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> Jean Esch (Traducteur)

ISBN : 2070614557
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 4.21/5 (sur 833 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
A la croisée des mondes est une grande histoire en trois parties, qui entraîne ses lecteurs à travers trois univers à la fois proches et différents du nôtre. Voici cette grande histoire, animée d'un souffle puissant et d'un imaginaire éblouissant. Un chef-d'œuvre à lire... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Soleney, le 21 juillet 2015

    Soleney
    [Avertissement : cette critique va spoiler sans vergogne toute l'histoire de la trilogie et le passé de chaque personnage. Ainsi qu'entamer un débat éthico-religieux potentiellement rasant. Vous aurez été prévenus !]
    Peut-on vraiment ranger ce livre dans la littérature jeunesse ?
    Personnellement, je l'aurais mis avec les ados à cause des sujets abordés (la religion, le pouvoir, le passage à l'âge adulte, la question du courage et de la lâcheté… Des thèmes matures, en somme). J'ai lu cette trilogie pour la première fois quand j'avais 9 ans, et je peux vous assurer maintenant que je me rends compte que j'ai raté pleeeiiin de choses.
    L'édition Folio indique que c'est une série qui se lit à partir de 10 ans. Pour moi c'est une hérésie. Vu la complexité de certains sujets, je dirais que ça ne devrait pas être conseillé avant 13-14 ans. Ma première lecture était pénible, j'ai dû me forcer pour arriver au bout. Ma seconde lecture (quand j'avais 14 ans, justement), m'avais à la fois emballée et désarçonnée. Car Philip Pullman inverse le système de valeur de notre société : Lyra, la jeune héroïne, est aidée par des gitans et des sorcières et lutte contre l'Église, entité toute-puissante, machiavélique et manipulatrice. Et tous les humains sont liés à des dæmons, qui ne sont pas des êtres maléfiques, mais des sortes d'anges gardiens – à quelques détails près, puisqu'ils font partie intégrante de l'homme et qu'ils font plus office de moi profond que de conscience morale.
    Âgée de 9 ans et dotée d'une éducation catholique, j'ai eu du mal à faire la part des choses, je trouvais ça tellement bizarre que j'avais rejeté tous ces concepts. C'est en partie la raison pour laquelle je n'avais pas aimé ce livre – ça et les descriptions trop nombreuses et trop longues pour mon âge. À 14 ans, cela m'avait déstabilisée, mais j'avais beaucoup aimé l'écriture et l'histoire, très travaillée. J'admirais aussi beaucoup Lyra, héroïne impétueuse. Et maintenant, je trouve que c'est un point de vue original et intéressant, doublé d'un monde très bien construit. C'est maintenant que je me rends compte à quel point Pullman a dû bosser son histoire, car plein de détails cruciaux se recoupent d'un tome à l'autre et permettent le bon déroulement de l'aventure.
    Mais quelle était l'intention de l'auteur en écrivant ce livre ? Est-ce une critique socio-religieuse qui cherche à pousser les enfants à voir au-delà des préjugés, au-delà des carcans de la religion, ou juste un jeu de l'auteur qui s'amuserait à perturber le lecteur ? Car quel enfant pourrait comprendre toutes les subtilités de cette histoire ? Mes souvenirs remontent à loin, mais il me semble que j'étais vraiment passée à côté de la plupart des significations et double-sens.
    Enfin, quand double-sens il y avait, car le discours est parfois clairement antireligieux et Pullman taille dans le vif sans hésiter. Je cite Ruta Skadi, reine des sorcières : « Voilà ce que fait l'Église [mutiler des enfants], et toutes les Églises ont le même objectif : contrôler, détruire, anéantir tous les bons sentiments. C'est pourquoi, si une guerre éclate, et si l'Église se trouve dans un des deux camps, notre devoir est de nous engager dans le camp d'en face, même si, de ce fait, nous nous trouvons en compagnie d'étranges alliés. » (J'ai publié le passage en entier dans les citations.) Alors certes, vous pourrez contrer que c'est une sorcière qui parle, et qu'il est donc normal qu'elle soit contre l'Église. C'est pas faux. Mais dans le monde de Lyra, les sorcières ne peuvent pas être diaboliques puisque les dæmons SONT les compagnons des humains. D'ailleurs, je n'ai repéré aucune allusion à propos d'une chasse aux sorcières, actuelle ou passée. Mais après tout, « La religion chrétienne n'est qu'une erreur fort puissante et convaincante, rien d'autre. », comme l'affirme le docteur Mary Malone, nonne en reconversion. Voilà qui est radical !
    Mais bon, si c'était un livre adressé aux ados ou aux adultes, que m'importerait ? Chacun pense ce qu'il veut, et même si j'ai un point de vue différent de l'auteur, c'est une super série que je suis contente de connaître. En fait, le seul souci, c'est que c'est un livre qui est supposé s'adresser à des enfants. Et pour moi, on ne peut pas émettre un avis aussi tranché devant eux, surtout par rapport à la religion – c'est le meilleur moyen de développer la haine ou la crainte de ceux qui pensent différemment de soi. Il n'y a qu'à voir avec l'islam.
    Mais est-ce que Pullman voulait vraiment s'adresser à des enfants, de base ? Je n'en suis même pas sûre.
    Parlons un peu des personnages.
    L'héroïne est très complexe. Au début, c'est une gamine assez simple : elle aime se battre avec les enfants de la ville et les petits gitans, se couvrir de boue par la même occasion, fuir ses leçons pour s'échapper sur les toits et cracher des noyaux de prune sur les Érudits, explorer les catacombes de son Collège en compagnie de son ami Roger… C'est une enfant sauvage qui vit pleinement et dotée d'un caractère de feu. Quand j'étais jeune, elle m'impressionnait.
    Et en fait, elle m'impressionne toujours.
