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3.91/5 (sur 830 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Caen , 1976
Biographie :

D'origine ukrainienne, la famille de cette auteure est arrivée en France dans les années 1930.

Alexandra Koszelyk est une est romancière et professeure de Lettres Classiques.

Diplômée à l'Université de Caen Normandie, elle travaille à Saint-Germain-en-Laye depuis 2011.
Elle enseigne, en collège, le français, le latin et le grec ancien. Elle est aussi formatrice Erasmus en Patrimoine et Jardins.

"À crier dans les ruines" (2019) est son premier roman, publié aux Forges du Vulcain, puis Points pour le format poche.

Elle est l’un des quatre lauréats des Talents Cultura 2019 et a remporté le Prix de la librairie Saint Pierre à Senlis, de la librairie Mérignac Mondésir , le Prix Infiniment Quiberon, et le Prix Totem des Lycéens.

Finaliste du Prix du jeune mousquetaire, de celui de Palissy, et du prix Libraires en Seine, le roman concourt pour le prix des lycéens de la région Île de France 2020.
Le format poche est sélectionné pour le prix du meilleur roman Points

page Facebook : https://www.facebook.com/AlexandraKzk
Twitter : https://twitter.com/alexandrakzyk

Bibliographie :
- Le Sanctuaire d’Emona
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Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandra_Koszelyk
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À l'occasion de la 33ème édition du festival "Étonnants Voyageurs" à Saint-Malo, Alexandra Koszelyk vous présente son ouvrage "L'archiviste" aux éditions Aux forges de Vulcain. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2652426/alexandra-koszelyk-l-archiviste Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Linkedin : https://www.linkedin.com/in/votre-libraire-mollat/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Vimeo : https://vimeo.com/mollat

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Citations et extraits (383) Voir plus Ajouter une citation
C'est le nouvel eldorado des animaux. Quel paradoxe ! des scientifiques ont même démontré que la radioactivité serait moins néfaste pour les animaux que l'agriculture, la chasse ou encore la déforestation. L'animal se débrouille mieux sans l'homme.
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C’était bien plus que cela. Au-delà des frontières établies de façon artificielle par des hommes, il restait quelque chose de plus fondamental : une terre qui ne se préoccupait que très rarement des échelles supérieures de la géopolitique, et que personne, pas même des autocrates, ne pourrait enlever.

Il n'y avait qu'à voir comment une culture bafouée dormait en chacun des êtres, attendant d'être délivrée de son supplice et libre au grand jour. Dans chaque foyer, alors que la langue ukrainienne avait été interdite, on s’échangeait des histoires de cosaques, on riait en ukrainien, on rêvait en ukrainien.

L'autre langue était celle de l'administration, l'officielle. On gardait l'officieuse pour les échanges importants, nos joies, l'intime.

On faisait l'amour en ukrainien. Quand une langue permet à deux êtres de s’aimer, toutes celles qui n'ont pas reçu ce rôle peuvent s'en aller un jour.
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Alla continuait de regarder son étude, et poursuivit son dessin au fusain. Sous ses doigts, la texture du graphite la détournait de cette discussion qui épuisait ses forces. Mais son amie poursuivit :

« Rien ne vaut qu'on joue sa vie. »

L'artiste interrompit son geste sur une moue, la main arrêtée en l'air un instant, puis le reprit de façon plus marquée, appuyant à l‘excès sur le papier :

«L'art n'est pas rien, justement. Si je m'obstine dans cette voie, ce n'est pas pour moi, il n'y a rien d'égoïste là-dedans. Moi, je ne suis rien, par exemple, seulement de passage ici. En revanche, je me dois de transmettre la mémoire de mon peuple. Si je ne me bats pas pour lui, qui le fera dans l'avenir ? Comment les futurs artistes pourront poursuivre notre tâche, si nous n'avons pas maintenu le lien ? Comment les générations futures pourront se construire, si nous nous taisons ? Je me dois de continuer, et j'ai une confiance absolue en la jeunesse, ils trouveront le moyen de s'extirper de cette dictature, d'être libres à nouveau, même si cela prendra du temps. Personne ne peut étemellement demeurer un esclave, même les bêtes ont envie de liberté et ne sont Jamais plus joyeuses qu à trottiner dans un champ ! Si je peux aider la jeunesse à aller plus vite dans cet appel de liberté qui arrivera forcément, alors je le ferai. »

Puis, après avoir relevé la tête et fixé son amie, elle prit ses cheveux à pleines mains, les dégageant pour mieux respirer, et dit d’une voie forte :

