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Note moyenne 3.22 /5 (sur 77 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1971
Biographie :

Après des études à l’Inalco, il rejoint le monde de l’édition en tant qu’agent littéraire puis il lance la collection Naïve Sessions aux éditions Naïve.

Depuis 2009, il a en charge ,avec Jérôme Schmidt, la direction éditoriale des éditions inculte.

Il est l'auteur, notamment, de "La terre sous les ongles" et "La peau, l'écorce".

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Payot - Marque Page - Alexandre Civico - Atmore, Alabama

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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
xst   03 novembre 2015
La terre sous les ongles de Alexandre Civico
Un corps que la mort est en train d'aspirer à la paille, par petites gorgées ...

... Elle l'a fait tant attendre, cette dame. Elle est venue le chercher une fois laid.
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Azeline   08 mars 2020
Atmore Alabama de Alexandre Civico
Ce n'est pas l'Amérique que tu n'aimes pas, Eve. Ce sont les hommes. C'est l'humanité qui te dégoute. Elle te dégouterait ailleurs.
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Azeline   08 mars 2020
Atmore Alabama de Alexandre Civico
Mes parents sont mexicains, moi je suis née ici, juste de l'autre côté de la frontière, ça fait de moi une dreamer, une rêveuse.

Elle a montré la pièce qui nous entoure avant d'ajouter, il est beau mon rêve, tu ne trouves pas ? Ils inventent des mots qui ajoute du malheur au monde.

Techniquement, tu n'es pas une dreamer puisque tu es née ici.

