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3.54/5 (sur 97 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Née en 1981, Marie-Fleur Albecker est normalienne, agrégée de géographie et docteur en aménagement du territoire et urbanisme.
Elle enseigne l'histoire et la géographie au lycée.

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Le jeudi 20 septembre 2018, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr ) avait la joie d'accueillir Marie-Fleur Albecker, autour de la récente publication de son premier roman, "Et j'abattrai l'arrogance des tyrans", aux éditions Aux Forges de Vulcain.


Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
Je ne sais même pas comment j'ai fait pour tenir tout ce temps, un an ou presque, je ne saurais même pas le dater, aujourd’hui quand j'y pense c’est comme un brouillon figé de jours et de nuits, un temps indéfini et glacé interminable. Moi, le plus souvent, j'étais comme une poupée mécanique, et à l'intérieur, je m'étais recroquevillée dans une grotte, qui sait, peut-être dans un ventre, le mien, j'étais redevenue un fœtus, un être en devenir, et j'attendais pour ressortir, parce que je ne savais pas comment être moi et être mère. p. 254
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(Les premières pages du livre)
La maternité.
Pourquoi n’en entend-nous pas parler?
Ou plutôt, pourquoi n'entendons-nous à ce sujet que les avis non sollicités sur nos vies intimes?
« Elle a 35 ans, toujours pas d'enfant, c’est: bizarre – contre-nature – elle doit avoir un problème » (rayez la mention inutile)
Tout le monde a un avis sur ce que les femmes devraient avoir dans le tiroir, mais
il doit rester fermé, le tiroir.
Y a pas de pourquoi qui tienne. Une femme, c’est fait pour être mère.
Et pourtant, de cette gageure, on ne sait rien, ou si peu.
(Saviez-vous que ça se prononce «gajure»?)
La maternité c’est comme ça, ça s'écrit comme ça se prononce. Et pourtant, un putain d’iceberg, pardonnez ma vulgarité.
Un joli glaçon émergé, et en-dessous, tout ce qui a été pensé, ressenti, connu,
mais crié à voix basse, dit mais pas écrit, peut-être, par la mère, si la fille est chanceuse,
mais quelle mère peut dire à sa fille: ça a été si difficile ?
ou sinon, murmuré d’une amie à une autre.
Mais ce n'est pas si simple, car il y a celles pour qui c’est facile, comme une respiration, comme une gorgée d’eau.
Mais qui pour mander cette chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus commune, la plus terrible, la plus solitaire, la plus aliénante, la plus naturelle, la plus simple, la plus complexe, la plus exigeante ; enfin une chose dont on trouve des milliards d'exemples dans les siècles passés, et que pourtant l’on tait.
Nous avons jeté notre langue aux chiens.
L'amour, le couple, nous l’avons lu, vu, discuté, décortiqué jusqu’à la nausée.
Mais la maternité ?
Faudra vous débrouiller toute seule, oui, ma bonne dame.

Prélude
Maman mais pourquoi?

Hélène (c’est la mère de l’héroïne)
Vous allez rire, mais je ne me suis jamais posé la question.
Parce que c’est la vie non ? La joie ?
Parce qu'on voulait créer de la joie, voilà.
Tout simplement.

