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Roger Lescot (Traducteur)
EAN : 9782070285983
145 pages
Éditeur : Gallimard (08/05/1979)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 295 notes)
Résumé :
Pedro Paramo - histoire d'un tyranneau de la province mexicaine, reconstituée bribe par bribe à travers les dires de tout un village de fantômes qui furent les victimes de sa domination - réussit le rare miracle d'être un témoignage d'une vérité saisissante sur le Mexique profond, et de rejoindre, par-delà le Pacifique, les plus anciennes histoires de l'Orient, peuplées de revenants.
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  03 janvier 2018
Juan Rulfo est un trait d'union entre deux auteurs et deux univers qu'on n'aurait pas forcément tendance à juxtaposer, et pourtant… En effet, Rulfo, auteur d'un seul roman (celui-ci) et préalablement d'un unique recueil de nouvelles (Le Llano en flammes), a repris à son compte et digéré la technique narrative de William Faulkner. À mon sens, il l'a même améliorée.
Là où Faulkner nous engluait dans la mélasse avec Le Bruit et la Fureur, Juan Rulfo parvient lui à ne pas trop nous embrouiller, au prix d'une maîtrise stylistique impressionnante et réellement exceptionnelle. Il combine une kyrielle d'époques et de narrateurs différents de manière à construire un gigantesque patchwork parfaitement intelligible tout en conservant juste ce qu'il faut de nébuleux pour nous intriguer, sans nous déboussoler.
(Exercice où Faukner nous emberlificotait complètement en donnant vingt fois le même nom à des personnages différents ou trente-six appellations différentes à un même personnage sans jamais trop qu'on sache ni qui parlait, ni à quelle époque. le résultat était d'une très grande confusion et nécessitait souvent une ou plusieurs relecture(s) pour être parfaitement assimilé. Ici ce n'est pas le cas avec Pedro Páramo.)
L'autre univers auquel nous fait adhérer Juan Rulfo, c'est celui, ô combien différent de Gabriel Garcia Márquez et de son inénarrable Cent Ans de Solitude. La filiation est évidente et l'on comprend que Garcia Márquez ait pu être impressionné par la construction, le fantastique carrousel de Rulfo, mélangeant, intriquant, nouant fil à fil à la manière d'un oiseau tisserin réalisme et impressions, naturel et surnaturel.
On ne sait jamais trop si les personnages sont morts ou vivants, s'ils décrivent la " réalité " physique concrète ou seulement leurs visions, leurs rêves ou leurs fantasmes. Mais tous, tous, nous focalisent sur un même point : Pedro Páramo et son village, sa propriété terrienne de la Media Luna.
La Media Luna, une vallée fertile qu'on imagine entourée de hautes collines qui la séparent du monde extérieur, un microcosme, capable d'endurer… cent ans de solitude ! comme la Colombie de Garcia Márquez. Aussi, les règles à la Media Luna sont elles propres à la Media Luna, et les règles, c'est Pedro Páramo qui les édicte.
Pedro Páramo, c'est un gros propriétaire terrien d'avant la Révolution mexicaine. À lui tout appartient : sols et bêtes, femmes et hommes. Pourtant, tout n'a pas été facile pour lui, il est né avec pour seul héritage les dettes contractées par son père. Mais il est malin et roué comme pas un, le Pedro, et il saura y faire, notamment avec les femmes, pour racheter les dettes et agrandir toujours sa propriété.
Une femme, à ses yeux, vaut pour ses formes et sa dot, tout le reste ne l'intéresse pas. Il a couché avec à peu près toutes les villageoises et semé des gosses un peu partout sans les reconnaître, pour la plupart. C'est d'ailleurs le cas de notre narrateur, Juan, fruit des ébats de Páramo avec Dolores Preciado, avec laquelle il avait jugé bon de se marier car elle était la fille du créancier de son père. Une fois les dettes épongées et la propriété agrandie, il n'avait plus jamais jugé utile de s'occuper de Dolores et de son enfant. Il était reparti à la chasse, dans le but de contracter un nouveau mariage digne d'intérêt.
