ISBN : 2709635550
Éditeur : J.-C. Lattès (2011)


Note moyenne : 3.32/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
Le bien-être de Voltaire est menacé. On a retrouvé sa protectrice, la baronne de Fontaine-Martel, assassinée dans son lit, et pour l’heure aucun suspect. S’il ne veut pas se retrouver à la rue en ce froid février 1733 (ou pire, à la Bastille !), il lui faut faire preuve... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Lilibook, le 31 janvier 2011

    Lilibook
    Voilà que la protectrice de Voltaire, Mme de Fontaine-Barteul, baronne de 70 ans, vient d'être retrouvée assassinée dans son lit !! Celle-ci l'avait accueilli, depuis peu, chez elle, en lui proposant un petit appartement en dessous les toits de son petit hôtel particulier.
    Découverte morte dans son lit, c'est le lieutenant général Hérault qui arrivera sur les lieux pour authentifier le décès. le souci est que la baronne a été assassinée, et ce, par le moyen de différents procédés, empoisonnée, égorgée et étouffée. Alors le lieutenant général Hérault ordonne qu'une autopsie soit pratiquée sur la baronne. Ce qui va fortement déplaire aux héritiers, on ne fait pas une autopsie sur une baronne !
    Par contre, Hérault à fort à faire sur Paris, la surveillance de la pose des nouvelles plaques des rues, la surveillance du déménagement d'un cimetière, il doit gérer les prisons, il doit se tenir à jour et connaître tout des Parisiens, alors annoncer à ses supérieurs un meurtre à élucider n'allait pas l'arranger pour organiser ses autres tâches. On le harcelait suffisamment. Il a donc la bonne idée, pour ses propres besoins, d'utiliser Voltaire qui mènera l'enquête à sa place et, lui, de mentir sur cette mort auprès de sa hiérarchie et cacher une mort suspecte en la transformant en mort naturelle, le temps d'une enquête.
    Oui, Voltaire est surveillé pour ses écrits qui déplaisent et la liberté de penser qu'il instaure. Hérault fait même recopier les moindres lettres que Voltaire peut écrire. Et justement il va se servir d'une lettre pour lui mettre la pression, lui faisant comprendre qu'il le suspectait dans la mort de la baronne. "On s'installe chez des vieilles dames riches qui ne tardent pas à mourir ?" demande-t-il à Voltaire. Voltaire est cela-dit, outré, qu'on puisse le suspecter. Pourquoi aurait-il tué la baronne, elle qui l'hébergeait. Il peut dès à présent se retrouver à la rue, pourquoi aurait-il fait une chose pareille ? Et de plus, il n'était pas son héritier.
    Hérault va se servir aussi, pour que Voltaire entame l'enquête à sa place, d'une lettre de cachet qui ordonnait l'incarcération de Voltaire à la Bastille, signée du Roi.Hérault ordonne à Voltaire de lui livrer l'assassin de la baronne sinon ce sera la Bastille pour lui.
    Mais aucun suspect en vue pour le moment.
    Voltaire n'a nul le choix face à Hérault et l'ordonnance d'emprisonnement contre lui, alors il va se mettre en quête de découvrir à qui peut profiter le crime de la baronne. le temps qu'il va passer à mener cette enquête va bien évidemment empiéter sur le temps qu'il passe à ses écritures, il est en plein dans l'écriture de ses Lettres philosophiques et tente par tout moyen de faire connaître la pièce qu'il vient d'écrire, Eriphyle.
