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ISBN : 2070338967
Éditeur : Gallimard (2006)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.2/5 (sur 2464 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Au petit jeu du libertinage, l'adorable Valmont et la délicieuse Madame de Merteuil se livrent à une compétition amicale et néanmoins acharnée: c'est à celui qui aura le plus de succès galants, et le moins de scrupules. Peu importent les sentiments, seule la jouissance ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Ode, le 20 mars 2013

    Ode
    N'écoutez pas ceux qui ravalent "Les liaisons dangereuses" au rang de roman libertin : assurément, ils ne l'ont pas lu ! Au contraire, l'auteur y démontre combien le libertinage est vain face à l'amour véritable. Rares sont les romans qui, en plus de magnifier la langue française, sondent avec autant d'acuité les rapports humains, et la passion amoureuse en particulier. Voilà pourquoi une œuvre épistolaire datant de 1782 suscite encore autant d'émotion et d'enthousiasme parmi ses lecteurs.
    Le genre épistolaire, qui au premier abord pourrait dissuader certains de commencer la lecture, est la véritable force de cette œuvre. En effet, il exprime les sentiments des différents protagonistes, dans ce qu'ils ont de plus intime. de plus, c'est un redoutable outil dramatique car il permet, en passant d'un personnage à l'autre, en sautant certaines périodes de temps, de ménager des ellipses et des surprises dans le déroulement de l'intrigue.
    Le roman commence comme un jeu entre la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont : pour se venger d'un de ses anciens amants qui doit épouser la jeune Cécile Volanges, la marquise demande à Valmont de séduire la jeune fille avant les noces. Devant le peu d'empressement de Valmont, elle encourage l'inclination de Cécile pour le chevalier Danceny, son professeur de musique. Finalement, Valmont va profiter d'un séjour chez sa tante à la campagne pour s'acquitter de sa tâche, tout en visant une conquête ardue, celle de la pieuse et délicate présidente de Tourvel...
    Au fil des 175 lettres qui composent cette histoire, Pierre Choderlos de Laclos réussit à animer ses personnages de manière troublante, au point que l'on se demande parfois s'il ne s'agit pas d'une correspondance réelle. La marquise de Merteuil est une figure forte et complexe – un de celles que j'admire le plus en littérature. Pour une femme du XVIIIe siècle, veuve de surcroît, seule la réputation compte et le secret de la liberté réside dans la dissimulation. La fameuse lettre LXXXI, où la marquise explique au vicomte comment, à force de volonté, elle a acquis une parfaite maîtrise d'elle-même, ce qui lui procure la liberté d'action suffisante pour vivre à sa guise et avoir des liaisons sans que son entourage ne se doute de rien, est la clé de voûte du roman. C'est aussi un accès de sincérité – et de vanité – qui la perdra, lorsque la guerre sera déclarée avec Valmont.
    Entre ces deux-là, qui furent amants par le passé, demeure une sorte d'entente fondée sur une estime mutuelle, mais aussi, sans doute, sur des secrets compromettants. Nous n'avons guère de détails sur ce qui les a séparés, mais il est facile d'imaginer que par fierté, aucun des deux n'a osé reconnaître qu'il aimait l'autre, et chacun a continué ses conquêtes de son côté. Or ce qui va briser le pacte, c'est que Valmont tombe amoureux de madame de Tourvel. Lui-même ne s'en rend pas compte tout de suite, à l'inverse de la marquise de Merteuil qui le décrypte instantanément. Alors elle n'aura cesse d'éliminer sa rivale, allant jusqu'à dicter les mots de la rupture à Valmont dans la lettre CXLI, articulée autour du bien connu : « Ce n'est pas ma faute ». Mais cette victoire aura un goût amer, car le dénouement théâtral choisi par Laclos flatte la morale.
    Le libertinage n'est donc qu'un prétexte, un trait d'époque, pour planter une intrigue cruelle et haletante qui met en scène des personnages mus, au fond, par une soif d'amour qu'ils refusent d'admettre, ou alors trop tard. Pour compléter ou revivre cette lecture, je vous conseille l'excellent film de Stephen Frears, avec John Malkovitch dans le rôle de Valmont et Glenn Close dans celui de la marquise de Merteuil. Des costumes au jeu des acteurs, en passant par une musique délicieuse, c'est un chef d'œuvre digne de celui De Laclos.
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    • Livres 5.00/5
    Par finitysend, le 31 octobre 2012

