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Note moyenne 4.15 /5 (sur 402 notes)

Nationalité : Espagne
Né(e) à : Barcelone , le 01/02/1917
Mort(e) à : Madrid , le 08/04/2013
Biographie :

José Luis Sampedro est un écrivain et économiste espagnol.

Au moment de sa naissance, sa famille déménagea à Tanger, où il vécut jusqu'à l'âge de 13 ans. En 1936 il est mobilisé dans l'armée républicaine pour la Guerre d'Espagne. Plus tard, il rejoint l'armée nationale. Après avoir obtenu un place de fonctionnaire des douanes à Melilla il déménage à Madrid, où il fait des études de Sciences économiques. Il les termine en 1947 avec le Prix extraordinaire.

Il commence à travailler dans la Banque Extérieure d'Espagne, dont il deviendra vice-directeur, et donne dans le même temps des cours à l'université. En 1955 il devient Professeur de Structure économique à l'Université Complutense de Madrid, poste qu'il occupera jusqu'en 1969, tout en exerçant divers postes dans la Banque Extérieure d'Espagne.

Entre 1969 et 1970, il devient professeur visiteur des universités de Salford et de Liverpool. A son retour en Espagne il demande une disponibilité de l'Université Complutense et entre au Ministère des Finances. En 1976 il retourne dans la Banque Extérieure d'Espagne. En 1977 il est nommé Sénateur par décision royale, poste qu'il occupera jusqu'en 1979.

En parallèle de son activité professionnelle comme économiste, il publie divers romans. Après sa mise à la retraite, il se consacre à l'écriture. Il obtient un grand succès avec son roman "Le sourire étrusque" ("La sonrisa etrusca", 1985). En 1990 il est nommé membre de l'Académie Royale Espagnole.
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La chronique de Gérard Collard - 30 ans de La griffe Noire #1


Citations et extraits (81) Voir plus Ajouter une citation

Laisse-moi te guider, mon tout petit ! Je te mettrai sur la bonne voie pour escalader la vie, qui est dure comme la montagne, mais qui te remplit le cœur quand tu es au sommet !

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A cet instant, le miracle. Les petits yeux s’ouvrent, noirs, deux puits insondables pleins de l’eau profonde d’une décision. Soudain, comme le vieux s’est dressé contre l’ombre inquiétante, le petit corps remue, se découvre, fait passer ses petites jambes par-dessus le bord du lit et, au contact du sol, se redresse, lâche les barreaux, se retourne vers le grand-Père assis par terre… et fait trois petits pas chancelants, tout seul, pour arriver dans les vieux bras émus.

Bras qui l’accueillent, le serrent, l’étreignait, se font tendres autour de ce petit prodige tiède, lui mouillent les joues de quelques gouttes salées qui roulent sur les vieilles lèvres tremblantes…

— Tes premiers pad ! Pour moi ! Maintenant je peux … !

Le bonheur, si fort qu’il lui fait mal, étouffe ses paroles.

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L'apparition pourtant attendue l'émeut. Ce n'est pas un enfant dans sa grenouillère blanche, mais un petit ange lumineux qui ouvre ses bras comme des ailes dans la nuit. Le vieux se laisse tomber à genoux et l'enfant s'abandonne aux bras nerveux qui étreignent le petit corps tiède et tendrement odorant.

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Ces petits pots de pharmacie pour l’enfant, du pur médicament, même s’ils appellent ça “veau” ou “poulet” ! Ce lait qui ne fait jamais de crème ! Et c’est pour tout comme ça… Quand le vieux a demandé à Andrea si on ne donnait pas de temps en temps à l’enfant une infusion de châtaignes avec de l’eau-de-vie de mûre, comme elle a frémi d’horreur ! Ses yeux gris se sont durcis et pour une fois elle ne trouvait plus ses mots. “Pourtant, même les gamins savent qu’à un petit mâle, il faut donner de l’eau-de-vie de mûre pour qu’il ne s’étiole pas. Ça oui, de la vraie ; rien de pharmaceutique.”

