ISBN : 2207261107
Éditeur : Denoël (2009)


Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres

Années soixante, Brigitte Bardot, la DS 19, la vitesse sans limites. Eux, ils s'appellent Cheval, ils sont deux. Deux Cheval, comme une deux chevaux, mais c'est pas une bagnole, c'est le père et le fils. Deux qui portent le même nom, sans possi... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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  • Par InColdBlog, le 14 décembre 2011

    InColdBlog
    Un Cheval, des chevaux.
    Un Cheval, des Cheval. Plus exactement deux Cheval.
    Car chez les Cheval, il n'y a plus que le père et le fils. La mère est partie il y a des années de ça.
    Chez les Cheval, on est forains de génération en génération, depuis 1897.
    Sur le manège des Cheval, il n'y en a pas… de chevaux. le père les a troqués contre des soucoupes volantes, plus modernes et plus futuristes.
    Quand ils ne sont pas sur les routes à la recherche d'un coin où installer leur manège, les Cheval restent à Saint-Ambert, dans ce qui tient plus de la ruine que de la maison (à tel point, qu'ils couchent dans une caravane !), à côté de la décharge communale et pas loin du campement gitan.
    « On a rien on est pauvre pas de mère pas de femme pas de fric pas de douche pas de lit, je sais bien qu'on arnaque qu'on vole, je sais qu'on est assez bêtes je sais tout ça mais j'ai le droit de demander de l'aide, de demander le coup de bol (…) »
    C'est que le manège, ça nourrit pas son homme, ma bonne dame. Alors on se débrouille ; le père Cheval vivote de la revente de métaux, récupérés le plus souvent frauduleusement, et de la gruge aux aides sociales en faisant passer son fils pour plus jeune qu'il est, de façon à toucher les allocs.
    D'ailleurs, quand on lui pose la question, Cheval fils est bien en mal de dire l'âge qu'il a exactement. C'est comme les cours de la bourse, ça fluctue selon les circonstances.
    « On vit comme on peut, faut se débrouiller ici à Saint-Ambert j'ai quatorze ans à cause de l'école et des aides de la mairie pour les adolescents scolarisés, à la Préfecture qui balance un gros pactole pour les attardés mentaux j'ai douze ou treize ans je sais plus et sur la route j'en ai dix-huit à cause du permis, il y aurait une aide pour les barbus culs-de-jatte de vingt-cinq ans je serais barbu et j'aurais des béquilles. »"

    Avec ces Cheval-là, on est plus dans la bête de somme que dans le pur-sang.
    C'est une drôle d'équipe que ce père et ce fils , le premier aussi taciturne que l'autre est gouailleur ; deux êtres un peu frustes, poursuivis par la guigne, vivant à la marge du village qui voit d'un mauvais œil ces deux magouilleurs à la sale réputation. Qui plus est, dans cette France des années 60, le fils Cheval, avec son teint basané, est plutôt en délicatesse avec les partisans de l'Algérie française.
    Ils forment un duo quasi fusionnel (jusque sur leur vélo… qui est en fait un tandem !) mais s'ils sont inséparables, c'est par la force des choses, pas par choix. Et le fils Cheval, il n'en peut plus de ce père toujours collé à ses basques. Il rêve de prendre son indépendance, fuir cette vie de m** et vivre sa vie comme un grand, comme il l'entend, espérant qu'une fois au moins la vie lui sourie.
    « (…) si j'avais pas de père j'aurais du bol. Les orphelins je les envie, ils gagnent le tiercé à tous les coups. Moi avec mon père je fais quoi ? »
    « Pour vivre tout son content faudrait pas avoir de père, le père a été inventé en même temps que Dieu pour que jamais le fils n'ait de répit et qu'on le recloue sans cesse au manège. »
    Et plus que tout, le jeune Cheval fougueux veut coucher ! Car il a beau ne pas connaître exactement son âge, ses hormones le travaillent. C'est tout juste s'il ne pense plus qu'à ça.
    Mais s'émanciper, couper le cordon, tuer le père n'est pas aussi facile qu'il le voudrait.
    « (…) je peux plus voir mon père vivant et je veux pas le voir mort, je veux plus de nous deux et au fond je ne suis rien sans lui, c'est comme des mathématiques sans solution. On est les deux jambes les deux têtes du dernier Cheval, le dernier Cheval à deux corps mais un seul destin, péricliter. C'est pas que j'en ai assez, c'est que j'en ai trop (…) »"