Ah, ça doit être pour ça.
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Charybde2   12 septembre 2019
Atmore Alabama de Alexandre Civico
Le lendemain à l’aube, le sommeil s’est arrêté d’un coup. Net. Tant mieux puisqu’il me fallait prendre la route. J’ai quitté Orlando dans la fraîcheur d’un matin pluvieux. La voix de mon téléphone a repris sa litanie, plus ferme que la veille, plus claire. Bientôt, j’ai rejoint l’autoroute, l’Interstate 65, trois voies bordées d’arbres parcourues à vive allure par des camions aux chromes tapageurs, des pickups aux couleurs sombres et des voitures trop pressées. Depuis la veille, une dent travaillait ma gencive, une musaraigne apeurée se mouvait dans ma bouche, paniquée. La douleur était encore supportable, assez en tout cas pour que je puisse me concentrer sur la route, sur les monstres qui la parcouraient à vive allure sans égard pour mon petit véhicule poussif. Je la regardais, cette Amérique, et me suis dit qu’elle dégueulait d’Amérique. De ses propres signes, de ses clins d’œil à elle-même. Cette Amérique avec sa peau grenue, ses vergetures et son fond de teint mal étalé, ses routes larges, ses lumières qui éclairent le jour, ses couleurs stridentes, elle était telle que je l’avais laissée dans ma jeunesse, un peu plus fausse sans doute encore, mais cela venait peut-être de moi.
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Charybde2   17 décembre 2014
La terre sous les ongles de Alexandre Civico
Défilent les portes, les panneaux, tu ne sais pas exactement quel itinéraire tu vas suivre. La route, tu vas la faire au souvenir. La dose d’adrénaline qui a jailli dans tes veines à les en faire exploser paraît avoir diminué. Ça cogne moins fort dans ta poitrine. Une sortie t’indique Bordeaux. Tu y trouves ton premier jalon. Jusque-là, le chemin n’a rien de très compliqué. Une fois sur l’A 10, une vague de soulagement t’envahit. Devant toi, six cents kilomètres d’abrutissement. Se laisser glisser sur l’asphalte, dégringoler comme on se laisse tomber d’un monticule en joyeuses galipettes. La tension que te procure systématiquement la route s’estompe un peu, elle aussi. Scruter la jauge du carburant. Le réservoir est pratiquement plein. Ne pas s’arrêter avant d’avoir besoin d’essence. Quantité de lumières étoilent le tableau de bord. Elles clignotent, s’allument, s’éteignent sans que tu saches pourquoi. Fais confiance à la mécanique allemande. Tu sourirais presque. Allemand solide, Italien peu fiable. C’est ta conception héritée de la voiture. Un acquis.
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Charybde2   12 septembre 2019
Atmore Alabama de Alexandre Civico
Le premier train du jour surgit du brouillard. Deux gros yeux jaunes, en colère, jaillissent soudain, éclairant le museau renfrogné de la locomotive qui tire derrière elle des dizaines de wagons et de containers. Williams Station Day, dernier samedi d’octobre. L’odeur de carton-pâte des petits matins froids. Une brume épaisse couvre la matinée comme un châle. À l’approche de la gare, le train pousse un mugissement de taureau à l’agonie. La foule assemblée là pour le voir passer lance un grand cri de joie, applaudit, se regarde applaudir, les gens se prennent à témoin, oui, le Williams Station Day a bien officiellement commencé. Je regarde Eve, ses yeux aux teintes orangées brillent d’un éclat enfantin. Certains wagons sont bariolés aux couleurs de l’événement, d’autres aux couleurs de la sainte Amérique. La ville d’Atmore fête sa fondation, cent ans plus tôt, autour de la voie ferrée, seule et unique raison de son existence. On célèbre aujourd’hui l’établissement d’une vague gare devenue une vague ville. Le serpent monstrueux traverse, raide, Atmore pendant un bon quart d’heure, un kilomètre au moins de wagons et de containers avance à une allure modérée, bruyamment, devant une population qui revient tous les ans se célébrer elle-même. L’air est encore frais. Le brouillard ne devrait pas se lever avant une heure. Une bénévole sous un barnum blanc distribue des cafés chauds aux lève-tôt, aux fervents. aux fervents. Je vais en chercher deux, en tends un à Eve qui prend le gobelet entre ses mains pour se réchauffer. Elle boit une gorgée, se brûle la langue, s’en fout, scrute à nouveau l’immense chenille de fer. Je regarde Eve qui regarde le train, indifférente à ce qui l’entoure, aux autres, aux hommes, casquette et chemise à carreaux. Le train s’éloigne, quelques applaudissements épars jaillissent, la journée va pouvoir commencer. Je propose à Eve d’aller prendre un petit-déjeuner au Sprinkle Donuts où Berry est déjà à son poste. Elle acquiesce, a envie d’un honey bun et d’un litre de café.
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Fuyating   31 août 2019
Atmore Alabama de Alexandre Civico
Tout ce que l'on fera à partir de maintenant, c'est revivre cette même soirée, revivre cette même soirée, jusqu'à ce qu'elle s'épuise. On va la singer chaque fois un peu plus, l'imiter, et elle finira par avoir l'amertume de l'amande. La joie ne se cultive pas, elle n'existe qu'à l'état sauvage. Il faut la saisir quand elle passe puis la laisser partir.
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Charybde2   17 décembre 2014
La terre sous les ongles de Alexandre Civico
L’enfance a été banale. Toutes les enfances sont banales. Tes uniques points de comparaison étaient les copains du quartier. Arabes, Yougoslaves, Manouches, et Français. La plupart d’entre vous possédaient deux langues et méprisaient le pays d’origine. La langue des parents était chez tous une langue inculte, une langue au goût de terre, de poussière et de fuite, une langue crasseuse qui fait honte.

Le discours familial, l’héroïsme de classe, n’existaient pas. Pas encore. La notion même de classe était parfaitement étrangère. Les riches étaient loin, et ils n’étaient que les riches.

Ce n’est que plus tard, à l’adolescence, qu’il t’avait inculqué des choses, le père. Des choses confuses et brutes. L’oppression, les patrons, la classe ouvrière, les combats de la guerre d’Espagne. Des enseignements inutiles au milieu des enfants qui, comme vous, vivaient dans cette petite pauvreté que l’on ne dirait pas misère.
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Lalitote   16 novembre 2019
Atmore Alabama de Alexandre Civico
Je ne t'ai jamais emmené au cimetière. Il faut que tu vois ça. J'y vais souvent après avoir gobé un cachet, c'est l'endroit le plus agréable de la ville. Là-bas, tous les cons sont morts.
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Charybde2   12 septembre 2019
Atmore Alabama de Alexandre Civico
J’avais quitté Paris quelques heures plus tôt après avoir empaqueté rapidement mes affaires dans la valise noire. Mon billet d’avion fumait encore. Plus de chat à nourrir, tout juste une porte à claquer sur des fenêtres aux volets clos, un parquet aux lattes écartées, poussière débordant des rainures, une odeur rance de frigo en fin de mois et la porte d’une chambre que je n’avais jamais pu rouvrir.
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