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Note moyenne 4.2 /5 (sur 20 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Nice , le 13/06/1951
Biographie :

Agrégé et docteur ès lettres, Georges Forestier a été assistant à l'université de Coimbra au Portugal, professeur à l'IUFM de Rouen, maître de conférence, puis professeur à Reims et Paris III, avant de devenir professeur à Paris IV. Il dirige actuellement le Centre de Recherche sur l'Histoire du Théâtre de la Sorbonne.

Ses travaux d'édition portent principalement sur Racine et Molière (édition des œuvres complètes dans la bibliothèque de la Pléiade, avec la collaboration notamment de Claude Bourqui) mais aussi sur des auteurs moins connus du grand public comme Rotrou, Brosse, Boyer...

Il met (notamment) en valeur l'importance des travaux réflexifs de Corneille (examens, discours, actuellement disponibles en édition critique présentée par Marc Escola en GF) et souligne la construction "à rebours" de ces tragédies.

Sa dernière publication est une biographie de Jean Racine.

Il est l'ami de trente ans de Bertrand Marchal, le grand spécialiste de Mallarmé.


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Georges Forestier
Musardise_aka_CthulieLaMignonne   06 février 2019
Georges Forestier
- Matthieu Garrigou-Lagrange : Or, pour vous, [Molière] n'était pas à proprement parler un auteur populaire.

- Georges Forestier : Absolument pas. C'est une invention du XIXème siècle, d'abord des Romantiques, mais surtout de la IIIème République, qui avait besoin de faire de Molière la figure tutélaire de la nouvelle nation en train de se construire face à la Prusse. Et donc, on a essayé de faire chez Molière une sorte de tradition qui remonte jusqu'à la gauloiserie médiévale [...], c'est pour ça qu'on a insisté sur Molière farceur [...]. Alors qu'en fait, il suffit tout simplement de voir qui était son public, de voir le prix d'une place de théâtre au XVIIème siècle...

- M. G-L. : C'était extrêmement cher.

- G. F. : Comme aujourd'hui, d’ailleurs, hein. Dans les meilleurs théâtres, les places sont extrêmement chères, et qui va au théâtre aujourd'hui ? Les gens qui ont de l'argent...



La Compagnie des auteurs
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Jean-Daniel   08 août 2021
Molière de Georges Forestier
3. Et Poquelin devint Molière (1643-1645)

Le 30 juin 1643, un mois et demi après la mort de Louis XIII, un peu plus de six mois après celle de Richelieu, à l’aube d’un nouveau règne et d’une ère nouvelle, Jean-Baptiste Poquelin, âgé de vingt et un ans, signait un contrat d’association avec dix autres personnes pour légaliser l’existence d’une troupe qu’ils nommèrent l’Illustre Théâtre. L’adjectif était à la mode : il servait à qualifier des hommes au mérite éclatant, et l’on voyait depuis peu dans les romans et les tragi-comédies de grands princes devenus d’« illustres corsaires » ou d’« illustres pirates ». Pour des débutants, quoi de mieux que de se présenter comme déjà illustres ? Le notaire avait apporté le contrat rue de la Perle, chez les Béjart. Les autres signataires étaient Joseph, Madeleine et Geneviève Béjart, Catherine des Urlis, Germain Clérin, Nicolas Bonnenfant, Madeleine Malingre, Denis Beys et Georges Pinel. Apposèrent aussi leur signature, outre le notaire, les garants pour les deux comédiennes encore mineures, Marie Hervé pour sa fille Geneviève Béjart (dix-neuf ans), et la mère de Catherine des Urlis (seize ans). Signa aussi André Mareschal, auteur de théâtre renommé depuis le début des années 1630, présent en outre du fait de sa qualité d’avocat. Jean-Baptiste est déclaré habitant rue de Thorigny, tandis que les trois Béjart sont domiciliés dans la maison de leur mère, rue de la Perle.