    Mais il serait faux de dire que rien ne lui fait peur. Elle est téméraire, audacieuse, et elle s'efforce de se dépasser car elle a des limites. Elle a assez de niaque pour vouloir aller au-delà de ses peurs et accomplir ses rêves. Quitter le Jordan College pour aller dans le Nord n'était pas facile. S'enfuir de chez Madame Coulter, sa tutrice, ne l'était pas plus. Se faire passer pour le dæmon d'Iorek à la cour des panserbjornes était presque un acte de folie suicidaire. Tout comme beaucoup de décisions qu'elle est amenée à prendre au cours de ses aventures, ce n'est pas facile, mais c'est nécessaire. Elle n'a pas vraiment le caractère d'une fillette de 12 ans. On lui donnerait plus facilement 15 ou 16 ans si on se réfère uniquement à ses actes. Et encore, elle serait bien mature pour une ado !
    Les autres personnages ne manquent toutefois pas de charisme : Lord Asriel tout particulièrement, est quelqu'un de fascinant car on ne sait jamais ce qu'il pense, ni ce qu'il veut. Ce n'est que dans La Tour des Anges qu'on connaît son objectif. En revanche, en tant que père, il est particulièrement atypique : dans le tome 1, il revoit sa fille qu'il n'a pas vue depuis des mois après avoir été emprisonné par les ours polaires et menacé de mort. Comment réagit-il, à votre avis ?
    1. Il pleure de joie,
    2. Il garde sa dignité, mais il est visiblement fier de tout ce qu'elle a fait,
    3. Ben quoi, c'est une réunion de famille, non ? Pourquoi ça devrait être différent des autres fois ?,
    4. Il l'envoie chier et la trahit.
    Réponse 4…
    Ce mec n'est PAS le meilleur des pères. Mais il impressionne Lyra parce qu'il a de la classe et qu'il est mystérieux, donc bon. On lui pardonnerait presque…
    Madame Coulter, elle, est… À l'opposé d'Asriel. Elle, on ne peut pas l'aimer : elle est cruelle, elle est factice, menteuse, manipulatrice, opportuniste, égocentrique, mais elle aurait pu faire du mannequinat parce que tout le monde est fasciné par elle (spécialement les hommes, vous l'aurez deviné). C'est un vrai serpent, et elle n'hésite pas à tuer ses proches pour plus de pouvoir. Elle a même « vendu son âme au diable » en s'investissant complètement dans l'Église pour torturer des enfants et détruire la Poussière. Lyra apprend très vite à la détester – tout comme nous.
    Et pourtant, c'est sa mère. Et heureusement, les instincts maternels sont plus forts que son caractère de chien et la poussent à protéger sa fille – quelques fois… Sans cela, sans cet instinct, elle n'aurait sûrement pas retourné sa veste pour la sauver. C'est donc un personnage TRÈS ambigu, et surtout, à l'opposé du stéréotype qu'on se fait du parent disparu dans les histoires pour enfants. C'est vrai, quoi ! Dans un livre jeunesse, quand le héros n'a pas de famille, son but est de la retrouver, et quand il y parvient, tout devient merveilleux. Pas dans À la croisée des Mondes. Lyra n'a jamais voulu retrouver ses parents (parce qu'elle les croyait morts) mais voulait sauver le monde – les mondes – du totalitarisme religieux dont sa mère est un suppôt. Et elle y parvient. Sacrée fillette, hein ?
    Will, quant à lui, ressemble beaucoup à Lyra par certains côtés. Il est volontaire, il ne peut pas compter sur ses parents, il a appris à se débrouiller tout seul, il est obligé de prendre des décisions très difficiles pour son âge… Mais comment peut-il laisser sa mère chez une prof de piano qu'il n'a pas vue depuis plus d'un an ? Encore, s'il la voyait toutes les semaines, j'aurais compris, mais là, même s'il n'avait personne d'autre vers qui se tourner, comment se fait-il que cette femme ait accepté ? C'est un peu gros à avaler. « Elle ne vous gênera pas, je vous le promets ! » « Alors pourquoi tu t'en débarrasses ? » aurais-je été tentée de répondre si j'avais été à sa place. Il n'avait pas un prof de son école à qui il pouvait faire confiance ?
    Et quand il débarque dans un autre monde, sa première réaction, c'est de prendre un soda dans un distributeur et de le boire en regardant la mer…
    Mais merde, Will ‼ T'es dans un monde parallèle, putain ! Tu ne savais même pas que ça existait il y a 5 minutes ! Un peu d'émotion, que diable ‼
    On ne ressent chez ce garçon aucun sentiment de stupéfaction, d'ahurissement, de vertige, d'éblouissement, ou toute autre émotion extra forte qui AURAIT DÛ le saisir net sur place. C'est sans aucun doute le passage qui m'a donné le plus de fil à retordre.
    D'autres personnages sont très importants, comme Roger, l'ami par lequel démarre cette aventure (c'est pour aller le sauver que Lyra veut tellement aller dans le Nord), Iorek Byrnison, le roi des ours et un des meilleurs alliés de Lyra, le docteur Malone (une des rares adultes à prendre les enfants au sérieux), Lee Scoresby, l'aéronaute (j'aurais voulu qu'il reste un peu plus longtemps…), Serafina Pekkala, la sorcière… Ça fait beaucoup et j'en oublie pas mal, mais pas une seule fois, je ne me suis perdue. Les caractéristiques de chacun sont suffisamment fortes pour qu'on ne se mélange pas les pinceaux.
    Mais outre cette panoplie de personnages, le plus gros point positif de la saga, c'est le monde de Lyra. La magie n'y existe pas vraiment, mais on pourrait facilement le qualifier de merveilleux car il y vit des créatures surnaturelles – spécialement dans le Nord : sorcières, panserbjornes, montres des falaises… Il ressemble beaucoup à notre univers version 19e siècle, jusque dans les noms des pays (Anglia, Moscovie, Tartares…). Sauf que la solitude n'y existe pas. Chaque être humain est épaulé par son dæmon, envers qui il a un lien d'amour et de confiance très puissant (au point que Lyra est horrifiée quand elle rencontre le pauvre Will, qui n'a personne.)
