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Citations de Eric Dupin (26)


Un vrai changement social et écologique passe obligatoirement par un combat politique dont la dimension culturelle est essentielle. Or, sur ce plan, la bataille est à peine engagée. Le modèle consumériste continue de séduire le plus grand nombre. 
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Soyons toutefois très attentifs à ne pas verser dans la caricature si souvent peinte des «bobos». Sous ce vocable, devenu une injure trop commode, on amalgame des positions sociales et des attitudes idéologiques extrêmement diverses. Les «bourgeois bohèmes», friqués et snobs, dénoncés par la chanson de Renaud de 2006, ne sont pas du tout ceux que j’ai croisés au cours de ce voyage. Il faudrait plutôt parler de «petits bobos», de personnes dotées d’un bon niveau culturel, mais de faibles ressources économiques. Surtout, les défricheurs se caractérisent par la cohérence entre leurs paroles et leurs actes, alors que les «bobos» honnis manifestent une coupable hypocrisie, laissant s’installer une dangereuse distance entre leurs bons sentiments et leurs pratiques sociales (...)
A vrai dire, la cohorte des défricheurs appartient à une certaine élite au sens propre du terme. Elle ne brille pas par sa supériorité en termes d’argent ou de pouvoir, mais peut se revendiquer d’appartenir au groupe des «meilleurs» du point de vue de l’éthique sociale et écologique. Le «mouvement convivialiste» dont parle Patrick Viveret est composé de ceux qui ont compris que la «joie» est un «sentiment beaucoup plus profond que le plaisir». La première, «à la jonction d’un chemin personnel et d’une transformation sociétale», apporte plénitude et apaisement, tandis que le second, exigeant toujours plus d’excitations, est générateur de frustrations sans cesse renouvelées. Encore faut-il reconnaître qu’atteindre une telle sagesse n’est pas si facile. Cela suppose d’avoir décidé d’opérer un travail exigeant sur soi et de l’avoir mené à bien. C’est en ce sens que cette mouvance peut être qualifiée d’élitiste (...)
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Quand tout le monde triche ou presque, bien sot est celui qui demeure honnête. Gâre à ce demeuré qui s'écarte du mode de vie dominant de l'époque. Il sera pris pour un lâche, un prétentieux, un archaïque, un bigot, un idéaliste, bref, un crétin.
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Page 250.
D'innombrables projets échouent en se fracassant sur le roc des individualités. L'égo fait autant de ravages dans les associations ou les partis politiques que dans les entreprises. Les bénévoles ne sont pas les derniers à succomber aux phénomènes de domination de personnalités excessivement affirmées. Le but de cette université particulière est d'apprendre la "coopération" et des méthodes de prises de décision qui respectent autant le collectif que l'individu. Cette autre forme de "gouvernance" est inséparable d'un "développement personnel" qui échappe aux pièges du nombrilisme.
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" Dans la manière de s'expliquer, on doit éviter de parler trop clairement; et dans la conversation, il ne faut pas toujours parler à cœur ouvert ". François Mitterand avait parfaitement saisi tout cela. Alan Greenspan, le puissant gouverneur de la banque centrale américaine, aussi. On se souvient de sa savoureuse remarque: "Si vous avez compris ce que je viens de dire, c'est que je me suis mal exprimé."
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Le cynisme des "gens d'en haut" est d'un impératif d'ordre stratégique. Taire les vérités les plus profondes est une nécessité vitale pour assoir son pouvoir sur le plus grand nombre. Manipuler les hommes est une fonction essentielle des dominants qui passe par la maitrise d'un savoir-faire particulier.
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La morale est alors le lot des imbéciles dont se dispensent les malins. Comme le disait Bertolt Brecht, "les malins vivent des imbéciles et les imbéciles du travail"
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Sloterdijk évoque les cyniques qui "témoignent d'une ironisation radicale de la morale et de la convention sociale, comme si, pour ainsi dire, les lois n'étaient là que pour les imbéciles, alors que sur les lèvres de ceux qui savent se dessine ce sourire fatalement avisé".

Qui n'a jamais croisé le regard supérieur, tout juste atténué par un rictus de politesse conventionnelle, de certains "décideurs" ?
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" Oui, Mesdames, il faut l'admettre, tous les hommes sont de beaux salauds, sauf quelques-uns. Mais ,en général, les femmes ne les aiment pas ceux-là"
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Pas de vague, pas d'introspection critique, pas de contestation des absurdités environnantes. Ces cyniques ordinaires se caractérisent encore par un respect absolu pour les détenteurs du pouvoir, qu'ils soient grands ou petits. Et par mépris de fer pour les insignifiants qui n'ont pas les moyens de se faire entendre. Pas de pitié, et encore moins de considération, pour ceux qui ne représentent aucune espèce de menace pour sa propre proposition.
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Le cynisme antique nous rappelle Peter Sloterdijk, est un "original solitaire" doublé d'un "moralisme provocateur et obstiné". Le cynique moderne, à l'inverse, se distingue par son conformisme opportuniste, et son amoralisme décomplexé.
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Argument empirique: on rencontre en réalité très peu de cyniques véritablement heureux. Le cynisme est souvent une réaction de défense de l'individu déboussolé par son environnement social.
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L'individu cynique préserve son confort intellectuel en se dispensant explicitement de tout choix moral. N'ayant nul besoin de savoir ce qui est bon ou mauvais, il poursuit son intérêt selon les codes en vigueur de la comédie sociale. Tous les coups sont permis à condition de ne pas se faire prendre. L'astuce consiste à reporter sur l'ensemble de la société la charge de faire respecter un semblant de morale. C'est pourquoi un étonnant moralisme baigne tant de discours officiels.
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Le mal ne réside dès lors que dans la sanction et la condamnation. Sinon, pas vu, pas pris.
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Or travailler exclusivement pour l'argent mène tout droit à un variant du nihilisme social.
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L'individu ne se préoccupe plus du "sens" de son existence, une question apparemment obsolète à l'heure du postmodernisme. Obsédé par le souci d'être dans le sens du vent, il pratique un mimétisme social supposé garantir son intégration. Ce personnage sacrifiera toujours ses convictions - quand il lui en reste - à ses intérêts.
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En occident, du moins, la religion a énormément perdu de son emprise sur les esprits. L'injonction morale a été fatalement atteinte.
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Dans un monde désenchanté, privé de toute illusion transcendantale et orphelin d'espérance historique, rien n'incite à se préoccuper du sens moral de ses actes.
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Lorsqu'on ne croit plus ni aux dieux ni même au hommes, il est pour le moins étrange d'astreindre à "bien se comporter".
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Mais le cynisme moderne est si proliférant qu'il apparaît comme un mode d'expression du conformisme.
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