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3.9/5 (sur 476 notes)

Nationalité : Canada
Né(e) à : Réserve Indienne Uashat No 27 , le 29/09/1987
Biographie :

Naomi Fontaine est une romancière innue originaire de la communauté de Uashat, près de Sept-Iles (extrémité est du Québec) .

Elle a fait ses études de littérature à l'Université Laval de Québec et a bénéficié du programme Première ovation de l'Institut canadien de Québec (mentorat avec Jean Désy).

De Québec, elle trouve sa voix dans l’écriture du quotidien de sa réserve natale. Poète dans l’âme, elle s’intéresse aussi à la nouvelle. Elle souhaite partager son profond désir d’exister et son expérience de jeune autochtone. Elle élève seule son fils.

"Kuessipan" son premier roman a reçu un bel accueil de la part du public et des médias. La revue "Le libraire" l'a décrétée "Révélation de l'année 2011" et elle fait partie des "Femmes 2011 de l'année du magazine Elle Québec". Il a été adapté au cinéma.

Elle a publié son second roman intitulé "Manikanetish" (éditons Mémoire d'encrier) en 2017.

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Il y a ces gestes que je n’ai pas appris à faire quand j’étais petite. Je n’ai pas appris à cogner à une porte avant d’entrer dans une maison. Je n’ai pas appris l’importance d’arriver à l’heure à un rendez-vous. Ma mère ne m’a pas appris à gérer convenablement mes finances.
Et toi Julie, sais-tu reconnaître les pistes du lièvre ? Sais-tu lire le temps qu’il fera sur les feuilles des arbres ? Sais-tu entendre, au-delà de la souffrance qui est visible, le pouls d’un cœur qui s’accélère pour continuer à battre ?
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Est-ce qu’un pays commun pourrait naître ? Bâti sur l’autodétermination des Premières Nations, le nationalisme québécois et néoquébécois. Je crois que c’est possible. Nous verrons peut-être le jour où nos deux histoires se rencontreront, pour la seconde fois. Et témoins d’une alliance égalitaire, comme le monde n’en aura jamais vu, un pouvoir politique réparti entre Autochtones et Québécois, nous nous souviendrons des erreurs du passé, pour ne pas les répéter. C’est ainsi nous honorerons la mémoire de nos ancêtres.
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Il dit : Un chant triste, sorte de cri du cœur. Comparable au blues. La langue innue presque chantée aux intonations lentes, celles qu'on fait durer par des respires. Le manque de voyelles rend la langue impénétrable, comme un rappel à la nature, la dureté, l'écorce et les panaches.
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« Il était impensable que je me résolve à n’enseigner que la grammaire, ses multiples règles incongrues et la cédille qui fait qu’une lettre s’adoucit...Je leur apprendrais le monde...Et comment on le regarde... Et comment on l’aime. Et comment on défait cette clôture désuète et immobile qu’est la réserve , que l’on appelle une communauté que pour s’adoucir le cœur . »
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Je leur apprendrais le monde. Et comment on le regarde. Et comment on l'aime. Et comment on défait cette clôture désuète et immobile qu'est la réserve, que l'on appelle une communauté que pour s'adoucir le cœur.
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Il parait que les hommes partaient à la chasse autrefois, des semaines durant, qu'ils revenaient vers leur femme avec de la viande pour des mois. Il paraît qu'une bonne pêche invitait à un festin tous les soirs de juin à septembre.
L'homme, même absent durant de longues périodes, était maître de sa maison ou de sa tente. Il paraît que ces hommes savouraient chaque retour avec la conviction du travail accompli, avec l'ardeur et la rigueur qu'apporte ce sentiment masculin de fierté d'être non seulement pourvoyeur, mais aimant envers sa famille.
Personne ne lui a dit comment aujourd'hui il pouvait être comme ceux-là.
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Le risque de ne pas tomber enceinte est plus grand que celui de l'être. Elles veulent toutes enfanter. Dès qu'elles trouvent preneur, elles ne se protègent pas, elles attendent que leur ventre s'alourdisse. Shannon a peur de ne jamais porter la vie. Dans ses désespoirs d'enfant triste, elle en veut à sa mère d'avoir si facilement conçu huit enfants. Elle voudrait seulement, comme toutes les autres, promener en carrosse un petit qui serait le sien, à elle.
L'enfant, une boule de chaleur, un rêve, petite fille ou petit garçon, une échographie, une parcelle de réalité, un battement de coeur si rapide, une prospérité, une façon d'être aimée, une rentabilité assurée, une manière d'exister, de faire grandir le peuple que l'on a tant voulu décimer, une rage de vivre ou de cesser de mourir. L'enfant.
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Nutshimit, c'est l'intérieur des terres, celles de mes ancêtres. Chaque famille connaît ses terres. Les lacs servent de route. Les rivières indiquent le nord. Si on s'aventure trop loin, par manque de jugement, il y a toujours le chemin de fer pour retrouver sa voie.
Nutshimit, un rituel pour les chasseurs de caribous. Un air pur dont les vieux ne peuvent se passer. Depuis qu'ils ont perdu la vigueur de leurs jambes, ils y vont pour respirer.
Nutshimit, un terrain inconnu, mais non hostile pour celui qui y cherche le repos de l'esprit. Autrefois, ces forêts étaient habitées par des hommes, des femmes qui prenaient de leurs mains ce que la Terre leur offrait. Ils n'y sont plus, mais ils ont laissé sur les rochers, l'eau des chutes et le vert des épinettes leur empreinte, leur regard.
Nutshimit, pour l'homme confus, c'est la paix. Cette paix intérieure qu'il recherche désespérément. Ce silence après avoir hurlé, des nuits durant, son angoisse sans que personne ne l'entende. Le silence d'un vent qui fait bruisser les aiguilles de sapin. Le silence d'une perdrix qui déambule aux côtés d'une dízaine d'autres. Le silence du ruisseau qui continue de suivre sa route, enfoui sous un mètre de neige.
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La nuit, C'est l'heure à laquelle on se déshabille.
Le haut et le bas du corps se laissent dénuder. La rougeur des joues. La tiédeur des larmes. Les rêves que l'on donne en gardant les lèvres fermées. Ne pas avoir peur. Le sable sur lequel on se couche. La saleté. Les autres qui sont passés. L'ivresse. Les yeux rougis. Les oublis. On ne voit dans la nuit que ce que les mains peuvent toucher.
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C'est la saison du saumon. Sur la Mishta-Shipu, les canots se succèdent au rythme des grosses et petites prises. L'air est frais, le soleil est présent. Quelques mouches errent sur la peau des rares lnnus qui prennent encore une fois possession de ces lieux. Sur la rive, ils ont installé leurs tentes, des toiles beiges recouvrent les baguettes de bois attachées les unes aux autres par de la corde jaune. Les femmes ont déjà tapissé le sol avec des branches de sapin tout juste cueillies. Les pêcheurs dorment rarement dans les abris de fortune. Ce sont les familles qui les remplissent. Celles aux enfants trop nombreux ne savent plus comment divertir leur progéniture. Il y a aussi ceux qui ont choisi de ne pas toucher aux boissons fortes durant la période la plus chaude. Ici, la terre est sacrée. Les hommes ne viennent pas y boire, les jeunes non plus. Le silence fait du bien à celui qui l'écoute et parfois mëme, on peut entendre le saumon qui remonte la rivière.
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