Louise (c’est la meilleure amie de l’héroïne)
Alors, cette question !
Parce que c’est comme ça, quoi. Anne va encore dire que je suis hyper conformiste, mais bon voilà, c’est comme ça, voilà.
Parce que les gens ont des enfants.
Parce qu’il faut continuer la famille. La lignée.
Parce que ma gynéco m'a dit qu’à partir de trente ans, il fallait y penser.
Parce que les femmes sont faites pour porter la vie. Je sais, Anne va encore râler que je suis de droite, mais c’est vrai, quoi, on a un utérus, c’est pour quoi faire sinon? C'est pas pareil que l’appendice quand même.
En fait, au début je me suis pas trop posé la question, et finalement, quand j'ai perdu le premier, j'ai su que j'en voulais un. Et je me suis débrouillée pour en avoir un. Il me le fallait.
Je peux vous faire une liste!
J'ai voulu un enfant parce que:
- on me dit que j'ai l’âge;
- j'ai fait tout ce qu'il fallait pour ça;
- être une femme c’est être une mère;
- Karim n’a pas le droit de gagner sur ce coup-là (Karim, c’est mon ex);
- ça sera un enfant très beau, puisque Karim et moi sommes très beaux;
- ça donnera un sens à ma vie;
- mon Corps n'aura pas le dernier mot;
- mon corps en est capable;
- je suis seule, tellement seule;
- c’est l’ordre des choses.
Et peut-être ne sont-ce que des mauvaises raisons: mais, après tout, y en a-t-il de bonnes ? J’obtiens ce que je veux, maintenant. Je suis Maman.

Anne (c'est elle l’héroïne)
Bien. D'abord, si je peux me permettre, j'aimerais qu’on dise «mère», pas «maman». C'est très aliénant, maman, c’est infantilisant. D'ailleurs, pour être inclusif, il vaudrait mieux dire « parent mais pourquoi?» Enfin bref. Je vous le dis, voilà.
Justement, nous, c’est notre projet, à deux. Notre enfant, c’est un projet de couple. Enfin, pour moi... je veux pas dire... pour d’autres, chacune fait comme elle a envie!
Mais quand même c’est vrai que pour moi c’est une envie depuis, je ne sais pas, je ne peux pas dire « viscérale » parce que je ne crois pas trop à tout ça, je sais bien que c’est un construit social, mais j'ai toujours SU que je voulais être mère. Donc, c’est comme Ça. Enfin c’est sûr qu'avec le bon père, c’est là que ça devient concret. Je sais que Matthias sera un bon père, voilà, je l'aurais pas fait avec n'importe qui.
Mais c’est. ma vie ne sera pas complète sans ça. Je sais que c’est con, est-ce que c’est vraiment féministe ? Mais c’est comme ça. On dit beaucoup de choses sur le désir d’enfant, que l'enfant n’est pas un objet, qu’il faut « un papa et une maman ». C’est n'importe quoi. Moi, je comprends ça, vouloir un enfant à tout prix. Je ne sais même pas si c’est pour moi, pour lui, pour la société. Je crois que je l'aurais même fait toute seule, en fait. Je dois être un peu tarée, ou bien c’est la société qui l’est. Va savoir.

Gabrielle (c’est une autre amie de l’héroïne)
Pour rien au monde, et merci bien !
Non, je ne veux pas d'enfant. Non, je ne changerai pas d'avis. Non, je ne suis pas dégénérée. Non, je ne ressentirai pas l'horloge biologique. Non, ce n'est pas parce que je n'aime pas les enfants.
Pourquoi me forcez-vous sans cesse à dire non? Pourtant je ne suis pas quelqu'un qui dit non. Et, pour cette seule chose, je dois dire non, sans cesse, à tous, tout le temps.
Au vrai, si j'avais vraiment le choix, je ne serais pas contre avoir un enfant, mais comme un homme : juste pouvoir rentrer à la maison, jouer dix minutes au cheval, risette sur la joue, et c’est bon maintenant laissez-moi travailler. Comme un homme, surtout, sans aucune attente portée sur ma manière d’être mère, libre de rater, libre d’être mère par intermittence, libre d'abandonner, pourquoi pas, mon enfant. Libre enfin, d’être femme même sans enfant. D'un père qui abandonne son enfant, on dira qu’il a jeté sa gourme, au pire que c’est un irresponsable, mais il ne subira pas l’opprobre comme une femme. Qu'est-ce que j'en sais, moi, si je vais aimer mon enfant ? La «nature» a bon dos, mais je n’y crois pas du tout, moi, à la nature. L'horloge biologique, je l’attends de pied ferme. Parce qu’elle n'existe pas.
Pourquoi avons-nous obligation d’enfanter, je vous le demande ? Le monde n’a pas assez d’enfants malheureux ? Sommes-nous en voie d’extinction ? Parce que « c’est la nature », mais savez-vous, Je ne souhaite pas retourner vivre dans une grotte à manger du mammouth cru parce que « c’est la nature ». Mon bonheur ne passe pas par là, ne vous en déplaise, à vous tous.
Jusques à quand, enfin, cesserez-vous de me demander pourquoi ? Si seulement je n'étais pas une femme.

