> Pierre Marchand (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070583279
Éditeur : Gallimard (1994)


Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres
"La mort en poésie"
Un ouvrage de Poésies consacré au thème "La mort" présenté par Pierre Marchand. Nous retrouvons des textes de : Georges Brassens, Paul Fort, François Villon, Victor Hugo, Antonin Artaud, Louis Aragon, Jean Genet, Virgile, Boris Vian, Jacques B... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 06 juin 2011

    "La rose et le réséda". Louis ARAGON. 1941

    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Tous deux adoraient la belle
    Prisonnière des soldats
    Lequel montait à l'échelle
    Et lequel guettait en bas
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Qu'importe comment s'appelle
    Cette clarté sur leur pas
    Que l'un fût de la chapelle
    Et l'autre s'y dérobât
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Tous les deux étaient fidèles
    Des lèvres du coeur des bras
    Et tous les deux disaient qu'elle
    Vive et qui vivra verra
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Quand les blés sont sous la grêle
    Fou qui fait le délicat
    Fou qui songe à ses querelles
    Au coeur du commun combat
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Du haut de la citadelle
    La sentinelle tira
    Par deux fois et l'un chancelle
    L'autre tombe qui mourra
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Ils sont en prison Lequel
    A le plus triste grabat
    Lequel plus que l'autre gèle
    Lequel préfère les rats
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Un rebelle est un rebelle
    Nos sanglots font un seul glas
    Et quand vient l'aube cruelle
    Passent de vie à trépas
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Répétant le nom de celle
    Qu'aucun des deux ne trompa
    Et leur sang rouge ruisselle
    Même couleur même éclat
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    Il coule il coule et se mêle
    À la terre qu'il aima
    Pour qu'à la saison nouvelle
    Mûrisse un raisin muscat
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n'y croyait pas
    L'un court et l'autre a des ailes
    De Bretagne ou du Jura
    Et framboise ou mirabelle
    Le grillon rechantera
    Dites flûte ou violoncelle
    Le double amour qui brûla
    L'alouette et l'hirondelle
    La rose et le réséda
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  • Par mandarine43, le 06 juin 2011

    "A regret" . Claude ROY. 1949

    A Darius et Madeleine Milhaud.

    La mort en tablier qui rentre ses moissons,
    Repliant les messieurs, les dames, les oiseaux,
    La mort n'écoute pas nos discours de poissons,
    Les mots que nous disons restent au fond des eaux.

    Vous dites qu'il fait beau, qu'il fait chaud, le soleil,
    Un cœur qui bat tout doux et le chant de l'eau vive,
    Vous parlez de l'amour, des monts et des merveilles,
    Mais pour vous écouter il n'est âme qui vive.

    Vous pouvez parler fort ou feindre d'être ailleurs,
    Détourner le regard ou jouer à saute-songe,
    Descendre sous la mer comme un pêcheur d'éponges :

    Elle est là qui vous guette et vous prend à revers,
    Tricotant sans répit ses filets à vivants,
    Elle est là installée en travers de mes vers,
    Poursuivant son idée, têtue comme le vent.

    Océan qui redonne et reprend la mémoire
    Je m'intéresse au sel de tes franges savantes,
    J'aime bien la façon qu'à la pluie sur l'eau noire
    De poser ses pieds nus et sa fraîcheur bougeante.

    Je me tresse un bonheur comme un panier de jonc,
    Et j'y mets un grillon, une nuit de septembre,
    Le ciel bien lessivé par un matin tout blond,
    Une fille endormie avec ses quatre membres.

    Mais l'autre est toujours là avec sa bouche ouverte
    Et cet air très patient de qui sait son affaire,
    Mais l'autre est toujours là, vivre est en pure perte,
    La fausse, la butée, la sourde, la sorcière.

    Une dernière fois nos mains nouées et déprises,
    Et moi qui ne veux rien que d'être près de toi,
    Puis l'autre sera là et nos pensées surprises,
    La danse au temps conté et sa caisse de bois.

    Viendra peut-être un jour pour d'autres plus habiles
    La ruse qui saura détourner son chemin,
    Mais pour nous c'est trop tard, il faut être dociles,
    Poliment dire adieu aux plaisirs de demain.

    La tête ailleurs déjà et le cœur barbouillé
    Nous dirons à la mort ce que nous pensons d'elle.
    Mais qui donc entendra les mots embrouillés
    Perdus pour tout le monde et que la vie est belle ?
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  • Par mandarine43, le 06 juin 2011

    "A un qui va bientôt mourir". Walt WHITMAN. 1918

    Entre tous les autres je te choisis, car j’ai un message pour toi,
    Tu vas mourir – que d’autres te disent ce qu’ils veulent, je ne peux mentir,
    Je suis juste et impitoyable, mais je t’aime – tu ne peux pas y échapper.

    Doucement je pose ma main droite sur toi, tu la sens à peine,
    Je ne discute pas, je penche la tête tout près et la cache à moitié,
    Je suis assis tout contre, silencieux, je reste fidèle,
    Je suis plus que garde-malade, plus que parent ou voisin.

    Je t’absous de tout sauf de toi-même, spirituel corporellement,
    donc éternel, et toi-même sûrement tu en réchapperas,
    Le cadavre que tu laisses ne sera qu’excrémentiel.

    Le soleil perce en directions imprévues,
    De fortes pensées t’emplissent, et la confiance, tu souris,
    Tu oublies que tu es malade, comme j’oublie que tu es malade,
    Tu ne vois pas les médicaments, tu ne remarques pas les amis
    qui pleurent, je suis avec toi,
    J’écarte les autres de toi, il n’y a pas lieu de compatir,
    Je ne compatis pas, je te félicite.
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L'Ingénu
D'après le conte écrit par VOLTAIRE en 1767.Ce conte philosophique et satirique qui critique les doctrines jésuite et janséniste, ainsi que la société, la hiérarchie et la noblesse française est le récit des aventures d¿un Huron (« l¿Ingénu »), qui, arrivé en France, se trouve confronté à des codes sociaux et religieux qu'il ignore. Pour en restituer le ton, Jean Pierre MARCHAND a...








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