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4.56/5 (sur 9 notes)

Nationalité : Pologne
Né(e) à : Zamosc , le 18/05/1852
Mort(e) à : Varsovie , le 3/04/1915
Biographie :

Isaac Leib Peretz (né le 18 Mai 1852 à Zamość, mort le 3 Avril 1915 à Varsovie), connu également en tant que Leybush Peretz יצחק־לייבוש פרץ et Izaak Lejb Perec (en polonais) mais surtout sous le nom de I.L. Peretz, était un écrivain et dramaturge de langue yiddish. Selon Payson R. Stevens, Charles M. Levine et Sol Steinmetz, il fait partie des trois auteurs classiques de la littérature yiddish, aux côtés de Cholem Aleichem et de Mendele Moich Sforim. Il joua, selon Sol Liptzin, un rôle pionnier dans l'émergence d'une littérature yiddish, donnant ses lettres de noblesse à une langue jusqu'alors décriée comme un vulgaire jargon.
Contrairement aux autres Maskilim, il tenait en grande estime les Juifs Hassidiques pour leur mode de vie, tout en admettant que des concessions à la faiblesse humaine étaient nécessaires. Ses nouvelles "If Not Higher", "The Treasure", ou "Beside the Dying" symbolisent l'importance de privilégier les devoirs du cœur plutôt que les devoirs du corps.
Né dans un shtetl de Zamość dans une famille d'ascendance sépharade, et éduqué dans une famille orthodoxe, il fut séduit, dès l'âge de quinze ans, par les idées de la Haskalah. Prenant ses distances par rapport à son entourage, il se lança de son propre chef dans des lectures profanes, lisant en polonais, en russe, en allemand et en français. S'inclinant devant la volonté de sa mère de le voir rester à Zamość, il renonça à son projet de rejoindre une école rabbinique réformée à Jytomyr, et se maria avec la fille de Gabriel Judah Lichtenfeld. Il s'essaya sans succès à la distillation de whisky, puis commença à écrire en hébreu : de la poésie, des chansons et des contes - quelques-uns écrits "à quatre mains", avec son beau-père. Ceci n'empêcha nullement son divorce, en 1878, à la suite duquel il se remaria avec Hélène Ringelblum. À la même époque, il réussit le concours d'avocat, métier qu'il exerça pendant une dizaine d'années, jusqu'à la révocation de son autorisation en 1889 par les autorités de la Russie impériale, en vertu de soupçons quant à son nationalisme polonais. Dès lors, il s'établit à Varsovie, subsistant grâce à un modeste emploi de bureau au sein de la communauté juive locale. Il lança Hazomir (Le rossignol), qui devint un pôle culturel important de la Varsovie yiddish d'avant-guerre. Il publia en 1888 son premier ouvrage en yiddish, La Ballade de Monish.
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Source : Wikipédia
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Citations et extraits (7) Ajouter une citation
Mon cœur est avec vous : l’homme doit manger a sa faim et assouvir sa soif de lumiere. Et il doit etre libre, pouvoir disposer de lui-meme, de lui et de son labeur. Et lorsque vous mordez le poing qui veut vous faire rentrer votre libre parole, votre brulante protestation, au fond de la gorge, afin que personne ne l’entende, je me rejouis ; je prie Dieu qu’il vous aiguise les dents. Et lorsque vous marchez contre l’antique Sodome inique et voulez la renverser, mon ame vous accompagne ; la certitude que vous devez vaincre me comble, me rechauffe et me grise comme un vin vieux.

Et pourtant… Pourtant, je vous crains. J’ai peur des opprimes qui deviennent vainqueurs, ils peuvent se muer en oppresseurs, et tout oppresseur peche contre l’esprit humain. Ne dit-on pas parmi vous que l’humanite doit marcher au pas, telle une armee au front que vous guiderez par vos chants martiaux ? Pourtant, l’humanite n’est pas une armee. Les plus vaillants vont de l’avant, ceux qui ont plus de cœur ressentent en profondeur, les plus fiers croissent en hauteur, vous, n’allez-vous pas abattre les cedres pour qu’ils ne poussent pas plus haut que l’herbe ? N’allez-vous pas deployer vos ailes sur la mediocrite ? N’allez-vous pas cuirasser l’indifference au juste et à l’injuste, et ne proteger que le troupeau gris uniformément tondu ? Je vous crains.

[…] Il n’y aura plus de maisons sans fenetres, mais dans la brume seront noyees les ames. Il n’y aura plus d’estomac vide, mais seront affamees les ames. Nulle oreille n’entendra plus de cris de douleur, mais l’aigle – l’esprit humain – les ailes coupees, se tiendra devant la mangeoire avec le bœuf et la vache.

Et la justice qui vous accompagnait sur le chemin epineux et sanglant de la victoire, la justice vous abandonnera et vous ne le remarquerez pas : a cet egard les vainqueurs et les dominateurs sont aveugles, et vous serez des vainqueurs et des dominateurs. Vous sombrerez dans l’injustice, dans l’iniquite, et vous ne sentirez pas le marecage sous vos pieds. Tout tyran se sent solide, stable et immuable tant qu’il n’est pas tombe.

Vous construirez des prisons pour ceux qui tendront la main afin de vous montrer l’abime vers lequel vous vous precipitez. Et vous arracherez de leur bouche les langues qui vous mettront en garde contre ceux qui viendront apres vous afin de vous aneantir, vous et votre iniquite. Avec cruaute vous defendrez l’egalite des droits du troupeau a brouter l’herbe sous ses pieds et a lecher le sel au-dessus de sa tete, et vous considererez comme vos ennemis les individus libres, surhommes, inventeurs de genie, prophetes, liberateurs, poetes et artistes.