« Et rien ne m'arrêtera ! »
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Les radiations sont là, elles ont la force d’une armée de l’ombre insidieuse : aucun radar militaire ne peut les détecter.
Elle recouvrent les arbres, les fleurs et les routes. Elle momifient la nature et l’ankylosent. Sous leur joug, la nature devient impotente. Elle ne sera bientôt plus qu’un squelette vide de ses viscères. Elle chancelle, elle voudrait trouver un refuge, mais chaque parcelle de vie s’ensevelit irrémédiablement sous une Parque qui coupe ses vaisseaux de sève un à un. Son agonie commence. À côté de cette parade, les trompettes de l’Apocalypse sont des flutiaux aigrelets, et les Cavaliers de la Mort d’inoffensifs chevaux d’un manège pour enfants. C’en est fini pour elle, elle n’a plus qu’à ajuster avec dignité son masque funéraire. Les feuilles des arbres se teintent d’un rouge sombre et ploient sous le poids de la gravité, les rameaux se courbent comme des vieillards qui ont trop vécu.
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À Maïdan, quelque chose s'était joué, le peuple s'était rassemblé, de façon pacifique, pour protester contre un président sous influence qui se détournait de la volonté du peuple, désireux de se rapprocher de l'Europe. Ce que la population avait appelé « la révolution de la dignité » donnait tout son sens à l'origine du mot «démocratie»: «le pouvoir au peuple ». C'était bien cela qui s était passé, avec une puissance que personne n'aurait pu prévoir.

Les gens s'étaient organisés ; sans qu'aucun chef soit désigné, ils s'étaient réunis par centaines, un peu comme ces cosaques qui se regroupaient par «sontia». C'était la même chose à Maïdan. Un journaliste à l'époque s’était même demandé si les Ukrainiens avaient ça dans le sang, cette façon de s'unir et de faire face, sans chef et sans hiérarchie, chacun étant le membre d'un essaim inextricable.
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Quelques téméraires décideraient de rester cachés dans cette forêt à l'agonie, et de crever sur leur terre, car cette amputation était inconcevable pour eux. Certains seraient débusqués par les militaires et renvoyés immédiatement dans un car. Ils devaient quitter la Zone. les expulsés seraient relogés pour la plupart dans des appartements de fortune à la périphérie de Kiev. Pendant trois jours, sur les routes, des cars bondés d'exilés répondraient à la régularité métronomique des convois militaires.
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"En 1986, il y a eu une autre catastrophe : l'explosion de Challenger. Il paraît que cela a fait perdre vingt ans au programme spatial international. Tout ça pour sept morts. Et Tchernobyl ? Combien de morts ? Combien d'années cela a-t-il fait perdre ? Aucune. Dans le monde, les réacteurs nucléaires ont continué de proliférer, comme si tout le monde avait détourné le regard. Comme si notre ville avait été enfouie sous le tapis. L'humanité ne peut pas gérer ce genre de vérité. Voilà la vraie raison. tout cela nous dépasse."
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Zenka lui racontait les légendes de l'Ukraine : ce pays est un véritable terreau pour les contes, et elle adorait broder de nouvelles histoires. Sa petite-fille la regardait, les yeux ancrés au visage à la douceur flétrie. (...) Son conte préféré était la légende des coquelicots : "As-tu remarqué ces tapis rouges ? Dans les champs, les coquelicots sont fiers et pleins de vie. Ils poussent n'importe où et égayent nos routes. Ils semblent aussi indestructibles que les cœurs de nos cosaques. Ces guerriers sont le trésor de l'Ukraine : ils portent en eux la rage de vaincre. Mais, souvent les batailles tournent mal, les hommes meurent par milliers. Le cœur des femmes restées à l'arrière se déchire.Elles se lamentent sur leurs disparus. De leurs larmes tombées au sol naît cette fleur : le coquelicot possède la force du cosaque, mais il suffit de le cueillir pour voir se faner ses pétales, comme ces visages chiffonnés d'avoir trop pleuré. "
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Pripiat défie les lois, la vie s'étale malgré la ruine, et appose un pansement providentiel. Les arbres clament leur regain, même si l'agitation tragique du passé bruit encore sur chacune de leurs ramifications. Chaque feuille projette son éventail de couleurs, dans lequel se reflète l'incendie qui a dévoré cette région un certain 26 avril 1986.
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Nous n'avons aucun signe extérieur de maladie, aucun bouton, et pourtant, les autres ont peur. On les entend chuchoter derrière nous. Ça me met en colère. on nous rend honteux d'avoir survécu.
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