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Note moyenne 4.17 /5 (sur 51 notes)

Nationalité : Russie
Né(e) à : Léningrad , le 24/05/1940
Mort(e) à : New York , le 28/01/1996
Biographie :

Joseph Alexandrovitch Brodsky (en russe : Иосиф Александрович Бродский) est un poète, essayiste et dramaturge russe et américain.

Il fut lauréat du prix Nobel de littérature en 1987.

Brodsky est issu d'une famille juive russe démunie de Léningrad. Il interrompt ses études à l'âge de 16 ans et vit de divers petits métiers. Il s'initie en autodidacte aux sciences humaines ainsi qu'à l'Histoire, la littérature, la philosophie et la mythologie. Il intègre bientôt les cercles littéraires d'Union Soviétique et fréquente entre autres Anna Akhmatova.

Alors que sa popularité ne cesse de croître en U.R.S.S, il est arrêté en 1964 et condamné pour "parasitisme social" à cinq ans de travaux forcés dans la région d'Arkhangelsk. Libéré un an plus tard, il rentre à Léningrad mais n'arrive pas à faire publier ses ouvrages. Constamment surveillé, il est expulsé d'URSS en juin 1972.

Après un bref séjour à Vienne où il est accueilli par W. H. Auden, il s'établit aux États-Unis où, comme Nabokov, il écrit des articles en anglais, regroupés plus tard dans son recueil "Loin de Byzance".

Parmi ses recueils de poèmes, on note "La Procession" (1962), "Collines" (1962), "Isaac et Abraham" (1962), "Élégie à John Donne" (1963), "Gortchakov et Gorbounov" (1965-1968), "La Partie du discours" (1977), "Nouvelles Stances" (1983), "Urania" (1987).

Ayant accédé à la citoyenneté américaine en 1977, il enseigne à l'Université du Michigan et devient une figure marquante des milieux intellectuels new-yorkais, statut qui lui permet de donner des conférences dans le monde entier.

En 1990, il épouse Maria Sozzani dont il aura une fille. Joseph Brodsky meurt des suites d'une crise cardiaque. Il est enterré sur l'île de San Michele, l'île-cimetière de Venise.
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Videos et interviews (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de

Joseph BRODSKY – Poète russe, Citoyen américain (DOCUMENTAIRE, 1989) Un documentaire de Christophe de Ponfilly et Victor Loupan diffusé le 6 mars 1989 sur France 3. Participants : Mikhail Barychnikov, Susan Sontag, Derek Walcott, Alexandre Guinzbourg et le poète en personne.


Citations et extraits (104) Voir plus Ajouter une citation
Malaura   13 août 2012
Poèmes, 1961-1987 de Joseph Brodsky
Et la page et le feu, et la meule et le grain,

et le cheveu tranché et le fil de la hache,

Dieu conservera tout ; et plus que tout, les mots

de pardon et d’amour qui sont sa voix profonde.



Le craquement des os, le pouls brisé, le choc

de la pioche : c’est là leur scansion souterraine ;

car si la vie est une, ils résonnent plus haut

aux lèvres des mortels que dans l’ouate du ciel.



Grande âme, à toi de par-delà les mers, Salut,

Toi qui trouvas les mots, toi, ta mortelle forme

dormante au sol natal, qui grâce à toi reçut

en ce monde emmuré le don de la parole.



(Poème dédié à Anna Akhmatova)
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Malaura   20 août 2012
Collines, et autres poèmes de Joseph Brodsky
A la mémoire de Federico Garcia Lorca,

(La légende raconte qu’avant d’être fusillé il vit au-dessus des soldats se lever le soleil et dit alors : - et pourtant le soleil se lève…

C’était peut-être le début d’un nouveau poème.)



Revoir un instant les paysages

Derrière les fenêtres où se penchent

Nos femmes, nos semblables,

Les poètes.

Revoir les paysages

Derrière les tombes de nos camarades

Et la neige lente qui vole

Quand l’amour nous défie.

Revoir

Les torrents troubles de la pluie qui rampe

Sur les carreaux et brouille toute mesure,

Les mots qui nous dictent notre devoir.

Revoir

Au-dessus de la terre inhospitalière

La croix étendre ses derniers bras raidis.

Une nuit de lune

Revoir l’ombre longue

Que jettent les arbres et les hommes.

Une nuit de lune

Revoir les lourdes vagues de la rivière

Qui luisent comme des pantalons usés.

Puis à l’aube

Voir une fois encore la route blanche

Où surgit le peloton d’exécution,

Revoir enfin

Le soleil se lever entre les nuques étrangères des soldats.

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Malaura   21 août 2012
Collines, et autres poèmes de Joseph Brodsky
Quand passent les nuages, passe et s’envole la vie.

Nous portons en nous notre mort, nuages

gonflés de voix et d’amour entre les branches noires.

« Passent les nuages… » les enfants chantent le monde.



Entends-tu, entends-tu dans les taillis les chants des enfants ?

Les fils brillants de la pluie s’entrelacent, voix sonores,

voix éphémères près des monts étroits où les ténèbres

nouvelles envahissent les cieux moribonds.