I Décider
Point info 1.
Je suis comme ça, moi, je cite mes sources, je diffuse l'information.
Je vous en prie, c’est gratuit, et puis vous en aurez pour votre argent. Ça vous reposera entre deux passages de bonnes femmes qui se plaignent.
On est comme ça, nous les bonnes femmes. Alors, commençons par nos âges.
« En 2015, en France, les femmes donnent naissance à leur premier enfant à 28,5 ans en moyenne, soit quatre ans et demi plus tard qu’en 1974. L'âge à la première maternité ne cesse d'augmenter depuis cette date. Sa hausse est toutefois moins rapide depuis une quinzaine d'années. (...)

En 2012, les femmes les moins diplômées ont leur premier enfant quatre ans plus tôt que les plus diplômées. » Source : Sabrina Volant, in Insee Première, n°1642, 27/03/2017.

Je vais vous parler de trentenaires diplômées. Pas forcément représentatives de grand choses, mais je les connais. Celles qu’on voit dans les séries quand qu'elles essaient de trouver un mec.
Et puis ensuite elles disparaissent. À ce qu’il paraît, ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants.

C'est Anne qui parle :
Ça a débuté comme ça. Et on ne savait pas, on ne savait vraiment pas, que notre voyage à nous, il ne serait pas imaginaire, qu’il allait nous traîner de déceptions en fatigues, de la vie à la mort. Mais ça, on ne le savait pas, parce que ça a l’air si simple.
C’est une chose que de vouloir un enfant, c’en est une autre d'en faire.
Je dis ça maintenant, évidemment sur le moment ce n'est pas comme ça que j'y pensais. Je pensais que ça viendrait sans problème, que ce serait simple. Je ne pensais même pas que j'étais si vieille que ça.

J'avais en tête mes copines pour qui c’est arrivé sous pilule, ou au bout d’un mois après l'avoir arrêtée, enfin bien sûr c’est pas la chose la plus naturelle du monde ? On n’a pas conquis, en tant que femmes, le droit de faire un enfant si on veut, quand on veut ? Bah bien sûr, je ne savais pas combien de nanas avaient fait des fausses couches, ça ne se dit pas, et puis c'est tellement, je ne sais pas. insultant, limitant, violent, de t'entendre dire, alors que potentiellement tu n'es même pas à la moitié de ta vie, que c'est là, maintenant, qu’il faut se dépêcher. La Nature. Je hais ces conneries. Qu'on se batte pour la préserver, bien sûr, mais qu’on ne me ramène pas à Ça. Je ne suis pas un rat de laboratoire. Enfin ça, c’est ce que je croyais.

