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Note moyenne 4.31 /5 (sur 20 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Nicolas Grenier est un écrivain, poète et parolier français.

Il publie en 2011 un recueil de tanka, préfacé par Jean Orizet : "Quant à Saint-Germain-des-Prés, trente et un tanka sur la main d'après".

Après Jacques Roubaud et son "Mono No Aware", il est l'un des maîtres du tanka en France et rend populaire le tanka auprès du public.

Il a écrit les poèmes "Cité de la Muette" et "Une Sainte".

Il compose régulièrement, en langue française et anglaise, de petits poèmes de circonstance sur le monde contemporain et les mythes de la modernité.

Il collabore avec des artistes du monde entier. Ses poèmes en langue anglaise et française sont adaptés en musique électronique.

Son œuvre se place entre les Anciens et les Modernes. Dans une poétique de la contemporanéité, l'auteur introduit des formes classiques, haïku, tanka, sonnet, constamment à l'écoute du temps présent et des questions de la poésie contemporaine, dans une esthétique post-moderniste.
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Nicolas Grenier et ses lectures


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

Aucun livre en particulier. L`envie d`écrire est une contingence.


Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire ?

Au nom de quel principe, un auteur donnerait l`envie d`arrêter d`écrire...


Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Peut-être, les Epigrammes de Clément Marot. C`est court et efficace. le poète Martial a également a été plus lapidaire, en mieux. Mais, c`est en latin.


Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Un livre ne doit se lire qu`une seule fois. Chaque instant de la vie, vivez-le comme le dernier.


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

Il n`y a aucune honte à n`avoir pas lu un livre. Je dirais même, il est important de ne pas lire un livre.


Quel est l`auteur méconnu que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Promenez-vous à la bibliothèque du Congrès ou dans une bibliothèque de la province du Chaco en Argentine... Le lecteur n`a que l`embarras du choix.


Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

La notion de classique n`existe plus depuis l`invention du livre de poche.


Avez vous une citation fétiche issue de la littérature ?

En littérature, il n`y a que des questions, pas de citation.


Quel livre conseillez-vous en ce moment ?

Je n`écoute plus de musique que la voix d`un écrivain.


L`entretien de Nicolas Grenier avec Babelio


Les tanka sont très peu connus en France. Comment avez-vous découvert cette poésie ?

Le hasard a fait que je me suis très tôt intéressé à la poésie. Ma curiosité intellectuelle m’a conduit à lire en bibliothèque la poésie du monde entier, autant de la poésie française, arabe, russe que japonaise. J’ai eu une culture encyclopédique de la poésie.
Il existe de nombreuses formes de poésie au Japon : le Haïku, qui est la forme plus connue, très populaire en Europe et aux États-Unis, le Renga, le Haïbun, le Choka… Le tanka est moins connu car cette forme était réservée à la cour de l’Empereur. Le premier passeur de tanka en français a été Jean-Richard Bloch en 1921 dans l’esprit du japonisme.


Les règles du tanka sont très strictes : un tanka doit impérativement comprendre cinq vers et trente et une syllabes. Était-ce cette rigueur qui vous intéressait ?

C’est une forme qui est plus compliquée que le haïku qui doit sa popularité au fait qu’à peu près tout le monde peut en écrire. Mais les règles très strictes du tanka fixent un cadre et un sentiment des choses. Un peu comme un tableau, c`est-à-dire avec une limite bien définie. Il faut remplir ce cadre-là, cet espace. C’est un défi qui me plaît.


Vous semblez jouer avec cette forme fixe justement. Un tanka doit comprendre trente et une syllabes et on trouve justement trente et un tanka. De même, certains tanka semblent illustrer votre processus de création…

Pour ma part, l’écriture, la poésie, le langage sont des jeux et l’objectif, c’est vraiment de donner une cohérence et une forme finie. Il s’agit de s’amuser mais aussi de montrer le processus de création dans l’écriture, comme l’a fait James Joyce. J’ai essayé de mettre au grand jour les secrets de fabrication, comme si un cinéaste montrait des scènes coupées de son film ! Mon livre, c’est une sorte de montage cut où l’on garde tout de même les meilleurs éléments.


Pourquoi avoir choisi cette forme de poésie pour parler de ce quartier ?

Saint-Germain est un quartier très ouvert, très cinématographique, à l’image de Manhattan et je pense que le tanka se prêtait mieux à cette forme-là.


Qu’est-ce qui est venu en premier : l’idée de faire des tanka ou l’idée de prendre Saint-Germain-des-Prés comme cadre ?

C’est un concours de circonstances. Je suis d`abord parti sur l’idée de faire quelque chose sur Saint-Germain-des-Prés. le tanka, ensuite, s’est greffé tout naturellement.


N’est-ce pas une forme de rébellion que de consacrer des tanka à St-Germain-des-Prés, un des hauts lieux de la culture française ?