Évidemment, bâtir un tel empire local, cela n'a pas toujours roulé tout seul ; certains hommes n'étaient pas trop d'accord : il a parfois fallu jouer du muscle, ou du couteau, ou du pétard. Et pour cela, Pedro Páramo a su justement s'adjoindre les services de quelqu'un de persuasif, don Fulgor.
Bon, il ne serait pas souhaitable que je vous en dévoile bien davantage, vous dire par exemple que les sentiments de Páramo ne sont pas les mêmes pour toutes les femmes et qu'une, une seulement, mais une tout de même a su lui inspirer de l'amour, et quel amour…
Disons simplement que tous ces personnages nous dressent un portrait de Pedro Páramo, archétype du gros propriétaire terrien d'avant révolution et, si j'en crois certains articles du Monde diplomatique, mentalité pas totalement disparue chez les grands capitalistes de l'actuel Mexique.
Quant à la Media Luna, c'est l'archétype des latifundia mexicaines. Juan Rulfo nous y portraiture la psychologie, la sociologie villageoise du début XXème, toujours emmaillotée d'une épaisse gangue de religion catholique et de croyances, pour le coup, carrément païennes. La mort, la mort, la mort. Omniprésente, omnipotente, à telle enseigne que le squelette fait partie du folklore local ; on vit avec.
La limite entre le monde des morts et celui des vivants n'y est pas aussi étanche que chez nous : chacun peut y faire de fréquentes incursions dans le territoire de l'autre, soit en rêve, soit en transe et cela ne choque personne. C'est peut-être cela le réalisme magique, une vision de la vie où les esprits sont aussi présents et crédibles que les vivants, leurs injonctions, encore plus prises au sérieux, un peu comme pour les Grecs et les Romains antiques, très cartésiens sur certains points, absolument mystiques sur d'autres.
Ici, donc, la technique narrative à la Faulkner est tout à fait légitime car elle engendre nécessairement et presque mécaniquement un flou, mais ce flou est précisément l'impression que cherche à produire l'auteur, cette espèce d'insécurité du lecteur, qui ne doit jamais trop savoir si c'est du lard ou du cochon, si l'on nous décrit quelque chose de tangible ou si l'on est dans les arcanes d'une imagination quelconque. En ce sens, la technique narrative n'a ici rien de gratuit et elle se justifie totalement.
Pour d'autres auteurs, avec d'autres thèmes, cette technique me semble creuse, n'apparaît se fonder sur rien, si ce n'est le désir de faire un truc " bizarre ". J'ai le sentiment que le style, la technique, les artifices doivent toujours servir le propos, pas être plaqués a priori, juste être là parce qu'à ce moment précis l'auteur a eu envie de les employer. Chose qui, malheureusement, arrive souvent, même chez les plus grands.
En somme, de la bien belle littérature, héritière de Faulkner et annonciatrice de Garcia Márquez. Je ne suis pas absolument fan mais je reconnais sans peine que dans ce style, c'est remarquable. Gardez toutefois à l'esprit que ceci n'est qu'un avis, c'est-à-dire, bien peu de chose. le meilleur avis sera toujours celui qu'on se forge par soi-même, avec tout l'éventail de sa propre sensibilité.
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Gwen21
  05 septembre 2016
Qui est Pedro Páramo ?
Pour le narrateur, Juan Preciado, il semblerait bien qu'il s'agisse de son géniteur. Du moins, c'est la révélation que lui fait sa mère avant d'expirer, accompagnant cette confidence d'un appel à la vengeance qui donne le ton du récit.
Village de Comala, Mexique, années 20.
Dans un décor de western, où les montagnes laborieusement cultivées sous un soleil de plomb recèlent peut-être quelques mines d'or, et un contexte de révolution mexicaine, vivent quelques autochtones, sous la domination de Pedro Páramo, maître de la Demi-Lune, alliage convaincant du parrain de Palerme et du caïd de Santa-Fe.
