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3.95/5 (sur 124 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Orléans , 1978
Biographie :

[ ne pas confondre avec le haut fonctionnaire Laurent Nuñez ]

Laurent Nunez est un écrivain français.

Romancier et essayiste, il est depuis 2010 rédacteur en chef du 'Magazine littéraire', et dirige également la collection 'Nouveaux Regards'.
Il est l’auteur de nombreux articles sur la littérature. Certains ont été traduits en plusieurs langues.

Après avoir été chroniqueur littéraire sur France-Culture, il participe au Cercle littéraire de la BnF, animé par Laure Adler et Bruno Racine, et tient une chronique chaque week-end sur Vinci FM, en alternance avec Joseph Macé-Scaron.
Il est aussi chroniqueur le vendredi soir dans La 'Dispute', l'émission littéraire de France-Culture.

Le magazine 'Technikart' l'a classé, en 2010 et 2011, parmi les cent personnes les plus influentes culturellement.

Il a publié en 2006 un essai littéraire chez José Corti, 'Les écrivains contre l'écriture'.
À partir des conclusions qu’il en a tirées, il écrit son premier roman, 'Les Récidivistes', en 2008.
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Source : Amazon, Wikipedia
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A l'occasion des Correspondances de Manosque, Laurent Nunez vous présente son ouvrage "Le mode avion" aux éditions Actes Sud. Rentrée littéraire automne 2021. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2549854/laurent-nunez-le-mode-avion Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Linkedin : https://www.linkedin.com/in/votre-libraire-mollat/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Vimeo : https://vimeo.com/mollat

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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
J'AI ma petite théorie sur les statues. Plus elles sont imposantes et moins elles en imposent. Plus leur volume est remarquable et moins on les remarque. Et puis qui prendrait du plaisir à contempler ce qui l'écrase ? (p. 13)
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Nous avons d'ailleurs une vision binaire et bizarre de l'existence : le travail, et puis seulement le loisir. Comme si l'un était la conséquence de l'autre. Tout dans notre société dit cela :
- une semaine de travail, puis le week-end
- une année de travail, puis les congés payés
- une vie de travail, puis la retraite.
Décidemment, nous avons été bien éduqués. Nous voyons le temps libre comme la récompense après le temps occupé.
Ce n'était pas comme cela au début.
Ce n'était pas ainsi que vivaient les gens auparavant.
On le sait parce que les langues anciennes nous le disent : il y avait tout d'abord un mot pour dire le repos, les dîners entre amis, la journée à rêvasser, à réfléchir, à lire; et ce n'est qu'après - bien longtemps après ! - qu'on a inventé un autre mot pour contredire tout cela.
D'abord il y avait un mot latin pour dire le loisir, otium, puis on a inventé un autre mot pour nier le loisir, negotium.
Neg-otium, cela voulait dire : le temps qu'il faut malheureusement retrancher de l'otium. (Ce qui prouve bien que l'otium a été pensé avant le negotium, parce qu'on ne peut pas retrancher quelque chose de quelque chose qui n'existe pas).
Au fil des siècles, notre civilisation marchande s'est construite autour de ce mot : negotium. Elle l'a chanté, vénéré, glorifié : elle en a fait un mot magique - le négoce.
Et le mot otium ?
Non, trop dangereux.
Trop permissif.
Trop jouissif.
Poubelle.
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Et voilà : sans livres, sans collègues, sans élèves, sans amours ni amis, sans contraintes et sans horaires, sans radio ni téléphone, sans même de boîte aux lettres, sans donc rien de ce qui aurait pu les empêcher de réfléchir autant qu’ils voulaient, Choulier et Meinhof crurent qu’ils allaient enfin réfléchir autant qu’ils le voulaient. Il n’y avait plus rien, absolument plus rien autour d’eux ! – rien que le silence pour entendre le langage… Le ciel lui-même, durant ces premiers mois de 1939, avait perdu ses longs nuages. Tout était bleu par-dessus les montagnes. Tout était vide. Et puis l’air piquait terriblement les narines, le vent mordait les visages et les cous, les écharpes demeuraient inutiles, les bonnets et les gants paraissaient vains : l’hiver ici n’a rien de l’hiver parisien. C’est une saison terriblement pure, c’est-à-dire terriblement morte, où tout semble figé dans le gel et l’ennui. Les gens hibernent alors tout autant que les animaux. Dieu lui-même semble frileux : la nuit tombe si tôt qu’on se demande certains soirs s’il a vraiment fait jour.
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Introduction : Pourquoi écrivez-vous ?