    Dans un style tout à la fois poétique et prosaïque, qui joue avec l'oralité, la ponctuation et la typographie, Cheval de Richard Morgiève dépeint les relations ambiguës d'un père qui ne s'est jamais remis du départ de sa femme et de son fils en route pour l'âge adulte.
    Un portrait tendre et trivial, un brin mélancolique, de deux cabossés de la vie, qui ne sont pas de si mauvais bougres et savent se montrer touchants.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?post/2011/12/12/%C2%AB-Juste-un-mauvais-mo..
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    • Livres 3.00/5
    Par yv1, le 26 novembre 2010

    yv1
    Roman à l'écriture oralisée -encore un, c'est un peu la mode- qui met en scène ces deux hommes pauvres, provocateurs et bagarreurs, considérés par les autres comme la lie du village. L'histoire, les personnages et l'écriture me plaisent bien. Mis à part une misogynie évidente : les rares personnages de femmes ne sont pas à leur avantage (la pute, la femme qui laisse son mari avec un enfant en bas âge, les femmes objets des fantasmes de jeune Cheval), quelques longueurs et des propos dévoilant justement ces fantasmes, les inquiétudes du jeune Cheval quant à sa virilité et autres considérations sexuelles, parfois un peu trop fréquentes, j'ai bien aimé ce roman. Tout au lond du livre, je n'ai pu m'empêcher d'avoir en tête les images du film Les démons de Jésus, de Bernie Bonvoisin.
    L'atmosphère décrite par Richard Morgiève, son écriture parfois légère, parfois lourde, toujours à la limite de la vulgarité -d'aucuns jugeront même qu'il a passé cette limite- et sa manière de mener ses héros, eux-mêmes tout à la fois légers, lourds et vulgaires, mais finalement malgré leurs défauts, assez attachants et touchants, valent qu'on s'arrête un moment pour un tour de manège.

    Lien : http://lyvres.over-blog.com/article-30390493.html
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Citations et extraits

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  • Par InColdBlog, le 14 décembre 2011

    On vit comme on peut, faut se débrouiller ici à Saint-Ambert j’ai quatorze ans à cause de l’école et des aides de la mairie pour les adolescents scolarisés, à la Préfecture qui balance un gros pactole pour les attardés mentaux j’ai douze ou treize ans je sais plus et sur la route j’en ai dix-huit à cause du permis, il y aurait une aide pour les barbus culs-de-jatte de vingt-cinq ans je serais barbu et j’aurais des béquilles.
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  • Par InColdBlog, le 14 décembre 2011

    (…) je peux plus voir mon père vivant et je veux pas le voir mort, je veux plus de nous deux et au fond je ne suis rien sans lui, c’est comme des mathématiques sans solution. On est les deux jambes les deux têtes du dernier Cheval, le dernier Cheval à deux corps mais un seul destin, péricliter. C’est pas que j’en ai assez, c’est que j’en ai trop (…)
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  • Par InColdBlog, le 14 décembre 2011

    On a rien on est pauvre pas de mère pas de femme pas de fric pas de douche pas de lit, je sais bien qu’on arnaque qu’on vole, je sais qu’on est assez bêtes je sais tout ça mais j’ai le droit de demander de l’aide, de demander le coup de bol.
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  • Par InColdBlog, le 14 décembre 2011

    Pour vivre tout son content faudrait pas avoir de père, le père a été inventé en même temps que Dieu pour que jamais le fils n’ait de répit et qu’on le recloue sans cesse au manège.
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  • Par InColdBlog, le 14 décembre 2011

    Juste un mauvais moment à passer dans une vie de mauvais moments ça se remarque pas.
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13 # Richard Morgiève
Autodidacte qui a exercé tous les métiers, déménageur, peintre en bâtiment, mécanicien, ouvrier, chauffeur de poids lourds, représentant, colporteur, déménageur de caves, standardiste et d'autres encore, Richard Morgiève, presque soixantenaire, est aussi l'auteur de 26 livres (dont "Vertig", Denoël, Prix Wepler 2005), de pièces de théâtre et de scénarios (dont "Tiré à part "de Bernard Rapp, 1996). Très tôt orphelin, de mère puis de père, il s'est construit seul, cherchant dans l'écriture les lambeaux de vie qui lui ont fait défaut dans son enfance. Son dernier roman, "Mouton" (Carnets Nord, 245 p.) est une satire acide et décalée de la société de consommation.








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