> Claude Schopp (Auteur de la postface, du colophon, etc.)

ISBN : 2752902484
Éditeur : Phébus (2007)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
Véritable petit bijou, ce roman épistolaire publiée en 1824 se présente comme une variation sur la jalousie et ses affres. Confrontée à l'image obsédante de son amant disparaissant dans la calèche d'une autre beauté au sortir de l'opéra, notre héroïne tente de comprendr... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 22 février 2012

    juliette2a
    Ce livre est un vrai petit bijou ! Dans ce roman, nous suivons le désespoir d'une jeune femme en l'espace de vingt-quatre heures à travers quarante-quatre lettres qu'elle écrit à son mari. Ce dernier a disparu la veille au soir en rentrant dans la calèche d'une autre femme, une certaine Mlle de B***. L'héroïne nous livre ainsi sa tristesse, son incertitude, son passé comme son avenir...Cette demoiselle est touchante, et je dois dire que la fin m'a réjouie !
    Ce livre m'a vraiment marquée car le style de l'auteure est tout à fait charmant..Pour conclure, je conseille ce livre (qui a inspiré Stefan Zweig entre autres) à tous les amateurs des romans épistolaires, à ceux qui sont intéressés par la société des XVIIIème et XIXème siècles ainsi que à tous ceux qui veulent vivre une magnifique expèrience littéraire !!! MERVEILLEUX.
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  • Par sylvie, le 04 décembre 2008

    sylvie
    C'est un bien joli roman épistolaire qu'il m'a été donné de lire.
    J'ai donc pu faire la connaissance d'une femme du XVIIIe siècle, que je ne connaissais pas et qui a eu une vie intéressante et riche à plus d'un titre.
    Une postface de Claude Schopp nous la fait découvrir, vive, entière et engagée dans son temps avec intelligence et passion.
    Cette femme fut élevée suivant les principes de Rousseau, par des parents attentifs et lettrés, dont le père, à la fin de sa vie, écrivit une "encyclopédie morale".
    Elle débute dans une carrière littéraire à succès avec une tragédie lyrique intitulée "Sapho".
    Sa renommée lui permettra d'être acceptée et appréciée par un milieu littéraire très masculin, au sein duquel elle ne cessera de défendre la cause des femmes, revendiquant pour elles un même accès à la culture et à l'enseignement, ainsi qu'à l'expression culturelle et politique. Elle défend leurs droits et lutte contre des lois iniques comme l'article 324 du code civil spécifiant "que le meurtre commis par l'époux sur l'épouse, ainsi que sur son complice, à l'instant où il les surprend en flagrant délit dans la maison conjugale, est excusable".
    Elle deviendra pour ses contemporains soit un "bas bleu" qui tient salon, soit "la Muse de la raison" ou "Le Boileau des femmes"...
    Ce texte m'a donné envie de connaître mieux cette femme d'exception un peu tombée aux oubliettes
    Mais revenons en au texte que propose le livre, une production atypique et singulière dans l'œuvre du personnage...
    C'est un petit roman respectant unité de lieu et de temps et qui présente avec constance et détermination tous les états par lesquels une femme de son siècle passe, alors qu'elle se laisse submerger par ses émotions.
    Femme très amoureuse, elle voit son amant partir aux bras d'une autre à la sortie de l'opéra. Sans signe de lui, ne recevant d'explications d'aucune sorte, la voilà en prise aux pires douleurs de la jalousie.
    Elle écrit à son amant absent pas moins de 46 lettres décrivant par le menu ce qui se passe dans sa tête et qui lui traverse le corps.
    S'imaginant les pires scénarios possibles, la voilà au bord du suicide...
    Ce "petit bijou" très agréable à lire est un portrait saisissant du sentiment amoureux et de ses affres, mais n'oublions pas que c'est aussi une leçon...
    Constance de Salm a tenu à le rappeler dans une introduction à ses œuvres complètes, inquiète que le grand succès populaire de son texte n'en ai fait ignorer le véritable dessin .
    des liens et des images sur le blog :

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/12/vingt-quatre-heures-dune..
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    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 17 mai 2012

