ISBN : 2283024994
Éditeur : Buchet-Chastel (2011)


Note moyenne : 2.8/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres

« J’aurais aimé expliquer à mon mari ce qui s’était passé, mais j’aurais dû lui expliquer les roues de la poussette et ça c’était la chose au monde que je pouvais plus jamais raconter à per... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (10)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 2.00/5
    Par colimasson, le 06 mai 2011

    colimasson
    Présenté comme un roman en charge de dénoncer les pressions sociales subies par les femmes à l'âge de procréer, La poussette ressemble finalement davantage à un conte qu'à un pamphlet virulent.
    L'histoire nous parvient à travers les propos d'une femme de trente-et-un ans dont la croissance, tant physique que mentale, semble s'être figée à l'âge de quatorze ans et demi, alors que l'accident de La poussette, utilisé comme justificatif à toutes ses déceptions futures, survint lors d'un cours de puériculture. On devine facilement qu'à travers cet incident plutôt insignifiant, la narratrice se justifie d'une impossibilité à procréer qui ne doit rien au hasard d'une leçon de puériculture.
    Le ton employé pour nous raconter son histoire –la rencontre avec son mari, le ramassage des balles de golf au fond des obstacles d'eau, le voyage de noces, suivis de la lente décrépitude qui s'accompagne, entre autres, de la « mort » du mari, de la perte du « morceau de foie », de la « naissance » de NewBorn- est celui d'une fillette tout juste sortie de l'enfance.
    Naïve, elle s'émerveille des papillons qui viennent voler autour de ses cheveux…
    « Les papillons devaient aussi aimer particulièrement mon shampooing adoucissant au mélaleuca d'Australie, ils venaient voleter autour de ma tête, se poser sur mes cheveux, les explorer de leurs longues antennes et quand ils comprenaient qu'il n'y avait rien à en tirer, à part qu'ils étaient brillants et souples, ils repartaient en voletant vers les vraies orchidées. J'ai testé à tour de rôle plusieurs adoucissants, la vanille bio de Madagascar, l'hibiscus du Burkina Faso, le fruit de la passion du Brésil… En fonction, ce sont d'autres papillons qui venaient, soit tous les jaunes, soit tous les multicolores, soit ceux avec une tête de mort sur les ailes. »
    … et elle rêve d'avoir un enfant pour s'en occuper comme d'une poupée, déambulant devant les vitrines des magasins en imaginant de quels accessoires et de quels vêtements elle pourrait remplir son sac si, enfin, elle parvenait à être mère :
    « Je faisais des trousseaux imaginaires avec une brassière en coton bio, une salopette multipoches, un cardigan zappé, une gigoteuse, un nid-d'ange… Dans les pharmacies, je demandais des échantillons de lait en poudre, de soins pour la peau, que l'assistante pharmacienne me tendait avec un sourire ému. Je les mettais dans l'aquarium en rentrant. »
    Alors, oui, si l'accident de La poussette a figé cette jeune femme à l'âge de quatorze ans, il est en effet la cause de tous ses malheurs. Plus les pages du livre s'égrènent, plus les évènements qui traversent sa vie deviennent sinistres, mais ils semblent au contraire rapprocher la narratrice de l'idéal de la mère tel qu'elle se l'imagine et son discours se fait de plus en plus émerveillé, jusqu'au dénouement final qui signe la condamnation d'une jeune femme à ne jamais connaître la maternité.
    Malheureusement, désirant rappeler à chaque page que la narratrice est encore une enfant, le style de l'écriture est lourd et ne laisse pas le lecteur se prendre au jeu, à la manière d'un Momo dans La vie devant soi. Les tournures de phrases sont lourdes à digérer et sentent bien trop le réchauffé :
    « Au rayon de la supérette, je suis restée longtemps devant les Clearblue, Primastick, Predictor, First Response… Ils coûtaient tous la même chose, mais un seul disait « Enceinte » ou « Pas enceinte », écrit avec de vrais mots en vraies lettres et pas seulement avec un trait où il faut relire trois fois le mode d'emploi pour se souvenir si le trait doit être au milieu à droite ou à gauche pour que ça soit la preuve que oui ou que non. »
    Difficile de s'attacher à cette jeune femme qui semble se moquer de nous, usant de son air de petite fille pour se justifier d'actes cruels et d'une absence de lucidité frisant l'exagération.
    Et si certains passages, sincères au milieu de tout un ramassis de sornettes destinées à nous faire avaler des couleuvres, ressurgissent avec une telle force, ce n'est que pour mieux nous faire regretter que le reste du texte ne soit pas à leur hauteur :
    « Je n'ai pas senti la colère tout de suite, elle a mis du temps à remonter, plusieurs jours, jusqu'à ce qu'elle arrive dans ma bouche et que je crie sans plus m'arrêter. La colère à cause de l'accident qui me courait après. La colère contre les suspensions qui se sont décrochées et qui m'ont empêchée pour toujours d'avoir un bébé à moi tellement j'avais eu peur. La colère contre mon ventre que je voulais plus, dans lequel je voulais enfoncer des ciseaux et qu'on en parle plus. »