    Personnellement, je pense qu'ils représentent le moi profond de chaque être humain parce qu'ils réagissent aux émotions de leur partenaire, mais sans chercher à les masquer. Marisa Coulter en est un exemple assez intéressant, puisque c'est le personnage qui cache le plus son jeu. Son dæmon est une horrible petite teigne cruelle et mesquine – et finalement, c'est ce qu'elle est. Elle se donne des airs de sainte-nitouche pour amadouer et manipuler, mais il suffit de regarder son singe pour se rendre compte de sa méchanceté. D'ailleurs, ils n'ont pas l'air d'avoir un lien très affectueux. Ça ressemble plus à une relation dominant-dominé qu'à une relation amicale. Il y a aussi des exemples plus généraux : un dæmon agité est la preuve que son humain est stressé, même s'il n'en montre rien. Et lors d'une querelle, les hommes se réfèrent souvent à l'attitude de leur dæmon pour savoir qui l'emporte.
    En résumé, deux gros points positifs : les personnages, et le monde. Mais il y a en plus quelques petits détails que j'ai particulièrement appréciés :
    - Dans le tome 1, j'ai ressenti au travers de Lyra une certaine fascination pour le Nord (terre de glace et de magie, de lumières, de dangers et de mystères). C'est si bien retranscrit que je crois que l'auteur a transposé ses sentiments à son héroïne au lieu de lui inventer cette passion ;
    - À Jordan College, il y a des majuscules aux intitulés des postes (le Bibliothécaire, le Majordome), et même aux lieux (les Jardins du Collège, la Bibliothèque), pour donner un caractère ronflant aux Érudits. D'ailleurs Lyra, malgré son jeune âge et le fait qu'elle ait passé sa vie à grandir là, a un regard assez critique et moqueur sur cet étalement de sciences et de titres ;
    - Dans le 2e tome, il y a des symboles dans les marges : un arbre, une épée, une boussole, et de temps en temps, une étoile. Petite, ça me turlupinait qu'ils ne suivent pas la typographie du premier tome. Pourquoi avoir mis des dessins dans le second volume et pas dans le premier ? Au début, ils semblent suivre un ordre précis (arbre-épée-boussole-épée-arbre), puis je me suis rendue compte que le nombre de pages marquées était inégal, et enfin, que l'ordre n'était pas respecté. C'était un mystère complet, pour moi.
    Grande, il m'a suffi de 5 minutes pour comprendre que chaque symbole correspond au monde dans lequel se passe l'action : l'arbre pour celui de Will, l'épée pour Citàgazze, la boussole pour celui de Lyra, et l'étoile… Les symboles changent quand les personnages passent dans un autre monde, ou qu'on suit d'autres protagonistes qui sont dans un autre monde ;
    - La fin n'est pas un happy end. Les personnages principaux perdent tous au moins une chose à laquelle ils tiennent : la capacité à comprendre l'aléthiomètre, la personne qu'ils aiment, le pays des mulefas pour Mary, etc. Lyra a perdu son innocence, remplacée par une expérience amère, et son attitude vis-à-vis des adultes est différente – on s'en rend compte dans le tout dernier chapitre. C'est peut-être ce livre qui m'a donné le goût des fins mitigées, car certes, c'est une conclusion un peu triste, mais elle est vraie. Beaucoup de livres s'efforcent de s'achever sur une note joyeuse qui ne colle pas avec le reste de l'histoire, mais pas À la croisée des mondes.
    Mais j'ai aussi relevé quelques incohérences dans cette loongue saga :
    - Lors de la bataille de Bolvangar, Lee Scoresby intercepte Lyra pour l'emmener en ballon vers Svalbard, mais pourquoi ? Ce n'était pas prévu, et c'est un risque inutile à faire prendre à une fillette. Comment les gitans ont-ils pu laisser faire ça ? Laisser partir une fille, un aéronaute et un ours dans une forteresse imprenable d'ours géants ennemis (en compagnie de quelques sorcières, certes, mais elles ne sont là que pour faire le trajet) ?
    - Évidemment, il y a la réaction de Will quand il arrive à Cittàgazze ;
    - Et puis, il y a le fait que, lorsque Mme Coulter est faite prisonnière par Asriel, ce dernier l'emmène à ses réunions de généraux, histoire qu'elle puisse avoir vent de leurs dernières stratégies et de leurs équipements. Car ils lui font aussi visiter leur armurerie, et lui font même une simulation avec leur meilleure arme ! Comme ça, si jamais elle arrive à s'échapper, elle pourra tout répéter à l'Église et faire échouer leur mission.
    C'est tellement intelligent, de la part d'un homme tel que Lord Asriel…
    - D'ailleurs, l'auteur ne dit pas ni comment ni pourquoi sa forteresse a été bâtie. Elle se situe dans une dimension où toute vie a disparue, elle est tellement énorme qu'on dit que la construction a dû prendre des années, mais QUI et QUAND ? Ça n'a pas pu être le père de Lyra, puisqu'il vient d'y arriver. Ça n'a pu être aucun de ses sbires, puisqu'il n'a mis que quelques mois (voire moins) pour rassembler des millions et des millions de gens et d'espèces différentes. D'ailleurs un personnage – je ne sais plus lequel – dit que ce rassemblement a dû prendre des décennies de préparation. Et comment est-ce possible ?? Asriel doit avoir, quoi, quarante ans ? Vous n'allez pas me dire que c'est à l'âge de 10 ans qu'il prend contact avec d'autres univers pour réunir une armée de dingue et renverser Dieu ?
    Mais à part ces quelques petits détails pas très crédibles, l'auteur a accompli un formidable travail en créant cette trilogie. C'est une oeuvre qui a marqué mon enfance et mon imaginaire, a soulevé beaucoup de questions en moi et me hante encore aujourd'hui (sinon pourquoi l'aurais-je relue ?). Il y a certes quelques longueurs, quelques descriptions qui auraient gagné à être écourtées, mais c'est une histoire forte.
    Une série à lire, vraiment.
    Sauf pour les enfants…
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    • Livres 4.00/5
    Par Arakasi, le 25 février 2013