L’idée, c’est d`avoir une approche originale avec une forme étrangère noble, très lointaine finalement, sur un quartier connu dans le monde entier, parfois cliché, avec des écrivains qui gravitent autour d`une histoire artistique…J’ai essayé de m’éloigner de cette image, comme si j’étais un Japonais à Paris le temps d`une calligraphie, étranger à mon propre pays.


Cela aurait-il moins bien marché sur un autre quartier parisien ?

Cela peut marcher pour de nombreux autres quartiers mais le paradoxe c’était de prendre un quartier littéraire par excellence et d`en parler en tanka. C’était un défi plus grand, plus intéressant.


On retrouve dans le recueil le nom des rues et des établissements du quartier. Étiez-vous déjà un habitué de Saint-Germain-des-Prés ou bien l’avez-vous vraiment découvert à l’occasion de l’écriture de ce recueil ?

Je n’habitais pas loin et j’ai été à l’école dans ce quartier. Je connais les cafés, les boutiques... J’étais un passant du quartier mais pas au moment de l’écriture de ce recueil. C’était important de prendre du recul. La distance est, me semble-t-il, nécessaire pour écrire sur un lieu ou l’amour d`une femme.


À partir du cadre de Saint-Germain-des-Prés, le but était-il de parler de la ville ?

J’aime la poésie liée à la ville. Pour moi, la ville c’est la modernité, comme dans les poèmes de Georg Heym. J’aime ses couleurs, sa lumière, sa population. J’aime aussi ses mouvements : ses métros, ses voitures, ses scooters… L’urbanisme, l’architecture m’intéressent beaucoup également. Depuis tout petit, j’apprécie la géographie, et j’ai connu toutes les capitales du monde et les départements français, et j’ai d`ailleurs gardé cette approche de la poésie par la géographie… J’adore les noms de lieux et de villes et je souhaitais cette approche : lier poésie, géographie, histoire, urbanisme. Chaque lieu est un souvenir. Chacun a un souvenir dans un lieu.


Vos tanka rendent compte d`un vrai déplacement dans la ville. Il y a un vrai mouvement. Quelle a été votre méthode d`écriture ?

Il y a deux chemins parallèles : d`abord, une prise de notes dans le quartier, ensuite une mise en forme sur papier chez soi ou dans le bus !


Avez-vous été surpris de ce que vous avez vu avec ce recul ?

Oui, parce qu’avec ce regard extérieur on perçoit les choses plus froidement, de façon plus analytique, avec un œil plus précis. Quand on est étranger au décor, on peut mieux le retranscrire.


Retrouve-t-on le thème de la ville dans d`autres tanka ?

Initialement, le tanka est plutôt lié à la nature dans un esprit métaphysique. Dans les années quatre-vingt-dix, une poétesse japonaise, Machi Tawara a eu une vision assez similaire à la mienne aujourd’hui, même si elle se plaçait sur un paradigme différent, entre les cultures américaine et japonaise. Elle parle du McDo ou du base-ball par exemple. Avec ce recueil, j’ai essayé d`innover dans les tanka par mon approche en prenant des thèmes contemporains et en évitant justement l’approche stricte d`un pseudo-romantisme japonais.


Une bibliographie est donnée à la fin du recueil. Quels sont les grands auteurs qui vous ont influencé pour l’écriture de celui-ci ?

J’ai beaucoup lu Jehanne Grandjean qui a écrit une sorte d`art poétique du tanka dans les années cinquante, mais je me suis détaché de tout ce qui avait été fait pour porter un regard neuf sur le monde. de même pour l’écriture de ce livre, le génie de Paul-Jean Toulet dans ses « Contrerimes » m’a rappelé l’art de la concision et le sens de la formule.


Le recueil est construit en deux parties. Après le recueil de tanka proprement dit, Nathanaël Gobenceaux a écrit une étude de celui-ci. Pourquoi avoir intégré cette deuxième partie ?

L’objectif de cette deuxième partie était d`apporter un œil extérieur pour donner un supplément d`âme à la lecture. Elle est écrite par un brillant géographe qui fera son chemin.Il s’agissait aussi de rythmer la lecture, de distraire la lectrice après plusieurs pages de tanka. Un authentique spot de publicité au cœur du recueil !


Quel est votre regard sur la poésie aujourd’hui et la place qu’elle occupe auprès des gens ?

La poésie existe partout mais les poètes aujourd’hui en ont une image trop rétrograde, trop savante, trop mièvre. Pas assez pop d`une certaine façon. Au final, elle n’est que peu lue.
Il faudrait par exemple qu’un journal gratuit du matin, un grand quotidien du soir ou un magazine d`actualité publie un poème. Quelque chose de très concret. Un petit haïku sur la Défense par exemple, sur le Châtelet ou sur la place des Quiconces. Cela intéresserait sûrement les lecteurs. Si vous avez besoin d`idées, écrivez-moi.
Aux États-Unis, la poésie semble plus accessible. On peut trouver des poèmes sur des T-shirts, une tasse à café ou grâce à des applications sur son portable. Même dans un Starbucks, il y a des lectures de poésie. Au Japon, de grandes entreprises soutiennent la poésie… Et à Paris? Dans le monde anglo-saxon, le contact avec les éditeurs me semble plus spontané. Les gens sont très réactifs.


