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Note moyenne 4.03 /5 (sur 50 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1936
Biographie :

Professeur émérite d'histoire moderne à l'université de Montpellier III.


Source : http://histoireparis8.canalblog.com
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Bibliographie de Arlette Jouanna   (13)Voir plus

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Arlette Jouanna - Montaigne


Citations et extraits (7) Ajouter une citation
Henri-l-oiseleur   18 février 2019
La Saint-Barthélemy. Les mystères d'un crime d'État de Arlette Jouanna
1572 : mariage de Marguerite de Valois et d'Henri de Bourbon.

Marier les adversaires et unir les contraires : le pouvoir de séduction de cet idéal provenait de la place qu'il occupait dans la vision du monde prédominante au XVI°s. Dans l'imaginaire cosmologique du temps, le miraculeux équilibre de l'univers tait fondé sur la conjonction d'éléments dissemblables, eau, terre, air et feu, "estant (comme l'affirmait le juriste et philosophe Louis Le Roy) les choses legeres empeschées par les pesantes de s'eslever, et au contraire suspendues les pesantes qu'elles ne tombent". Les mêmes règles étaient censées régir la communauté humaine, dont l'ordonnance reflétait celle du cosmos grâce à de secrètes correspondances. Chez les hommes, c'était notamment au mariage qu'il incombait de sceller le rapprochement des adversaires. Cette idée s'alimentait aux sources chrétiennes : le sacrement crée un lien indissoluble, sanctifié par la grâce de Dieu et capable de surmonter tous les facteurs de rupture. Elle s'enracinait également dans la conception lignagère de la société qui prévalait alors : l'union de deux individus alliait aussi leurs lignées, voire leurs Etats, apaisant ainsi leurs éventuels conflits.



p. 76
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Henri-l-oiseleur   23 février 2019
La Saint-Barthélemy. Les mystères d'un crime d'État de Arlette Jouanna
(Après la Saint-Barthélémy).

L'allégresse ressentie par les militants de l'unité religieuse finira, devant la résistance de l'hérésie, par céder la place à un profond désenchantement, suivi de la résurgence d'un sentiment de culpabilité : si Dieu a relevé trop tôt le fléau de sa vengeance, n'est-ce pas que les fidèles se sont montrés trop tièdes, trop peu soucieux de sa gloire, trop attachés à leurs intérêts matériels ? Ce retour des catholiques sur eux-mêmes, effectué non pas pour regretter la fureur des matines parisiennes mais pour attribuer à leurs propres péchés l'inachèvement de la "grande purification", se traduira chez les ligueurs, après 1576 et surtout après 1585, par un vaste mouvement pénitentiel d'expiation collective : ils tourneront alors leur violence contre eux-mêmes plutôt que contre les hérétiques, notamment lors des flagellations des pénitents encagoulés menés en procession dans les villes et animés du désir pathétique de parvenir à la réconciliation avec Dieu.



p. 286
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SZRAMOWO   24 octobre 2017
Montaigne de Arlette Jouanna
L’entrée de Montaigne en magistrature fut assez mouvementée. Son oncle, Pierre Eyquem de Gaujac, avait acheté, on l’a dit, une charge de conseiller à la cour des aides érigée à Périgueux en 1554 ; il l’a transmise à son neveu en 1555 ou 1556 — la date précise est ignorée — avec une dispense d’âge pour ce dernier. Montaigne n’a pas exercé très longtemps dans cette ville ; peut-être même n’a-t-il pas été très assidu, car la jeune cour a dû lui paraître dès le début promise à un avenir bien incertain : les protestations du parlement de Bordeaux et des cours des aides de Paris et de Montpellier, dont les ressorts se trouvaient amoindris, furent telles que le roi dut se résoudre à la supprimer, en mai 1557, et décider que ses membres seraient incorporés au Parlement bordelais. De nouvelles difficultés surgirent aussitôt ; le Parlement n’était pas prêt à obtempérer et émit de vigoureuses récriminations. Le gouvernement royal recula et imagina alors une solution bâtarde, dont l’échec était prévisible : par l’édit de septembre 1557, il ordonna d’accueillir les nouveaux venus dans une chambre des requêtes du palais — à ne pas confondre avec les requêtes de l’Hôtel, tribunal des maîtres des requêtes — dont la création, décrétée en 1543, n’avait pas encore été mise en œuvre. Cette chambre devait s’adjoindre à celles qui existaient déjà au parlement de Bordeaux : la grand-chambre, la plus prestigieuse, qui jugeait en dernier ressort et présidait, lors des assemblées plénières, à l’enregistrement des actes royaux ; les deux chambres des enquêtes, qui instruisaient les affaires et préparaient les arrêts ; enfin la tournelle, qui s’occupait des crimes, ainsi appelée parce que les magistrats des autres chambres y siégeaient à tour de rôle. La nouvelle chambre, instituée sous le titre de « cour des aides et chambre des requêtes du palais de Bordeaux », possédait un statut spécial, puisque ses membres, en sus de l’accueil des requêtes des justiciables et du jugement en première instance des causes de certains privilégiés, conservaient pour la Guyenne leur ancienne compétence en matière de contentieux fiscal, ce qui leur valait des gages annuels de 500 livres, supérieurs à ceux des magistrats des enquêtes qui n’en percevaient que 375 — à quoi s’ajoutaient, pour les uns comme pour les autres, des épices, taxes accordées aux rapporteurs de chaque affaire traitée.
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Henri-l-oiseleur   20 février 2019
La Saint-Barthélemy. Les mystères d'un crime d'État de Arlette Jouanna
(Attentat contre Coligny, 22 août 1572).