    Arakasi
    L'histoire débute dans un monde assez semblable à celui de la fin du XIXe siècle, dans une Angleterre uchronique dominée par l'Inquisition et le pouvoir religieux. Dans ce monde troublant à la fois déconcertant et étrangement familier, chaque humain est accompagné de son daemon, une sorte d'alter ego à forme animale, jouant à la fois le rôle de complice, de compagnon et de conscience. La jeune Lyra, orpheline d'une douzaine d'années au tempérament rebelle et indisciplinée, a été élevée depuis son plus jeune âge dans la prestigieuse Université d'Oxford en compagnie de son daemon Pantalaimon. Un soir, poussée par son insatiable curiosité, elle assiste en secret à une curieuse conférence organisée par son oncle et tuteur, l'ombrageux lord Asriel, à l'intention des érudits de l'Université sur d'étranges recherches livrées dans le Grand Nord, conférence soldée par une tentative d'assassinat. Cet épisode va bouleverser sa petite existence routinière.
    Soudain beaucoup de gens semblent porter une attention disproportionnée à Lyra… Son ami d'enfance Roger disparaît brusquement, enlevé par une mystérieuse organisation de ravisseurs d'enfants et l'adolescente décide de partir à sa recherche. Poursuivie par les agents de l'Inquisition et par la redoutable et si charmante Mrs Coulter, Lyra se lance sur les traces de son oncle vers les étendues glacées du Grand Nord. Ce voyage la mènera bien plus loin que prévu, au-delà des frontières du monde connu et de la brume qui sépare les univers…
    C'est avec beaucoup de plaisir que je me suis replongée dans l'édition intégrale de « A la croisée des mondes ». Lue pour la première fois à l'âge 14 ans, la trilogie de Pullman m'avait à la fois séduite et désarçonnée, tant elle tranchait avec le type de littérature destinée habituellement à l'adolescence. L'oeuvre peut effectivement surprendre par son aspect un peu bâtard (surtout dans le premier tome, les deux suivants étant plus homogènes et plus adultes), car elle allie des aspects assez enfantins – jeune public oblige… – à des thèmes complexes et très poussés, notamment sur la religion et la quête du savoir et du libre-arbitre, ainsi qu'à des moments plutôt durs et sombres. L'action prend également un peu de temps à s'emballer, ce qui ne me dérange personnellement pas plus que ça.
    Ces quelques défauts – si on peut les nommer ainsi – mis à part, on ne peut que saluer l'imagination débordante de l'auteur, ainsi qu'une intrigue passionnante et ne manquant pas d'audace pour un roman fantastique, alliant références bibliques, aventures et poésie. Avec ça, une très belle galerie de personnages dont la profondeur, y compris pour les personnages secondaires, évite à l'auteur de tomber dans le manichéisme. En ce qui me concerne, mon coeur va spontanément à Lord Asriel et Mrs Coulter, personnages « gris » et ambigus par excellence. Sans contexte, les deux protagonistes les plus marquants de la série, adversaires jurés, aussi brillants, orgueilleux et tyranniques l'un que l'autre, superbes par la force même de leurs défauts. Je les adore.
    En conclusion, une très belle et brillante série qui touchera adultes comme adolescents ! (Petit bonus pour les lecteurs adultes : vous pouvez acheter la trilogie en livre de poche, au cas où vous n'assumeriez pas de lire des romans Folio Junior dans le métro)
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    • Livres 5.00/5
    Par Hillel, le 20 juillet 2012