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-la-poussette-2010-de-dominiq..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par mayang, le 22 septembre 2011

    mayang
    La première phrase du livre est aussi la dernière. Cela pourrait être un rébus mais en l'occurence, la boucle est bouclée. La lecture de ce petit livre de 106 pages se fait rapidement: l'écriture, faussement naïve, particulièrement précise, nous mène dans le dysfonctionnement humain à la suite d'un choc émotionnel très grave. Sous peine de tout dévoiler on peut difficilement en dire plus sur l'histoire elle-même mais on sort de cette lecture lessivé, vidé. Petit livre dans la forme à lire absolument tant il est grand dans le fond. Pour ceux et celles qui connaissent le cinéma des frères Dardenne, je trouve que l'on s'en rapproche.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par mayang, le 22 septembre 2011

    mayang
    La première phrase du livre est aussi la dernière. Cela pourrait être un rébus mais en l'occurence, la boucle est bouclée. La lecture de ce petit livre de 106 pages se fait rapidement: l'écriture, faussement naïve, particulièrement précise, nous mène dans le dysfonctionnement humain à la suite d'un choc émotionnel très grave. Sous peine de tout dévoiler on peut difficilement en dire plus sur l'histoire elle-même mais on sort de cette lecture lessivé, vidé. Petit livre dans la forme à lire absolument tant il est grand dans le fond. Pour ceux et celles qui connaissent le cinéma des frères Dardenne, je trouve que l'on s'en rapproche.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par mayang, le 22 septembre 2011

    mayang
    La première phrase du livre est aussi la dernière. Cela pourrait être un rébus mais en l'occurence, la boucle est bouclée. La lecture de ce petit livre de 106 pages se fait rapidement: l'écriture, faussement naïve, particulièrement précise, nous mène dans le dysfonctionnement humain à la suite d'un choc émotionnel très grave. Sous peine de tout dévoiler on peut difficilement en dire plus sur l'histoire elle-même mais on sort de cette lecture lessivé, vidé. Petit livre dans la forme à lire absolument tant il est grand dans le fond. Pour ceux et celles qui connaissent le cinéma des frères Dardenne, je trouve que l'on s'en rapproche.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par julinou, le 01 juin 2011

    julinou
    Le titre « La poussette » a directement attiré mon attention mais malheureusement, je n'en dirai pas autant du récit. Parsemée de quelques longueurs, histoire assez décalée, un peu loufoque et assez tragique en soi. Ce cocktail n'est pas ma tasse de thé mais certains lecteurs y trouveront peut-être leur compte ! Merci à Babelio pour cette découverte inattendue lue dans l'opération Masse Critique de Printemps 2011.
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (5)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par colimasson, le 06 mai 2011

    Il était à peine assis à son bureau qu’il a attrapé un bloc de papier et s’est mis à gribouiller avec un stylo à publicité, en m’expliquant que voilà, il n’avait jamais vu ça, mes trompes étaient enroulées…comme des spaghettis sur une assiette. Les chances d’avoir un bébé avec des spaghettis sur une assiette étaient de 1%. Je suis désolé, il a dit. Au revoir, madame.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par colimasson, le 06 mai 2011

    Je n’ai pas senti la colère tout de suite, elle a mis du temps à remonter, plusieurs jours, jusqu’à ce qu’elle arrive dans ma bouche et que je crie sans plus m’arrêter. La colère à cause de l’accident qui me courait après. La colère contre les suspensions qui se sont décrochées et qui m’ont empêchée pour toujours d’avoir un bébé à moi tellement j’avais eu peur. La colère contre mon ventre que je voulais plus, dans lequel je voulais enfoncer des ciseaux et qu’on en parle plus.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par colimasson, le 06 mai 2011

    Mon ventre était une miche de pain rond, deux kilos au juger. La croûte était brun foncé, j’en étais fière, je l’exhibais, je déambulais, je me cambrais, la miche tendue vers l’avant. Elle aurait pu être tiède mais elle était rêche, comme tous les pains. Dans un parc, j’ai attaqué la croûte par son milieu, j’ai enfoncé mes doigts dans la mie, et fourré la mie pour moi seule, j’ai arraché encore plus profond la mie de mon ventre et je l’ai lancée aux corbeaux.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par colimasson, le 06 mai 2011

    J’ai commencé à saigner, j’ai dû m’asseoir sur le béton pour respirer et, entre mes deux jambes, a glissé comme un morceau de foie. Le béton a tout absorbé, sauf le morceau de foie que j’ai posé dans ma main pour mieux voir. Je l’ai caressé un peu pour voir, c’était élastique, comme un morceau de foie frais avec du sang autour. Je l’ai jeté dans les W.-C.
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par colimasson, le 06 mai 2011

    L’anniversaire de Newborn, il est venu un mois après. Celui-là je l’ai pas oublié. C’est le jour où il est sorti de la station postale automatique ouverte 24 heures sur 24.
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir La poussette par :

  • Mail
  • Blog

Autres livres de Dominique de
Rivaz(1) > voir plus

> voir plus

Lecteurs (13)

> voir plus

Quiz