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3.85/5 (sur 369 notes)

Nationalité : Belgique
Né(e) à : Liège , le 25/09/1906
Mort(e) à : Bruxelles , le 16/04/1996
Biographie :

Madeleine Bourdouxhe est une écrivaine belge.

L’œuvre qui fit la renommée de l'auteur, qui enthousiasma Jean Paulhan et fut saluée par Simone de Beauvoir, "La femme de Gilles" est un roman sur la jalousie et l'amour absolu qui mène à l'oubli de soi. Il a été adapté au cinéma en 2004 par Frédéric Fonteyne.

Source : wikipedia
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Extrait 3, film "La femme de Gilles", de Frédéric Fonteyne, 2003.


Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
Il était a elle cet homme-la.... Et elle l'aimait au point que, tout de même, elle avait bien le droit de le défendre, de le garder, a elle... a elle... Et rien n'y ferait... personne d'autre n'avait le droit... pas même lui de se détacher d'elle... Quoi qu'il arrivât, quoi qu'il fut arrivé, il ne fallait pas faire d’éclat. Seulement veiller, et n'agir qu'en de petits actes subtils, et garder intact cet amour autour de lui, et auquel il reviendrait : elle l'aimait, on n’échappe pas a un tel amour...
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"Tu es seule devant la plus grande douleur de ta vie.
La souffrance l'enlisait en vagues successives et toujours plus lourdes.
Elle sentit que bientôt elle allait s'abandonner et tout compromettre ."
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Selon l'habitude, Jean et Marie s'installèrent à la terrasse de l'hôtel où, chaque jour, à la même heure, on voyait les mêmes villégiateurs assis devant un café, un thé, une menthe glacée. Il faisait moins chaud ; mais dans l'après-midi finissante, les choses restaient pleines de torpeur, gardaient le reflet de toute la chaleur du jour.
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De plus, elle sentait les larmes. Elle en retrouvait le goût sur ses lèvres et ses mains : ses cheveux, tout son visage, ses bras, son linge en étaient imprégnés. Et elle pensa que l'odeur de la souffrance dégoûte toujours un autre.
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Elisa attendit un instant. Elle rassembla ses forces. Enfin elle y arriva : courageusement, elle s’assena en plein cœur : « Gilles ne m’aime plus. » Elle chancela. En un grand geste maladroit elle tendit les bras vers Gilles endormi, comme si elle allait lui demander de l’aide. Elle s’arrêta à temps. Non, Elisa, cette fois tu souffriras seule. Pour la première fois tu ne peux demander appui à la tendresse de Gilles, tu dois te défendre comme si tu étais seule au monde. Personne ne peut t’aider… Tu es seule devant la plus grande douleur de ta vie.
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"Pour votre pénitence, vous direz une dizaine de chapelets." Pour votre pénitence ?... Soit, elle réfléchira après. (...) Ce qu'elle attendait c''était une aide pour reconstruire sa vie terrestre... qu'on l'apaisât en lui disant qu'elle avait bien agit jusqu'ici et que dans cette voie elle devait continuer... qu'on la conseillât pour ramener Gilles à elle et pouvoir enfin recréer la vie...
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Et maintenant elle était là toute seule, assise sur un tas de pierres, fatiguée et transit, avec un amour un peu trop lourd.
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Et pour la seconde fois. Ainsi déjà, lorsque de ses poignets ouverts s'écoulait sa vie refusée. On étancha le sang autour d'elle, on l'effaça de sa robe. On n'empêcha la source condamnée de se tarir. Comme le sang les effraye vite. Ont-ils cru que le spectacle de sa vie rendue la distrairait de sa mort. Cette fois elle a choisi sa mort certaine. Elle ne l’appellera pas. Elle ne la fera pas s'insinuer doucement en elle, soumise au temps ou à l'intervention. Elle se jettera vers elle, elle se lancera au cœur d'elle-même, comme l'oiseau saisi de ciel prend son envol d'un haut étage, comme la fleur que l'on jette d'une fenêtre au vainqueur qui passe.
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Pas de maladresse... le laisser revenir à toi sous n'importe quel prétexte... Pas de faux amour-propre... De l'amour-propre ? elle n'en éprouve pas la moindre part, ce sentiment n'a rien à voir avec l'amour.
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C’est chaque jour la même chose. Gilles sera là dans quelques minutes: Elisa n’est plus qu’un corps sans force, anéanti de douceur, fondu de langueur. Elle n’est plus qu’attente.
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