    finitysend
    Subtil ..
    Une étude clinique des libertins , du libertinage et du vice comme de la vertu . Une réflexion servie par un texte somptueux et une langue absolument superbe .
    Enormément de subtilité dans les nuances du texte qui font de cette prose un sommet dans la profusion des détails et dans l'intensité.
    L'époque est puissamment ressentie et son atmosphère rayonne littéralement .
    A bien y réfléchir c'est avant tout un essai sur la nature humaine .. le jeux ... la passion ... la ruse et la joute .
    A force de simuler la guerre on finit par se la faire .
    A force de manipuler et de calculer on déshumanise l'objet de ses attentions et de son affection , alors que l'on s'atteint soi-même dans la même mesure ?
    Le libertinage est moins promu et pesé dans ce texte que la nature humaine examinée . Alors que l'innocence et la vertu ne sont pas plus respectable en soit que le vice, car elles apparaissent comme une faiblesse et une quasi inadaptation et finalement comme un obstacle au bonheur , à l'équilibre et à la raison .
    Ce que Laclos espérait démontrer à mon humble avis et entre autres , c'est que seule la rigueur et la mesure couplés à la volonté et au discernement conduisent quelque part .
    C'est un grand moment de langue et de civilisation française que ce roman.
    Une sorte de grand siècle exquis de subtilités , d'exigences et d'ampleur .
    Chaque phrase est un délice de rythme , d'intensité et de calcul .
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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 21 mars 2012

    Nastasia-B
    Quand, sous l'Ancien Régime, un improbable militaire de haute noblesse empoigne sa plume pour rédiger un improbable roman épistolaire devisant d'amours libertines, on parle de curiosité.
    Quand ce singulier roman, plus de deux siècles plus tard, malgré les changements de tous ordres et le fossé des classes sociales arrive encore à émouvoir jusques aux tréfonds de la moelle une insignifiante créature roturière de tout juste dix-huit ans, qui sait à peine ce que le mot "littérature" veut dire, on parle de chef-d'œuvre.
    Quand, à travers les époques, ils sont des millions, de tous âges, de tous sexes, de toutes sensibilités, de toutes confessions, nationalités ou conditions sociales à avoir éprouvé un émoi comparable en tous points à celui de l'insignifiante roturière, on vénère l'un des plus grands patrimoines mondiaux de la littérature.
    Aaaah ! Combien plus belle, combien plus grande eut été votre contribution aux choses de la littérature qu'à celles des armées, Monsieur le Général Choderlos de Laclos !
    La Bruyère écrivait que: "Qui peut, avec les plus rares talents et le plus excellent mérite, n'être pas convaincu de son inutilité, quand il considère qu'il laisse en mourant un monde qui ne se sent pas de sa perte, et où tant de gens se trouvent pour le remplacer ? Combien d'hommes admirables, et qui avaient de très beaux génies, sont morts sans qu'on en ait parlé ! Combien vivent encore dont on ne parle point, et dont on ne parlera jamais !"
    Certes, vous n'êtes pas mort sans nous rien laisser, Monsieur de Laclos, mais un seul, un seul malheureux et orphelin petit roman, c'est bien peu, c'est trop peu, quand on sait faire autant.
    Que dire maintenant? L'histoire? tout le monde la connaît et si, par chance, vous l'ignoriez encore, ce serait sacrilège que de vous la déflorer. Les turpitudes du Vicomte de Valmont et de la Marquise de Merteuil auprès de la Présidente de Tourvel, sont, je suppose, à peu près connues de tous. Les dommages collatéraux également. Lisez-la, c'est la meilleure chose que vous ayez à faire. Qu'est-ce que vous risquez? Juste une superbe émotion dont vous vous réjouirez encore dans des décennies. Au pire, de l'indifférence... Si! Tous comptes faits, si! Il faut que je vous dise quelque chose, lorsque du haut de mes dix-huit ans, ignorante de tout et même de mon niveau d'ignorance, je lisais ces lettres, j'ignorais la classification des titres de noblesse. Aussi, peut-il être intéressant que je vous glisse cette information qui peut avoir son importance pour la bonne intelligence de deux ou trois subtilités. le titre de noblesse le plus bas est celui de Chevalier, puis Banneret, puis Baron, puis Vicomte, puis Comte, puis Marquis et enfin, le plus élevé, Duc. Président n'est normalement pas un titre de noblesse, mais il peut être utilisé pour désigner une personne noble occupant un emploi élevé, par exemple dans la magistrature. Quant à "Madame", c'est la version féminine de Sire ou Monseigneur et évoque un titre de noblesse accompagné d'un apparentement avec une famille royale, impériale ou princière. Autre précision d'importance, ce roman n'est ABSOLUMENT PAS pro libertinage et n'a ABSOLUMENT RIEN à voir avec les écrits de Sade.
    Sachez, pour conclure, que si aujourd'hui je lis des romans, vous y êtes vraisemblablement pour quelque chose, mes trois vibrants mousquetaires, Hugo, Laclos & Corneille. A vous trois, merci, et respect.
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    • Livres 5.00/5
    Par Bibliolibra, le 05 décembre 2011