Postures et impostures du renoncement
I.Ces écrivains qui refusent d’écrire – l’impossible nouveauté – le non-écrivain – l’appel au vague – le style : présumé coupable – l’exagération littéraire – la main de l’auteur – les origines de la Terreur – L’imposture terroriste.
II. Borel, juge de Jacques : relecture terroriste de La Dépossession de Borel
III. Noli me tangere : de l’impossibilité de suivre Rimbaud
Peut-on ne plus écrire ? – Peut-on écrire sur Rimbaud ? – Les textes présentatifs : Le Clézio, Michon, Aragon – Les textes représentatifs : Rimbaud et le personnage, Rimbaud et le narrateur, Rimbaud et l’auteur, Rimbaud et le lecteur - Peut-on vivre comme Rimbaud ? – Peut-on ressusciter Rimbaud ? – Les communautés rimbaldiennes – Leiris : Rimbaud et Limbour – Breton : Rimbaud et Vaché – Conclusion négative.
IV. Bavardage sur un Bavard : relecture terroriste de des Forêts
V. Une réplique ambiguë : Paulhan, Caillois, Blanchot
Les corbeaux noirs – La contre-attaque littéraire : contre l’impossible nouveauté – contre le non-écrivain – contre le flou – contre le délit stylistique – pour la main de l’auteur – Trois parcours différents : Paulhan et Le Don des langues – Les palinodies de Caillois – Blanchot ou le malentendu.

Conclusion : De la littérature considérée comme une salamandre
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Il y a un mot bizarre mais que j'aime bien : pronoïa. C'est le contraire de la paranoïa. C'est croire que l'univers entier conspire en votre faveur.
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Peut-être faudrait-il reprendre goût à l'ennui. Voyons : est-ce donc si terrible de ne rien faire ? Qu'avez-vous donc à craindre à l'intérieur de vous que vous vouliez constamment regarder à l'extérieur ? De quoi voulez-vous donc toujours qu'on vous divertisse ?

Et puis, ne rien faire ce n'est pas ne rien faire. C'est laisser monter en soi le désir et l'attente. C'est même vivre comme un dieu, puisque c'est voir passer devant soi ce Temps qu'on vient de créer : "Pendant l'insomnie, je me dis, en guise de consolation, que ces heures dont je prends conscience, je les arrache au néant, et que si je les dormais, elles ne m'auraient jamais appartenu, elles n'auraient jamais existé" - Emil Cioran...
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"Pour user d'une image très juste bien qu'anachronique, disons que nul ne peut demeurer très longtemps en "mode avion". Parce que plus on coupe les liens qui nous relient aux autres, et plus on pense à ces liens bêtement coupés. C'est ainsi : loin du monde, on s'imagine toujours que le monde existe, qu'il se passe plein d'histoires et de drames, mille péripéties qu'on rate injustement... Et d'un doigt déjà nerveux, comme au bord d'une asphyxie mentale dès lors que plus rien ne se respire de l'air du temps, on s'empresse de rétablir la connexion..."
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L'avenir, c'est ce qui est à venir, ce que vous avez prévu et qui devrait arriver. Le grand voyage au Japon (vous économisez depuis un an), le concert de Radiohead ou le spectacle de Blanche Gardin (vous avez pris vos places il y a six mois), la semaine de ski avec vos amis (vous en parlez depuis quinze jours). C'est beau et c'est bien, l'avenir, parce que c'est jalonné et puis très rassurant - mais j'éprouve toujours une préférence pour le futur.

