ISBN : 2742756280
Éditeur : Actes Sud (2005)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 69 notes) Ajouter à mes livres
Présentation de l'éditeur
Dans un ancien foyer de jeunes filles transformé en laboratoire, M. Deshimaru, taxidermiste du souvenir, prépare et surveille des "spécimens", tandis que la narratrice de ce récit, assistante et réceptionniste, accueille les clients venu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Lostinmypal, le 26 janvier 2012

    Lostinmypal
    Voilà un livre bien étrange. J'ai longtemps hésité à lire cet auteur car son univers me semblait malsain et peu ragoûtant. Après des années d'insistance de la part d'une amie et à l'occasion d'un challenge ABC, j'ai enfin cédé et je ne le regrette pas du tout. Certes, c'est vraiment très spécial mais la quatrième de couverture a raison, c'est « malsain et fascinant ». On est constamment mal à l'aise et pourtant on veut savoir, on se demande même si l'auteur ne nous mène pas en bateau en voulant nous faire croire à des choses bizarres quand tout ne serait que très banal. C'est ainsi que ce très court livre se lit d'une traite.
    J'ai beaucoup aimé le style d'Ogawa. C'est vraiment bien écrit avec clarté et efficacité.
    Cela reste très « japonais » dans le sens où l'on ressent une froideur et un détachement qui me laissent toujours frustrée. Cela dit, j'ai été moins gênée avec ce roman qu'avec d'autres oeuvres d'écrivains japonais dans lesquelles je n'avais pu entrer.
    Ce livre profond et aux relents poétiques vaut vraiment le détour.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Lune, le 14 janvier 2009

    Lune
    Court et d'une densité qui solliciterait un échange verbal entre lecteurs tant il est porteur de sensations et d'interprétations diverses. L'écriture suggère plus qu'elle ne dit. Elle soulève en nous images et réflexions. Un univers clos, une jeune femme, deux dames âgées, un taxidermiste du souvenir, aucun ne laisse indifférent. Que poursuivent-ils? Que poursuivons-nous lors de cette lecture? Psychanalyse et littérature se rejoignent. Il y a d'un côté Yoko Ogawa qui écrit, projette et de l'autre, nous qui lisons et projettons à notre tour. C'est là que l'échange serait intéressant et riche. Les souvenirs (cela va de champignons à une mélodie en passant par les os d'un oiseau...) amenés par certaines personnes au laboratoire en disent long sur chacunes et sur le chemin poursuivi : ôter de soi-même un moment douloureux de l'existence en le transformant en "spécimen". J'ai un poids, je le dépose. La route qu'emprunte l'héroïne et ses chaussures symboliques qui l'entraînent ou la musèlent est édifiante. Qu'en penser? Est-ce elle-même qu'elle va porter en "spécimen" ou est-ce pour forcer l'amour qu'elle éprouve pour cet étrange Mr Deshimaru ou encore est-elle sous la coupe du mystère qui enveloppe le laboratoire dans lequel elle n'a jamais pénétré, Mr Deshimaru est-il la métaphore de la mort séduisante qu'elle rejoint? Sa durée dans le temps est étrange puisque les filles la précédant ont toutes disparu au bout de quelques mois (là aussi, le mystère plane). Il y a chez les clients comme chez les principaux protagonistes le rejet de se confronter à soi-même. Cette démarche de laisser à l'extérieur ce qui fait mal semble une fuite et le refus de regarder la vie telle qu'elle est : le bien, le mal, le laid, le beau, le sale, le propre, etc... Même dans la relation amoureuse, Mr Deshimaru ne s'implique jamais. Il y a une incommunicabilité totale et malsaine entre lui et elle... qui cherche, quoi? Court, dense, à relire.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par yoshi73, le 03 juillet 2010