    Bibliolibra
    Ah quel livre!
    Il est dommage que j'ai du le lire à l'époque dans le cadre contraint et forcé qu'est celui du lycée pour un de mes cours. Je suis sûre que si je l'avais lu pour mon plaisir et non pour une future analyse textuelle, je l'aurais encore plus apprécié!
    C'est pourquoi, huit ans après, je me suis décidée à le relire pour moi, ce qui est d'autant plus extasiant.
    Je n'ai, certes, à 24 ans plus le même regard que j'avais à 16 ans, mais je dois reconnaître que ce livre a été et reste une perle de grandeur, une perle d'écriture, une perle passionnante et dévorante!
    A lire, à lire et à relire!
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    • Livres 4.00/5
    Par belette2911, le 29 octobre 2012

    belette2911
    Ce roman traînait dans ma PAL depuis tellement longtemps...
    Pourtant, j'avais commencé sa lecture, il y a de cela bien longtemps, mais le style épistolaire et la baratin tarabiscoté utilisé à cette époque m'avaient paru tellement fastidieux que je n'avais pas accroché et je l'avais reposé définitivement.
    Que je croyais.
    Vive les challenges littéraires qui nous motivent à nous pencher sur ces romans perdus dans le fond de nos biblio.
    Je laisserai à Valmont le soin de vous déflorer l'histoire, si jamais vous ne la connaissiez pas.
    Sinon, je pourrais vous dire que je viens de lire 380 pages de machiavélisme ! A croire que la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont sont les descendants directs de Machiavel.
    La vengeance entraînant des dommages collatéraux, vaut mieux pas de trouver dans les parages de la marquise et du vicomte. Surtout si vous êtes un mâle et que la marquise de Merteuil a décidé de s'offrir votre tête pour le petit déj.
    Pareil si vous êtes une femme fidèle qui résiste. Cela poussera Valmont à tous les artifices pour vous attirer dans ses rets. Une femme qui est parée de toutes les vertus, que à côté, la Vierge Marie fait pâle figure, une femme qui se refuse, c'est bien plus excitant pour le vicomte que une qui les écarte tout de suite. le gibier n'en sera que meilleur une fois la chasse terminée.
    De même que l'oie blanche en provenance direct du couvent et qui doit marier un vieux mec plein de thunes. C'est si bon... et la puisque la marquise lui demande si gentiment, Valmont peut courir deux lièvres à la fois.
    J'ai bien souvent écarquillé les yeux en lisant leur prose et toutes les stratégies retorses qu'ils élaborent pour arriver à leurs fins. le pire est quand la victime que Valmont décide d'instruire est mineure d'âge (15 ans).
    On peut comprendre le scandale que le livre fit à l'époque. Les pires travers de l'aristocratie s'y trouvent.
    C'est du joli, tout cela ! Je ne regrette pas de m'y être penché à nouveau sur cet ouvrage.
    Attention, je vous avoue tout de même que j'ai commencé la lecture le 2 octobre et que je l'ai terminé le 29 octobre (de la même année, hein, n'exagérons pas).
    Entre les coups, j'ai lu d'autres livres tellement celui-ci me prenait du temps. Les tournures du langage sont bien souvent lourdes et il vaut mieux être attentif pour comprendre de qui Merteuil veut se venger et toutes les petites subtilités de l'histoire.
    De plus, mon édition (vendue avec le journal "Le Soir" à l'époque) avait les paragraphes qui commençaient tout en haut de la page, allait tout en bas et bien sur les côtés aussi. Voilà une raison de plus à la longueur de ma lecture.
    Moralité de l'histoire ? Les dégâts fait autour de Valmont et Merteuil sont incommensurables; on est puni par là où on a péché; il vaut mieux sortir "couvert"; l'amour rend les femmes complétement débiles (et les jeunes hommes aussi); la vanité et l'orgueil mènent tout droit dans le talus et un jour, tout se paie... Et cash !
    Un roman de plus qui m'a marqué, un !