D'abord il y a eu les études, chez moi ça a trainé avec la reconversion, je suis passée du contrôle de gestion à professeure des écoles, de la maxi tune et du néant de sens total à l’exact inverse. Et mon nouveau boulot était crevant, contrairement à ce qu’en pensent Jean-Michel et Mme Michu, et il a fallu attendre d’avoir un poste fixe pour que je puisse un peu me projeter... pareil pour les mecs, ça a pas mal défilé au début, et puis ensuite il y a eu Matthias. D'abord on a attendu parce qu'on voulait profiter, profiter de quoi on ne le savait pas encore, c’est après qu'on réalise, mais bref, profiter de la vie, de la Jeunesse, ce genre de conneries. On voyageait beaucoup, Matthias commençait à bien gagner sa vie, c’est pas avec mon salaire qu’on aurait pu découvrir le Japon, on sortait, on manifestait le premier mai, pas très original j'imagine.
Matthias voula
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[ XIVe siècle ]
[…] pourquoi donc un paysan français voudrait-il attaquer un paysan anglais ? Parfois, les puissants arrivent à leur faire croire qu'il s'agit de leur survie, mais soyons raisonnables deux minutes, si on y réfléchit sérieusement, qu'est-ce qu'un paysan français en a à branler, de son homologue angliche. Non, on ne leur demande pas leur avis, on la leur bombarde, la guerre. On part à la conquête d'autres territoires. On : les puissants, les nobles, les riches, ceux qui font la guerre. Simpliste ? Si je puis me permettre, c'est fou ce simplisme qui fait que ce sont toujours les mêmes qui parlent de 'simplisme', et bizarrement ce ne sont pas eux qui se cassent le dos à biner dans les champs ou à nettoyer nos chiottes.
(p. 16-17)
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Et puis j'avais découvert une abomination hormonale enfin je ne sais pas trop, pourtant «tout à fait classique» disait ma mère : l’hypervigilance. La nuit, j'entendais le moindre petit bruit que faisait le bébé, même au bout du couloir avec la porte fermée, j'avais l'impression de ne plus jamais atteindre le sommeil profond et que même dans mon sommeil je devais être disponible au moindre besoin de l’enfant. Je me levais souvent pour vérifier qu'elle allait bien, qu’elle était encore vivante. Je rêvais que je ne dormais pas car j'écoutais le bruit de sa respiration. J'essayais vraiment de dormir en même temps que ses siestes, je me couchais dans mon lit et tout, mais non, même chose, mes pensées tournaient et retournaient autour de tout ce que devais faire, de ce que je faisais mal, et surtout, je me disais, je me souviens, je n’arrêtais pas de me dire: «il faut que je dorme, il faut que je dorme, que je dorme...» Mais rien.
Je me suis dit au début que c'était ça l’instinct maternel, que ça voulait dire que j'étais une mère comme les autres, même si j'avais l'impression de ne pas, de ne pas... percevoir le bébé comme j'aurais dû. p. 164-165
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Combien de fois Matthias a voulu abandonner, il ne sait plus, souvent. Vouloir un enfant, dans ces conditions, c'est autre chose. Oui, c’est peut-être pas bien de penser comme ça, mais le rôle du mec, normalement, dans ce genre de situation, c’est de tirer un coup puis de masser les pieds de sa meuf en lui achetant des fraises un soir si elle a une envie soudaine, quoi. Là, on lui demandait de déposer sa semence dans l’urne sacrée, l’éprouvette du Saint Docteur, et de regarder Anne se torturer de toutes les manières possibles parce que «ça ne prend pas», se piquer, ne plus dormir, attendre, courir, écarter les jambes, prise de sang, recommencer, et attendre, attendre, la déception, et recommencer. p. 70
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Et il y en a des pages et des pages, de belle théorie, elle a tout bien pris en note,
ces informations qu'on croit bien avoir en tête et qu’on oubliera pourtant dès que l’enfant sera là.
Quand l'enfant est là, il bouscule tout par sa simple présence, si simple et si intimidante.
Parce que dès lors c’est toi, sa mère, qui est responsable de sa survie.
Et tous ces points bien précis, bien énumérés, bien notés de ton écriture nette,
ils s’envoleront dans la bourrasque.
