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Note moyenne 4.6 /5 (sur 5 notes)

Biographie :

(Madrid 1905-Mexico 1964) Elle est née dans une famille d'ouvriers dans l'actuel quartier touristique des Lettres à Madrid. A onze ans elle commença à travailler dans un atelier de chapeaux et débuta très jeune aussi dans l'écriture. En 1928, elle publia son premier livre, "Peregrinos de calvario", recueil de nouvelles, suivi du roman "Natacha" dont l'environnement est un atelier textile semblable à ceux qu'elle connaissait bien. De ses expériences dans son nouvel emploi de serveuse dans un salon de thé est sorti "Tea Rooms. Mujeres obreras" (1934, chez Hoja de Lata, 2016) qui fut reçu chaleureusement par la critique de l'époque qui remarqua son caractère innovateur et la force du récit. Pendant la Guerre d'Espagne, Carné se focalisa sur son travail de journaliste militante. La guerre perdue, elle fut obligée de s'exiler et partit pour le Mexique où elle n'arrêta jamais d'écrire jusqu'à sa mort prématurée.
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Bibliographie de Luisa Carnés   (1)Voir plus

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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
viou1108   19 juin 2021
Tea Rooms : Femmes ouvrières de Luisa Carnés
Les préoccupations d'ordre social n'existent pas encore assez pour le prolétariat espagnol féminin. L'ouvrière espagnole, capable de rares incursions vers l'émancipation et vers la culture, continue à prendre un vif plaisir dans la lecture des vers de Campoamor, à cultiver la religion et à rêver de ce qu'elle appelle sa "carrière" : un hypothétique mari. Ses colères, si par hasard elle en éprouve, ne sont que des ardeurs momentanées sans conséquences. Son expérience de la misère ne fait pas naître la réflexion. Si un jour son manque de moyens économiques la contraint à un jeûne forcé, lorsqu'elle peut manger à nouveau elle le fait jusqu'à satiété. Dans la plus parfaite inconscience. La religion la rend fataliste. Nuit et jour. Eté comme hiver. Nord et sud. Riches et pauvres. Toujours deux contraires. Bon ! Parfois - rarement - elle sent que sa vie est trop monotone et trop dure ; mais son esprit contient suffisamment d'aphorismes traditionnels qui sont chargés de la convaincre de son erreur et de l'immuabilité de la société jusqu'à la fin des temps. Ces proverbes lui ont appris qu'elle ne possédait rien d'autres sur Terre que ses larmes, et c'est pourquoi elle les verse sans compter.

Matilde est l'une de ces rares et précieuses insoumises, capables de renier cet héritage commun.
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VincentGloeckler   02 mai 2021
Tea Rooms : Femmes ouvrières de Luisa Carnés
Les préoccupations d'ordre social n'existent pas encore assez pour le prolétariat espagnol féminin. L'ouvrière espagnole, capable de rares incursions vers l'émancipation et vers la culture, continue à prendre un vif plaisir dans la lecture des vers de Campoamor, à cultiver la religion et à rêver de ce qu'elle appelle sa " carrière " : un hypoythétique mari. Ses colères, si par hasard elle en éprouve, ne sont que des ardeurs momentanées sans conséquences. Son expérience de la misère ne fait pas naître la réflexion. Si un jour son manque de moyens économiques la contraint à un jeûne forcé, lorsqu'elle peut manger à nouveau elle le fait jusqu'à satiété. dans la plus parfaite inconscience. La religion la rend fataliste. Nuit et jour. Eté comme hiver. Nord et Sud. Riches et pauvres. Toujours deux contraires. Bon ! Parfois - rarement - elle sent que sa vie est trop monotone et trop dure ; mais son esprit contient suffisamment d'aphorismes traditionnels qui sont chargés de la convaincre de son erreur et de l'immuabilité de la société jusqu'à la fin des temps. ces proverbes lui ont appris qu'elle ne possédait rien d'autres sur Terre que ses larmes, et c'est pourquoi elle les verse sans compter.

Matilde est l'une de ces rares et précieuses insoumises, capables de renier cet héritage commun.

(pp.49-50)
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VincentGloeckler   02 mai 2021
Tea Rooms : Femmes ouvrières de Luisa Carnés
La femme riche aspire à être en été, et à prendre soin de sa délicate nudité. la femme pauvre le redoute. La pauvre voit venir avec crainte l'arrivée des jours radieux et de ce soleil ennemi qui découvre la chaussure informe, qui met en lumière chaque détérioration de sa tenue avec la précision d'un projecteur sur une star. La femme pauvre aime l'hiver, même si l'eau engourdit ses pieds. En hiver, les gens marchent vite - chacun à sa tâche. Il fait trop froid pour observer les autres. Il pleut trop pour contempler de belles jambes. et la jeune fille modeste n'est pas obligée de marcher en gardant son équilibre dans des chaussures bancales. L'hiver fatigue ses membres et gerce ses mains nues, mais la femme pauvre le préfère au printemps ou à l'été, parce qu'avant tout elle a un sexe et une conception de la féminité, qu'elle cultive, comme la femme riche sa délicate nudité sur les plages cosmopolites.

(pp. 21-22)
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