    Lu dans le cadre du challenge "Badinage et libertinage" organisé par Minou, dans le cadre du Challenge "Romans Cultes" de Métaphore, dans le cadre du challenge "La littérature fait son cinéma" de Kabaret Kulturel ainsi que dans le cadre de l'Objectif PAL Noire à Zéro en partenariat avec Georges et L'Or et de mon propre challenge "Vingt mille lieues sous mes étagères".


    Lien : http://the-cannibal-lecteur.jimdo.com/9-romans-classiques/#14
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Citations et extraits

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  • Par Testifly, le 09 octobre 2013

    Lettre XLVIII

    Du Vicomte de Valmont à la Présidente de Tourvel

    C’est après une nuit orageuse, et pendant laquelle je n’ai pas fermé l’œil ; c’est après avoir été sans cesse ou dans l’agitation d’une ardeur dévorante, ou dans l’entier anéantissement de toutes les facultés de mon âme, que je viens chercher auprès de vous, Madame, un calme dont j’ai besoin, et dont pourtant je n’espère pas pouvoir jouir encore. En effet, la situation où je suis en vous écrivant me fait connaître, plus que jamais, la puissance irrésistible de l’amour ; j’ai peine à conserver assez d’empire sur moi pour mettre quelque ordre dans mes idées ; et déjà je prévois que je ne finirai pas cette Lettre, sans être obligé de l’interrompre. Quoi ! ne puis-je donc espérer que vous partagerez quelque jour le trouble que j’éprouve en ce moment ? J’ose croire cependant que, si vous le connaissiez bien, vous n’y seriez pas entièrement insensible. Croyez-moi, Madame, la froide tranquillité, le sommeil de l’âme, image de la mort, ne mènent point au bonheur ; les passions actives peuvent seules y conduire ; et malgré les tourments que vous me faites éprouver, je crois pouvoir assurer sans crainte, que, dans ce moment même, je suis plus heureux que vous. En vain m’accablez-vous de vos rigueurs désolantes ; elles ne m’empêchent point de m’abandonner entièrement à l’amour, et d’oublier, dans le délire qu’il me cause, le désespoir auquel vous me livrez. C’est ainsi que je veux me venger de l’exil auquel vous me condamnez. Jamais je n’eus tant de plaisir en vous écrivant ; jamais je ne ressentis, dans cette occupation, une émotion si douce, et cependant si vive. Tout semble augmenter mes transports : l’air que je respire est brûlant de volupté ; la table même sur laquelle je vous écris, consacrée pour la première fois à cet usage, devient pour moi l’autel sacré de l’amour ; combien elle va s’embellir à mes yeux ! j’aurai tracé sur elle le serment de vous aimer toujours ! Pardonnez, je vous en supplie, le délire que j’éprouve. Je devrais peut-être m’abandonner moins à des transports que vous ne partagez pas : il faut vous quitter un moment pour dissiper une ivresse qui s’augmente à chaque instant, et qui devient plus forte que moi.
    Je reviens à vous, Madame, et sans doute j’y reviens toujours avec le même empressement. Cependant le sentiment du bonheur a fui loin de moi ; il a fait place à celui des privations cruelles. A quoi me sert-il de vous parler de mes sentiments, si je cherche en vain les moyens de vous en convaincre ? Après tant d’efforts réitérés, la confiance et la force m’abandonnent à la fois. Si je me retrace encore les plaisirs de l’amour, c’est pour sentir plus vivement le regret d’en être privé. Je ne me vois de ressource que dans votre indulgence, et je sens trop, dans ce moment, combien j’en ai besoin pour espérer de l’obtenir. Cependant jamais mon amour ne fut plus respectueux, jamais il ne dut moins vous offenser ; il est tel, j’ose le dire, que la vertu la plus sévère ne devrait pas le craindre : mais je crains moi-même de vous entretenir plus longtemps de la peine que j’éprouve. Assuré que l’objet qui la cause ne la partage pas, il ne faut pas au moins abuser de ses bontés ; et ce serait le faire, que d’employer plus de temps à vous retracer cette douloureuse image. Je ne prends plus que celui de vous supplier de me répondre, et de ne jamais douter de la vérité de mes sentiments.