Mais ces villageois vivent-ils réellement ou sont-ils seulement des revenants ? Une étrange malédiction semble peser sur les lieux. Le mystère est omniprésent. Un mystère que le lecteur cherche à percer en même temps que Juan Preciado, au gré d'une narration d'abord déroutante puis de plus en plus fascinante. Le temps semble aboli, figé dans cet espace désertique où naissent et meurent les générations successives.
Le récit s'articule à la façon d'un puzzle autour de séquences courtes mais efficaces. Comme dans un film de Quentin Tarentino, certaines scènes nous entraînent même vers un fantastique teinté à la fois d'humour et de drame, comme ces deux morts enterrés dans le même cercueil et qui tendent l'oreille pour saisir les plaintes des tombeaux voisins.
La mort.
Elle est l'axe majeur du roman. Ce thème cher au coeur des Mexicains - partie intégrante de leur culture - s'épanouit ici entre pragmatisme, superstition et surnaturel pour un voyage hors du commun qui m'a séduite.
Un dernier conseil : à lire d'une traite pour en saisir toute la saveur.

Challenge PETITS PLAISIRS 2016
Challenge MULTI-DEFIS 2016
Challenge Petit Bac 2016 - 2017
Challenge AUTOUR DU MONDE
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Crazynath
  22 septembre 2016
Un roman court, un roman surprenant, un roman déroutant, un roman fort...
Encore merci à Gwen, sans qui je n'aurai surement jamais lu cette oeuvre singulière qui me semble inclassable.
Après avoir promis à sa mère sur son lit de mort d'aller à la rencontre de son père, le narrateur, Juan Preciado arrive à Comala, un bien mystérieux village. Il va côtoyer des fantômes, pas toujours identifiables qui, à travers leurs récits, leurs murmures, vont dresser une ambiance très particulière. grâce à ce choeur des morts, on va découvrir petit à petit le portrait de Pedro Paramo, tyranneau de ce village ( ou cacique si vous préférez ).
J'avoue que j'ai été surprise par la lecture de ce livre et que arrivée autour de la page cinquante, en réalisant certains liens, je suis retournée en arrière et j'ai recommencé ma lecture. Je pense qu'effectivement, pour pouvoir apprécier pleinement cette histoire et cette atmosphère, il faut lire ce livre d'une seule traite. de plus, on peut être dérouté par le style de la narration, car on n'arrive pas toujours à cerner les tenants et les aboutissants des informations qui sont distillées par les différents protagonistes. Mais j'avoue avoir été happée par ce livre et son ambiance si particulière que je qualifierai d'unique...
Une lecture qui se mérite et qui vaut le détour...
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dedanso
  25 mai 2018
Juan Rulfo m'était absolument inconnu jusqu'à ce que je lise les billets de NastasiaB et de Gwen21 sur Pedro Paramo. Il faut dire que cet auteur mexicain n'a écrit qu'un seul roman (Pedro Paramo donc) et quelques nouvelles. Mais un roman devenu un classique.
Juan Preciado est envoyé par sa mère, maintenant décédée, à Comala, le village dans lequel elle a vécu. Elle souhaite qu'il retrouve son père et réclame le dû de la famille. Comme Juan Preciado, le lecteur n'en sait guère plus.
C'est pourquoi la forme adoptée par Juan Rulfo est extrêmement déstabilisante au départ : il change de narrateur, il voyage d'un temps révolu depuis longtemps à un présent qui ne sera bientôt plus et, surtout, il entremêle dans une même temporalité des personnages bien vivants et d'autres qui sont morts depuis belle lurette.
Mais ne vous y trompez pas ! Juan Rulfo est un génie et loin de faire fuir son lecteur, ce choix narratif permet juste de lui faire perdre pied (et raison) afin d'entretenir la flamme d'un bout à l'autre du récit.
De quoi est-il réellement question dans cet ouvrage si ce n'est de la fascination des Mexicains pour la mort ? La Mort est partout, elle est tout le monde. Le village de Comala est d'ailleurs un village-fantôme. J'ai immédiatement eu en tête le village d'Oradour-sur-Glane, pour ceux d'entre vous qui le connaissent. Un village où tout est mort depuis longtemps et dans lequel, pourtant, des murmures s'élèvent pour vous raconter un monde de douleur et de désillusion. C'est à la fois très beau (il y a une forme de poésie là-dessous) et très dur.
