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Citations sur La Piscine, les abeilles, la grossesse (23)

Piatka
Piatka09 juin 2014
Le murmure d'une fontaine en hiver quand une pièce de monnaie tombe au fond, en provoquant des éclaboussures ; le tremblement de la lymphe dans le limaçon tout au fond de l'oreille interne, au moment où l'on descend de manège ; le bruit de la nuit qui s'écoule à l'intérieur de la paume de la main qui a tenu le récepteur, après le coup de téléphone de l'amant...mais je me demande combien de personnes vont pouvoir comprendre la nature de ce bruit avec ce genre d'exemples.

Les abeilles
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Irinae
Irinae19 mars 2016
Le calme était si intense que j'eus bientôt l'impression d'entendre le vrombissement de leur ailes. Le bruit, au début recouvert par la pluie, épousa des contours de plus en plus nets au fur et à mesure que je concentrais mon regard sur les insectes, puis me devint perceptible. Si je restais immobile, le bruit des ailes s'infiltrait comme un liquide jusque dans les minuscules conduits de mon oreille interne.
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Stockard
Stockard24 décembre 2015
En faisant le tri dans mes souvenirs, je m’aperçois que ce sont les premiers qui restent gravés le plus profondément dans ma mémoire.
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lauredanse
lauredanse27 mars 2013
Le jardin était occupé par une pelouse bien entretenue sur laquelle nous aimions nous rouler. Les extrémités vertes des brins d’herbe et le soleil étincelant entraient tour à tour dans notre champ de vision. La couleur verte et le scintillement se mélangeaient progressivement au fond de mes yeux jusqu’à devenir d’un bleu pur. Alors le ciel, le vent et la terre s’éloignaient soudain, et arrivait le moment où je me retrouvais flottant dans l’espace. J’aimais beaucoup cet instant.
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nasseridalila
nasseridalila06 novembre 2012
Je suffoquais du désir de me baigner à la source qui se trouvait au plus profond de sa douceur,avant d'essuyer mon corps au coton douillet de son âme.
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Piatka
Piatka10 juin 2014
J'étais enfermée, comme dans un cocon, à l'intérieur de ces heures creuses dont l'arrivée m'avait prise au dépourvu.
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Woland
Woland11 avril 2012
[...] ... Plus ma soeur mange, plus son ventre s'arrondit. J'ai déjà vu des femmes enceintes, mais je n'ai jamais suivi leur évolution physique, aussi je l'observe avec un grand intérêt.

Le changement physique commence juste au-dessous de la poitrine. A partir de là, il y a une grosse bosse jusqu'au bas-ventre. Quand on la touche, on est surpris de la trouver aussi dure. C'est parce qu'elle transmet avec fidélité la sensation de ce qui prend corps à l'intérieur. Et cette grosseur n'est pas symétrique : elle est légèrement développée. Cela aussi me fait frémir.

- "En ce moment, tu sais, c'est l'époque où le foetus a les paupières qui se séparent et le nez qui se perce. Si c'est un garçon, ses organes sexuels qui étaient dans la cavité abdominal sont en train de descendre," m'a-t-elle expliqué posément au sujet de son bébé. Sa transformation m'apparaît d'autant plus inquiétante que les mots tels que foetus, cavité abdominale ou organes sexuels appartiennent à un vocabulaire peu digne d'une mère.

Est-ce que les chromosomes du foetus se reproduisent normalement ? Est-ce que les rangs de larves jumelles fourmillent à l'intérieur de son ventre rebondi ? C'est ce à quoi je réfléchis en regardant son corps. ... [...]
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Woland
Woland11 avril 2012
[...] ... - "En février, l'un de nos étudiants a disparu subitement. Il a disparu, c'est bien le mot exact. Il s'est tout bonnement volatilisé. A tel point que je me suis demandé comment un être humain, pourvu d'un cerveau, d'un coeur, de bras et de jambes, et doué de parole pouvait disparaître aussi simplement. Rien ne pouvait le laisser prévoir. Inscrit en première année de mathématiques, il recevait une aide financière habituellement réservée à un petit nombre d'étudiants choisis parmi les meilleurs. Il avait beaucoup de camarades et sortait régulièrement avec sa petite amie. Son père était professeur d'université en province, sa mère écrivait des contes pour enfants et il avait une petite soeur très mignonne beaucoup plus jeune que lui. Un environnement irréprochable. Mais peut-être que cela n'a aucun rapport avec la cause de sa disparition.

