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3.81/5 (sur 615 notes)

Nationalité : Mexique
Né(e) à : San Gabriel, Sayula , le 16/05/1917
Mort(e) à : Mexico , le 08/01/1986
Biographie :

Juan Rulfo, de son vrai nom Juan Nepomuceno Carlos Pérez Rulfo Vizcaíno, est un romancier, nouvelliste, conteur, photographe réputé, scénariste de cinéma et de télévision mexicain.

Né dans une petite localité dans l'état de Jalisco, il passa son enfance dans un orphelinat de Guadalajara. Enfant, il a assisté à des épisodes de la révolte des Cristeros, particulièrement violente. Son père fut assassiné en 1923 et sa mère mourut peu après, en plus de nombreux membres de sa famille. Il a étudié en auditeur libre à la faculté de Lettres de Mexico.

La publication d'un livre de contes, "El llano en llamas" (1953), traitant de la vie des paysans de la région de Jalisco dans une nature aride et hostile, en a fait un des écrivains mexicains modernes les plus célébrés.
En 1955, il publie son unique roman "Pedro Páramo", qui traite de la confusion entre le monde des morts et des vivants. Ce roman qui aura une répercussion mondiale reflète en particulier cette fascination qu'entretiennent les Mexicains avec la mort.
Ses deux œuvres peuvent être classés dans le récit naturaliste de thème rural. Le style est austère, précis, lyrique et il exprime un monde de misère et d'ignorance dominé par la peur, la superstition et le remords. Dans l’œuvre de Rulfo, le temps n'existe pas et le mythe s'est substitué à l'histoire. L'auteur a proposé une autre écriture, un jeu entre le réel, le fantastique et le non sens.

Après ces deux succès, il s'éloigne progressivement de l'écriture et travaille à la télévision. Ainsi, il finit sa carrière comme directeur éditorial de l’Instituto Indigenista de México, qui équivaudrait à un Bureau des affaires indigènes.

En 1970, il reçoit le Prix National des Lettres, en 1976, il devient un membre de la Academia mexicana de la Lengua, et en 1983, il reçoit en Espagne le Prix Príncipes de Asturias.

Malgré une carrière d'écrivain assez brève, Juan Rulfo a une importance reconnue, marquant d’une empreinte profonde la littérature hispanique de son siècle. Il reçoit les témoignages d'admiration d'un grand nombre de ses représentants tels que Gabriel García Márquez ou Jorge Luis Borges dont ils se sont influencés et ont donné lieu à un nombre considérable d'analyses.

Il existe un Concours International de Nouvelles qui porte le nom de Juan Rulfo.

