djian ailleurs que dans un transat, sous un soleil qui chauffe à blanc les pierres de la piscine, comme dans nombre de ses romans.
    Le cru 2011, que je viens de déguster, est plutôt réussi.
    "Vengeances", le titre est assez explicite, ne sort pas des rails (de coke, forcément,..) qui ont fait le succès du plus américain des écrivains français : sexe, addictions, choc des générations, tempo très rock (jolie play-list : Panda bear, Wall of Voodoo, et de vrais morceaux de PJ Harvey et The National dedans).
    Tout héritier hexagonal des John Fante, Bret Easton Ellis ou Hubert Selby Jr (le meilleur, pour moi !) qu'il soit, ça reste quand même beaucoup moins noir que les vrais américains du moment - diffusés chez nous, je le salue une fois encore, par la très bonne maison de 13ème note éditions.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Jean-Baptiste Harang pour le Magazine Littéraire

    On a lu tous les livres de Philippe Djian et on n’avait encore rien vu : Djian vient d’inventer un nouveau signe de ponctuation ! C’est le premier signe du livre, un poing fermé, l&... > lire la suite

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Critiques presse (4)


  • Cyberpresse , le 03 juillet 2011
    D'une certaine manière, il s'agit, comme dans d'autres romans, de la poursuite d'une sorte de récit personnel où le narrateur, artiste dans la cinquantaine, est un personnage qui ressemble beaucoup à l'auteur, pour le mode de vie, et parfois les abus.
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse
  • LeMonde , le 01 juillet 2011
    Il y a une jubilation qui traverse tout le livre, un émerveillement de se voir tout foutre en l'air, méticuleusement, point par point, bousiller tout ce qui peut l'être.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LeSoir , le 14 juin 2011
    Pas beau à voir, la jeunesse qui suit l'exemple des adultes. Dans « Vengeances », Philippe Djian est plus noir que jamais.
    Lire la critique sur le site : LeSoir
  • Liberation , le 13 juin 2011
    C’est par la violence et l’excès que [Philippe Djian] approche la vérité de notre monde. La mise à feu de Vengeances se fait à partir d’une situation paroxystique.
    Lire la critique sur le site : Liberation

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Citations et extraits

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  • Par Corboland78, le 25 mars 2012

    Les plus atteints étaient les plus jeunes, sans nul doute, ceux qui avaient une vingtaine d’années. Environ. Il suffisait de les regarder. Je l’avais réellement compris lors d’une petite réception chez nos voisins, quelques jours avant Noël. Lorsque mon fils de dix-huit ans, Alexandre, avait médusé, puis terrifié l’assistance en se tirant froidement une balle dans la tête. En s’effondrant sur le buffet. J’étais rentré à la maison, avait réveillé Elisabeth – l’avait secouée, arrachée à son somnifère. « Regarde, Elisabeth ! Regarde ! lui avais-je fait d’une voix faible, encore tremblante. Regarde ce qui vient d’arriver. Regarde ce sang sur mes mains ! » A l’entendre, je m’étais mis à pleurer comme une fontaine au moment où j’avais prononcé ces mots. Incapable de rester au sec durant des jours.
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  • Par brigittelascombe, le 10 juin 2011

    Les plus atteints étaient les plus jeunes,sans nul doute,ceux qui avaient une vingtaine d'années.Environ.Je l'avais réellement compris lors d'une petite réception chez les voisins,quelques jours avant Noël.Lorsque mon fils de 18 ans,Alexandre avait médusé puis terrifié l'assistance en se tirant froidement une balle dans la tête.
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  • Par omerdunor, le 30 décembre 2011

    Il était très tôt, ce matin là. En dehors de quelques travailleurs de l'aube installés au fond, encore abrutis de sommeil, silencieux, le compartiment était vide. Le métro aérien passait à cet instant au-dessus du fleuve et la fille se roulait à présent dans ses luisantes vomissures au gré d'une large courbe qui s'orientait à l'ouest en direction des tours - dont les derniers étages rutilaient au soleil comme des charbons ardents.
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  • Par brigittelascombe, le 10 juin 2011

    Arracher le moindre sourire à Gloria était comme d'aller chercher un filon à mains nues. Il pouvait s'en féliciter.
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  • Par brigittelascombe, le 10 juin 2011

    Anne est essentiellement urbaine.Trop de chlorophylle d'un coup pouvait la tuer.
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