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Note moyenne 3.85 /5 (sur 419 notes)

Nationalité : Mexique
Né(e) à : San Gabriel, Sayula , le 16/05/1918
Mort(e) à : México , le 08/01/1986
Biographie :

Juan Rulfo, de son vrai nom Juan Nepomuceno Carlos Pérez Rulfo Vizcaíno, est un romancier,conteur, photographe réputé, scénariste de cinéma et de télévision mexicain.

Né dans une petite localité dans l'état de Jalisco, il passa son enfance dans un orphelinat de Guadalajara. Enfant, il a assisté à des épisodes de la révolte des Cristeros, particulièrement violente. Son père fut assassiné en 1923 et sa mère mourut peu après, en plus de nombreux membres de sa famille.

La publication d'un livre de contes, "El llano en llamas" (1953), traitant de la vie des paysans de la région de Jalisco dans une nature aride et hostile, en a fait un des écrivains mexicains modernes les plus célébrés.
En 1955, il publie son unique roman "Pedro Páramo", qui traite de la confusion entre le monde des morts et des vivants. Ce roman qui aura une répercussion mondiale reflète en particulier cette fascination qu'entretiennent les Mexicains avec la mort.
Ses deux œuvres peuvent être classés dans le récit naturaliste de thème rural. Le style est austère, précis, lyrique et il exprime un monde de misère et d'ignorance dominé par la peur, la superstition et le remords. Dans l’œuvre de Rulfo, le temps n'existe pas et le mythe s'est substitué à l'histoire. L'auteur a proposé une autre écriture, un jeu entre le réel, le fantastique et le non sens.

Après ces deux succès, il s'éloigne progressivement de l'écriture et travaille à la télévision. Ainsi, il finit sa carrière comme directeur éditorial de l’Instituto Indigenista de México, qui équivaudrait à un Bureau des affaires indigènes.

En 1970, il reçoit le Prix National des Lettres, en 1976, il devient un membre de la Academia mexicana de la Lengua, et en 1983, il reçoit en Espagne le Prix Príncipes de Asturias.

Malgré une carrière d'écrivain assez brève, Juan Rulfo a une importance reconnue, marquant d’une empreinte profonde la littérature hispanique de son siècle. Il reçoit les témoignages d'admiration d'un grand nombre de ses représentants tels que Gabriel García Márquez ou Jorge Luis Borges dont ils se sont influencés et ont donné lieu à un nombre considérable d'analyses.

Il existe un Concours International de Nouvelles qui porte le nom de Juan Rulfo.
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1/10 Juan Rulfo : Pedro Páramo (France Culture / Le Feuilleton). Adaptation en dix épisodes de l'unique roman de l'écrivain mexicain Juan Rulfo. Diffusion sur France Culture du 11 au 25 juin 2012. Adaptation et réalisation : Laure Egoroff. D’après la traduction de Gabriel Iaculli. Conseillère littéraire : Emmanuelle Chevrière. Point de départ du roman : Sur une route désolée de l’état de Jalisco, au Mexique, un homme avance en direction d’un village nommé Comala. Il s’appelle Juan Preciado. Il accomplit une promesse faite à sa mère sur son lit de mort : partir à la recherche de son père, Pedro Páramo, qui autrefois les a abandonnés. Un bourriquier aux paroles énigmatiques accepte de le conduire jusqu’au village qui semble désert. Avant de disparaître, il révèle à Juan Preciado que Pedro Páramo, dont il peut voir se dessiner à l’horizon l’immense propriété, est mort depuis bien longtemps. Juan pourrait rebrousser chemin, mais il pénètre pourtant dans ce village abandonné où une très vieille femme, apparemment l’unique habitante de Comala, semble l’attendre. Elle lui laisse entendre que le bourriquier qui lui a indiqué sa maison est mort depuis des années. À la suite de cette femme, d’autres âmes vagabondes viendront à la rencontre de Juan pour lui raconter l’histoire de son père, Pedro Páramo, le cacique du village qui régna en maître sur les terres et les âmes de Comala, et sema autant d’enfants que de morts derrière lui. 1er épisode Jacques Bonnaffé : Le narrateur Bernard Bouillon : Le bourriquier Abundio Eric Charon : Juan Preciado Henri-David Cohen : Pedro Páramo, enfant Marie Daude : la grand-mère de Pedro Nita Klein : Dona Eduviges Denis Lavant : Pedro Páramo Marie-Christine Letort : la mère de Pedro Frankie Pain : la villageoise Emmanuelle Riva : Dolores Fanny Touron : Susanna enfant Et les voix de : Myriam Ajar, Aline Alba, Sylvie Amato, Elsa Bouchain, Christine Braconnier, Andréa Brusque, Anne Cart, Paola Cordova, Isabelle Fruchart, Thierry Gary, Anna-Amélie Heintz, Danielle Lopès, Sofia Lopès, Odille Lauria, Marie-Anne Mestre, Seghir Mohammedi, Giovanni Ortega, Cédric Revollon, Emiliano Suarez, Manuel Ulloa. Bruitages : Sophie Bissantz Musique originale : Leon Milo Violon : Sébastien Surel Guitare : Arnaud Dumont Viole de gambe : Philippe Foulon Percussions : Florent Jodelet Flûtes : François Daudin Clavaud Equipe de réalisation : Philippe Carminati, Emilie Couët Assistante de réalisation : Cécile Laffon « Pedro Páramo » de Juan Rulfo est publié aux éditions Gallimard Remerciements à Juan-Pablo et Juan-Carlos Rulfo, à Gloria Saracho, à Victor Jimenez de la fondation Juan Rulfo, à Hugo Rodriguez, à Manuel Ulloa et à Ianis Guerrero pour leur aide dans la préparation de ce feuilleton. Source : France Culture