    LiliGalipette
    Après avoir vu son amant disparaître dans la calèche d'une autre femme, l'héroïne, vivement troublée, écrit une série de lettres qui témoigne de son affection passionnée et de sa jalousie brûlante. Elle cherche à se rassurer, revoit la soirée à l'opéra, revit les premiers moments de leur amour. Elle envoie ses serviteurs quérir des informations au domicile de l'amant trompeur. Pour s'assurer de son malheur, elle quitte toute discrétion et met son honneur en péril, révélant à la société son amour clandestin. Désespérée, sur le point de mourir d'amour, elle se laisse presque charmer par les déclarations d'un jeune homme éperdu d'amour et qui lui offre son soutien.
    Le charme désuet des romans épistolaires opère toujours avec moi. de La nouvelle Héloïse aux Liaisons dangereuses, en passant par tout ce que le 18° siècle a fait de romans par lettres, je suis séduite! Il faut croire qu'il n'y a que ce siècle lumineux pour produire des sentiments aussi sublimes et grandiloquents! Et pourtant j'y crois! Cette femme sur le point de mourir d'amour (je demande le contre-avis d'un médecin!) est convaincante! le ton des lettres est parfait, on évolue sur toute la palette des sentiments que cette femme délaissée subit.
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    • Livres 4.00/5
    Par Zazette97, le 23 octobre 2010

    Zazette97
    Ouvrage épistolaire publié en 1824, "Vingt-quatre Heures d'une femme sensible" est l'oeuvre de Constance de Salm, femme de lettres française particulièrement admirée pour sa beauté et fondatrice d'un salon littéraire fréquenté par Stendhal et Alexandre Dumas fils.
    Il est ici question de la jalousie d'une femme laquelle, ayant aperçu son cher et tendre au bras d'une autre à l'opéra, attend impatiemment de ses nouvelles afin de pouvoir couper court à sa terrible attente.
    Au fil de 46 lettres, la narratrice passe par tous les états possibles. A la vue de son bien aimé en compagnie d'une autre femme et parce que celui-ci ne lui a adressé qu'un salut furtif au terme de la soirée, son sang ne fait qu'un tour. Elle cesse de dormir et de s'alimenter. Elle en veut à cette mystérieuse Madame de B. de s'être fait remarquer. Elle essaie de se convaincre que son amant ne la trahira pas, lui fait porter ses lettres et apprend qu'il est parti avec Madame de B. durant la nuit sans laisser un mot.
    Elle culpabilise, se demande ce qu'elle a bien pu faire de travers pour mériter qu'il l'abandonne ainsi alors qu'il ne lui a jamais adressé quelque reproche.
    Que faire alors ? Se rendre chez lui pour découvrir le fin mot de l'histoire? Oui, non, oui.
    Après avoir remué de fond en comble son cabinet, elle trouve enfin ce qu'elle était venue chercher. Mais cette découverte la calmera-t-elle pour autant?
    Déni, adieux virant au tic de langage, supplication, renoncement, elle n'est pas encore au bout de ses peines...
    Il est curieux de constater comme à partir d'un seul événement, l'ignorance doublée d'une imagination des plus fertiles peut donner lieu à toute une série de réactions extrêmes.
    Même si la narratrice reconnaît volontiers que peu de choses suffisent à la rendre jalouse, elle n'arrive cependant pas à se raisonner pour pouvoir contrôler sa dépendance affective.
    Exclusive, elle se laisse consumer par cette jalousie qui lui empoisonne l'existence.
    Que son amant soit ou non à ses côtés, elle tremble à l'idée que 1000 choses puissent les séparer et le moins que l'on puisse dire, c'est que le dénouement de cette histoire lui donnera une bonne leçon.
    Nul doute que Stefan Zweig se soit inspiré de ces lettres en écrivant "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme" voire même "Lettre d'une inconnue" mais il se dégage de l'écriture de Constance de Salm des accents tragiques totalement absents de l'oeuvre de Zweig.
    Le monologue de cette femme jalouse laisse transparaître toutes les facettes de son obsession et ce dans toute sa démesure, un comportement qui se veut d'autant plus amplifié par le caractère très théâtral de ses interventions (raison pour laquelle certaines lectrices ont jugé ce portrait de femme trop artificiel).
    Là où les personnages de Zweig semblent garder un certain orgueil, le personnage de Constance de Salm se montre incapable de conserver une forme de dignité. Certaines la plaindront, d'autres lui reprocheront son manque de self-control voire la trouveront vraiment trop sacrificielle et égocentrique.
    J'ai ressenti un peu de tout ça durant ma lecture et je ne le regrette absolument pas.
    Il faut dire que je me délecte toujours de cette prose élégante du 19ème :)