    Hillel
    J'ai lu cette série il y a fort longtemps, 6 ans pour être exacte, en attente du dernier tome de Harry Potter, et nostalgique de lecture jeunesse de ce genre.
    Que dire si ce n'est que je me suis demandée tout au long de ma lecture comment un tel ouvrage pouvait être classé jeunesse tant il est riche, bien écrit et présente une intrigue bien compliquée. Ainsi, le lecteur doit s'accrocher pour ne rien louper de l'histoire, et être sûr d'avoir tout saisi, tant le monde imaginé par Philippe Pullman est foisonnant d'idées, d'originalité, d'imagination…
    Au final si ce livre est classé jeunesse c'est pour l'âge de son héroïne, 11 ans. Mais quelle maturité, quelle intelligence, quelle évolution tout au long des trois tomes. Bref un personnage digne des plus grandes héroïnes. Sans compter le second héros qui arrivera au tome 2. A eux deux il formeront un duo, ou un couple, merveilleux !
    Lyra, donc, est une jeune fille intrépide, un peu garçon manqué, qui s'amuse à faire les 400 coups dans l'université d'Oxford, où elle réside. Oui car Lyra est orpheline, mais son oncle n'est autre que Lord Asriel, éminent scientifique. Elle est donc sous bonne garde à Oxford, encadrée par une foule de professeurs et serviteurs. Il s'avère que son oncle part dans le Grand Nord continuer des recherches assez étranges. de plus, le meilleur ami de Lyra est kidnappé comme beaucoup d'enfants de la ville, et une magnifique femme vient proposer de prendre Lyra sous son aile pour faire d'elle une jeune fille respectable.
    En une journée le monde de Lyra va basculer… Ainsi que ses certitudes, et la confiance qu'elle portait à son entourage. Aussi, celle-ci apprend à ses dépends, qu'elle est au centre d'une étrange prophétie…
    Ce tome se termine par une fin époustouflante, un terrain de guerre dans les étendues glacées du Grand Nord, une bataille où tous les personnages auront un rôle à jouer, et où des tragédies vont arriver…
    Ainsi, on se jette avec plaisir sur le second tome, qui se révélera complètement différent, encore plus riche et intense… Et que vous dire du tome 3 !!!!
    Que rajouter, si ce n'est que cette série fait partie des séries jeunesses cultes, incontournables, devenues aujourd'hui un classique où une référence en la matière !!!
    A découvrir pour tous les lecteurs de tout âge, avides d'imaginaire, de magie, et de mondes parallèles…Courrez…
    Par contre pour mon avis sur le film venez voir la suite de la chronique sur mon blog.