On te rappellera un peu les choses à la maternité, mais ce qui paraît si simple bien aligné sur le papier, ce n’est pas la même chose en réalité. p. 102
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J'étais devenue celle que j'aurais un peu méprisée avant: une femme qui donne tout aux autres, dépossédée de son corps, et qui s’en fout. Qui veut seulement que ça s'arrête, que tout disparaisse, revenir avant. Une femme étoile de mer, posée sur le fond des mers, incapable de nager, enterrée dans le sable. Qui a trahi ce qu'elle était. p. 197
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[…] il va y avoir une guerre, et comme dans toute bonne guerre, en fait, ce sont plutôt les Anglais, de préférence de basse extraction, qui vont au charbon POUR des types qui veulent être rois. Cent mille morts ; après la Grande Noire [épidémie de peste au milieu du XIVe siècle] et la guerre de Cent Ans, c'était pas rien à demander au bon peuple, alors même qu'il existerait une solution bien plus simple […] : balancer les rois, princes, généraux et ministres dans une arène, en slip de bain et armés de bâtons. Et hop ! à qui restera le dernier debout, la victoire. En plus, la vente des billets pourrait rapporter de l'argent, car qui n'a jamais rêvé de voir un prince en slip ?
(p. 25)
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Le nombre : ils seraient plusieurs dizaines de milliers. Les chroniqueurs (John Stow, Thomas Walsingham, Henry Knighton, l’Anonyme de Sainte-Marie et surtout Jean Froissart, féroce contempteur de la révolte) disent trente à quarante mille en Essex, et le même nombre dans le Kent. On ne sait pas vraiment, en réalité, combien ils étaient, et eux non plus (d’ailleurs, combien savent compter correctement au-delà de mille ?) ; sinon que sur la route ils occupent un espace considérable, et que le soir lors de l’étape les hommes continuent à arriver plusieurs heures après que l’avant-garde s’est installée sommairement dans un pré. Contrairement à la tradition bien connue de la police contemporaine qui vise à tranquilliser les bons citoyens affalés devant leur télévision en minimisant les chiffres des participants aux manifestations, les chroniqueurs de ces temps reculés s’adressent à un public lettré, et pas aux téléspectateurs de la classe moyenne alors quasi inexistante, qui ont le pouvoir de faire basculer un mouvement social et s’en emparent rarement car ils espèrent toujours, en dépit de toutes preuves ou statistiques, réussir un jour individuellement. Les chroniqueurs, eux, veulent faire comprendre à leurs alliés de classe le danger terrible dans lequel ces paysans obtus et déraisonnables ont mis l’ordre établi. Ainsi, leur compteur est plutôt branché sur un coefficient multiplicateur, celui qui forme dans l’imaginaire des bonnes gens des hordes sanguinaires, le couteau entre les dents. Mais ne savez-vous pas, bonnes gens, que nous pouvons tous, chacun et chacune d’entre vous, marcher un jour sur Londres ? Il n’appartient qu’à nous.
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Mais il faut hélas partir du principe que les hommes veulent du pouvoir, une ambition peu compréhensible si vous voulez mon avis : pourquoi notre civilisation n’a-t-elle pas tenté de vanter les mérites du bonheur, plutôt, voilà une chose qui est tout de même un peu forte de café, café que nous produisons d’ailleurs à grands frais d’esclaves. Ici, en 1381, il n’y a plus d’esclaves mais des serfs (qui sont sans doute les descendants des esclaves), gens qui ne sont pas esclaves, mais non libres (attention, c’est subtil) : exploitants de la terre du seigneur, ils lui doivent des services, les corvées, et n’ont théoriquement pas le droit de déménager comme ils veulent, sauf quand le seigneur a vraiment le dos tourné. Je simplifie, mais bon, c’est l’idée générale. Quand il s’agit de la privation de liberté, l’humain est toujours inventif ; on pourrait se dire qu’il dirigerait ses capacités d’innovation plutôt sur le clitoris, par exemple, mais non : prison, servage, esclavage, bracelet électronique, camp, maison d’arrêt, panoptique, cul-de-basse-fosse, oubliette, cage, chaînes, et j’en oublie.
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