[…] Et lorsque ce lendemain auquel vous aspirez sera devenu un aujourd’hui, c’est vous qui serez les defenseurs du jour d’hier, des neiges d’antan, de ce qui est defunt, mort. C’est vous qui foulerez aux pieds les jeunes pousses du jour a venir et aneantirez leurs bourgeons, vous qui deverserez un deluge d’eau glacee sur la tete des grands esprits, prophetes, visionnaires, porteurs de reves et d’esperances nouvelles.

[…] Je desire, j’espere votre victoire, mais j’ai peur, je tremble a l’idee de votre victoire. Vous etes mon espoir, vous etes mon effroi.
[ 1906 ]
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Nous avons quitté Tishèvits. Une odeur printanière en provenance des champs verdoyants envahit nos narines. L’orphelin m’entraîna vers un arbre. Et sous sa frondaison nous nous sommes assis.
Une idée m’a traversé l’esprit. Je suppose que c’est ici qu’il venait s’asseoir avec sa maman. C’est probablement elle qui a dû lui enseigner le nom des plantes qui poussent sur ces étroits lopins de terre appartenant à la municipalité. Car il savait identifier les cultures de froment, de blé, de pommes de terre...
— Et ici, on voit pousser des chardons. Personne n’en mange donc, des chardons ?
— Si, on dit que les ânes en mangent.
— Pourquoi, me demanda-t-il, Dieu a-t-il fait en sorte que chaque créature mange autre chose ?
— Il ne sait pas que s’ils mangeaient tous pareil, ils seraient tous égaux.
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Lorsque Dieu a procédé au partage de l’univers, le paysan a pris la terre, le pêcheur le lac, le chasseur la forêt, le jardinier les vergers et le marchand les étalons de poids ainsi que la balance. Et ainsi de suite. Pendant ce temps-là, le poète s’attardait dans la forêt où le rossignol le charmait de son chant et les arbres lui susurraient dans l’oreille maints secrets des bois... Mais les yeux – les yeux du poète – ne parvenaient pas à se détacher des genoux de la lavandière et de la planche de blanchisseuse qu’elle tenait à la main. C’est ainsi que le troubadour a perdu toute notion de l’heure et s’est présenté en retard. Et quand il est arrivé, l’univers avait déjà été partagé. De sorte que Dieu ne disposait plus à son intention que des nuages, des arcs-en-ciel, des roses et des oiseaux d’été. En revenant, il n’a même plus retrouvé la lavandière. Elle s’était fait engager quelque part comme nourrice... — Puisque tu as de l’imagination, lui dit l’Eternel, eh bien ! Tu n’as qu’à te créer des univers toi-meme!
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Le shtetl se situe à droite de la forêt, près d’un petit cours d’eau. Il se compose de deux parties. La première se déroule comme un énorme lacet. C’est une rue nivelée et pavée, bordée de maisons de brique surmontées de toits de zinc. Des bâtisses rivées au sol par leurs fondations, bref la matérialité même. Les habitants de cette rue sont certains d’y vivre et d’y mourir. Toutes les bourrasques du monde ne sauraient les en déloger. C’est seulement au bout de cette artère que l’on entre dans la seconde partie. Nous voici plongés dans un tout autre univers. Ici, tout est spiritualité. Des maisons de construction légère, à vrai dire d’immenses poulaillers, généralement de bois de sapin et de chaume, rarement un toit recouvert d’ardoises. Il suffirait d’une petite brise pour tout emporter... Ses habitants espèrent-ils trouver le raccourci menant à Jérusalem ? Cherchent-ils, comme la chèvre immortelle, le Mont du Temple ? Ou bien spéculent-ils plutôt sur l’indemnité que pourrait leur verser la caisse d’assurance incendie ? Et voyez comme les habitants ressemblent à leurs maisons ! Eux aussi ont la poitrine en bréchet et des yeux assombris comme des fenêtres obscures.
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Une mélodie, cela vit, mais cela meurt aussi. Et lorsqu'on l'oublie, c'est comme si on avait oublié un être disparu. Cet être autrefois a été jeune, plein de vigueur et de vie : avec le temps, il s'est affaibli, ses forces l'ont abandonné peu à peu... puis son dernier souffle l'a quitté et il est allé s'éteindre quelque part. Il n'est plus. Mais toute mélodie peut ressusciter. Il arrive que l'on se rappelle subitement un air d'antan, revenu d'on ne sait où, palpitant dans la bouche... À son insu, on lui insuffle un nouveau sentiment, une nouvelle âme, et le voici rajeuni, presque une mélodie neuve. Pour sûr, il s'agit là de la métamorphose d'une mélodie.
     
"Métamorphose d'une Mélodie"
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À quoi bon s'attrister ? Si le Maître de l'Univers n'a pas voulu que nous ayons de quoi célébrer notre Pâque chez nous à la maison, il faut accepter sa sentence. Nous irons célébrer le seder ailleurs. Ne t'en fais pas, personne ne nous repoussera. Ce soir, toutes les portes sont ouvertes... Car les Juifs se conforment tous à ce que proclame la Haggadah: kol dikhfin yeithi veyeikhoul, ce qui signifie: "Quiconque à faim vienne et mange"
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Car le yetser hara se faufile partout, il s'attaque à tout. Or nous savons que plus grand est l'arbre, plus grande aussi est l'ombre qu'il projette. Il en est de même en ce qui concerne l'homme : plus il a d'envergure et plus son yetser hara est vigoureux. C'est ce qu'affirme leTalmud!
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