    Lien : http://leslivresdalily.blogspot.fr/search/label/A%20la%20crois%C3%A9..
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    • Livres 5.00/5
    Par Belecture, le 15 mai 2015

    Belecture
    Mon avis : On retrouve donc Lyra à Oxford, Angleterre. Sa vie se résume à des courses folles dans les rues d'Oxford en compagnie de son ami Roger et de tous les enfants qui font partie de sa « cour ». Mais un jour, voilà qu'on lui parle de ces enfants qui disparaissent sans laisser de traces et que des adultes, très certainement, ont capturés pour les tuer. Lyra, horrifiée décide alors de traquer les Enfourneurs avec l'aide de Pantalaimon et Roger. Mais voilà que le fils d'une gitane, Billy, est enlevé et en essayant de retrouver sa trace, Lyra occasionne l'enlèvement de Roger. Elle n'aura alors de cesse de remuer ciel et terre pour retrouver et sauver tous ces enfants. L'aventure peut commencer...
    J'ai choisi de lire ces livres les uns à la suite des autres grâce à la version intégrale. Ce qui m'ennuie c'est que je limite l'histoire au premier livre pour ne pas vous divulguer les différentes péripéties que vont vivre nos héros. Toutefois, je vais vous délivrer mon avis sur l'histoire complète.
    A l'instar du monde magique créé par Rowling pour son Harry Potter, Philip Pullman a créé un univers tout aussi dense avec des personnages travaillés dont il sait se servir pour raconter son histoire, une réalité différentes voire des réalités différentes aussi riche que la Terre du milieu de Tolkien et des « espèces » déroutantes que ça soit les daemons ou par exemple les Mulfats.
    De la même façon, les héros suivent une sorte de voyage initiatique, font l'objet d'une prophétie et sont aussi poignants grâce à leur courage et leur caractère.
    Le rythme de l'aventure est bluffant, il n'y a pas un instant de répit et tous les événement se succèdent logiquement. A aucun moment je ne me suis dit qu'il y avait des longueurs, non tout au long des 1000 et quelques pages, j'ai frémi avec Lyra, combattu avec Will, bravé les dangers avec Pantalaimon... Pullman, dans ces livres du moins, a le génie du conteur d'histoires et même si pour lui c'est secondaire, il a un style très lisible, un vocabulaire abordable et précis en bref, le fond et la forme fonctionnent merveilleusement ensemble.
    Je suis obligée de vous parler de quelque chose qui a attrait à la religion car le livre et Pullman le clame haut et fort, se veut aussi une critique des religions et toute l'histoire est construite autour de son constat : l'Eglise quelle que soit la religion est pervertie. Je note seulement un passage qui m'a marqué même s'il y en a eu plusieurs. Une des institution religieuse que je dirais hiérarchique, demande à l'un de ses prêtre de partir sur le champ pour tuer. Ni plus ni moins, tuer ! Et pourquoi ? Pour que le pêcher ne revienne pas sur terre. Que fait-il ce prêtre ? Pour être absous de ce crime, il se flagelle et ainsi se sent en droit de tuer. Moi j'appelle ça un psychopathe.
    En conclusion, ce livre est une aventure magique à ne pas laisser passer. Elle fait partie de l'histoire du fantastique notamment en Angleterre. Achetez-le, gardez-le, relisez-le !
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    • Livres 5.00/5
    Par chapochapi, le 27 février 2010