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Citations et extraits (85) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-B   04 mars 2018
Pedro Páramo de Juan Rulfo
T'en souviens-tu, Justina ? Tu avais rangé les chaises le long du couloir pour que les gens qui viendraient la voir puissent s'asseoir en attendant leur tour. Elles sont restées inoccupées. Ma mère est restée seule au milieu des cierges, avec son visage blême, ses dents blanches qui se montraient à peine entre ses lèvres violacées, durcies par la mort livide, ses cils désormais tranquilles et tranquille aussi son cœur. Et toi et moi, qui n'arrêtions pas de prier, sans qu'elle pût rien entendre, sans que nous pussions rien entendre, car tout se perdait dans la nuit avec le tumulte du vent. Tu as repassé sa robe noire, en empesant le col et les poignets pour que ses mains aient bel air une fois croisées sur sa poitrine morte ; sa vieille poitrine tendre sur laquelle j'ai dormi un temps, qui m'a nourrie et a palpité pour bercer mes rêves.

Personne n'est venu la voir. Ç'a été mieux ainsi. La mort ne se distribue pas comme si c'était un bien. […]

Et tes chaises sont restées inoccupées jusqu'à l'heure où nous sommes allées l'enterrer avec ces hommes à gages qui suaient sous un fardeau qui n'était pas le leur, étrangers à tout chagrin. Ils ont entouré la fosse ouverte de sable mouillé ; ils y ont descendu la bière peu à peu, avec la patience de leur métier, dans un vent qui les rafraîchissait après l'effort. Les yeux froids, indifférents, ils ont dit : « Ça fait tant. » Tu les a payés comme si tu faisais un achat quelconque, en dénouant ton mouchoir mouillé de larmes, tordu et retordu, dans lequel tu avais mis l'argent des funérailles…

Quand ils sont partis, tu t'es agenouillée à l'endroit où s'était trouvé son visage, tu as embrassé la terre et tu aurais bien pu y creuser un trou si je ne t'avais dit : « Partons, Justina, elle est ailleurs ; ici, il n'y a plus qu'une chose morte. »
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Nastasia-B   05 janvier 2018
Pedro Páramo de Juan Rulfo
Pourquoi ce souvenir si vif de tant de choses ? Pourquoi pas la mort tout simplement, et non cette musique plaintive du passé ?
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Gwen21   06 septembre 2016
Pedro Páramo de Juan Rulfo
- Et à propos, que devient ta mère ?

- Elle est morte, dis-je.

- Déjà morte ? Et de quoi ?

- Je ne sais pas. Peut-être de tristesse. Elle soupirait tout le temps.

- C'est mauvais ça. Chaque soupir est comme une gorgée de vie qui s'en va.
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palamede   03 juin 2020
Pedro Páramo de Juan Rulfo
Il y a là-haut le vent et le soleil ; les nuages. Tout là-haut, au-dessus de nous, il y a le ciel bleu et, derrière lui, peut-être des chants, peut-être des voix sans pareilles... il y a l’espérance, en somme. Pour nous, malgré notre fardeau, il y a l’espérance.
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patrick75   13 février 2013
Pedro Páramo de Juan Rulfo
L'océan mouille mes chevilles et s'en va; il mouille mes genoux, mes cuisses; il enlace ma taille de son bras doux, fait le tour de mes seins, se noue à mon cou, étreint mes épaules. Alors je m'y plonge tout entière. Je me livre à lui, à son battement puissant, à sa tendre possession, sans la moindre réserve.
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Nastasia-B   03 janvier 2018
Pedro Páramo de Juan Rulfo
— Vous, les avocats, vous avez cet avantage de pouvoir transporter partout votre patrimoine, aussi longtemps qu'on ne vous a pas fait sauter le caisson.
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Gwen21   04 septembre 2016
Pedro Páramo de Juan Rulfo
Rien ne dure sans fin ; nul souvenir, si intense soit-il, qui ne s'éteigne.
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Sachenka   14 octobre 2017
Le Llano en flammes de Juan Rulfo
Les grillons, je ne les tue pas, jamais. Felipa dit que si les grillons font toujours du bruit, sans s'arrêter, même pas pour respirer, c'est pour qu'on entende pas les cris des âmes qui souffrent au purgatoire. Le jour où il y aura plus de grillons, le monde se remplira des cris des âmes saintes et on partira tous en courant, épouvantés. Et puis, moi j'aime rester comme ça, l'oreille tendue pour écouter le bruit des grillons.
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Crazynath   19 septembre 2016
Pedro Páramo de Juan Rulfo
Le chemin allait, montait et descendait :" Il monte ou descend selon que l'on va ou que l'on vient. Pour qui va, il monte ; pour qui vient, il descend."
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Gwen21   05 septembre 2016
Pedro Páramo de Juan Rulfo
Il y avait des colibris. C'était la saison. On les entendait bourdonner parmi les fleurs de jasmin qui ployait sous les grappes.
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