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2010/10/vingt-quatre-heures-dune-f..
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    • Livres 4.00/5
    Par saphoo, le 22 mai 2010

    saphoo
    Une très belle plume qui m'a régalée, ce style superbe donne cette qualité incontestable à l'ensemble. Quant à l'histoire présentée sous forme épistolaire, bien que touchante, et chargée de sentiments passant de la folle passion à la jalousie ou encore au pardon, toute la panoplie d'une femme qui se meurt d'amour, reste somme toute jolie mais l'amour, l'amour, l'amour encore l'amour, nous donne le tournis, cependant elle expose de façon très juste ce sentiment bizarre qui souvent nous échappe.
    On apprécie la peinture des différentes étapes douloureuses que l'âme humaine traverse quand l'esprit ne répond plus de rien, seul les élans et les blessures du cœur se lancent dans un combat contre l'impuissance des sentiments.
    C'est fort bien décrit, réaliste, et cette lecture épistolaire nous emmène au bout du livre comme une fleur. L'auteure a su en 44 lettres couvrir une belle fourchette de grands désespoirs, parfois des éclaircies dans cette nuit terrible, donnant une allure folle à ce roman.
    En résumé, j'ai apprécié ce petit livre, car c'est toujours un régal de se délecter d'une si belle plume, même si l'histoire nous touche moins. Un beau voyage dans les tortures de l'âme, on peut comprendre qu'un être humain puisse agir sans toutes ses capacités mentales dans de telles turbulences, c'est là que j'ai trouvé mon plaisir dans toute cette histoire, ce cheminement tortueux et sombre quand la raison vous lâche


    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2010/05/22/17972175.h..
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 20 mars 2011

    Le soleil éclaire déjà mon cabinet solitaire. J'ai voulu éloigner ces tristes pensées ; j'ai tenté de m'occuper, de me distraire. J'ai pris ma palette, mes pinceaux ; j'ai tout disposé, et je me suis mise à l'ouvrage. Le feu des arts ressemble à celui de l'amour ; il enivre, il absorbe, il isole de l'univers et de soi-même. A mesure que je travaillais, des rayons de lumière semblaient traverser mes esprits. Je reprenais ma raison et mon équilibre ; je sentais seulement mes moyens s'exalter et s'agrandir du reste d'émotions involontaires qui bouillonnaient encore dans mon sein. Tout à coup (qui peut prévoir les effets de l'amour ?), tout à coup ces terribles souvenirs sont revenus m'assaillir : ils se sont emparés de mes facultés avec la rapidité de l'éclair ; ils m'ont comme enlevée de mon siège. J'ai tout jeté là, je marchais avec précipitation, j'étais hors de moi, je croyais respirer du feu ; mais l'agitation du corps semble calmer le trouble de l'âme. Insensiblement j'ai retrouvé quelque tranquillité ; j'ai pu m'asseoir et écrire. Me voilà donc ; me voilà plus raisonnable ; du moins je le crois.
    Non, tu ne me trahiras pas, tu ne trahiras pas ces serments tant de fois répétés ; tu ne les profaneras point par des sensations étrangères ; tu ne le pourrais pas. Il v a dans l'amour autre chose que l'amour, une union plus intime encore, des rapports qu'il n'appartient pas aux âmes communes de comprendre ni de sentir, un entraînement d'un être vers l'autre, qui ne tient à rien de ce que la pensée peut définir. C'est par l'accord involontaire de ces sentiments, de ces délices inconnues, que nous sommes unis, chère âme de ma vie ! Que peut une Mme de B *** contre des liens si sacrés ? Ce quelle peut ! ah ! qu'osé-je dire ? L'amant le plus fidèle, le plus intime même, a-t-il jamais su résister aux provocations de la coquetterie ? Eternelle supériorité de mon sexe sur le tien ! Quelle est la femme qui, sans se croire dégradée, a pu même supporter la pensée de s'abandonner à l'être qui lui est inférieur ? Quel est l'homme dont les désirs ont pu être arrêtés par cette seule pensée ? Au nom de tout de qui t'est cher au monde, douce moitié de moi-même, ne m expose plus à ces cruelles tortures ! Veille avec plus de soin sur notre bonheur. Hélas ! qu'est-ce que cette vie qui nous échappe à chaque instant et que nous remplissons si légèrement d'amertumes ? un supplice, si l'on souffre ; un délire, si l'on est heureux ; et toujours de la vie, de la vie que l'on dépense, que l'on prodigue, qui ne reviendra plus, qui emporte tout ; tout, même l'amour !
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  • Par sylvie, le 04 décembre 2008

    La jalousie est un mal si commun chez les femmes, elle influe tellement sur leur bonheur, elle les compromet si souvent et de tant de manières, qu'il est impossible qu'une suite de développements qui leur montrent à chaque mot jusqu'à quel point cette passion peut les égarer ne leur offre pas une utile et grande leçon. J'ai eu même un instant l'idée de rendre cette leçon plus forte, en faisant résulter, des imprudences de mon héroïne, des malheurs plus graves que ceux dont sa vive imagination se tourmente; mais j'ai craint d'altérer par là le caractère simple et idéal de cet ouvrage; il m'a paru que tout devait s'y passer, pour ainsi dire, dans l'âme, et qu'une morale trop sévère, ou plutôt trop positive, ne pouvait s'accorder avec le genre de sensations que j'avais voulu peindre
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  • Par mandarine43, le 26 mars 2011

    [Incipit.]

