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3.36/5 (sur 212 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Bonneville (Haute-Savoie) , 1968
Biographie :

Laurent Graff est un écrivain français.

Il travaille comme archiviste dans l'édition. Il a voyagé en Malaisie, en Thaïlande, au Laos et en Birmanie. Le bouddhisme, qui nie l'importance du moi individuel, a exercé sur lui une grande influence.

Il s'essaye à la photographie et à la peinture. Mais jugeant que « la peinture ça pue et ça prend trop de place », il se lance dans l'écriture.


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Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
Cependant, on a beau se couper les veines, l'argent reste le sang du monde. Il est en chaque chose, il circule, fluide, immatériel, empruntant toutes sortes de réseaux, contaminant tout ce qu'il atteint, imposant sa marche.
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J'ai fait de ma maison une sorte de casque intégral. Je regarde la rue par la visière de la cuisine.
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Les photos sont des actes manqués, des paroles sous silence, des baisers refoulés, des sourires figés, des yeux qui se ferment.
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Ce cliché ultime restant à prendre était tout autre, avait une valeur très différente. L’enjeu était à la fois personnel, intime, et universel, incluant l’histoire particulière du photographe et le monde dans sa globalité; d’un intérêt intemporel, présent, passé, futur, comme une image unique destinée à nous représenter aux yeux d’une civilisation extraterrestre. La photo, avec toute sa charge de solennité imposée, sera hautement symbolique, humainement déterminante. Elle devra être douée d’originalité, marier l’évidence et la surprise. Elle pourra être anecdotique avec la force édifiante d’une fable; panoramique avec l’intensité sourcilleuse d’une nature morte. Elle sera une tentative de synthèse, une démonstration, une célébration, un hymne. Depuis toujours, l’homme a ambitionné d’écrire Le Livre, de peindre Le Tableau, de composer La Musique, de réaliser Le Film; ce sera La Photo. Moi, Alain Neigel, simple photographe amateur, j’en donnerai ma vision, apporterai mon humble contribution à son édification. J’allais devoir faire un choix, éliminer ce qui ne me paraîtrait pas essentiel, ou pas assez, avec l’envie, l’espoir, l’exigence, de trouver mieux, jusqu’à ce que je décide que ceci, qui était devant moi, que je voyais, serait ma photo. Dans ma chambre d’hôtel, je commençais à y réfléchir. Défilait devant mes yeux, comme un kaléidoscope, toute une théorie d’images convoquées par la pensée.
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Il y a des bouches qui se fanent
  
  
  
  
Il y a des bouches qui se fanent de s’être fermés.
Quand elles sont associés à de beaux yeux,
il se creuse un regret dans le visage.
À la dame loueuse de vélos,
commerce pas très florissant.
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Je suis triste pour Calo. En quinze ans, c'est le seul collègue avec qui j'ai vraiment sympathisé. Avant de travailler à la SANEF, il était à la DDE. Il s'est fait virer pour vol de panneaux. Il a toujours eu la passion des panneaux, depuis tout petit. A dix ans, il connaissait par coeur le code de la route. Il a d'abord collectionné les panneaux en modèles réduits. Il les rangeait soigneusement par familles dans une vitrine fermée. Pour compléter sa collection, il en fabriquait lui-même, en carton ou en bois léger, du plus courant au plus rare, depuis l'universel Sens Interdit jusqu'à la traversée de kangourous des bords de route australiens. Parfois, il s'essayait à la création de panneaux inédits, comme le Danger, Risque de SDF, ou le Parking Souterrain Réservé aux Femmes
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"La pêche a été de tout temps la principale source de travail, d'où la devise de l'île : "De la mer nous visons." Mais depuis trente ans, l'activité n'a cessé de diminuer, la flotille est passée de quarante-six à onze bateaux, on ne dénombre plus que vingt marins. Avec l'ouverture sur le monde, l'île a perdu peu à peu son autarcie et s'est enchaînée à une dépendance extérieure; l'élevage et l'agriculture ont disparu ; les habitants se sont retrouvés les bras ballants, tout à portée de main venu d'ailleurs. Aujourd'hui, à part lever le coude, il n'y a plus grand chose à faire. On ne remplit plus les filets, mais les verres. On dilue le temps dans l'alcool, on sirote son ennui, on se noie à l'air libre. La vie est une bonne nouvelle qu'on arrose en permanence. Les jeunes sont pris entre deux courants marins, l'un qui emmène au loin et l'autre qui vous maintient, vous plaque contre les rochers ; ici, les racines sont de granit. Quand on a vécu sur un caillou au milieu de l'eau, les yeux toujours bercés par la houle, la terre apparaît monstrueusement ferme, à l'infini, c'est comme un monde sans rêve, un bloc de réel massif, ça vous gagne les pieds et vous attaque les prunelles, on a qu'une envie : la mer, de l'eau. Ceux qui partent reviennent tous, un jour ou l'autre. On n'abandonne pas son île, où l'on a grandi comme dans un moule, avec ses côtes dans nos flancs, ses dunes dans nos muscles. Ce n'est pas un lieu de naissance comme un autre."
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Elle ne viendrait pas. Beck s'était rassis et se tapait un croûton de pain rassis comme on se ronge les ongles. Le pain craquait sous la mâchoire, puis croquait sous les dents comme du corail. Il n'avait rien à déclarer, n'éprouvait aucun sentiment précis, vivait dans l'écho de sa pensée. Sous ses yeux, tombait le magazine qu'il avait ramené de la décharge ; en couverture, la photo d'un lagon bordé de cocotiers à franges, ciel et mer bleus. Il y trempa son pain.
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J'ai passé de longues heures sur les bancs à contempler le monde. Il en est de merveilleux, incongrus, hautement improbables, dont l'emplacement est une révélation. Un homme sur un banc n'appartient plus à la réalité ou s'en détache. Ce simple gradin lui confère un statut de poète et lui prête une vision étendue. S'il est un lieu qui échappe à la tourmente, c'est le banc.
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Il passa par différentes périodes et échappatoires. Il se réfugia dans la solitude, dans l'oubli, dans l'excès. il lui fallut du temps, des années, pour capituler. Aujourd'hui, sur les chemins, il menait sa vie au gré d'un balisage blanc et rouge, déroulant le tapis de ses pas, qu'ils lui appartinssent ou non, et s'il se présentait un signe, il le prenait comme un clin d'œil, une marmotte sortant de son terrier, un visage passant la porte. La marche lui avait fait découvrir une liberté cachée - enfouie sous le tapis -, un moyen simple et sain de s'esquiver.
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