Aucune des suppositions émises par les contemporains sur le ou les commanditaires du guet-apens ne réunit des preuves assez plausibles pour les étayer ; toutes, au contraire, se révèlent fragiles. Mais, avant d'aller plus loin, ne faudrait-il pas s'interroger sur cette obstination à rechercher les instigateurs du crime parmi les souverains ou les grands ? Préoccupation compréhensible chez les contemporains, pour qui il était inconcevable qu'un acte aussi hardi ait été l'oeuvre de petits personnages, mais plus difficile à expliquer chez les historiens d'aujourd'hui. L'histoire offre assez d'exemples d'attentats commis précisément au moment où des négociations de paix semblaient aboutir, dans le but de les saboter et de relancer la guerre, pour qu'on ne puisse pas imaginer que tel ait été le cas le 22 août 1572. Pour saborder la paix célébrée de façon si éclatante - et si provocante - lors des noces d'Henri de Navarre et de Marguerite de Valois, point n'a été besoin de rechercher l'aval d'un grand ; la fureur meurtrière des catholiques parisiens les plus enflammés a pu fournir une incitation suffisante aux auteurs de l'entreprise. Le fait que Maurevert, Villemur et Chailly aient appartenu aux réseaux guisards prouve seulement que ces réseaux ont bien fonctionné et ont fourni l'indispensable logistique. Rien ne dit qu'Henri de Guise ou son oncle Aumale aient été tenus au courant ; peut-être même a-t-on voulu, en les impliquant malgré eux, les obliger à sortir d'une inaction jugée scandaleuse par leurs partisans. Car l'issue de l'attentat ne faisait guère de doute : la colère des protestants allait se retourner contre les Lorrains et la guerre allait reprendre, entraînant cette fois l'éradication définitive de l'hérésie, comme pouvaient l'espérer les plus radicaux des catholiques, fomentateurs probables du complot contre l'amiral.



pp. 140-141
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Henri-l-oiseleur   02 novembre 2017
Montaigne de Arlette Jouanna
... "tolérance". Ce mot, sous sa plume et sous celle de ses contemporains, ne désigne que la résignation à un mal qu'il faut supporter.



p. 166
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Laureneb   29 octobre 2018
Le Prince absolu de Arlette Jouanna
Une autre grande figure libertine est celle de Gabriel Naudé ; il a dressé le projet d'une bibliothèque idéale où tout homme docte serait le "maître absolu" de son plaisir, "puisqu'il le peut mesnager à sa fantaisie, le prendre quand il veut, le quitter quand il luy plaist, l'entretenir tant que bon luy semble". En classant logiquement ses livres, le bibliothécaire reconstruisait dans un espace à la fois privé et ouvert à ses pairs cette ordonnance à vocation d'universalité que la raison n'arrivait plus à déceler dans le monde extérieur.
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PartizanEric   25 juin 2018
La Saint-Barthélemy de Arlette Jouanna
"Tuez les tous et qu'il n'en reste pas un seul pour me le reprocher" (Charles IX)
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