Les Morts dansent pour nous, lecteurs, une sarabande funèbre pour brosser le portrait de Pedro Paramo, à moins que ce ne soit finalement le portrait du Mexique que Juan Ruflo ait voulu nous montrer.
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Soleney
  12 octobre 2013
Roman emblématique du réalisme magique, Pedro Páramo est un classique de la littérature mexicaine. J'en avais plusieurs fois entendu parler dans mes cours, et cette année, il faisait partie de la liste des livres à lire.
Je me suis donc plongée dans l'histoire avec plaisir (ça me coupait de ma lecture du Roman comique de Scarron) et j'avoue avoir été déstabilisée à plusieurs reprises. Les pages se tournent très facilement, mais l'histoire s'entortille, se noue et se dénoue, s'emmêle. La chronologie est fragmentée, on change de narrateur sans prévenir, et certains passages semblent n'avoir aucun lien avec l'intrigue.
Le récit commence avec la quête de Juan Preciado, jeune homme qui vient de perdre sa mère. Sur son lit de mort, elle lui a fait promettre de retrouver son père, disparu avant sa naissance. Pour cela, elle ne lui a donné qu'un seul indice : il s'appelle Pedro Páramo. Dérouté, il va chercher du côté de son village natal, Comala. Sauf que, dans ce village, il n'y a plus personne. Plus aucun être vivant, en tout cas, parce que les morts ne sont pas tout à fait morts.
Non, ce n'est pas un livre de zombies, ne vous y trompez pas.
À côté du Roman comique, cette lecture est rafraichissante. le style est clair, les phrases sont faciles à comprendre (enfin !!). Il y a quelque chose d'apaisant dans la présence des morts auprès des vivants. On les confond avec ceux qui sont encore en vie et ils racontent le passé du village. On découvre, à travers les bribes de leurs discours, ce qui s'est passé il y a quelques années. Ils sont très incohérents, d'où les 69 fragments qui constituent le roman. En lisant, j'ai eu l'impression d'enlever une à une toutes les couches d'un oignon pour en atteindre le coeur.
Juan Rulfo nous réserve quelques surprises, notamment à la moitié du livre où il se passe quelque chose de tellement incroyable, innovant et osé que j'ai cru que c'était encore une divagation des morts. Au final, non. Mais je vous assure que je n'ai jamais vu ça de toute ma vie de lectrice (qui commence à devenir un peu conséquente, j'ose le dire).
Je ne pourrais pas vraiment dire si les personnages ou l'histoire m'ont plu. C'est un peu au-delà de ça. Les protagonistes sont si complexes et si imprévisibles que je suis incapable de dire si je les apprécie. On les accepte comme entités vivantes, au même titre qu'une personne qu'on croise dans la rue, tellement leur existence coule de source. Ils sont, tout simplement. Sans nous donner un lien affectif particulier avec eux, l'auteur a su nous les rendre vrais et authentiques. C'est pareil pour l'histoire – bien que celle-ci soit parfaitement improbable ! Mais ce réalisme magique est tout à fait acceptable car Juan Preciado, bien que légèrement surpris au début, traite les événements comme s'ils faisaient partie du quotidien. C'est sûrement à cause de l'atmosphère étrange (je dirais : lancinante, berçante) qui règne à Comala qui le rassure, l'enveloppe – et nous enveloppe.
Assurément, c'est un livre à lire. N'ayez pas peur de vous laisser perturber, c'est une autre culture qui vous parle.
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Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   03 juin 2020
Il y a là-haut le vent et le soleil ; les nuages. Tout là-haut, au-dessus de nous, il y a le ciel bleu et, derrière lui, peut-être des chants, peut-être des voix sans pareilles... il y a l’espérance, en somme. Pour nous, malgré notre fardeau, il y a l’espérance.
