On ouvre un livre comme on ouvre un univers inconnu, avec ses personnages, ses règles, ses secrets, que l'on va observer d'un œil extérieur.
Et il y a des livres qu'on ouvre comme une cage aux oiseaux, pour laisser échapper une multitude de couleurs et de sentiments.
La métaphore est un peu facile, concernant le roman dont je vais vous parler,
Des vies d’oiseaux, de
Véronique Ovaldé.
Je l'ai donc lu, avec énormément d'attentes, et toutes, presque, ont été comblées.
Dans un pays imaginaire d'Amérique du Sud vivent une poignée de personnages, dans un univers fait de clichés et de séparation. Vida et sa famille habitent la colline Dollars, ce lieu protégé ou s'ennuient de riches familles.
Un jour Vida et son mari font appel à la police parce que leur villa a été visitée par des indélicats, en leur absence. L'inspecteur Taïbo va s'occuper de cette enquête, à sa manière.
Loin d'une enquête policière classique, Taïbo va se pencher sur la vie de ses gens, sur ce qui les retient, les fait marcher inlassablement. On découvre assez vite que c'est Paloma, la fille de Vida, et son étrange amoureux Alfonso qui occupent les maisons de la colline Dollars désertées par les propriétaires. C'est un couple de coucou particulier qui change de nid, au gré des absences.
Vida ne fait pas partie de cet univers de richesse ennuyée, elle vient d' Irigoy, la lie de l'humanité pour les riches rapaces qui nichent en haut de la colline Dollars. Vida va se rappeler de ses origines, chercher à comprendre pourquoi Paloma rejette tant ses parents, d'où vient cette colère qui l'anime et comment combler l'ennui de sa propre vie.
Avec Taïbo, c'est une enquête à la manière d'
Hérodote qu'elle va accomplir, et découvrir ainsi les réponses aux questions qu'elle avait peur de se poser.
J'ai adoré ce récit. J'y ai retrouvé cette écriture sud-américaine que j'aime tant, qui m'a étonné et ce fut comme un cadeau inattendu.
Lire ses lignes, qui parfois me rappelait la folie toute particulière d'un Gabriel Garcia marquez par exemple, avec en plus une douceur mélancolique parfaitement maitrisée, fut une des plus belles expériences de lectures de cette dernière année.
Nombre de ces mots, de ces phrases chantant un chant aléatoire, au rythme d'une ponctuation et de monologues si particuliers, ont atteint en plein cœur un universalisme parfait. L'universalisme auquel je tiens, qui montre qu'avec des mots et des
Histoires particulières, on peur accrocher les sentiments, les questions et les angoisses les plus équitablement partagées en ce bas monde.
Compliqué d'en dire plus :) lisez le !