    chapochapi
    J'adore cette saga, autant adaptée aux adolescents qu'aux adultes, qui y liront ce qu'ils veulent.
    A partir d'un début enfantin commencent une aventure mais aussi une intrigue politique, religieuse et scientifique denses.
    Dans le monde parallèle régi par la religion que l'on découvre, la science se divise entre théories autorisées et hérétiques. Lyra, l'héroïne, est justement au coeur d'enjeux scientifiques et métaphysiques. Personne ne sait quel est son rôle , mais tout le monde s'accorde sur un point : cette gamine a une mission qu'elle doit remplir inconsciemment et dont dépend l'équilibre de tous les mondes parallèles. Pour cela, elle bénéficiera de l'aide de sorcières, d'ours en armure et, à partir du deuxième volet, de Will, un adolescent de notre monde.
    Ça parle d'hérésie et de sciences, d'Eve et de physiciens, de paradis et de particules élémentaires, de péché originel et de croisade contre Dieu ; car, il faut tout de même le dire, la trilogie s'oppose ouvertement au dogmatisme religieux, lorsque les personnages secondaires ne critiquent pas purement et simplement les religions. Rien n'est simple dans ces romans qui dépeignent des mondes où tout n'est que suspicion, manipulations, expériences scientifiques relevant de la torture et exécutées au nom de la religion (pour le monde de Lyra), ou au nom d'une domination nationale (pour le nôtre). Rien n'est manichéen dans ces quêtes qui dépassent les simples questions de Bien et de Mal. Rien n'est stéréotypé dans la peinture de personnages.
    une très grande saga que le premier film a considérablement appauvri
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Citations et extraits

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  • Par Dionysos89, le 01 janvier 2013

    Viens, lui dit-elle, on est tous là, on n'est pas blessés. Et maintenant, on voit où on va. Alors, continue d'avancer, continue. On ne peut pas faire autrement que de contourner ce... (Elle désigna l'abîme à ses pieds.) On est obligés de continuer. Je te jure que Will et moi, on ira jusqu'au bout. Alors, n'aie pas peur, n'abandonne pas, ne traine pas derrière. Fais passer le message aux autres. Je ne peux pas me retourner sans cesse, je dois regarder ou je mets les pieds. Je dois être sûre que tu nous suis, d'accord ?
    Le petit fantôme hocha la tête. Alors, dans un silence angoissé, la colonne des morts reprit son chemin en longeant le gouffre. Combien de temps il leur fallut, ni Will ni Lyra n'auraient su le dire; à quel point c'était effrayant et dangereux, pas une seconde ils ne pouvaient l'oublier. L'obscurité était si intense dans le gouffre qu'elle semblait attirer le regard vers elle, et une sensation de vertige terrifiante s'emparait d'eux dès qu'ils regardaient en bas. Chaque fois qu'ils le pouvaient, ils fixaient devant eux une pierre, une prise, une saillie, une plaque de graviers instables, et ils évitaient ainsi de regarder l'abîme, mais celui-ci les tentait, il les appelait. Ils ne pouvaient s'empêcher d'y jeter un coup d'œil et, aussitôt, ils se sentaient vaciller, leur vision se mettait à tournoyer, et une horrible nausée les submergeait.

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  • Par Dionysos89, le 20 janvier 2013

    Will chercha à tâtons les bords immatériels de la fenêtre pour les rabattre rapidement l'un contre l'autre, tandis qu'à travers l'ouverture qui se rétrécissait leur parvenaient des bruits de pas précipités et des craquements de branches...
    Il ne restait plus qu'un petit trou de la taille de la main de Will, et lorsque celui-ci se retrouva scellé, un silence absolu s'abattit sur le monde. Will tomba à genoux dans l'herbe humide de rosée et ramassa l'aléthiomètre.
    - Tiens, dit-il à Lyra.
    Elle prit l'instrument qu'il lui tendait. D'une main tremblante, il glissa le couteau dans sa gaine. Après quoi, il s'allongea dans l'herbe, secoué de frissons nerveux, et ferma les yeux ; il sentit le clair de lune l'envelopper d'une douce lueur argentée et les gestes doux et attentionnés de Lyra qui refaisait son pansement.
    - Oh, Will, dit-elle, Merci pour tout ce que tu as fait...
    - J'espère que le chat va s'en tirer, murmura-t-il. Il ressemble à mon Moxie. Il a dû rentrer chez lui. Il a retrouvé son monde.