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Nastasia-BNastasia-B   04 mars 2018
T'en souviens-tu, Justina ? Tu avais rangé les chaises le long du couloir pour que les gens qui viendraient la voir puissent s'asseoir en attendant leur tour. Elles sont restées inoccupées. Ma mère est restée seule au milieu des cierges, avec son visage blême, ses dents blanches qui se montraient à peine entre ses lèvres violacées, durcies par la mort livide, ses cils désormais tranquilles et tranquille aussi son cœur. Et toi et moi, qui n'arrêtions pas de prier, sans qu'elle pût rien entendre, sans que nous pussions rien entendre, car tout se perdait dans la nuit avec le tumulte du vent. Tu as repassé sa robe noire, en empesant le col et les poignets pour que ses mains aient bel air une fois croisées sur sa poitrine morte ; sa vieille poitrine tendre sur laquelle j'ai dormi un temps, qui m'a nourrie et a palpité pour bercer mes rêves.
Personne n'est venu la voir. Ç'a été mieux ainsi. La mort ne se distribue pas comme si c'était un bien. […]
Et tes chaises sont restées inoccupées jusqu'à l'heure où nous sommes allées l'enterrer avec ces hommes à gages qui suaient sous un fardeau qui n'était pas le leur, étrangers à tout chagrin. Ils ont entouré la fosse ouverte de sable mouillé ; ils y ont descendu la bière peu à peu, avec la patience de leur métier, dans un vent qui les rafraîchissait après l'effort. Les yeux froids, indifférents, ils ont dit : « Ça fait tant. » Tu les a payés comme si tu faisais un achat quelconque, en dénouant ton mouchoir mouillé de larmes, tordu et retordu, dans lequel tu avais mis l'argent des funérailles…
Quand ils sont partis, tu t'es agenouillée à l'endroit où s'était trouvé son visage, tu as embrassé la terre et tu aurais bien pu y creuser un trou si je ne t'avais dit : « Partons, Justina, elle est ailleurs ; ici, il n'y a plus qu'une chose morte. »
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SachenkaSachenka   23 mars 2018
«Le temps doit avoir changé, dehors. Ma mère me disait qu'à l'arrivée des pluies, tout se remplissait de scintillements et de l'odeur verte des jeunes pousses. Elle me racontait comment montait la marée des nuages, comment ils se précipitaient sur la terre et la transformaient en lui donnant d'autres couleurs, ma mère... Elle qui a vécu son enfance et ses plus belles années dans ce village et n'a pas pu y mourir. Elle m'a envoyé ici à sa place. C'est étrange, Dorotea, je n'ai pas réussi à voir le ciel. Peut-être lui, au moins, est-il le même que celui qu'elle a connu.
- Je n'en sais rien, Juan Preciado ; je n'ai plus levé la tête depuis tant d'années que j'ai oublié le ciel. D'ailleurs, si je l'avais fait, qu'y aurais-je gagné? Le ciel était si haut et ma vue si basse que je m'estimais déjà heureuse de savoir où se trouvait la terre. [...]»
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si-bemolsi-bemol   29 janvier 2018
Là-bas, tu trouveras tout ce à quoi je tiens. L'endroit que j'aime. Où les rêves m'ont creusé les flancs. Mon village, dressé en pleine campagne, plein d'arbres et de plantes, tel un coffret dans lequel on aurait serré ses souvenirs. Tu verras que l'on a envie d'y vivre pour l'éternité. L'aurore et le matin, le midi et la nuit y sont toujours pareils, sans autres différences que celles que le vent apporte. Là, le vent change la couleur des choses, souffle sur la vie comme si elle n'était qu'un murmure, le simple murmure de la vie...
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Gwen21Gwen21   06 septembre 2016
- Et à propos, que devient ta mère ?
- Elle est morte, dis-je.
- Déjà morte ? Et de quoi ?
- Je ne sais pas. Peut-être de tristesse. Elle soupirait tout le temps.
- C'est mauvais ça. Chaque soupir est comme une gorgée de vie qui s'en va.
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Video de Juan Rulfo (1) Voir plusAjouter une vidéo
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"Pedro Paramo" de Juan Rulfo : un grand classique de la littérature mexicaine - Un livre, un jour - France 2
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