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La pomme d'Adam monte et descend sur le cou flasque du dieu d'alors, qui jette la tête en arrière pour terminer son verre. Il s'essuie ensuite du dos de la main et le geste surprend Renato. Pourquoi, puisque c'est l'habitude là-bas? Mais Renato s'aperçoit que le père réprime ce geste maintenant. Bien plus, ces dernières semaines, il a cessé de fumer ; et il ne porte plus ses bottes dans maison. Il se rase même tous les jours et une fois, il a pris un bain sans qu'on le lui dise. Renato a entendu Anunziata plaisanter : "Allons, allons, on se pomponne, hein ?" "Oui, a répliqué le vieux, je veux être beau pour mourir."

"Milan le civilise", a commenté Andrea quelques nuits auparavant. Mais Renato le sait, ce n'est pas Milan, c'est le petit. Brunettino transforme son grand-père. Et maintenant le fils dans une vague d'infinie tendresse, fait au vieux l'offrande de son cœur. Vieux, oui ; dans ce profil de joyeux buveur, le nez déjà s'affile et le menton tremblote : un vieux aux portes de la mort.

La vision révélatrice déchire Renato qui se penche sur son assiette et avale quelques bouchées pour cacher ses yeux humides. Les larmes réprimées le menacent de l'intérieur. Comment la vie des chênes et des aigles comme son père peut-elle avoir une fin ? Cet homme a été le ciel dans toute sa grandeur, tempétueux, arbitraire, implacable parfois ; mais aussi généreux, créateur, bénéfique... Il s'est cramponné à la vie en l'étreignant comme un ours, il l'a bue à grandes goulées... Et ce bûcher s'éteint !

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Je ne suis plus sûr de certaines choses, je te dis. Quand est-ce que j’aurais pu penser que l’homme fleurit lui aussi ! Il fleurit avec la femme, bien sûr, c’est elle notre printemps pour de vrai. Près d’elle, on s’ouvre le soir comme la belle-de-nuit, si on a la chance de la rencontrer.

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Et c’est pour cela qu’il y a des anges femelles, ajoute le vieux en se souvenant du corps de Dunka.

— Pardon, Monsieur Roncone, intervient un élève présomptueux, tout droit sorti du Séminaire, les anges n’ont pas de sexe.

La stupéfaction du vieux augmente encore :

— Foutaises ! Qui a dit ça ?

— Les écritures. Le Pape.

Le vieux éclate de rire.

— Et qu’est-ce qu’il en sait du sexe, le Pape ? En plus, comment est-ce qu’on peut vivre sans sexe ? Si nous les hommes, on en a un, comment les anges, qui nous sont supérieurs, n’en auraient pas ? Est-ce que Dieu les aurait créés pour les punir en les privant d’anges femelles ?… Quelles drôles d’idées il a le Pape, dis donc !

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mais cette armoire continue à l'impressionner comme la première fois qu'il la ouverte pour chercher un mouchoir, il s'en souvient très bien. Maintenant encore, il est retenu par cette provocation : les couleurs joyeuses, les robes qui suggèrent son corps et surtout, surtout, l'odeur, les odeurs qui dilatent ses narines.

Cette armoire n'est pas qu'une grosse boite, elle est beaucoup plus. Ces portes s'ouvrent sur une chambre secrète, un temple aux trésors mystérieux. Les étoffes pendues lui rappellent les passes d'oiseaux dans la montagne où on tend les filets pour attraper les pigeons ramiers; comme un un ramier, son cœur s'empêtre dans une telle promesse, dans ces révélations intime.

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-Les enfants, il ne faut pas les prendre dans les bras. Ils s’habituent vous comprenez ? C’est ce qu’on dit dans le livre.

–Et à quoi ils doivent s’habituer ? À ce que personne les touche ?… Les livres ! Vous savez où je me les mets ? Parfaitement, Madame, là !… Les livres ! Même les petits chevreaux, qui vont seuls à la mamelle à peine nés, la mère les lèche à longueur de journée, et ce sont des animaux !

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Maintenant je comprends, petit, pourquoi je viens ici chaque nuit ! Pour nous faire une maison à nous à l'intérieur de celle-ci, pour qu'on vive ensemble, toi et moi, compagnons de maquis....Si ces gens là ne savent pas vivre, toi au moins, tu sauras, parce que moi je sais....C'est pour ça, mais cela ne m'était jamais venu à

l'idée ; seulement maintenant, près de toi justement...C'est qu'auprès de toi, j'apprends, camarade, incroyable ! Oui, j'apprends de toi. Je ne sais pas comment, mais tu m'instruis . Ah mon Brunettino, mon miracle.

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