La date de ce contrat surprend. C’est trois semaines avant Pâques, au cœur du carême, au moment où toute activité théâtrale devait cesser, que la plupart des comédiens français se retrouvaient à Paris…
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Jean-Daniel   12 août 2021
Molière de Georges Forestier
8. La naissance de Sganarelle (1660)

La pochade des Précieuses n’avait pas manqué d’enrichir la troupe. Quand finit la saison, à la mi-mars 1660, la portion des bénéfices revenant à chaque comédien — la « part d’acteur » — frôlait les 3 000 livres, plus du double de la très courte saison précédente, alors que le nombre d’acteurs avait augmenté et que les recettes devaient être désormais divisées en douze parts au lieu de onze. Pour Molière, le bilan était encore meilleur, puisqu’il était aussi auteur : à sa part d’acteur s’ajoutèrent des sommes prélevées à cinq reprises sur les recettes à son intention en décembre et en janvier, pour un total de 1 000 livres. Son revenu annuel avait atteint 4 000 livres : plus de vingt fois le salaire annuel des mieux payés des commis de son père. Sur le plan financier, Molière était en train de réussir au-delà de ce que quiconque de son milieu d’origine pouvait espérer.

Tout serait donc allé pour le mieux si les deuils ne s’étaient enchaînés durant le relâche de Pâques. Ce fut d’abord le vieux Jodelet, qui s’éteignit le Vendredi saint. Il fut enterré le lendemain avec un « convoi de 16 prêtres » à Saint-Germain-l’Auxerrois, preuve qu’il avait eu le temps, comme Joseph Béjart un an plus tôt, d’abjurer son métier de comédien devant un prêtre et de recevoir l’extrême-onction. Ce fut ensuite la mort de Jean Poquelin le jeune, tapissier valet de chambre du roi, le samedi 3 avril. Les liens étaient restés très étroits entre les deux frères.
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Jean-Daniel   09 août 2021
Molière de Georges Forestier
6. « La meilleure des troupes de campagne » (1656-1658)

Avec sa brillante adaptation de L’inavertito, Molière était passé au-delà des « raccommodages » et des petites comédies pour devenir un véritable « comédien-auteur ». Une espèce encore peu répandue en France, malgré le précédent de Desfontaines, naguère invité à rejoindre l’Illustre Théâtre pour sa facilité à composer tragédies et tragi-comédies. Rien d’étonnant à ce que Molière ait vite été entraîné à se lancer dans la composition d’une nouvelle grande comédie. Si l’automne-hiver 1655-1656, à Pézenas, la troupe avait été particulièrement sollicitée — et Molière plus encore que ses compagnons auprès du prince de Conti —, les longues semaines passées ensuite dans la petite ville de Narbonne, puis à Bordeaux durant l’été et la plus grande partie de l’automne de 1656, lui permirent d’avancer suffisamment son travail d’écriture pour pouvoir proposer une nouvelle comédie à la session suivante des États du Languedoc. Sachant que les comédiens avaient quitté Bordeaux le 5 décembre et qu’ils jouèrent quelques jours à Agen à compter du 9 décembre, ce dut être vers le 15 décembre 1656 qu’eut lieu à Béziers la création de la nouvelle comédie.
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Jean-Daniel   12 août 2021
Molière de Georges Forestier
7. La conquête de Paris et le miracle des Précieuses (1658-1659)

En devenant la « Troupe de Monsieur, Frère Unique du Roi », Molière et ses amis s’installèrent au Petit-Bourbon, un bâtiment royal, gratuit, bien connu du public grâce aux comédiens italiens, et qui jouxtait le Louvre. Difficile de rêver meilleures conditions, dût-on jouer les lundis, mercredis, jeudis et samedis, « jours extraordinaires », du fait du partage de la salle avec les Italiens — qui ne s’étaient peut-être pas réjouis d’apprendre l’arrivée dans leurs murs de ces comédiens de campagne… Les Béjart, Molière et quelques autres se logèrent tout à côté, dans une maison dite « de l’Image Saint-Germain », sise sur le quai de l’École (l’actuel quai du Louvre).

