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ISBN : 2290001724
Éditeur : J'ai Lu (23/08/2007)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Une barrière de péage au milieu d'une autoroute désertée. Seul dans sa cabine, un " péagiste " regarde passer des automobilistes chaque jour moins nombreux. Il déjeune sur une aire de repos avec le gendarme du secteur qui a troqué son uniforme contre un costume à paillettes et son véhicule contre une Cadillac abandonnée. Il écoute la radio même si elle ne diffuse plus qu'un seul programme, et se lie d'amitié avec Joras, une jeune femme se rendant quotidiennement à l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
davidzarnescu
  13 février 2017
Une histoire terrible, expressionniste, plus actuelle de nos jours que jamais. Imaginez-vous que vous entrez dans le tableau de Munch, le cris. Que vous entendez ce cris qui sort du tableau, qui sort du livre et entre dans votre chambre. Imaginez-vous que l'autoroute, un véritable personnage, sort du livre et continue dans votre chambre. Qu'un accident pourrait arriver d'un moment à l'autre. C'est la sensation laissée par la lecture de Laurent Graff.
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muet-comme-un-carpe-diem
  26 juillet 2009
Pourquoi est-ce que le flux ininterrompu de voitures se réduit subrepticement comme peau de chagrin sur cette autoroute ?
Pourquoi est-ce qu'un employé du péage, un gendarme et un cuisinier du restaurant de l'aire voisine demeurent fidèles à leur poste alors que pratiquement plus personne ne passe par ici ?
Pourquoi est-ce qu'un jeune couple de surfers plante sa tente dans la pelouse située à proximité de ce même poste de péage ?
Pourquoi cette femme sans un sou s'entête-t-elle à prendre l'autoroute tous les jours ?
Pourquoi les voleurs du célèbre tableau le cri d'Edvar Munch l'ont-ils abandonné dans le coffre de leur voiture ?
"La vue que [nous] propose le hasard ne varie pas beaucoup, entre l'autoroute dans un sens ou dans l'autre et la barrière de péage. Pourtant [nous avons] l'impression d'être à un point stratégique, à un pivot du monde. Il est des lieux d'apparence anodine, qui touchent secrètement un nerf vital, qui sont en vérité une cote privilégié de la vastitude."
Fable ubuesque absurde qui provoque l'hilarité ou réflexions graves sur la condition humaine ramenée à une sorte d'acouphène lancinant ? Dans le cri comme dans Il est des nôtres, Laurent Graff excelle à faire surgir de la banalité l'inquiétude, l'étrangeté, le mystère. Une écriture tendue comme un fil du rasoir prêt à trancher dans le vif du réel que vous teniez pourtant à l'oeil.

Lien : http://muet-comme-un-carpe-d..
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Isamax56
  18 février 2015
Wow ! Quel livre, quelle écriture...à lire d'urgence dans un souffle. Je ne dévoilerai pas l'histoire mais ce livre est inspiré par le célèbre tableau de Munsch "Le cri" et tout un monde y gravite autour. J'ai adoré.
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LFolavril
  14 mars 2018
Voici un livre on ne peut plus étrange. Très énigmatique. Comme un ovni littéraire. En somme, un livre comme je les aime! On suit l'histoire d'un homme, dont on ne connaîtra jamais le nom, qui travaille à une station de péage, on ne sait où. Un péage où les voitures se font chaque jour moins nombreuses, jusqu'à déserter complètement l'autoroute. le tableau d'Edvard Munch, le Cri, a été dérobé. Et depuis, comme une vague d'épidémie, un cri se propage dans l'atmosphère et contamine peu à peu l'humanité ; on ressent ce cri comme des acouphènes de plus en plus violents.
Dans un monde aux allures post-apocalyptiques, on croise deux ou trois personnages, doucement paumés et farfelus. L'autoroute est abandonnée, la radio ne diffuse plus qu'un seul programme. Tout le monde semble avoir fuit, sans que l'ont sache vraiment comment, ni pourquoi. le dénouement final est saisissant et le titre prend son sens douloureusement.
Ce court roman est une très belle découverte. Il met en relief certains thèmes aux allures métaphoriques : le carrefour de nos vies, les frontières, les collisions entre hommes. L'autoroute apparaît comme une métaphore riche et plurielle de la vie, du destin et des chemins qui se croisent, inexorablement.
Lien : https://folavrilivres.wordpr..
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ennapapillon
  12 mai 2009
C'est l'histoire d'un homme qui travaille dans une cabine de péage sur l'autoroute. Il semble vivre dans une sorte de monde parallèle, un monde en suspend : l'autoroute sur laquelle il travaille est si peu fréquentée qu'il est le seul employé du péage. [...]

Lien : http://ennalit.canalblog.com..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
PickItUpPickItUp   12 septembre 2017
Je suis triste pour Calo. En quinze ans, c'est le seul collègue avec qui j'ai vraiment sympathisé. Avant de travailler à la SANEF, il était à la DDE. Il s'est fait virer pour vol de panneaux. Il a toujours eu la passion des panneaux, depuis tout petit. A dix ans, il connaissait par coeur le code de la route. Il a d'abord collectionné les panneaux en modèles réduits. Il les rangeait soigneusement par familles dans une vitrine fermée. Pour compléter sa collection, il en fabriquait lui-même, en carton ou en bois léger, du plus courant au plus rare, depuis l'universel Sens Interdit jusqu'à la traversée de kangourous des bords de route australiens. Parfois, il s'essayait à la création de panneaux inédits, comme le Danger, Risque de SDF, ou le Parking Souterrain Réservé aux Femmes
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zazimuthzazimuth   24 août 2010
Courir est un effort ambitieux, exigeant, qui requiert toute la présence du corps et une participation active ; marcher est un exercice beaucoup plus humble, élémentaire, qui se passe de muscles, qui fait du corps un moyen de transport de l'esprit. On va un peu comme à dos de chameau, perché sur ses membres, ondulant là-haut dans des souplesses vertébrales, les cheveux au vent, les yeux au loin. (p.98)
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zazimuthzazimuth   24 août 2010
J'aime l'humilité du camping. N'avoir pour demeure qu'une toile de tente tenue par quatre piquets, ondulant au vent, se creusant sous le poids de la pluie ; sentir toute la précarité de son abri ; dormir au contact de la terre et endurer ses imperfections ; vivre à l'étroit et en faire un univers ; ne rien posséder et avoir le monde à portée de main ; à tout moment pouvoir plier bagage et prendre la route ; trôner dans son pauvre refuge au milieu de la vastitude et se délecter de sa petitesse effrontée. (p.74)
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zazimuthzazimuth   24 août 2010
Cela dit, l'ennui n'a jamais été un problème pour moi : j'aime l'ennui. J'y vois une forme de vie dépouillée très suave, un climat clément pour l'âme, un hamac suspendu aux palmes du temps. L'ennui et l'autoroute s'accordent parfaitement pour inoculer une douce monotonie, comme un fil fin pénétrant le chas de l'esprit, et apaiser nos consciences tourmentées. Quand d'autres s'irritent, s'impatientent, gesticulent, moi je me laisse envahir avec délectation par la lassitude. (p.42)
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zazimuthzazimuth   24 août 2010
Je préfère de loin la radio. Qui n'accapare pas, mais, au contraire, permet la divagation, la rêverie. (p.54)
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