Maurice Leblanc, père d'Arsène Lupin, a imaginé dans Les Trois Yeux une de ses plus curieuses histoires fantastiques. Rayon B... Berge... La mort n'a pas permis au savant Noël Dorgeroux d'achever son message. Voulait-il révéler l... > voir plus
Maurice Leblanc, père d'Arsène Lupin, a imaginé avec ce récit une de ses plus curieuses histoires fantastiques.
"Rayon B...Berge"...La mort n'a pas permis au savant Noêl Dorgeroux d'achever son message.
Voulait il révéler la formule de sa découverte ou le nom de son meurtrier ?
Mais certains veulent s'approprier le rayon B, croyant faire fortune avec son aide.
C'est qu'ils ignorent l'étrange pouvoir des trois yeux.
Cet excellent livre n'est pas sans rappeler certaines nouvelles d'HG Wells.
Ce fut lui, le premier, qui vit la première lueur. Un cri lui échappa, tandis que ses deux mains s’agitaient frénétiquement en l’air. Et, presque aussitôt, comme des étincelles qui crépitent de tous les côtés, d’autres cris s’éparpillèrent dans le silence, qui se reforma instantanément, plus lourd et plus épais.
Les Trois Yeux étaient là.
Les Trois Yeux dessinaient sur l’écran leurs trois triangles recourbés.
En présence du phénomène inconcevable, le public n’eut pas à subir la sorte d’initiation par quoi j’avais passé. Pour lui, du coup, les trois figures géométriques si mornes, si inertes qu’elles fussent, représentèrent trois yeux, et, pour lui, avant même qu’ils ne s’animassent, ce furent des yeux vivants. Aussi, quelle émotion infinie lorsque ces yeux sans paupières, faits de lignes sèches et symétriques, s’emplirent d’une expression subite qui nous les rendit intelligibles comme les yeux d’une créature humaine!
Avant-propos
Nous publions ici, sur l'extraordinaire énigme des trois yeux, le récit même de Victorien Beaugrand, tel qu'il l'écrivit d'après ses notes et ses souvenirs vers le milieu du XX° siècle, et tel que nous l'avons trouvé dans la liasse volumineuse des manuscrits laissés par le savant orientaliste.
Si le caractère de ses études ne semble pas lui donner qualité pour résoudre le problème purement scientifique qui passionna toute une époque, n'oublions pas que Victorien Beaugrand, esprit subtil, assoupli par de bonnes méthodes de travail, fut, en outre - et c'est là le point essentiel - mêlé de la façon la plus intime aux événements dont il entreprit la relation véridique.
Acteur dans le drame, il en vécut au jour le jour toutes les péripéties, en connut les moindres détails, en supporta les contrecoups, une à une entendit sonner les heures les plus solennelles de l'histoire du monde, et, chaque fois que s'ouvrit le gouffre béant du formidable mystère, communia de toute son âme éperdue avec les foules hurlantes d'enthousiasme et d'effroi....
(extrait de l'avant-propos inséré en début du volume de poche paru en 1983)