Le futur, c'est ce qui viendra sans que vous l'ayez vu venir. C'est ce visage que vous croiserez à une fête où vous ne vouliez pourtant pas vous rendre. C'est ce coup de fil qui vous proposera un travail bien plus intéressant que celui que vous avez. Le futur c'est partir en Espagne pour écrire un livre sur la Movida, et revenir avec un livre sur la poésie française du XIXème siècle (ça je l'ai vécu avec "Si je m'écorchais vif"). Quel bonheur : le futur c'est l'imprévisible [...], ce que vous n'auriez jamais imaginé, mais qu'il fut bon pourtant d'attendre et d'espérer. Bien sûr, le futur regorge de dangers [...]. Mais à n'avoir l'oeil fixé que sur l'avenir, nous aurions tous des vies très sages et automatisées ; alors que c'est la confrontation avec le futur qui nous rend humains - plus exactement : qui nous remplit d'humanité.
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Pour répondre à cette énigme, je crois qu'il faut se servir de ce que les théoriciens du cinéma ont appelé "l'effet Koulechov". Souvenez-vous : en 1921, le réalisateur russe choisit dans un film trois gros plans, assez neutres, de l'acteur Ivan Mosjoukine, le regard porté vers le hors-champ, qu'il monta juste avant trois plans représentant : 1. Une assiette de soupe sur une table. 2. Un enfant dans un cercueil. 3. Une femme lascive sur un canapé.
Koulechov remarqua que les spectateurs à qui il dévoilait ces trois séquences admiraient le jeu d'acteur de Mosjoukine, qui selon eux savait merveilleusement interpréter 1. La faim 2. L'affliction. 3. Le désir.
L'effet Koulechov désigne ainsi la propension d'un plan à influer sur le sens du plan qui lui succède dans le montage, avec en retour l'influence de ce plan sur le sens du précédent − une sorte de double contamination sémantique.
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À la fin du XXe siècle, comme le temps pressait – on venait d’apprendre que le soleil allait exploser dans moins de six milliards d’années –, les Nord-Américains inventèrent des rendez-vous très brefs, saccadés, – comme des danses, mais assises. C’était des chaises musicales mais on était déjà assis.
En Europe, on ne prit pas le temps de traduire ces nouvelles rencontres: elles gardèrent le nom idéal de speed-dating.
D’abord la vitesse – speed –, ensuite la rencontre – dating.
D’abord l’assurance de ne pas perdre son temps – speed –, puis celle de l’avoir perdu – dating.
D’abord pouvoir choisir – speed –, ensuite avoir choisi – dating.
D’abord vivre à cent à l’heure – speed –, puis rencontrer la mort – dating.

Mais le goût de la vitesse, le souci d’être présent partout, d’être moderne ou contemporain, tout cela me fait peur comme à beaucoup d’autres. C’est de surcroît très difficile de mesurer sa vie, de savoir s’il faut la remplir – et avec quoi.
Qui peut dire ce qu’il faut faire des heures qui nous sont données? Quelle unité choisir? Comment compter l’existence? En livres lus, en livres écrits, en sueur, en kilomètres, en kilogrammes, en bouteilles vides, en enfants nés, en amis enterrés, en impôts payés, en mots prononcés, en corps conquis?
J’entrevois dès lors une autre énigme qui, posée sérieusement, détruirait les nations.
Combien coûte une heure de ma vie? Je veux dire: combien d’argent est-on prêt à me donner – suis-je prêt à recevoir – en échange d’une heure de mon existence? Supposons: je gagne 20 euros par heure. C’est beaucoup 20 euros. (Le SMIC actuel est de 8,44 euros.) Toutes charges payées, cela me laisse environ 2500 euros par mois – et je fais partie des 10% des Français que l’INSEE prétend riches.
Pourtant, si je suis riche au point de gagner 2500 euros par mois, cela ne signifie pour moi qu’une chose: on estime une heure de mon existence équivalente à 20 euros. C’est cela: je donne 60 minutes à l’État, à l’entreprise, au magasin, à l’usine, et en échange on me tend un billet bleu, un beau billet de 20 euros.
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