    Par le plus grand des hasards, il fait la connaissance d'Emilie du Châtelet, une brillante jeune femme dont le mari est sur les fronts de guerre. Emilie du Châtelet est enceinte, elle s'ennuie chez elle en dehors des expériences scientifiques qui, seuls, l'intéressent. Ecoutant l'histoire du loufoque Voltaire, elle se propose de l'aider à démasquer le meurtrier de la baronne. L'abbé Linant, maladroit comme pas deux, viendra porter main-forte à l'enquête. Mais cela ne sera pas des plus simples. Il faudra résoudre des énigmes tortueuses, on voudra aussi en attenter à leurs vies, mais il faudra aussi faire face à des héritiers des plus féroces et imaginatifs.
    Voilà un polar historique qui est également humoristique. L'auteur est plus connu pour sa série des enquêtes du Juge Ti, et étant donné que je voulais découvrir la plume de Frédéric Lenormand, j'avais tout bonnement selectionné ce livre lorsque Babelio a proposé son dernier Masse Critique.
    Je n'ai pas été déçue de cette découverte.
    J'aime les polars historiques, l'enquête ici est peut-être basique et un peu en retrait par rapport aux personnages. On comprend très vite pourquoi la baronne a été tuée, il en va de soi que c'est une histoire d'argent.
    Plutôt l'impression, vraiment, que les personnages tiennent une place importante par rapport à l'enquête, mais cela ne m'a pas déçu. Justement, ça sort de l'ordinaire et il y a de quoi s'amuser avec les personnages mis en scène dans ce polar historique.
    Ce polar est le premier d'une série où l'on retrouvera le personnage récurrent de Voltaire. On trouve donc un personnage très humoristique par son caractère et ses répliques. Voltaire mange à tout les rateliers, se fait héberger, il est très excentrique et un peu loufoque aussi. A cette période en plus, il fait la promotion de sa pièce Eriphyle, et lorsqu'il parle de son Eriphyle, on le plaint en pensant qu'il s'agit là d'une maladie ;-)
    Il n'a de cesse, aussi, d'écrire ses Lettres philosophiques, il ne rate pas une occasion non plus d'en lire les premiers extraits même si son auditoire ne semble pas très attiré...
    Un personnage rendu, là, très drôle, imbu de sa personne également, il se croît supérieur je dirais même, et j'ai beaucoup aimé.
    Les personnages qui l'entoure sont également bien savoureux. La marquise Emilie du Châtelet, jeune femme charmante, délaissée par son mari parti sur les champs de bataille. Elle saura, dans cette enquête, être perspicace. Quant à l'abbé Linant, qui aidera Voltaire pendant l'enquête, il est lui aussi comique de par sa maladroitesse.
    Le style de l'auteur est agréable, on sent qu'il a étudié cette époque, que c'est son domaine de prédilection. le langage qu'il utilise est très adéquate à l'époque. Et cela, j'ai beaucoup apprécié. L'enquête en elle-même est simple et traditionnelle mais bien construite. En somme, je me suis bien amusée avec ce polar historique aux pointes humoristiques, j'ai aimé les différents personnages. L'enquête en elle-même n'est pas très originale, mais on est gâté avec les personnages donc ça fait la balance. Et je lirai volontiers les prochains épisodes des aventures de Voltaire. A noter aussi que, les personnages utilisés sont donc réels, une page au début du livre nous en apprend un peu sur chacun. Et la fin du livre nous réserve un aperçu sur les grandes dates de la vie de Voltaire.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Cath36, le 13 avril 2011