Vingt-quatre ans plus tard, les rédacteurs de la préface à la grande édition des Œuvres de Monsieur de Molière ne se soucièrent pas des circonstances de l’installation. Seule leur importait la présentation de la troupe au roi, qu’ils datèrent du 24 octobre 1658. Premiers artisans du légendaire moliéresque, ils sublimèrent les débuts parisiens dans une sorte de « récit de fondation » : comme si tout avait découlé d’une rencontre, décisive, entre Molière et Louis XIV, prélude à un tête-à-tête qui allait durer jusqu’à la mort du comédien-auteur.
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Jean-Daniel   09 août 2021
Molière de Georges Forestier
4. Naissance d’un chef (1646-1653)

Faut-il parler d’« exil » à propos de cette longue période ouverte en avril 1646 par le départ vers la province de la compagnie de Charles Dufresne, et achevée à l’automne de 1658 par le retour à Paris de la même troupe devenue entre-temps celle de Molière ? Oui, à la condition de préciser. Douze années durant, Molière, Madeleine et leurs camarades jouèrent loin de Paris, eux qui avaient eu le culot, tout juste débutants, de tenter d’abord leur chance dans la capitale. Mais ce fut un exil doré. Après avoir sillonné la riche Guyenne et souvent suivi la vallée de la Garonne, d’Agen à Bordeaux en passant par le somptueux petit château des ducs d’Épernon à Cadillac, ils oscillèrent entre le très riche Languedoc où ils furent invités par d’autres fastueux protecteurs et où l’argent coulait à flots, et l’opulente ville de Lyon où ils séjournèrent si souvent et si longtemps qu’ils passèrent quelquefois pour la troupe de la ville.
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5Arabella   03 novembre 2017
Molière de Georges Forestier
De la centaine d'épitaphes qui ont fleuri au lendemain de la mort de Molière, on retiendra celle de La Fontaine :



Sous ce tombeau gisent Plaute et Térence,

Et cependant le seul Molière y gît.

Leurs trois talents ne formaient qu'un esprit

Dont le bel art réjouissait la France.

Ils sont partis ! et j'ai peu d'espérance

De les revoir. Malgré tous nos efforts,

Pour un long temps, selon toute apparence,

Térence, et Plaute, et Molière sont morts.
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5Arabella   01 août 2018
Jean Racine de Georges Forestier
En somme, ce que la postérité devait connaître des grands écrivains, c'était uniquement le monument qu'ils avaient eux-mêmes érigé dans l'espoir de permettre à leur gloire poétique de franchir les siècles. Quant à leur existence, elle était strictement d'ordre privé : dans une société chrétienne et aristocratique, on n'exhibait son moi social que pour mieux laisser ignorer le moi intime.
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5Arabella   17 août 2017
Essai de génétique théâtrale : Corneille à l'oeuvre de Georges Forestier
C'est encore de la dignité de la réponse que peut apporter un héros (c'est à dire un Homme) à une situation impossible qu'il est question.
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5Arabella   10 septembre 2017
CORNEILLE. Le sens d'une dramaturgie de Georges Forestier
On remarquera simplement qu'il ne s'agissait pas chez Aristote d'un constat de nature esthétique : l'argument était strictement rhétorique ; l'intérêt d'un sujet historique est dans le fait qu'il permet de "persuader", c'est sa seule supériorité sur un sujet inventé. L'argumentation a été reprise par tous les théoriciens de la poésie héroïque, c'est à dire non seulement de l'épopée et de la tragédie, mais aussi du roman, et il semble que Corneille soit l'un des seuls à avoir réfléchi sur la manière de dépasser ce point de vue rhétorique : tout en s'en servant pour donner la couleur du vrai aux conflits extraordinaires - et jugés invraisemblables par les théoriciens de son temps - qu'il mettait en scène, il a conçu la fiction théâtrale comme un jeu dialectique entre le vrai et le faux pour reconstruire une histoire à la fois plus forte que la véritable histoire, et compatible avec elle.
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