Votre éditeur est justement canadien. A-t-il cette vision « américaine » de la poésie ?

Le Canada est une terre intermédiaire entre les États-Unis, leur côté moderne, pragmatique et la France qui offre une vision traditionnelle de la culture.Pour ce recueil, j’ai envoyé cinq tanka à l’éditeur et ça s’est fait rapidement. Je suis très respectueux de Patrick Simon, mon éditeur, et des personnes d`une façon générale qui donnent leur chance à de jeunes auteurs. J’aimerais que ce soit comme ça en France. Vive le Québec pour son audace et sa confiance au francophone que je suis !


Vous avez écrit d`autres formes de poésies que des tanka. Passe-t-on facilement d`une forme de poésie à une autre ?

Cela demande une gymnastique de l’esprit mais ça se fait tout de même assez facilement. C’est comme changer de poste sur un terrain de football. On devient attaquant après avoir évolué comme milieu de terrain. Il suffit de s’adapter.Je passe d`une forme à un autre en fonction des périodes et des projets mais j’écris souvent dans des formes fixes avec un contenu moderne. le défi me semble plus constructif. Aujourd’hui, j’ai une préférence pour les formes courtes. C’est rapide et cela donne un plaisir instantané au lecteur.


Pouvez-vous nous parler de vos projets ?

J’ai un projet de recueil en haïkus sur La Défense. J’en ai terminé l’écriture, je suis à la recherche d`un éditeur !


Découvrez le recueil Quant à Saint-Germain-des-Prés, trente et un tanka sur la main d`après de Nicolas Grenier aux Éditions du Tanka francophone.

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Quant à Saint-Germain-des-Prés, trente et un tanka sur la main d'après.

Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
LiliGalipette   04 février 2012
Quant à Saint-Germain-des-Prés, trente et un tanka sur la main d'après de Nicolas Grenier
Un coup de tonnerre

Dans le ciel lumineux d’août

Fend la jupe en deux

Sa peau blanche comme neige

Inonde les draps fuchsia
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Bibalice   18 octobre 2011
Quant à Saint-Germain-des-Prés, trente et un tanka sur la main d'après de Nicolas Grenier
Envoi



Sur papier bouffant

Ivoire combien de grammes

Tracés en un jet

Quant à Saint-Germain-des-Prés

Tanka sur la main d'après
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LiliGalipette   04 février 2012
Quant à Saint-Germain-des-Prés, trente et un tanka sur la main d'après de Nicolas Grenier
Ralentir travaux

Tanka au bord de la fête

Sur son trente et un

Avec un signe et des lettres

Parmi les cristaux de quartz
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Bibalice   18 octobre 2011
Quant à Saint-Germain-des-Prés, trente et un tanka sur la main d'après de Nicolas Grenier
XIII



À pleines volées

L'été sème des ombrelles

Au détour de l'air

Sommes-nous là près d'Edo

Ou à Paris zéro sept
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LiliGalipette   04 février 2012
Quant à Saint-Germain-des-Prés, trente et un tanka sur la main d'après de Nicolas Grenier
Étude de Nathanaël Gobenceaux :



« C’est un quartier-surface, c’est une église-point, c’est un boulevard-ligne. Saint-Germain-des-Prés, c’est un repère dans l’espace. » (p. 38)
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Nicolas Grenier
NicolasGrenier   19 mai 2011
Nicolas Grenier
Au fond de la cour / Ô vasistas entrouvert / Il n'y a plus d'heure / Le chat gris sur la gouttière / Dort matin midi et soir



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LiliGalipette   04 février 2012
Quant à Saint-Germain-des-Prés, trente et un tanka sur la main d'après de Nicolas Grenier
Échangeur de vent

À l’Odéon rendez-vous

Bus 63

Pour Maubert-Mutualité

Là-bas l’horloge s’agite
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pictura   09 mars 2017
Rosetta, suivi de Philae de Nicolas Grenier
face à l'infini

dans le noir le plus total

éclats de lumière

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Marti94   14 mars 2015
Périphérique(s) de Nicolas Grenier
sortie de tunnel

de l’autre côté du mur

les phares s'éteignent
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LiliGalipette   04 février 2012
Quant à Saint-Germain-des-Prés, trente et un tanka sur la main d'après de Nicolas Grenier
Loin de l’herbe folle

Au crépuscule doré

Sur la chaussée brute

Entre les automobiles

Mon scooter bleu se faufile
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