    yoshi73
    Alors qu'elle travaille dans une usine qui met en bouteille de la boisson gazeuse, la narratrice a un accident du travail et perd une partie de son Annulaire. Elle décide de chercher un nouveau travail et tombe sur l'annonce de M. Deshimaru. Ce dernier cherche une assistante. Elle va ainsi travailler pour lui. M. Deshimaru est taxidermiste de son état. Il se propose de créer des spécimens avec n'importe quel objet. L'objectif étant de libérer les propriétaires d'un passé pesant lié à l'objet en question. La narratrice a pour rôle d'accueillir les clients et de les mettre à l'aise.
    Très vite, elle tombe sous le charme de son patron, cet homme froid et énigmatique.
    Ce roman qui s'apparente plus à une nouvelle compte tenu de sa longueur, se passe dans une ambiance de huis clos pesant. Il y a quelques personnages secondaires mais la majeure partie des scènes se déroulent entre la narratrice et M. Deshimaru. L'auteur ne nous livre pas grand chose, là encore, comme souvent dans les romans japonais que j'ai pu lire, la plupart des choses restant suggérées. Par exemple, le nom de la narratrice n'est jamais évoqué tout au long de cette histoire (ou alors, c'est une donnée qui m'a échappée). La jeune femme reste donc assez impersonnelle tout au long du roman comme pour signifier qu'elle n'a pas d'importance réelle. D'ailleurs, elle est l'une des nombreuses assistantes de M. Deshimaru. Les précédentes ont toutes disparues du jour au lendemain. Ainsi, on a comme l'impression que la narratrice est la prochaine sur la liste et qu'il y en aura d'autres par la suite ....
    Un roman étrange mais pas désagréable à découvrir. Si vous voulez vraiment vous en faire une idée, le mieux reste de le lire!
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par sentinelle, le 20 décembre 2008

    sentinelle
    La narratrice, dont nous ne connaîtrons jamais l'identité, travaille depuis bientôt un an comme assistante et réceptionniste auprès de M. Deshimaru, directeur d'un laboratoire de spécimens. M. Deshimaru est un taxidermiste d'un genre un peu particulier à la clientèle tout aussi particulière : il recueille, analyse et enferme à jamais les blessures et les souvenirs des personnes qui désirent se détacher de ces vestiges en les laissant à demeure au laboratoire.
    C'est un léger incident qui se trouve être à l'origine ce nouvel emploi : elle travaillait auparavant dans une usine de fabrication de boissons rafraîchissantes jusqu'au jour où elle se coinça le doigt entre la cuve pleine et la chaîne.
    « Heureusement, la blessure n'était pas grave. Je m'étais juste arraché un morceau de chair à l'extrémité de L'annulaire de la main gauche. Mais il se peut que cela ait été plus grave que je le pensais. J'avais quand même perdu une partie de mon corps. Pour autant, je n'étais pas blessée au point de provoquer de l'inquiétude dans mon entourage.»
    L'image obsédante de « ce petit bivalve rose comme une fleur de cerisier, souple comme un fruit mûre », tombant au ralenti dans la limonade et restant au fond tremblotant avec les bulles, la rend désormais incapable de boire la moindre boisson gazeuse. Elle décide donc de quitter l'usine et de s'éloigner pour la première fois de ce village au bord de mer. Pour aller où ? En ville, seule, sans famille ni amis, incapable de faire quoi que ce soit d'autre que de déambuler dans les rues sans aucun but précis. C'est dans ces circonstances que ses pas la mèneront devant une annonce de recrutement collée sur le pilier en brique de l'entrée d'une vaste construction.
    « Quand je l'ai découvert, j'ai pensé qu'il s'agissait d'un immeuble qui attendait la démolition. C'est-à-dire à quel point il semblait vétuste et abandonné. »
    Il s'agit en fait d'un ancien foyer pour jeunes filles, un important bâtiment construit en béton défraîchi à trois étages, comportant un nombre incalculable de pièces. L'annonce est rédigée très simplement : recherche une employée de bureau, expérience et âge indifférents.
    C'est en pénétrant dans ce qui est devenu un laboratoire décrépit en apparence mais d'assez bonne tenue à l'intérieur qu'elle rencontrera son futur employeur, M. Deshimaru. Devenue son assistance, elle ne tardera pas à tomber sous le charme de cet homme étrange et quelque peu vénéneux…
    « L'annulaire » est mon premier roman de Yôko Ogawa. Je pense sans me tromper que c'est une très bonne pioche pour faire connaissance de son œuvre, tellement j'ai eu le sentiment d'approcher quelques-unes des obsessions essentielles de l'auteure : personnages insolites, temps et lieux incertains, contours flous, lieux clos, relations malsaines, désirs troubles, fétichisme, raffinements pervers et opacité des événements. Un style qui peut éblouir mais aussi désarçonner le lecteur.
    Une très agréable découverte qui laisse néanmoins présager le meilleur comme le pire, ce genre de littérature étant tellement sur le fil du morbide et du pernicieux qu'il peut facilement tomber dans certains écueils un peu nauséeux. Quoi qu'il en soit, « L'annulaire » m'a sans aucun doute donnée envie d'aller voir plus loin !
    Notons également que ce très court roman (ou longue nouvelle) a reçu les plus grandes récompenses japonaises. le film "L'annulaire" de Diane Bertrand est l'adaptation du roman.


