Les Lauriers de César est un album d'Astérix où il ne se passe pas grand chose. Il ne progresse pas avec suffisamment d'entrain. Disons qu'il reste mineur dans la production géniale des créateurs réunis. Rien d'étonnant puisqu'il manque le scénariste, dont l'absence à la plume fait cruellement défaut.
Albert Uderzo n'arrive jamais à tutoyer le niveau d'humour grinçant et jubilatoire de
René Goscinny. Ses essais pénibles, agaçants, frisent même souvent le ridicule. Il faiblit aussi sur le trait du dessin, devenu beaucoup moins élégant, trop caricatural ; abandonnant une part de sa finesse habituelle. Quel dommage de ne pas avoir fait appel à des écrivains talentueux qui auraient pu relever le défi.
Quelques passes pourtant réussies, comme quand nous découvrons que les esclaves aiment leur servitude...
Citons
Albert Uderzo : « cet album est la preuve de notre profond respect pour César (il aurait dû dire de mon), qui est le héros (involontaire) du pari lancé par nos intenables Gaulois. D'ailleurs, je n'ai jamais caricaturé César dans le but de le tourner en ridicule. César a vraiment marqué l'Histoire… Alors que son héritier, Auguste, a donné son nom à un clown ! ». À elle seule, cette tirade montre qu'il ne saura jamais écrire.
Parfaitement ! aurait dit Obélix, qui nous enchante toujours autant.