    Paris, ce 30 août.
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  • Par Bigmammy, le 17 janvier 2012

    On s'ennuie de tout, mon Ange, c'est une loi de la nature ; ce n'est pas ma faute.
    Si donc je m'ennuie aujourd'hui d'une aventure qui m'a occupé entièrement depuis quatre mortels mois, ce n'est pas ma faute.
    Si, par exemple, j'ai eu juste autant d'amour que toi de vertu, et c'est sûrement beaucoup dire, il n'est pas étonnant que l'un ait fini en même temps que l'autre. Ce n'est pas ma faute.
    Il suit de là, que depuis quelques temps je t'ai trompée : mais aussi, ton impitoyable tendresse m'y forçait en quelque sorte ! Ce n'est pas ma faute.
    Aujourd'hui, une femme que j'aime éperdument exige que je te sacrifie. Ce n'est pas ma faute.
    Je sens bien que te voilà une belle occasion de crier au parjure : mais si la nature n'a accordé aux hommes que la constance, tandis qu'elle donnait aux femmes l'obstination, ce n'est pas ma faute.
    Crois moi, choisis un autre amant, comme j'ai fait une autre maîtresse. Ce conseil est bon, très bon ; si tu le trouves mauvais, ce n'est pas ma faute.
    Adieu, mon ange, je t'ai prise avec plaisir, je te quitte sans regret : je reviendrai peut-être. Ainsi va le monde. Ce n'est pas ma faute.
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  • Par colimasson, le 14 novembre 2012

    Je pense à vous sans cesse, et n’y pense jamais sans trouble. Si je vous vois affligée, malheureuse, je souffre de tous vos chagrins ; si je vous vois tranquille et consolée, ce sont les miens qui redoublent. Partout je trouve le malheur.
    Ah ! qu’il n’en était pas ainsi, quand vous habitiez les mêmes lieux que moi ! Tout alors était plaisir. La certitude de vous voir embellissait même les moments de l’absence ; le temps qu’il fallait passer loin de vous m’approchait de vous en s’écoulant. L’emploi que j’en faisais ne vous était jamais étranger. Si je remplissais des devoirs, ils me rendaient plus dignes de vous ; si je cultivais quelque talent, j’espérais vous plaire davantage. Lors même que les distractions du monde m’emportaient loin de vous, je n’en étais point séparé. Au Spectacle, je cherchais à deviner ce qui vous aurait plu ; un concert me rappelait vos talents et nos si douces occupations.
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  • Par mellah, le 14 février 2013

    L’humanité n’est parfaite dans aucun genre, pas plus dans le mal que dans le bien. Le scélérat a ses vertus, comme l’honnête homme a ses faiblesses. Cette vérité me paraît d’autant plus nécessaire à croire, que c’est d’elle que dérive
    la nécessité de l’indulgence pour les méchants comme pour les bons; et qu’elle préserve ceux-ci de l’orgueil, et sauve les autres du découragement.



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  • Par Ode, le 28 mars 2013

    Croyez-moi, Vicomte, on acquiert rarement les qualités dont on peut se passer. Combattant sans risque, vous devez agir sans précaution. Pour vous autres hommes, les défaites ne sont que des succès de moins. Dans cette partie si inégale, notre fortune est de ne pas perdre, et votre malheur de ne pas gagner.

    (Lettre LXXXI, la marquise de Merteuil au vicomte de Valmont)
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