    A Madame la Princesse de ***

    C'est à vous, aimable amie, que je dédie ce petit roman. Son sujet, sa forme, le genre d'observations sur lequel il repose, tout y diffère de mes autres ouvrages ; aussi, pour vous, pour le public, pour moi-même, me semble-t-il exiger quelques explications.
    Je l'ai commencé il y a plus de vingt ans. Je n'y attachais et n'y attache encore que peu d'importance. En m'imposant la loi de n'y pas dire un mot qui ne fût dicté par le sentiment ou la passion ; en faisant éprouver, dans le court espace de vingt-quatre heures, à une femme vive et sensible, tout ce que l'amour peut inspirer d'ivresse, de trouble, de jalousie surtout, je ne voulais que faire aussi un roman sur une idée qui m'avait plu, et répondre par là à quelques reproches qui m'avaient été faits sur le ton sérieux et philosophique de la plupart de mes ouvrages. Ceux par lesquels j'ai débuté dans la littérature étaient déjà une réponse suffisante ; mais l'usage veut tellement que les femmes qui écrivent trahissent sans cesse le secret de leurs tendres sensations, que celles qui parviennent à les renfermer dans leur cœur semblent, en quelque sorte, n'en pas éprouver assez ; ou du moins ne pas attacher assez de prix à cette sensibilité, qui est sans doute un des plus beaux apanages de notre sexe, mais que chacun conçoit et exprime suivant son caractère et le genre de son talent.
    Je voulais donc, par ces lettres, payer un nouveau tribut à l'usage, et prouver que le goût des ouvrages sérieux n'exclut en rien la sensibilité. J'avais même le projet (auquel j'ai renoncé) d'y ajouter une discussion, dans laquelle j'avançais, et c'est mon opinion, que la vraie sensibilité est une qualité trop belle et trop forte pour n'agir que sur les affections de l'âme ; que c'est elle aussi qui éclaire et agrandit l'esprit ; qu'elle n'est pas moins le foyer des idées élevées et philosophiques que des idées douces et tendres, et qu'elle en est même une condition plus nécessaire.
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  • Par sylvie, le 04 décembre 2008

    L'amour !... Qu'est-ce que l'amour ? ... Un caprice, une fantaisie, une surprise du coeur, peut-être des sens; un charme que se répand sur les yeux, qui les fascine, qui s'attache aux traits, aux formes, aux vêtements même d'un être que le hasard seul nous fait rencontrer. Ne le rencontrons-nous pas ? rien ne nous en avertit, ne nous trouble...nous continuons de vivre, d'exister, de chercher des plaisirs, d'en trouver, de poursuivre notre carrière comme si rien ne nous manquait!... L'amour n'est donc pas une condition inévitable de la vie, il n'en est qu'une circonstance, un désordre, une époque... que dis-je ? un malheur ! une crise.. une crise terrible.. elle passe et voilà tout.
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  • Par Zazette97, le 23 octobre 2010

    Si je ne vous écrivais pas, que ferais-je de mon temps, de moi-même? L'amour tient tant de place dans la vie ! C'est quand il n'est plus là que l'on sent le poids de ces longues minutes qui doivent s'écouler sans lui ; c'est quand nous l'avons perdu que nous voyons qu'il était le motif de toutes nos actions, le charme de toutes nos pensées, le foyer de tous nos sentiments ; c'est alors seulement que nous comprenons bien ses véritables délices, et que, privés de la plus chère moitié de nous-mêmes, nous errons dans le vide de notre âme, et ne jetons plus autour de nous que des regards tristes et désenchantés.
    Voilà ce que j'éprouve. Vous ne m'aimez plus, tout est changé pour moi ; je ne suis plus même ce que j'étais avant de vous connaître. Je n'ai plus cette force, ce courage qui me distinguait, disait-on, des autres femmes.
    J'ai perdu jusqu'à ce noble orgueil qui tant de fois a fait bouillonner mon sang à la seule pensée d'un affront souvent imaginaire. Vous m'abandonnez, et je pleure ; vous m'outragez, et je veux mourir.
    Déchue des grandeurs de l'amour, je suis aussi déchue de moi-même ; je rentre dans la route commune de la vie, je ne suis plus qu'une femme ordinaire. p.95
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