    Cath36
    Dire que le roman s'inspire d'une histoire vraie ! Personnellement j' ai tellement ri que j'ai eu du mal à suivre l'intrigue, pourtant fort légère au demeurant. Frédéric Lenormand a su adapter son humour habituel à l'esprit du XVIIIe, ce que n'aurait pas désavoué Voltaire, (quoique se faire traiter de typhon à perruque n'eût peut-être pas été de son goût...) Si le roman est vite lu et ne laissera pas un souvenir impérissable, il n'en reste pas moins une bonne présentation des personnages ; de plus l'intrigue a recours à des ficelles qui utilisent les moyens techniques de l'époque (une bonne façon de nous faire découvrir comment on vivait au XVIIIe), et l'auteur utilise un langage qui nous rappelle celui de Candide ou de Zadig. Et comme finalement je suis ressortie de ce livre parfaitement hilare, ce qui est rare par les temps qui courent, j'ai opté pour la notation 4 plutôt que 3 non sans avoir hésité. C'est franchement un très bon moment à passer que cette lecture sans prétentions.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 12 juillet 2011

    caro64
    Début 1733. La baronne de Fontaine Martel héberge Voltaire, déchargé ainsi de tout souci matériel, en échange de l'animation de salons littéraires et philosophiques. Un genre de mécénat, un contrat « gagnant-gagnant » de l'époque, en somme. Mais hélas !… On vient de la découvrir, morte, dans sa chambre.
    Poignardée, empoisonnée, étouffée, et étranglée. Excusez du peu !
    Le lieutenant de police Herault classe officiellement l'affaire. Il ne faut pas que les statistiques de la criminalité augmentent trop ! (Tiens… j'ai déjà entendu cela quelque part, mais où?) Par contre, Voltaire étant l'auteur de quelques impertinences condamnables, le voici désigné volontaire d'office afin de démasquer le coupable.
    À peine le cadavre recouvert d'un joli drap immaculé, que déjà les plus ou moins proches parents de la Baronne se manifestent pour toucher l'héritage. Mais le testament…. est un faux ? Et donc… où est passée sa version authentique et définitive ?
    Aidé de sa voisine, Emilie, Marquise du Châtelet, enceinte jusqu'aux dents et femme savante à ses heures (enfin un peu d'animation, jubile-t-elle en son for intérieur et même extérieur) Voltaire se met en quête du meurtrier.
    Les pistes ne manquent pas, les dangers non plus !
    Sauront-ils résoudre cette énigme ?

    Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m'en charge !
    En partant de faits et personnages réels, F. Lenormand s'insère dans l'Histoire pour proposer un roman historico-policier bien sympathique. L'auteur est un spécialiste du XVIIIème siècle, et vous pouvez compter sur lui pour le soin apporté aux décors, aux mœurs, et à l'ambiance de cette époque.
    Dès les premières lignes de lecture, on est saisi par le ton piquant, l'humour, le style enlevé, et un sourire commence à s'installer qui restera en place jusqu'à la fin du livre.
    Voltaire est brillant, impertinent, bourré de défauts, terriblement attachant ! Il y a là fort à parier que beaucoup de lecteurs découvriront le personnage sous un angle qu'ils n'auraient jamais osé imaginer. On tourne les pages, avec avidité, en quête du « mais qu'est-ce qu'il va encore pouvoir nous inventer, ce bougre de coquin ? » C'est jubilatoire, avec un côté « politiquement non correct » tout à fait délicieux.
    On a plaisir à lire ses réparties, ses péripéties, on en arriverait presque à oublier qu'il y a un meurtre à résoudre !
    Pourtant, si, quand même. Et l'enquête sera menée jusqu'au bout, avec forces rebondissements et coups de Théâtre qui donnent un rythme irrésistible à cette intrigue.
    N'oublions pas la galerie de personnages, tous plus savoureux les uns que les autres.
    C'est bien écrit et intelligent.
    C'est drôle, plein d'esprit, redoutablement bien documenté.
    Quelle imagination, quel style, et quelle maestria !
    Excellent moment de lecture !
    Une chronique de Christine
(Blog : Bibliofractale )


    Lien : http://bibliofractale.over-blog.com/article-la-baronne-meurt-a-cinq-..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Isaloredan, le 21 février 2012

    Isaloredan
    Premier opus des “Enquêtes de Voltaire”, ce roman est un régal à lire. Outre une belle langue, une remarquable documentation de l'époque et de la vie du philosophe font que tout semble parfaitement crédible à la lecture. A l'instar du deuxième volume chroniqué précédemment ici (voir “Meurtre dans le boudoir”), on y trouve un Voltaire successivement cabotin, geignard, roublard, moqueur, irrévérencieux à souhait, pour notre plus grand plaisir. Les personnages secondaires (tous ayant réellement existés) ne sont pas délaissés pour autant, et sont ma foi, rendus de façon à la fois drôle et intéressante. L'abbé Linant, secrétaire de Voltaire, y est désespérant de maladresse et de bêtise, tout en étant tout de même (bien qu'involontairement) le découvreur du document qui permettra de résoudre l'énigme de cette enquête.
    Le genre de lecture que j'affectionne, car en plus d'être un excellent divertissement, on apprend beaucoup de choses (que ce soit sur la vie ou la pensée de Voltaire, ou sur le monde dans lequel il évoluait). A conseiller à tous les amateurs du genre.
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    • Livres 3.00/5
    Par MissAlfie, le 21 janvier 2011