    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-25991213.html
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    • Livres 4.00/5
    Par krol-franca, le 01 octobre 2011

    krol-franca
    J'ai découvert les textes de Yoko Ogawa il y a quelques mois, et pas un, pour l'instant, ne m'a déçue.
    Là encore, lorsque j'ai refermé le livre, j'ai sifflé d'admiration. Si, si ! Non, j'ai plutôt exhalé un « ouah ouh ! » époustouflé.
    Quelle écriture fabuleuse.
    Comme d'habitude, l'auteur réussit à nous plonger dans un univers étonnant, fascinant, dérangeant, avec une douceur incroyable. C'est le livre de l'envoûtement. Un personnage se laisse emmener vers sa fin en toute conscience, de même que le lecteur se laisse bercer par les mots de Yoko Ogawa et emmener vers une issue fatale avec délicatesse.
    Mais commençons par le début, quelle est l'histoire ?
    Une jeune fille est engagée par un directeur de laboratoire de spécimen. Les gens apportent un objet, un souvenir auquel ils souhaient échapper. « le sens de ces spécimens est d'enfermer, séparer et achever. Personne n'apporte d'objets pour s'en souvenir encore et encore avec nostalgie. » le taxidermiste va le recueillir puis le conserver. « En préparant les spécimens, nous apportons une réponse à ces problèmes personnels. » Mais la jeune fille va peu à peu subir l'envoûtement de cet homme…
    Tout d'abord, je n'ai pas bien compris ce qu'étaient les fameux spécimens. Puis, lorsque la lumière s'est faite dans mon esprit, j'ai été subjuguée par la façon dont l'auteur nous emmenait dans cet univers étrange, inquiétant, sans en avoir l'air. C'est oppressant et en même temps, on y plonge avec délectation. Incroyable !
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Citations et extraits

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  • Par clarinette, le 04 juillet 2008

    "Cela fera bientôt un an que je travaille dans ce laboratoire de spécimens. Comme ce n'est pas du tout le même genre de travail que celui que je faisais avant, au début j'étais désorientée, mais maintenant, j'y suis complètement habituée. Je maîtrise parfaitement l'endroit où sont rangés les papiers importants, je sais taper à la machine, et, en ce qui concerne les demandes de renseignements par téléphone, je suis capable d'expliquer poliment et avec gentillesse le rôle du laboratoire. De fait, la plupart des gens qui téléphonent sont satisfaits de mes explications, et sans doute aussi rassurés puisque le lendemain il viennent frapper à la porte du laboratoire, leur précieuse marchandise serrée sur le coeur."
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  • Par Zazette97, le 26 août 2010

    - Alors ton annulaire ne sera jamais plus comme avant, c'est ça?
    J'ai acquiescé en appuyant ma joue contre sa blouse blanche au niveau de sa poitrine.
    Il n'a rien dit de plus. Nous étions restés tellement longtemps sans bouger que j'avais l'impression d'avoir été transformée en un specimen incorporé à lui. p.50
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  • Par wictoria, le 27 mai 2009

    - Quand allez-vous lui rendre ces champignons ?
    - Je ne les rends pas. Tous les spécimens sont rangés et conservés par nos soins. C'est la règle. Bien sûr, nos clients peuvent venir leur rendre visite quand ils le désirent. Mais la plupart des gens ne reviennent jamais ici. C'est le cas de la jeune fille aux champignons. Parce que le sens de ces spécimens est d'enfermer, séparer et achever. Personne n'apporte d'objets pour s'en souvenir encore et encore avec nostalgie.
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  • Par deathkrypt, le 02 novembre 2011

    Tous les spécimens sont rangés et conservés par nos soins. C'est la règle. Bien sûr, nos clients peuvent venir leur rendre visite quand ils le désirent. Mais la plupart des gens ne reviennent jamais ici. C'est le cas aussi pour la jeune fille aux champignons. Parce que le sens des ces spécimens est d'enfermer, séparer et achever. Personne n'apporte d'objets pour s'en souvenir encore et encore avec nostalgie.
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  • Par Zazette97, le 26 août 2010

    (...) jusqu'à présent je n'ai jamais eu de relation avec quelqu'un à qui j'aurais pu donner le nom d'amoureux. Je suis seulement sûre du sentiment et de la situation qui font que je n'arrive pas à le quitter. Si je désire être près de lui, ce n'est pas par facilité, je suis liée à lui d'une manière beaucoup plus essentielle et radicale. p.91
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