Passent les nuages, passent les nuages au dessus des taillis.

Quelque part l’eau fuit, il suffit de chanter et de pleurer le long des clôtures de l’automne,

de regarder toujours plus haut, de sangloter sans fin, d’être un enfant de la nuit,

de regarder toujours plus haut, de chanter et de pleurer, d’ignorer les larmes.



Quelque part l’eau fuit le long des clôtures de l’automne et des arbres obscurs,

cri dans les ténèbres nouvelles, il suffit de chanter et de pleurer de replier son feuillage.

Au-dessus de nous, une ombre passe et meurt,

il suffit de chanter et de pleurer, il suffit…de vivre.

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Joseph Brodsky
coco4649   07 avril 2020
Joseph Brodsky
Ne sors pas de ta chambre…





Ne sors pas de ta chambre, ne fais pas cette erreur.

Quel besoin de soleil, si tu fumes une « Chipka »?

Derrière la porte, rien n’a de sens, et encore moins un cri de bonheur.

Va seulement aux cabinets et reviens-en tout de suite.



Oh, ne sors pas de ta chambre, ne mets pas de moteur en route.

Parce que ton espace est un couloir

avec, au bout, un compteur. Mais si ta chérie entre, amoureuse,

qu’elle ouvre tout grand la bouche, mets-la dehors sans la dévêtir.



Ne sors pas de ta chambre ; pense bien que tu vas prendre froid.

Quoi de plus intéressant au monde que les murs et la chaise ?

Pourquoi sortir d’où tu reviendras le soir

tel que tu étais, ou mutilé davantage encore ?



Oh, ne sors pas de ta chambre. Tiens, danse une bossa-nova,

nu sous ton manteau, pieds nus dans tes chaussures.

Dans le couloir, ça sent le chou et le fart pour les skis.

Tu en as écrit des lettres d’alphabet ! Une de plus serait trop.



Ne sors pas de ta chambre. Oh, laisse seule ta chambre

savoir à quoi tu ressembles. Et d’ailleurs, incognito

ergo sum, comme faisait remarquer la substance en colère à la forme.

Ne sors pas de ta chambre ! Dans la rue, du thé, c’est pas la France.



Ne sois pas stupide ! Sois ce que les autres n’ont pas été.

Ne sors pas de ta chambre ! C’est-à-dire libère les meubles,

fonds-toi dans le papier peint. Enferme-toi et barricade-toi

de ton armoire contre chronos, cosmos, éros, race, virus.



/Traduction Daniel Mathieu

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Ambages   19 septembre 2018
Acqua alta de Joseph Brodsky
La larme est l'anticipation par l'oeil de l'avenir qui l'attend.
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Ambages   18 septembre 2018
Acqua alta de Joseph Brodsky
En général, l'amour arrive à la vitesse de la lumière ; la séparation, à celle du son. C'est le passage d'une vitesse à l'autre, la déperdition, qui rend l'oeil humide.
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Joseph Brodsky
deuxquatredeux   03 août 2016
Joseph Brodsky
Dans le monde, il n’existe pas de causes, seulement des effets.
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JacobBenayoune   19 octobre 2013
Poèmes, 1961-1987 de Joseph Brodsky
L'amour est bien plus fort que la séparation

Mais la séparation plus que l'amour durable.

Plus la pierre sculptée offre de séduction

Plus l'absence de chair sous nos doigts est palpable.
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coco4649   06 janvier 2015
Vertumne et autres poèmes de Joseph Brodsky
J'étais cela seulement

que tu effleurais de la paume,

sur quoi dans la dense nuit

d'encre, tu inclinais ton front.



J'étais tout juste ce que toi

Là, au-dessous, tu discernais :

vague contour d'abord,

beaucoup plus tard des traits.



C'est toi, ardente, qui

de dextre, de senestre,

m'as créé de murmures

la conque de l'oreille.



C'est toi qui déchirant

un voile dans le creux humide

de la bouche m'as donné

cette voix qui t'appelle. …



1981

(Traduit par Véronique Schiltz)



p.108



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coco4649   06 janvier 2015
Vertumne et autres poèmes de Joseph Brodsky
La neige tombe, laissant le monde diminué.

Ce temps est le festin du détective.

En toute chose, donc, en toutes nuée,

on se retrouve comme une épreuve hâtive.

Ce genre de découverte n'appelle aucun prix —

un silence concernant quiconque…

Tant de lumière, au soir, s'accumule dans un débris

d'étoile ! — autant que de réfugiés dans une jonque.

Regarde, et gare à tes yeux : tu es toi-même orphelin,

apatride, hors la loi, parasite.

Derrière toi, personne. Tu ouvres la bouche et un

profil de dragon s'échappe de sa marmite.

Prie plutôt à voix haute, deuxième petit Jésus,

pour ces porteurs d'offrandes, ces, disons, rois mages

des quatre coins du monde, ces jamais déçus,

et pour les enfants bien sages.

(Traduit par André Markowicz)



p.147

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