    MissAlfie
    Lorsque Babelio a lancé sa dernière opération Masse Critique, j'avoue avoir choisi avec soin les titres qui m'intéressaient, et en bonne amatrice de policiers historiques, ce nouveau roman de Frédéric Lenormand (plus connu pour ses enquêtes du juge Ti) ne pouvait que me faire de l'œil.
    Au fil des 300 et quelques pages de La baronne meurt à cinq heures, Frédéric Lenormand nous entraine dans un Paris de salons à la mode, où il fait bon être vu, et où Voltaire, philosophe controversé, n'est pas toujours le bienvenu.Les personnages que nous y croisons sont pour certains totalement fictifs, mais pour d'autres bien réels, et il n'est pas nouveau que j'aime ces ajouts de réalité dans les romans historiques ! Pour autant, pour une fois, j'ai quand même parfois trouvé la multiplication des personnages compliquée à suivre.
    Côté intrigue, je ne vous cacherai pas que l'on fait bien plus original, et que l'on se doute bien rapidement qu'une histoire de gros sous se cache derrière le meurtre de cette baronne rongée par la vieillesse et l'avarice. Mais l'intérêt de ce roman réside finalement plus dans le personnage de Voltaire, virevoltant excentrique eégocentrique, mangeant à tous les râteliers, pour peu que l'on ne le contredise point trop. Reste à voir ce qui est réel et ce qui est fictif dans la psychologie de ce personnage... Mais les quelques pages finales reprenant la biographie de Voltaire, ainsi que des extraits de documents d'époque me font pencher pour des recherches précises de Frédéric Lenormand concernant ses personnages.
    Bref, un policier historique sympathique et léger, qui n'a certes pas l'envergure d'un roman de Jean-François Parot, mais qui se lira aussi beaucoup plus facilement !

    Lien : http://croqlivres.canalblog.com/archives/2011/01/21/20180020.html
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Citations et extraits

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  • Par Cath36, le 13 avril 2011

    Il saisit un paquet de plaques, en enfonça plusieurs en même temps dans l'appareil et les coinça toutes... La maladresse a ses coups de génie. Ils avisèrent le tableau que la lumière inscrivait à présent sur l’écran. Si la première plaque montrait un homme qui prenait le thé, si la deuxième montrait une femme qui prenait le thé, une fois réunies en une même image, ces personnes ne prenaient plus du tout le thé.
    -Encore une chose que vous ne devriez pas voir ! dit Voltaire à sa compagne.
    Il s'interposa entre le projecteur et le mur, si bien que ce fut sur son habit qu'apparut l'image indécente. On avait l'impression qu'il avait fait couper son pourpoint dans un lot de gravures licencieuses. On voyait une tête de Voltaire sur un corps doté d'une impressionnante virilité.
    -Vous voilà bien accommodé ! dit la marquise. Poussez-vous c'est encore pire !
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  • Par MissAlfie, le 21 janvier 2011

    Il enfila une robe d'intérieur fourrée, un vilain bonnet de velours, des pantoufles, et se contempla dans le miroir de la cheminée pour vérifier qu'il était habillé en Voltaire. Comme put le constater la marquise, il suffisait de peu de chose pour attraper le grand chic philosophique.
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  • Par MissAlfie, le 21 janvier 2011

    Dans son deuil même, le roi des salons parisiens se montrait éclatant. Il suffoquait, glapissait, hurlait, appelait la mort de ses vœux, on crut qu'on allait l'enterrer, lui aussi. Soudain, il ressuscita, un bon mot lui échappa, il força ses mais à étouffer un rire dans leurs manches de dentelles. Sa tristesse le reprit, ses yeux rougirent, il sanglotait, on était à la tragédie.
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  • Par MissAlfie, le 21 janvier 2011

    Voltaire songea que les enquêtes étaient comme la philosophie : la découverte d'une certitude amenait cent nouvelles interrogations. Autant dire que c'était là l'occupation de toute une vie et une tâche trop délicate pour la laisser aux mains de la police.
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  • Par Cath36, le 12 avril 2011

    -Mais je vous ennuie avec mes déboires, dit Voltaire. Vous avez un mari, des enfants...
    La jeune femme se leva de sa bergère.
    -Donnez-moi un quart d'heure pour me changer !...
    -Avez-vous votre voiture ? lui cria le typhon à perruque. Vous êtes ma Providence ! On m'attend à un spectacle !
    Un quart d'heure plus tard, le carrosse de la marquise quittait l'hôtel du Châtelet par la rue traversière... Pour passer le temps, Voltaire lui raconta les derniers évènements de sa vie : la mort de M. de Maisons, la mort de la baronne, et celles de quelques bons amis avant eux.
    -Ne trouvez-vous pas que l'on meurt beaucoup autour de vous ? s'inquiéta son auditrice.
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