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Note moyenne 4.26 /5 (sur 70 notes)

Nationalité : Argentine
Né(e) à : Buenos Aires , le 28/07/1928
Mort(e) à : Rosario , le 05/02/2022
Biographie :

Angélica Gorodischer, née Angélica Arcal, est un auteur argentin de science-fiction et de fantasy.

Elle est connue pour ses nouvelles où la science-fiction permet d’imaginer des situations de transgression, comme "Les embryons de la violette" (Los embriones del violeta, 1973).

En 1991, elle reçut à la fois la Bourse Fullbright de l’Université de Greeley (Colorado), le prix Gilgamesh de Fantasy pour son recueil de fantasy "Kalpa Imperial" (publié juste après la dernière dictature argentine en 1983), et le prix Gilgamesh de la nouvelle pour "Tel est le sud" (Así es el sur, 1984) et "Portrait de l'Impératrice" (Retrato de la Emperatriz, 1984).

En 1996, le Prix Dignité de l’Assemblée Permanente pour les Droits de l’Homme lui fut attribué pour son action en faveur des droits des femmes. Puis, en 2011, le World Fantasy Award lui fut décerné pour l’ensemble de son œuvre.

Ursula K. Le Guin a traduit en 1999 la troisième nouvelle de "Kalpa Imperial" sous le titre "The End of a Dynasty", et l'intégralité des deux recueils en 2003 sous le titre "Kalpa Imperial: The Greatest Empire That Never Was".

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Source : Wikipedia
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Quand tu vas dans un endroit dont tu ne sais rien et où tu ne connais personne, tu dois t’intéresser à trois choses : les librairies, les temples et les bordels.
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Le narrateur dit : À présent que soufflent des vents cléments, à présent que sont révolus les jours d’incertitude et les nuits de terreur, à présent qu’il n’y a plus de délations, de persécutions ou d’exécutions secrètes, à présent que le caprice et la folie ont disparu du cœur de l’Empire, à présent que ni nous ni nos enfants ne sommes assujettis à l’aveuglement du pouvoir ; à présent qu’un homme juste se tient sur le trône d’or et que les gens sortent tranquillement de leurs maisons pour voir s’il fait beau et vaquent à leurs occupations et planifient leurs vacances et les enfants vont à l’école et les acteurs jouent leur rôle du fond du cœur et les filles tombent amoureuses et les vieux meurent dans leur lit et les poètes chantent et les joailliers pèsent l’or derrière leurs petites vitrines et les jardiniers arrosent les parcs et les jeunes discutent et les aubergistes mettent de l’eau dans le vin et les maîtres enseignent ce qu’ils savent et nous autres les conteurs de contes contons de vieilles histoires et les archivistes archivent et les pêcheurs pêchent et tout un chacun peut décider selon ses vices et ses vertus ce qu’il doit faire de sa vie, maintenant n’importe qui peut entrer dans le palais de l’Empereur, par nécessité ou par curiosité ; n’importe qui peut visiter cette grande maison qui des années durant a été voilée, interdite, défendue par les armes, fermée et obscure comme le furent les âmes des Empereurs Guerriers de la dynastie des Ellydróvides.

(Incipit)
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— La trahison salit et corrompt tout ce qu’elle touche – disait-elle. Je promets aux cieux et à la terre et aux gens qui la peuplent d’expier pour le reste de ma vie la culpabilité d’avoir été ta femme, d’avoir partagé ton trône, ta table et ta couche.

À nouveau ils se taisaient tous. L’enfant prince prenait un fouet que lui remettait l’un des nobles, un fouet au manche de nacre, dix-sept queues et griffes en métal à leur extrémité, et avec celui-ci châtiait la statue, ce qui restait de la statue : vingt coups qui résonnaient au milieu des arbres.
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J’étais hier avec Trafalgar Medrano. Pas facile de le rencontrer. Ses activités dans l’import-export le mènent toujours par monts et par vaux. Mais, depuis les vaux, il revient parfois vers nos monts et il aime s’asseoir pour boire un café et discuter avec un ami.