Juan Rulfo est aussi connu et reconnu comme un grand photographe des paysages et des paysans de son pays.
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Citations et extraits (94) Voir plus Ajouter une citation
T'en souviens-tu, Justina ? Tu avais rangé les chaises le long du couloir pour que les gens qui viendraient la voir puissent s'asseoir en attendant leur tour. Elles sont restées inoccupées. Ma mère est restée seule au milieu des cierges, avec son visage blême, ses dents blanches qui se montraient à peine entre ses lèvres violacées, durcies par la mort livide, ses cils désormais tranquilles et tranquille aussi son cœur. Et toi et moi, qui n'arrêtions pas de prier, sans qu'elle pût rien entendre, sans que nous pussions rien entendre, car tout se perdait dans la nuit avec le tumulte du vent. Tu as repassé sa robe noire, en empesant le col et les poignets pour que ses mains aient bel air une fois croisées sur sa poitrine morte ; sa vieille poitrine tendre sur laquelle j'ai dormi un temps, qui m'a nourrie et a palpité pour bercer mes rêves.
Personne n'est venu la voir. Ç'a été mieux ainsi. La mort ne se distribue pas comme si c'était un bien. […]
Et tes chaises sont restées inoccupées jusqu'à l'heure où nous sommes allées l'enterrer avec ces hommes à gages qui suaient sous un fardeau qui n'était pas le leur, étrangers à tout chagrin. Ils ont entouré la fosse ouverte de sable mouillé ; ils y ont descendu la bière peu à peu, avec la patience de leur métier, dans un vent qui les rafraîchissait après l'effort. Les yeux froids, indifférents, ils ont dit : « Ça fait tant. » Tu les a payés comme si tu faisais un achat quelconque, en dénouant ton mouchoir mouillé de larmes, tordu et retordu, dans lequel tu avais mis l'argent des funérailles…
Quand ils sont partis, tu t'es agenouillée à l'endroit où s'était trouvé son visage, tu as embrassé la terre et tu aurais bien pu y creuser un trou si je ne t'avais dit : « Partons, Justina, elle est ailleurs ; ici, il n'y a plus qu'une chose morte. »
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Pourquoi ce souvenir si vif de tant de choses ? Pourquoi pas la mort tout simplement, et non cette musique plaintive du passé ?
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On sentait les balles nous fouetter les talons comme si on posait le pied sur un nuage de sauterelles. Et quelque fois, les tirs, de plus en plus nourris, frappaient de plein fouet l'un de nous, qui tombait avec un craquement d'os.
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San Gabriel émerge de la brume mouillée de rosée. Les nuages de la nuit ont dormi au-dessus du village, cherchant la chaleur des habitants. Maintenant le soleil va paraître et la brume se lève doucement, enroule son drap, laisse des effilochages blanches sur les toits. Une vapeur grise à peine perceptible, attirée par les nuages, monte des arbres et de la terre mouillée ; mais elle s'évanouit aussitôt. Et à sa suite apparait la fumée noire des cuisines, à l'odeur de chêne brulé, qui couvre le ciel de cendres.
Là-bas, au loin, les sommets sont encore dans l'ombre.
Une hirondelle a traversé les rues et ensuite a retenti le premier tintement de cloche de l'angélus du matin.
Les lumières se sont éteintes. Alors une tache couleur de terre a couvert le village qui a ronflé encore un peu, endormi dans la chaleur du matin.
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- Et à propos, que devient ta mère ?
- Elle est morte, dis-je.
- Déjà morte ? Et de quoi ?
- Je ne sais pas. Peut-être de tristesse. Elle soupirait tout le temps.
- C'est mauvais ça. Chaque soupir est comme une gorgée de vie qui s'en va.
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On ne dit pas ce qu'on pense. Ça fait longtemps qu'elle nous a quittés, l'envie de parler. Elle nous a quittés avec la chaleur. On parlerait bien volontiers, ailleurs, mais ici, c'est trop fatiguant. Ici, on parle et avec cette chaleur qu'il fait dehors, les mots grillent dans la bouche, ils se racornissent, là, sur la langue, et finissent par vous étouffer.
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Il y a là-haut le vent et le soleil ; les nuages. Tout là-haut, au-dessus de nous, il y a le ciel bleu et, derrière lui, peut-être des chants, peut-être des voix sans pareilles... il y a l’espérance, en somme. Pour nous, malgré notre fardeau, il y a l’espérance.
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Après tant d'heures passées à marcher sans même rencontrer l'ombre d'un arbre, ni une pousse d'arbre ni une racine de quoi que ce soit, on entend l'aboiement des chiens.
C'est que parfois, au milieu de ce chemin qui n'en finit pas, on a eu l'impression qu'il y aurait rien ; qu'on ne trouverait rien de l'autre côté, au bout de cette plaine sillonnée de crevasses et de ruisseaux à sec. On entend les chiens aboyer, on sent dans l'air l'odeur de la fumée et on la savoure, cette odeur des gens, comme une espérance.
(incipit)
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L'océan mouille mes chevilles et s'en va; il mouille mes genoux, mes cuisses; il enlace ma taille de son bras doux, fait le tour de mes seins, se noue à mon cou, étreint mes épaules. Alors je m'y plonge tout entière. Je me livre à lui, à son battement puissant, à sa tendre possession, sans la moindre réserve.
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— Vous, les avocats, vous avez cet avantage de pouvoir transporter partout votre patrimoine, aussi longtemps qu'on ne vous a pas fait sauter le caisson.
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