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  • Par Dionysos89, le 05 février 2013

    Les sorcières aidèrent à transporter les charrettes un peu plus loin sur la route, de l'autre côté du petit pont de pierre, loin du bosquet d'où avaient jailli les Spectres. Il fallut abandonner les adultes pétrifiés à l'endroit même où ils s'étaient figés, si douloureux que fût le spectacle de ces jeunes enfants s'accrochant à une mère qui ne réagissait plus à leurs sollicitations ou tirant la manche d'un père qui restait muet, le regard vide. Les plus petits ne comprenaient pas pourquoi ils devaient quitter leurs parents. Les plus âgés, dont certains avaient déjà perdu un parent ou assisté à pareille scène, affichaient un air lugubre et ne disaient mot. Serafina prit dans ses bras le petit garçon qui était tombé dans la rivière. Il réclamait son père en hurlant, les bras tendus par-dessus l'épaule de la sorcière vers cet homme silencieux, toujours planté au milieu de l'eau, indifférent.

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  • Par Dionysos89, le 23 novembre 2012

    Ce devrait être une occasion solennelle, déclara Giacomo Paradisi. Si nous avions des jours et des semaines devant nous, je pourrais commencer à te raconter l'histoire du poignard subtil de la Guilde de la Torre degli Angeli, et toute la triste histoire de ce monde corrompu et insouciant. Les Spectres sont apparus par notre faute, notre seule faute. A cause de mes prédécesseurs. Des alchimistes, des philosophes, des hommes de savoir qui effectuaient des recherches sur la nature la plus profonde des choses et, ils ont fini par s'intéresser aux liens qui unissent les plus petites particules de matière.
    C'était une ville riche et mercantile, une ville de marchands et de banquiers. Nous pensions tout savoir, tout connaitre. Alors nous avons défait ces liens, et nous avons laissé entrer les Spectres.
    - Mais d'ou viennent ces Spectres ? interrogea Will. Pourquoi une fenêtre est-elle restée ouverte sous les marronniers, celle ou nous somme passés la première fois ? Y a-t-il d'autres fenêtres dans le monde ?
    - La provenance des Spectres demeure un mystère. Viennent-ils d'un autre monde, des profondeurs de l'espace ? Nul ne le sait. Ce qui importe, c'est qu'ils sont là désormais, et qu'ils nous ont détruits. Y a-t-il d'autres fenêtres dans ce monde ? Oui, quelques-unes car, parfois, le porteur du couteau fait preuve de négligence; il oublie ou bien il n'a pas le temps de refermer le trou comme il le devrait. Quant à la fenêtre sous les arbres, celle que vous avez empruntée...c'est moi même qui l'ai laissée ouverte, dans un moment de stupidité impardonnable. Cet homme dont vous parliez... J'avais envisagé de l'attirer dans cette ville, ou il aurait été victime des Spectres. Mais je suppose qu'il est trop intelligent pour tomber dans ce genre de piège. Pourtant, il veut le couteau à tout prix. Je vous en prie, faites qu'il ne l'ait jamais entre les mains.

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  • Par Dionysos89, le 30 novembre 2012

    - Mes sœurs, dit Ruta Skadi, laissez-moi vous raconter ce qui est en train de se passer, et vous expliquer qui sont nos ennemis dans cette affaire. Car une guerre se prépare. J'ignore encore qui seront nos alliés, mais je sais qui nous devons combattre. Il s'agit du Magisterium, de l'Église. Depuis qu'elle existe, c'est-à-dire très peu de temps à nos yeux, mais très très longtemps d'après les critères des mortels, l'Église a toujours cherché à supprimer et à contrôler toutes les pulsions naturelles. Et quand elle ne peut pas les contrôler, elle les détruit. Certaines d'entre vous ont vu ce qu'ils faisaient à Bolvangar. C'était épouvantable, mais ce n'est malheureusement pas le seul endroit, ni la seule pratique de ce genre. Mes sœurs, vous ne connaissez que le Nord ; moi, j'ai voyagé dans les contrées du Sud. Il y a là-bas des Églises qui mutilent les enfants elles aussi, comme les gens de Bolvangar, pas de la même façon, mais de manière tout aussi horrible. Ils leur coupent les organes sexuels, oui parfaitement, aux garçons comme aux filles ; ils les tranchent avec des couteaux. Voilà ce que fait l'Église, et toutes les églises ont le même objectif : contrôler, détruire, anéantir tous les bons sentiments.

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