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Note moyenne 3.93 /5 (sur 179 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Marseille , le 5/03/1937
Biographie :

Né le 5 mars 1937 à Marseille, Jean Orizet est un poète et un prosateur français dont l'œuvre s'inscrit dans la lignée des écrivains voyageurs et humanistes. Co-fondateur à Paris de la revue Poésie 1 en 1969 et des éditions du Cherche midi en 1975, Orizet effectue également des missions pour les services culturels du Ministère des Affaires étrangères et pour l'Alliance française.

Traduite en vingt langues, son œuvre est couronnée par de nombreux prix. Il est membre de l'académie Mallarmé, de l'association internationale de la critique littéraire et président d'honneur du PEN club français. On lui doit l'invention du concept d'« entretemps » qui sous-tend l'ensemble de ses écrits

Source : Wikipédia
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Citations et extraits (96) Voir plus Ajouter une citation
Jooh   02 mai 2014
Les Cent plus beaux poèmes de la langue française de Jean Orizet
Aidons-nous mutuellement,

La charge des malheurs en sera plus légère ;

Le bien que l’on fait à son frère

Pour le mal que l’on souffre est un soulagement.



Extrait de L’AVEUGLE ET LE PARALYTIQUE – Jean-Pierre Claris de Florian

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Jooh   30 avril 2014
Les Cent plus beaux poèmes de la langue française de Jean Orizet
A MADAME DU CHATELET – Voltaire



Si vous voulez que j’aime encore,

Rendez-moi l’âge des amours ;

Au crépuscule de mes jours,

Rejoignez, s’il se peut, l’aurore.



Des beaux lieux où le dieu du vin

Avec l’Amour tient son empire,

Le Temps, qui me prend par la main,

M’avertit que je me retire.



De son inflexible rigueur

Tirons au moins quelque avantage,

Qui n’a pas l’esprit de son âge,

De son âge à tout le malheur.



Laissons à la belle jeunesse

Ses folâtres emportements.

Nous ne vivons que deux moments :

Qu’il en soit un pour la sagesse.



Quoi ! Pour toujours vous me fuyez,

Tendresse, illusion, folie,

Dons du ciel, qui me consoliez

Des amertumes de la vie !



On meurt deux fois, je le vois bien ;

Cessez d’aimer et d’être aimable,

C’est une mort insupportable ;

Cessez de vivre ce n’est rien.



Ainsi je déplorais la perte

Des erreurs de mes premiers ans ;

Et mon âme, aux désirs ouverte,

Regrettait ses égarements,



Du ciel alors daignant descendre,

L’Amitié vint à mon secours ;

Elle était peut-être aussi tendre,

Mais moins vive que les Amours.



Touché de sa beauté nouvelle,

Et de sa lumière éclairé,

Je la suivis ; mais je pleurai

De ne pouvoir plus suivre qu’elle.

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Jooh   03 mai 2014
Les Cent plus beaux poèmes de la langue française de Jean Orizet
CHANSON DE FORTUNIO – Alfred de Musset



Si vous croyez que je vais dire

Qui j'ose aimer,

Je ne saurais, pour un empire,

Vous la nommer.



Nous allons chanter à la ronde,

Si vous voulez,

Que je l'adore et qu'elle est blonde

Comme les blés.



Je fais ce que sa fantaisie

Veut m'ordonner,

Et je puis, s'il lui faut ma vie,

La lui donner.



Du mal qu'une amour ignorée

Nous fait souffrir,

J'en porte l'âme déchirée

Jusqu'à mourir.



Mais j'aime trop pour que je die

Qui j'ose aimer,

Et je veux mourir pour ma mie

Sans la nommer.

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Jooh   28 avril 2014
Les Cent plus beaux poèmes de la langue française de Jean Orizet
LA COMPLAINTE (Fragment) - Rutebeuf



Les maux ne savent seuls venir :

Tout ce qui m'était à venir

Est advenu.

Que sont mes amis devenus

Que j'avais de si près tenus

Et tant aimés ?

Je crois qu'ils sont trop clair semés :

Ils ne furent pas bien fumés,

S'ils m'ont failli.

Ces amis-là m'ont bien trahi,

Car, tant que Dieu m'a assailli

En maint côté,

N'en vis un seul en mon logis :

Le vent, je crois, les m'a ôtés.

L'amour est morte :

Ce sont amis que vent emporte,

Et il ventait devant ma porte :

Les emporta.
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Jmlyr   10 août 2017
Anthologie de la Poésie française de Jean Orizet
Alphonse de Lamartine

1790-1869



LE LAC



Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,

Dans la nuit éternelle emportés sans retour,

Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges

Jeter l'ancre un seul jour ?



Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,

Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,

Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre

Où tu la vis s'asseoir !



Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,

Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,

Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes

Sur ses pieds adorés.



Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;

On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,

Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence

Tes flots harmonieux.



Tout à coup des accents inconnus à la terre

Du rivage charmé frappèrent les échos ;

Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère

Laissa tomber ces mots :



" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !



" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,

Coulez, coulez pour eux ;

Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;

Oubliez les heureux.



" Mais je demande en vain quelques moments encore,

Le temps m'échappe et fuit ;

Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore

Va dissiper la nuit.



" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,

Hâtons-nous, jouissons !

L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;

Il coule, et nous passons ! "



Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,

Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,

S'envolent loin de nous de la même vitesse

Que les jours de malheur ?



Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?

Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !

Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,

Ne nous les rendra plus !



Éternité, néant, passé, sombres abîmes,

Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?

Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes

Que vous nous ravissez ?



Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !

Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,

Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,

Au moins le souvenir !



Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,

Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,

Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages

Qui pendent sur tes eaux.



Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,

Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,

Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface

De ses molles clartés.



Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,

Que les parfums légers de ton air embaumé,

Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,

Tout dise : Ils ont aimé !
+ Lire la suite
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coco4649   08 novembre 2018
La Poésie française contemporaine de Jean Orizet
Ne rien dire de mon corps…





Ne rien dire de mon corps

que les sommeils colportent d’une nuit à l’autre

comme un cavalier nu

ne rien dire des veines décousues par les doigts des hommes

ni de cette poitrine sur laquelle marchent les oiseaux

ne pas parler non plus des fées féroces

que le travail a penchées sur leur rouet

surtout ne pas citer les mots

qui ouvriraient mon ventre comme une voile





//Claire Genoux , Suisse, née le 08/09/1971

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SissiScarlett   26 mai 2020
La bibliothèque de poésie, tome 06 : La poésie romantique 2/2 de Jean Orizet
J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,

Parce qu'on les hait ;

Et que rien n'exauce et que tout châtie

leur morne souhait ;



Parce qu'elles sont maudites, chétives,

Noirs êtres rampants ;

Parce qu'elles sont les tristes captives

De leur guet-apens ;



Parce qu'elles sont prises dans leur œuvre ;

O sort ! fatals nœuds !

Parce que l'ortie est une couleuvre,

L'araignée un gueux ;



Parce qu'elles ont l'ombre des abîmes,

Parce qu'on les fuit,

Parce qu'elles sont toutes deux victimes

De la sombre nuit.



Passants, faites grâce à la plante obscure,

Au pauvre animal.

Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,

Oh ! plaignez le mal !



Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ;

Tout veut un baiser.

Dans leur fauve horreur, pour peu qu'on oublie

De les écraser,



Pour peu qu'on leur jette un œil moins superbe,

Tout bas, loin du jour,

La mauvaise bête et la mauvaise herbe

Murmurent : Amour!



Victor Hugo. Juillet 1842
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tamara29   22 mars 2020
La Poésie française contemporaine de Jean Orizet
De l’autre côté de la nuit,

Il y a cette présence et ce silence

Espérés,

De ce côté, l’attente,

Et cette lancinante question.



De l’autre côté du jour,

Il y a les chimères de la vie,

Une ferveur inassouvie,

De ce côté, l’interminable fuite

Des jours et des nuits.



Sylvestre Clancier (1946)
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oliviersavignat   18 mai 2020
Anthologie de la Poésie française de Jean Orizet
Adage



Il faut vivre pour être heureux

Pour être malheureux faut vivre

C'est un adage et même deux

écrits par un philosophe ivre.



Raymond Queneau
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SabiSab28   10 mai 2016
Les Cent plus beaux poèmes de la langue française de Jean Orizet
Un petit roseau m'a suffi

Pour faire frémir l'herbe haute

Et tout le pré

Et les doux saules

Et le ruisseau qui chante aussi;

Un petit roseau m'a suffi

A faire chanter la forêt.

(...)

Odelette, Henri de Régnier (1864-1936)
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Poème méconnu du siècle passé 16

De la manière dont finira cette poésie / on ne sait encore rien / Je n'ai encore dit à personne / comment elle finira / c'est pourquoi la foule s'est rassemblée / devant ma fenêtre / personne ne veut rater le final / et chaque habitant de la ville / me regarde à la longue-vue / moi, je me lève je m'habille je bois mon café / je sais que je suis exaspérant / mais je ne peux dire si facilement / comment tout cela finira / même le roi et ses conseillers / sont venus avec leurs fauteuils / ils se sont assis tout devant / et ils attendent de voir / comment finira cette poésie

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