- Il n'y avait aucun indice ? Pas de message ni de lettre ?"

Le directeur secoua la tête.

- "La police a fait une enquête très fouillée. On pouvait penser qu'il avait été entraîné malgré lui dans une affaire qui le dépassait. Mais on n'a rien trouvé qui aurait pu le faire supposer. Il a disparu en emportant avec lui un livre de mathématiques et un cahier de notes."

A ce moment-là, le balai qui était appuyé contre son épaule tomba brusquement. Mais le directeur continua son récit sans y prêter attention.

- "J'ai moi aussi été convoqué par la police pour un interrogatoire. On m'a soupçonné. On m'a posé des tas de questions sur ma vie pendant les cinq jours qui ont entouré sa disparition. On a tout décortiqué : les propos que nous avions échangés, le nombre de pages que j'avais lues et de quoi elles traitaient, l'identité des gens qui avaient téléphoné et à quel sujet, le menu de mes repas, la fréquence de mes visites aux toilettes, tout. Chaque chose a été retranscrite en phrases qui ont été recopiées, corrigées, relues. C'est comme trier les grains de sable sur la plage. Il a fallu trois fois plus de temps pour vérifier tout ce qui s'était passé pendant ces cinq jours. J'étais épuisé. Le moignon qui supporte ma jambe artificielle s'est mis à suppurer et à me faire souffrir. Mais on a eu beau faire, tout cela n'a servi à rien. Il n'a jamais réapparu. ... [...]
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Woland
Woland11 avril 2012
[...] ... Ce que je trouvais alors le plus étrange ici, c'était l'heure des repas. Cela venait peut-être du fait que la cuisine et la salle-à-manger se trouvaient au sous-sol.

L'église et l'institut Hikari, construits en bois à l'occidentale, sont assez vieux. Leur ancienneté est palpable dans chaque planche de bois, dans chaque châssis de moustiquaire, dans chaque carreau de faïence. On a multiplié les constructions supplémentaires, aussi l'ensemble est-il extrêmement compliqué et même de l'extérieur il est difficile d'en saisir la forme générale. C'est encore plus imbriqué à l'intérieur, où des couloirs sinueux se succèdent interminablement et où l'on trouve un peu partout des petites dénivellations.

En suivant le couloir labyrinthique qui part du hall d'entrée de l'institut, on réalise soudain que l'endroit où l'on se trouve est au premier étage. On surplombe alors la cour qu'on aperçoit sous les fenêtres.

Au bout du couloir le sol est découpé de la taille d'un tatami en bordure duquel on aurait fixé une solide poignée métallique. En tirant sur la poignée, cette partie du couloir se relève avec un grincement sec. On fixe l'anneau à un crochet qui pend du plafond, et l'on se retrouve avec le vide à ses pieds. C'est de là que part un escalier abrupt menant à la cuisine et à la salle-à-manger.

Tous les enfants aimaient cet escalier secret. Quand venait l'heure des repas, c'était à qui soulèverait la trappe, et cela donnait presque toujours lieu à des disputes. Les enfants s'engouffraient l'un derrière l'autre dans l'escalier, sous le regard sévère du directeur et de la puéricultrice. ... [...]
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Yantchik
Yantchik13 mai 2013
J’y demandai à consulter tous les journaux à partir du quatorze février et examinai un à un les articles des éditions locales. […]
Il y avait des affaires en tout genre. Une femme s’était intoxiquée en repeignant sa salle de bain ; un écolier s’était retrouvé enfermé dans un réfrigérateur abandonné sur une décharge ; on avait arrêté un escroc au mariage de soixante-sept ans ; une vieille femme avait dû être hospitalisée pour avoir mangé un champignon hallucinogène. Le monde semblait connaître des difficultés dont je n’avais jamais soupçonné l’existence.
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