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Note moyenne 3.84 /5 (sur 299 notes)

Nationalité : Canada
Né(e) à : Montréal , le 21/10/1958
Mort(e) à : Montréal , le 9/07/2013
Biographie :

Gaétan Soucy est un écrivain et un philosophe québécois.

Ayant d'abord étudié les sciences, il obtient ensuite un B.A. de lettres et un M.A. en philosophie.

Il a étudié la langue japonaise et a voyagé au Japon dans les années 1990. Aujourd'hui, il est enseignant en philosophie au Cégep Édouard-Montpetit à Longueuil et chargé de cours à l'Université du Québec à Montréal.

La littérature de Soucy se distingue par sa recherche stylistique sur la langue, ainsi que par ses thèmes récurrents : la gémellité, le corps mutilé, le parent cruel, l'enfant supplicié, le remords, le pardon et l'âme errante à la recherche d'amour.

En 1999, le prix Ringuet et le prix du grand public du Salon du livre de Montréal - La Presse lui sont décernés.

"Music-Hall !" paraît au Québec chez Boréal et en France aux éditions du Seuil, qui ont publié "L'Acquittement" l'année précédente.

En 2003, il reçoit le prix des libraires du Québec, le prix Jean-Hamelin et le grand prix de littérature française hors de France (prix Nessim-Habif).
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Vidéo de

Présentation de Gaétan Soucy, écrivain canadien, par Claude Rouquet (L'Escampette éditions) à l'occasion du festival littéraire Passeurs de monde(s). Vidéo réalisée par les yeux d'IZO. © Centre du livre et de la lecture en Poitou-Charentes - 2009

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Citations et extraits (79) Voir plus Ajouter une citation
Parfois la voix de papa s'élevait par dessus la mélodie, la chevauchait quelques instants et je peux vous dire, c'est horrible comme c'était beau.
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Et je me disais qu'est-ce-qu'on a fait de tout ça, pensant à nous-même autant qu'à nos semblables dans leur totalité pensive. On dirait des fois que je suis seule sur terre à l'aimer, moi, la vie. Mais quand on essaie d'aimer, tout devient compliqué, car peu de gens ont de cela la même imagination dans le chapeau
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… marcher ainsi parmi les monticules de dictionnaires est ce que j’ai connu de plus enivrant jusqu’ici sur cette planète, exception faite du tout petit moment où nous avons mis nos transports en commun et que vous avez daigné me serrer contre votre poitrine et que ma langue s’est promenée sur votre visage…
(Boréal, p.99)
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Nous avons dû prendre l'univers en main mon frère et moi car un matin peu avant l'aube papa rendit l'âme sans crier gare. Sa dépouille crispée dans une douleur dont il ne restait plus que l'écorce, ses décrets si subitement tombés en poussière, tout ça gisait dans la chambre de l'étage d'où papa nous commandait tout, la veille encore. Il nous fallait des ordres pour ne pas nous affaisser en morceaux, mon frère et moi, c'était notre mortier. Sans papa nous ne savions rien faire. À peine pouvions-nous par nous-mêmes hésiter, exister, avoir peur, souffrir.
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C'est parce que je suis né sous le signe astronomique de l'âne que je suis comme çà, à l'instar des veaux et des gorets.
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Vous ne pouvez pas savoir combien il y en avait, il me fallait quatre heures rien que pour les étaler, je parle de l’argenterie évidemment. Je ne sais pas si j’ai songé à l’écrire, mais la propreté cela me rend folle dans le bourrichon, tellement j’aime. Il y avait des cuillères de toutes sortes, de toutes les familles, et des soucoupes et des assiettes et des coupes et des couteaux, je n’en finirais pas si je disais tout ce qui se trouvait enfoncé dans les tiroirs et les armoires de la salle de bal, en or, en cristal, en argent, en verre de bristol, en pierre philosophale, en tout ce que vous voudrez de plus émerveillant. J’examinais chaque ustensile, c’est ainsi que ça se nomme, je n’aurais pas toléré la moindre brume, tout devait étinceler, j’astiquais, j’asticotais jamais ma jupe n’aura autant servi et à meilleur usage. J’enlevais la poussière et les débris de marbre qui jonchaient le sol , encore ce verbe joncher, et je disposais mes poupées de lumière avec mille et un soins d’amour sur la plus haute des fenêtres où le soleil pénétrait pour venir danser dans ce merveilleux labyrinthe de netteté et d’arrêtes éclatantes. Je crois que ces ustensiles, il y en avait bien quarante-cent-cinquante- treize, toutes les fois que j’ai essayé de les compter à mesure que je les rangeais en rangée, ma tête se mettait à tourner dans le mauvais sens et je perdais le chiffre tellement il y en avait combien, sur mon cœur. Il m’arrivait de valser tout autour, mes pieds nus sur la froideur des dalles amochées. Mais la plupart du temps, les bras étendus tel un engoulevent, je restais debout à les contempler, sans bouger plus qu’une souris apeurée, et je sentais toutes les tristesses et les désemparements tomber de mes ailes, comme au printemps tombent des toits les stalactites de glaçons, que père de son vivant appelait des tsoulala, car il avait été missionnaire au japon à l’époque où il était beau gosse, ne me demandez pas où ça se trouve, quelque part de l’autre côté de la pinède.
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Les nuages envahissaient le ciel avec une vélocité fascinante, comme dans les films d'épouvante. Bientôt on ne vit plus de la neige qu'une stupeur grise et la campagne se perdit dans l'obscurité. Seul demeurait un anneau de firmament à l'horizon, bleu ecchymose, où une dernière étoile brillait comme un éclat de miroir au soleil. Louis pensait à la fille du bedeau. Qu'éprouvait-elle, si elle était encore de ce monde? A l'heure où elle commençait peut-être à désespérer d'un secours, cette femme voyait le ciel se refermer au-dessus d'elle, comme sur la mouche prisonnière l'ombre grandissante de l'araignée, et cette étoile fiévreuse, qui brûlait avec l'intensité de ce qui ne veut pas mourir, ressemblait à un cri effrayant et muet.
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- Je... J'ai cru longtemps que cette épreuve [la mort de mon fils] m'avait été envoyée par Dieu pour me rappeler à l'ordre, pour me sortir de la torpeur où je végétais, de mon incapacité depuis deux ans à composer la moindre musique. Aussi me suis-je jeté dans le travail. Comprenez-vous? Je croyais que Dieu attendais de moi que je compose un magnifique oratorio inspiré par la douleur!... Comme si Dieu achetait quelques pages de musique avec la vie d'un enfant... Mais c'est ma vanité, le démon de ma vanité en réalité qui me soufflait tout ça... [...]
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Et c'est là que me revenaient à l'esprit toutes sortes de questions que je me posais avant de lire l'incomprehensiblissime éthique de spinoza, où j'appris entre autres, pas plus tard que l'an dernier, que la vraie religion doit être non pas une méditation de la mort, mais une méditation de la vie, pourriture! fais ton office. (Page 117)
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Le plus grave, même quand on se croit ou s'espère désolidarisé de son époque, en rupture idéologique avec elle, c'est que des courants si profonds affectent notre conduite et pervertissent jusqu'à notre manière d'être. Alors nous jetons. Les objets, "les produits", les amants, les amis.
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