(Incipit)
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Le jour où la Grande Impératrice interdit le transport privé sur roues, beaucoup dirent qu’elle était folle. […] Elle avait raison, bien sûr. Les fiacres et les diligences et les calèches disparurent. Seuls ceux pour qui il était indispensable de se déplacer à plus de vingt kilomètres pouvaient monter dans un transport public sur roues. Les autres marchaient, ou chevauchaient un âne, ou, s’ils étaient riches, circulaient en chaise à porteurs. La vie se fit plus lente. Les gens devinrent moins pressés, car se presser était inutile. Les grands centres commerciaux, bancaires et industriels disparurent, ceux où tout le monde s’entassait et se poussait et s’irritait et s’insultait, et des petites boutiques et des services ouvrirent dans chaque quartier, où chaque commerçant, chaque banquier, chaque entrepreneur connaissait ses clients et la famille de ses clients. Les grands hôpitaux disparurent, ceux qui servaient à une ville entière et parfois à plusieurs villes, car un blessé ou une parturiente ne pouvait plus couvrir rapidement de grandes distances, et des petits centres médicaux ouvrirent où les gens se rendaient lentement et où chaque médecin savait qui étaient ses patients et avait le temps de causer avec eux du temps, de la crue de la rivière, des progrès des bambins, et même des maladies. Les grandes écoles disparurent, celles où les élèves étaient un numéro sur un formulaire, et chaque maître sut pourquoi ses élèves étaient comme ils étaient, et les enfants se levaient sans précipitation et marchaient en se tenant la main le long de quelques pâtés de maisons sans que personne ait besoin de les accompagner et ils arrivaient à l’heure en classe. Les gens cessèrent de prendre des tranquillisants, les maris de crier sur leurs femmes et les femmes sur leurs maris, et plus personne ne frappait les bambins. Et les rancœurs s’apaisèrent, et, au lieu de prendre une arme pour s’approprier l’argent d’autrui, les gens employèrent leur temps à d’autres choses qui n’étaient pas la haine et se mirent à travailler outre mesure puisqu’il y avait à réformer, maintenant que les véhicules véloces n’existaient plus et que les distances s’étaient allongées. Même les villes changèrent. Les villes monstrueuses dans lesquelles un homme se sentait seul ou inutile se démembrèrent et chaque quartier se sépara de l’autre et il y eut des petits centres, quasiment une ville en soi pour chacun d’entre eux, autosuffisants, avec ses écoles et ses hôpitaux et ses musées et ses marchés et pas plus de deux ou trois policiers blasés et somnolents assis au soleil, buvant une limonade avec un vieux voisin retiré des affaires. Les petites villes ne poussèrent pas et ne ressentirent pas le besoin de s’étendre et de s’agrandir, mais, le long du long chemin qui les séparait les unes des autres se fondèrent de nouvelles communes, petites également, tranquilles également, pleines de jardins et de potagers et de maisons basses et de gens qui se connaissaient et de maîtres et de médecins et de conteurs de contes et de policiers débonnaires.
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Dans cette grande maison, dans une pièce obstruée par un toit écroulé, Bib trouva un jour à la fin de l’été un siège gigantesque, lourd comme une montagne, brillant comme les assiettes qu’il avait rapportées à sa mère en son premier jour d’homme, incrusté de perles dures comme celles du collier qu’elle portait depuis autour du cou à la place du chapelet de dents d’animaux chassés par Voro jadis un hiver alors qu’il n’était pas encore né. Il était si grand ce siège, si imposant, si massif, si démesuré, qu’il semblait à peine être fait pour un homme. Bib se dit que c’était celui d’un géant. Il se dit aussi que lui il était un géant. Ce n’était pas vrai, bien sûr, pour le moins s’agissant du corps : Bib était toujours un homme maigre et pas très grand. Mais il se dit ceci, il se dit que lui il était un géant et que le siège était fait pour lui. Et il gravit les trois marches de la base et s’assit. Seul, dans l’enceinte en ruine, dans l’obscurité quasi complète car il n’y avait pas plus de lumière que celle qui entrait par la brèche que le fils de Voro avait faite dans le toit tombé contre l’ancienne entrée de la salle, là, un barbare téméraire, curieux et désobéissant s’assit sur le trône d’or des seigneurs de l’Empire.
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Je crois que non seulement nous avons tous, partout, une conscience syncrétique du temps, mais aussi que partout coexistent les infinies variantes de ce qui a eu lieu, de ce qui aura lieu et de ce qui a lieu, et qu’en certains points et à certains instants elles s’entrecroisent peut-être et tu crois alors te souvenir de quelque chose que tu n’as jamais vécu ou pourrais avoir vécu ou pourrais vivre et ne vivras pas ou, comme dans mon cas avec le bol, que tu finis par vivre si s’offre l’impossible conjoncture – je n’ose pas la nommer coïncidence – de deux entrecroisements durant lesquels tu es présent.

C’est un souvenir, car dans une ou plusieurs variantes du temps tu l’as déjà vécu ou tu t’apprêtes à le vivre, ça revient au même.

Et ce n’est pas un souvenir, car si ça se trouve, dans ta ligne de variantes, cela n’a jamais eu lieu et n’aura jamais lieu.
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Tandis que de la capitale partaient des ordres vers toutes les casernes et tous les camps du nord, dans les peuplades du sud était attendu l’homme qui devait venir. Si dans un village un enfant demandait qui et comment et pourquoi et d’où et dans quel but, ses parents, ou ses grands-parents, ou ses oncles, s’il avait perdu ses parents, lui répondaient : — Celui qui s’en est allé est revenu. Les plus petits ou les plus innocents continuaient à demander : — Et il va rester avec nous ? Et les aînés souriaient et disaient : — Il s’en est allé et il est revenu, et il s’en va et revient, et il s’en ira et reviendra. — Mais pourquoi ? — Parce que tout n’est pas joué, leur expliquait-on.
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J’ai deux excellents amis là-bas, Le Maître des Vents Froids et Le Plus Robuste Dompteur de la Pâle Étoile Pâle. Sans compter La Duchesse de Génoise et La Fille Splendide, qui sont deux femmes formidables. Non, ils ne s’appellent pas comme ça, ce ne sont ni des titres ni des surnoms. À douze ans, chacun choisit son nom définitif et comme ils ont le sens de l’humour et de l’imagination et que tout est permis, les résultats sont stupéfiants. Et ce n’est pas tout. J’ai connu Le Géant Bleu et Verdâtre, Le Possédé par les Femmes, L’Ange Archange Ultraange, La Sauvage Capitaine des Nuages Tempétueux, L’Inventeur d’une Nouvelle Couleur Chaque Jour, L’Impératrice Obèsissime, bref, vous auriez du mal à y croire.
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Ce fut un bon empereur. Je ne vous dirais pas qu'il fût parfait car il ne le fut pas ; non, mes bons amis, aucun homme n'est parfait et un empereur l'est encore moins qui quiconque car il a entre les mains le pouvoir, et le pouvoir est nuisible comme un animal pas tout à fait domestiqué, il est dangereux comme un acide, il est doux et mortel comme du miel empoisonné.
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